08.03.2010
Le scandale de la vente de la régie publicitaire de France Télévisions
Le gouvernement n’en finit plus de tripatouiller l’audiovisuel. Après la suppression de la publicité après 20 heures, énorme cadeau aux chaînes privées, il a décidé de vendre la régie publicitaire des chaînes publiques à un consortium de proches du pouvoir.
Une vente injustifiable
Pourquoi diable aurait-on besoin de vendre la régie publicitaire de France Télévisions ? On pourrait également se poser la question inverse et se dire que finalement, étant donnée la croissance de notre endettement, le gouvernement n’a peut-être pas tort de récupérer un peu d’argent de la sorte. Après tout, il ne s’agit pas d’un actif d’une faible importance stratégique et une entreprise privée doit pouvoir faire le travail aussi bien que si la régie était restée au sein de France Télévisions.
Mais cette vision des choses est trop simple. En effet, cette vente pose de vrais problèmes car il s’agit de la privatisation d’un monopole. Et tout monopole privé, même le mieux encadré du monde, a souvent tendance à se transformer en rente pour son actionnaire, du fait de l’absence de concurrence. C’est pour cela qu’il n’est pas sain de privatisation la régie publicitaire de France Télévisions. C’est un nouvel épisode de la privatisation des profits et de la collectivisation des pertes…
Petits arrangements entre amis
Cette vente devient d’autant plus choquante qu’elle se fait au profit d’amis du président, ce qui créé un fort soupçon de conflits d’intérêt. Bien sûr, Stéphane Courbit a assuré sur Europe 1 « ne pas être dans le premier cercle de ses amis », mais cette façon de botter en touche peut vouloir dire qu’il fait partie du second cercle… Ainsi, il subsistera toujours un doute sur la transparence de cet appel d’offre, comme le suggère Omnicom sur Marianne 2.
Cet article montre également le rôle d’Alain Minc dans ce montage et il est difficile de ne pas trouver malsain que le conseiller du président de la République lui suggère la suppression de la publicité sur France Télévisions puis qu’il conseille les personnes qui rachètent la régie publicitaire du groupe. A dire vrai, je serai curieux de savoir quel profit sera dégagé et de pouvoir le comparer au prix qui a été réellement payé par Stéphane Courbit et le groupe Publicis.
Nicolas Sarkozy a doublement tort. Il a tort de vendre une partie de la télévision publique en situation de monopole, donc susceptible de se transformer en rente. Et il a tort de la vendre à des proches, ce qui pose inévitablement la question du conflit d’intérêt.
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11.12.2008
Signez le nouvel appel de Marianne !
Le journal Marianne est décidemment le poil à gratter d’une planète médiatique Française trop souvent conformiste. Après l’appel lancé l’an dernier pour la défense des valeurs républicaines, qui avait été signé par Dominique de Villepin, le journal lance un nouvel appel pour le pluralisme des médias.
On pourra trouver que l’hebdomadaire fondé par Jean-François Kahn en fait parfois trop. Néanmoins, cet appel vient à point nommé pour souligner le caractère choquant de la réforme de l’audiovisuel voulu par Nicolas Sarkozy. L’appel tient en quelques lignes : « au nom des principes de la démocratie et des valeurs républicaines, les soussignés demandent au Parlement de renoncer à la loi qui permettrait au président de la République de nommer et de révoquer les présidents de France Télévisions et de Radio France. Ils rappellent que la télévision et la radio publiques n’appartiennent pas au pouvoir politique, quel qu’il soit, mais à tous les citoyens. Ils réitèrent leur engagement à défendre l’indépendance de la presse et le pluralisme de l’information ».
Cette réforme est doublement choquante. Choquante parce qu’elle avantage outrageusement TF1, qui avait l’avait proposée dans un livre blanc en décembre 2007. La chaîne privée récolte déjà plus de 50% du marché publicitaire à la télévision et demandait l’élimination d’un de ses deux seuls rivaux sur ce marché, ce qui accentuera encore une position tellement dominante qu’il est difficile de ne pas y voir un abus. Cela est d’autant plus choquant que Nicolas Sarkozy est proche du patron de Bouygues, qui la possède, et que la chaîne a été accusée de rouler ouvertement pour le candidat devenu président. Et TF1 ne fait rien pour contrer cette accusation comme le montre la nomination de Jean-Claude Dassier à la tête de sa rédaction en 2008 alors qu’il a été candidat majorité présidentielle aux élections municipales la même année !
Cette réforme est également choquante parce qu’elle met France Télévisions sous la coupe permanente du président, dans la mesure où il pourra révoquer à tout moment son président ou jouer avec le budget du Service Public. En Grande-Bretagne les moyens de la BBC et son président sont assurés pour plusieurs années sans possibilité de revenir dessus, ce qui garantit son indépendance. Chez nous, le nouveau statut de France Télévisions sera une pression permanente en faveur d’un pouvoir qui pourra à tout moment modifier le financement du Service Public ou ses dirigeants. Cette sujétion est un recul démocratique qui démontre une volonté malsaine du pouvoir de contrôler les médias.
D’ailleurs, sur RTL hier matin, Nonce Paolini n’a pas vraiment nié les accusations à fleuret moucheté de Jean-Michel Apathie, qui lui a demandé si cette réforme n’était pas un cadeau pour TF1. Naturellement, le patron de la première chaîne Française a répondu que c’était un cadeau pour France Télévisions, et a tenté bien malhonnêtement d’expliquer que le Service Public y gagnait de l’argent en comparant les recettes perdues (200 millions) en 2008 avec les sommes gagnées (450) en 2009 ! Et quand le journaliste de RTL a fait le parallèle entre la publication du livre blanc en décembre 2007 et l’annonce du président en janvier 2008 pour demander si c’était TF1 qui faisait les lois, Nonce Paolini n’a même pas ressenti le besoin de nier en disant que chaque entreprise était libre de faire du lobbying.
Favoritisme insupportable à l’égard de TF1, mise au pas programmée du Service Public : merci à Marianne de porter la contestation à travers cette nouvelle initiative. Et merci à tous ceux qui l’ont déjà signé, notamment François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan.
Source : Marianne 6 décembre, RTL
Signez l’appel : http://www.marianne2.fr/L-appel-de-Marianne-pour-l-indepe...
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27.11.2008
République irréprochable ou république des copains ?
Dans une tribune au Monde quelques semaines avant les élections présidentielles, Nicolas Sarkozy s’était fait le défenseur d’une « république irréprochable ». Un peu plus de 18 mois après son élection, c’est plutôt la « république des copains » qui s’est mise en place.
Le débat sur le financement du Service Public de l’audiovisuel en est la preuve flagrante. Le gouvernement ne s’en cache même pas en disant qu’il est important de renforcer les groupes privés Français par rapport à leurs concurrents. En clair, il annonce de manière à peine maquillée que les groupes privés (au premier rang desquels TF1, qui capte plus de 50% du marché publicitaire) vont être soutenus par l’Etat. Pourtant, ce n’est pas comme s’il y avait la moindre menace d’un groupe étranger. TF1 reste la première chaîne d’Europe par l’audience. Le discours sur la nécessité de renforcer la compétitivité des groupes privés par rapport aux concurrents est complètement bidon et vise uniquement à donner un prétexte à un arsenal législatif qui est un concentré de favoritisme pour les groupes privés au détriment du Service Public.
Dans une configuration digne de Berlusconi, Nicolas Sarkozy favorise économiquement TF1 et M6 (ce qui ne devrait pas pousser leurs actionnaires à la critique vis-à-vis d’une équipe au pouvoir qui les nourrit) tout en reprenant la main sur le service public, en nommant directement la direction tout en contrôlant une plus grande part de ses recettes. C’est ainsi que les chaînes privées devraient gagner le droit de diffuser davantage de publicité à partir de janvier pour compenser sa suppression sur le Service Public : Nicolas Sarkozy donne l’argent de France Télévisions à TF1 et M6 ! Mieux, certains députés, inquiets de l’audience des coupures publicité du privé, essaient, par voie d’amendements, d’imposer au Service Public la diffusion de messages courts informatifs et citoyens pour que France Télévisions n’en profite pas pour récupérer l’audience de TF1 et M6. Sarkozy fait pire que Berlusconi !
N’oublions pas que Martin Bouygues a été le témoin de mariage du président. Il faut dire que ce n’est que le énième épisode de la « république des copains » … Après tout, les mesures du « paquet fiscal » de l’été 2007 étaient déjà destinées à ses nombreux amis. Et puis, comment ne pas soupçonner un retour d’ascenseur dans l’incroyable arbitrage de l’affaire Tapie qui permet à celui qui a soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de récupérer 400 millions d’euros de l’Etat alors qu’il n’est pas évident qu’il aurait dû recevoir le moindre centime (voir note de lundi). On peut également penser à l’épisode de l’occupation de la villa de Christian Clavier par des nationalistes corses, qui avait provoqué le renvoi d’un haut fonctionnaire ou au refus d’extradition d’une ancienne terroriste protégée par la première dame.
Nicolas Sarkozy est habile : son omniprésence médiatique ne permet à l’actualité de se fixer sur de graves conflits d’intérêt qui auraient dû se transformer en scandale tant ils sont caractéristiques d’une république des copains qui a plus à voir avec Silvio Berlusconi ou François Mitterrand.
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21.11.2008
Bienvenue à l’ORTF !
Nicolas Sarkozy aime bien se présenter comme une pauvre victime des critiques injustes des médias. S’il est vrai qu’une partie non négligeable lui est opposée, ce n’est pas le cas de tous, notamment des plus gros. Mais surtout, il met tout en place pour renforcer sa mainmise.
Il suffit de voir Frédéric Lefebvre parader en expliquant sa vision très précise de ce que devrait être la tranche horaire 18-20 heures de France 2 pour voir la dérive de l’équipe au pouvoir. Le conseiller du prince, préconise une succession de trois émissions : un talk show avec Laurent Ruquier, une émission politique avec Eric Zemmour et une émission culturelle avec Michel Field. Le député des Hauts de Seine se comporte comme s’il était à la fois ministre de la communication et président de l’ORTF, pardon, de France Télévisions. Depuis des mois, il critique l’arrivée de Julien Courbet sur le service public, dans une attaque ad hominem inédite depuis bien longtemps de la part du monde politique. En cela, il s’inscrit dans la droite ligne de Thierry Saussez, conseiller à l’Elysée, qui avait expliqué vouloir créer une émission d’une demi-heure sur le service public pour la propagande, pardon, la communication, du gouvernement.
Mais ces dérives ne sont que la face cachée de l’iceberg. François Bayrou avait bien raison de demander l’interdiction pour les groupes dépendant de commandes publiques de posséder des médias, par le conflit d’intérêt permanent que cela peut provoquer. Et malheureusement, ce mélange des genres dépasse toutes les limites connues précédemment puisque Nicolas Sarkozy et son gouvernement applique une à une toutes les demandes des chaînes privées et de TF1 en particulier. Il supprime la publicité sur le service public, tout en augmentant sa durée sur les chaînes privées qui pourront ainsi récupérer directement les sommes perdues par le service public… Pire, la compensation financière pour France Télévisions est sans cesse rabotée, ce qui ne devrait pas l’aider dans sa lutte avec TF1 : les députés viennent ainsi de réduire les taxes sur les chaînes privées, qui auront donc le beurre, l’argent du beurre et la crémière à partir de 2009.
Enfin, alors que le gouvernement avait annoncé lors de la réforme de la Constitution qu’il allait améliorer le système du partage du temps de parole, rien n’est fait. La règle de la Cinquième République est un partage en trois tiers : un tiers pour le gouvernement, un tiers pour la majorité et un tiers pour l’opposition, sachant que le président ne dépassait rarement les 2% du temps de parole politique. Le problème est que Nicolas Sarkozy occupe à lui tout seul un quart du temps de parole politique national, laissant les trois quarts restants se diviser en trois. C’est ainsi que trois-quarts du temps de parole est consacré à la majorité et seulement un quart pour l’opposition (et encore, Jack Lang est considéré dans l’opposition…). Ce partage pose bien sûr un grave problème démocratique puisqu’il revient à bâillonner une grande partie de l’opposition, du moment où le PS conserve le gros de ce quota.
75% du temps de parole politique, un service public mis sous la coupe financière d’un Etat plus interventionniste que jamais, un président qui favorise outrageusement certains de ses amis et appelle les rédactions pour signifier son mécontentement. Et si l’ORTF était finalement plus ouverte ?
Source : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008...
http://www.lejdd.fr/cmc/media/200845/france-2-lefebvre-fait-le-programme_163467.html
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24.10.2008
Audiovisuel : ce qu’il y a de Berlusconi en Nicolas Sarkozy
Cette semaine, le gouvernement a avancé sur la grande réforme de l’audiovisuel voulue par Nicolas Sarkozy. Elle restera une des réformes les plus choquantes de l’équipe au pouvoir.
Début 2008, lors d’une conférence de presse, Nicolas Sarkozy annonce la fin de la publicité sur le service public. Après avoir demandé à une commission de travailler sur le sujet, le projet de loi a été examiné par le gouvernement et le moins que l’on puisse dire est que ce projet représente une anomalie démocratique, qui rapproche la France de l’Italie de Berlusconi. Car comment voir autrement la reprise en main direct du service public par un Nicolas Sarkozy qui en nommera désormais directement le président ? Pire, dans le même temps, la suppression de la publicité sur France Télévisions, couplée à l’augmentation de la durée de cette même publicité sur les chaînes privées, va se transformer en jackpot financier pour des chaînes, dont il faut rappeler que la première est possédée par le témoin de mariage du président.
Ce mélange des genres berlusconien n’est pas digne d’un pays démocratique. Avec la suppression de la publicité et la nomination de son président directement par l’Elysée, le Service Public sera plus que jamais sous la coupe de l’exécutif. La présence de la publicité garantissait une forme d’indépendance dans la mesure où ses ressources ne dépendaient pas complètement de décisions politiques. Demain, France Télévisions sera pieds et mains liés. Mieux, comment ne pas considérer que l’énorme avantage financier que Nicolas Sarkozy accorde aux chaînes privées ne constitue pas un traitement de faveur ? Comment les dirigeants de TF1, déjà proches de l’Elysée, ou de M6, ne pourraient pas être reconnaissants d’une telle décision qui va grandement améliorer leurs résultats ?
Pire, il ne faut pas oublier que nous sommes dans un système où Nicolas Sarkozy et ses affidés disposent de 3/4 du temps de parole médiatique. En effet, la règle des trois tiers (un tiers pour le gouvernement, un tiers pour la majorité et un tiers pour l’opposition) a été bouleversée par l’activisme présidentiel. Nicolas Sarkozy occupe à lui tout seul un quart de l’espace politique médiatique. Résultat, la règle des trois tiers s’est transformée en un quatre-quarts bien indigeste où la majorité dispose de 75% du temps de parole, alors qu’elle réunit au mieux 35% des voix… Et il faut être clair, les taxes mises en place pour financer le Service Public sans publicité ont toutes les chances de finir par être payées par les Français…
La richesse de l’actualité et l’activisme du président ne permettent pas l’émergence d’un véritable débat sur les médias. Pourtant, quand on met bout à bout tout ce qui se passe, il est difficile de ne pas voir un triste parallèle entre notre pays et l’Italie de Berlusconi.
Source : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/10/22...
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03.07.2008
La rupture du Service public avec Nicolas Sarkozy
« Le compte n’y est pas » « stupide » : Patrick de Carolis n’y est pas allé de main morte pour dénoncer les projets audiovisuels de Nicolas Sarkozy. En outre, la charge du patron de France Télévisions a été aggravée par la démission de Bruno Cuche, chef d’Etat major de l’armée de terre.
En moins de 24 heures, deux figures du Service public ont décidé de signifier fortement leur désaccord avec le chef de l’Etat. Cette manifestation rarissime traduit une profonde coupure avec Nicolas Sarkozy. Il est tout d’abord extrêmement marquant que des personnalités de si haut rang choisissent d’exprimer aussi violemment leur désaccord avec le Chef de l’Etat. Si le fond des réformes imposées par l’Elysée explique en partie la force de ses réactions, il n’est sans doute pas innocent qu’elles s’expriment à l’encontre d’une personne qui a théorisé la rébellion permanente à l’égard de ses supérieurs. Après tout, quand il était ministre de l’intérieur, ses interventions intempestives avaient institué une forme de « chienlit gouvernementale » qui ne favorisait guère l’action sereine de l’équipe au pouvoir.
Patrick de Carolis a donc osé dire tout haut et très fort ce que le parti socialiste n’ose pas avancer. Non, « le compte n’y est pas ». La publicité rapportait 800 millions à France Télévisions et le temps d’antenne supplémentaire nécessaire pour compenser l’espace perdu fait que la suppression de la publicité coûtera plus d’un milliard au service public. Résultat, les quelques 550 millions d’euros du gouvernement ne sont pas assez, d’autant plus que les opérateurs de téléphone et les fournisseurs d’accès Internet conteste légalement leur taxe. La réalité, c’est que Nicolas Sarkozy souhaite uniquement renforcer financièrement TF1 et M6, ce qui ne devrait pas été néfaste pour leur couverture de son action. Mais comme il ne souhaite pas trop augmenter les impôts pour financer le service public, il réduit son financement, quitte à le faire concourir avec un bras dans le dos, notamment sur l’épineuse question des droits sportifs.
Patrick de Carolis a eu raison d’exprimer son désaccord vis à vis de ce marché de dupe qui ne vise qu’à affaiblir les premiers concurrents de TF1. Nicolas Sarkozy installe une République des copains digne de Berlusconi. Le président du service public a également eu raison de dire qu’il est « stupide » de dire que France Télévisions fait la même chose que TF1 ou M6. Bien sûr, certains programmes sont similaires. Mais il y a quand même une différence entre la chaîne du 13 heures de Jean-Pierre Pernault, de Secret Story ou de l’Ile de la Tentation et un service public dont les informations de midi traitent de l’international, et qui programme de la politique ou Maupassant en prime time.
En l’absence de la plus élémentaire critique du Parti Socialiste, Patrick de Carolis a signifié son opposition au système sarkozyste. Cela ne changera malheureusement sans doute rien à ses projets, mais au moins, il aura pris date et contribué à réveiller les consciences.
Source : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/07/02/france-televisions-nous-n-avons-pas-les-moyens-de-nos-ambitions-futures_1065246_3236.html#ens_id=1047902
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/07/02/01016-20080702ARTFIG00386-le-general-irastorza-nouveau-patron-de-l-armee-de-terre.php
10:42 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, france télévisions, de carolis, rtl
26.06.2008
Président de la République ou de TF1 ?
Entre la fin de la publicité sur le service public dont le rapport Copé vient de détailler les modalités d’application, les nominations, les campagnes publiques, les ajustements législatifs, l’appel à l’indépendance des médias de Marianne trouve chaque jour une nouvelle légitimité.
Nicolas Sarkozy soigne bien la chaîne de télévision de son témoin de mariage Martin Bouygues, à tel point qu’on se demande ce qu’il pourrait encore inventer pour faciliter la tâche de Nonce Paolini, qui affronte pourtant une chute d’audience historique. L’état ne cesse de dépenser des millions pour des campagnes de communication qui vont en bonne partie dans les coffres de la première chaîne de France. Ensuite, les députés pourraient bien voter deux dispositions particulièrement favorable à TF1 : un abaissement des seuils de concentration dans les médias, qui permettra aux grosses chaînes de racheter des petites et la fameuse autorisation d’une deuxième coupure de publicité dans les fictions, demandée depuis si longtemps.
Mais le pire reste à venir avec la suppression de la publicité sur le service public. Cette mesure pourrait à elle seule rapporter 150 millions d’euros à la première chaîne, tant ce changement va renforcer la position déjà dominante de TF1. Cette annonce faite en janvier sans même prévenir la ministre de la culture était clairement influencée par sa première bénéficiaire qui avait remis un rapport à la présidence sur les évolutions possibles du service public. Le rapport Copé va plus loin. Tout d’abord, la compensation financière ne semble pas en mesure de complètement combler ce qui manquera à France Télévisions en recettes publicitaires et en temps d’antenne supplémentaire. Pire, on peut se demander si la réorganisation de France 3 ne va pas considérablement affaiblir cette chaîne, avec un recentrage régional sur de plus grandes régions, donc potentiellement moins pertinentes, et une ambition nationale revue à la baisse.
Au global, nous sommes aux antipodes de la « République irréprochable » que le candidat d’alors défendait dans un grand journal du soir. La présidence de Nicolas Sarkozy est comme jamais auparavant la république des copains avec un président qui multiplie les mesures qui favorisent TF1 tout en étant (en contrepartie, on peut bien sûr se le demander) particulièrement bien traité par cette même chaîne. Le mélange des genres avait atteint des sommets quand le président lui-même avait annoncé la nomination d’Harry Roselmack avant qu’elle ne soit officielle. Malheureusement, ce mélange des genres nous rappelle de plus en plus l’Italie de Berlusconi.
Marianne avait bien raison de mentionner les risques sur l’indépendance des médias dans son appel du 14 février. Mais depuis cette date, la situation empire et on a de plus en plus de mal à savoir si Nicolas Sarkozy est le président de la République ou de TF1.
Source : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/06/24/television-publique-ce-que-jean-francois-cope-va-dire-a-nicolas-sarkozy_1062387_3236.html#ens_id=1047902
10:31 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, tf1, commission copé, france télévisions



