19.08.2008

Nourritures intellectuelles

Avant de conclure le bilan d’étape de la présidence Sarkozy, je tiens à revenir sur une belle initiative de Malakine, qui, sur son blog Horizons, développe des « débats de l’été » sur des sujets très divers, de l’Etat actionnaire, à l’euthanasie en passant par les dépenses de santé.

« Le retour de l’Etat actionnaire » est un débat d’autant plus intéressant qu’il est complètement à rebours de l’évolution de nos économies, qui vont vers toujours plus de libéralisation. Cependant, dans ce domaine, le pragmatisme de nos dirigeants (Nicolas Sarkozy compris) les ont poussé à secourir Alstom pour le plus grand profit de l’Etat et celui de l’entreprise. En outre, la volonté de faire de la Caisse des Dépôts un fond souverain indique une volonté de faire jouer à l’Etat un plus grand rôle à un moment où les pétromonarchies du Golfe et la Chine accumulent des réserves incroyables qui leur permettraient de racheter absolument tout ce qu’elles souhaitent. Si je ne suis pas sûr que cela soit le rôle premier de l’Etat, l’idée reste néanmoins intéressante pour protéger nos entreprises de rachats hostiles (Péchiney, Arcelor).

La question de l’euthanasie est un débat national récurrent qui resurgit à chaque nouvelle « affaire » : après Vincent Humbert puis Chantal Sébire, un jeune homme de 23 ans atteint d’une grave maladie dégénérative a mis fin à ses jours après avoir écrit au président de la République. Ce sont sans doute encore des considérations religieuses qui freinent la reconnaissance du droit à mourir dans la dignité. Car après tout, pourquoi forcer à vivre des personnes atteintes de maladies graves quand elles expriment le souhait conscient de vouloir mettre fin à ce calvaire ? Les conditions évoquées par Malakine (expression du souhait de mettre fin à leur jour pendant 3 à 6 mois, ainsi que la prise en compte objective de la santé) semblent de bons garde-fous pour s’assurer que l’établissement d’un tel droit se fasse dans de bonnes conditions.

Le débat lancé sur les dépenses de santé est également très intéressant. Le constat initial sur l’impossibilité de les laisser progresser au rythme auquel elles progressent aujourd’hui par rapport à la richesse nationale ou la trop grande déresponsabilisation du système sont très justes. On pourrait ajouter que ce sont les maires qui sont président des conseils d’administration des hôpitaux et la Sécurité Sociale qui paie. La première solution serait sans doute d’accélérer le rythme de plus en plus asthmatique de la croissance en Europe occidentale. Mais les autres solutions avancées par Malakine sont intéressantes, que ce soit la plus grande responsabilisation des citoyens, tout en conservant une couverture intégrale pour les pathologies graves, ou le passage à un nouveau système de santé.

Je vous invite donc à aller lire les différents papiers qui sont des contributions intéressantes à un débat d’idées trop souvent absent des média ordinaires.

Source : http://horizons.typepad.fr