25.06.2011

Luc Châtel recalé pour sa gestion du bac

Une fraude a été détectée sur l’épreuve de mathématiques du bac S. Luc Châtel a immédiatement répliqué en suspendant la notation de l’exercice incriminé, déclenchant une vague de conséquences de plus en plus malheureuses qui amènent à se poser la question de la pertinence de la réaction du ministre.

Fraude et conséquences

Bien sûr, il est sans doute très difficile de gérer un tel incident et on imagine que le ministre a voulu réagir le plus rapidement possible à l’information selon laquelle un exercice de mathématiques du baccalauréat S avait fuité sur Internet la veille de l’épreuve. C’est sans doute pour cette raison qu’il a décidé d’annuler la notation de cet exercice (qui représentait 4 points sur 20) et de répartir les points manquants sur les deux exercices suivants pour compenser.

Mais tout ceci a posé alors d’autres problèmes. Il s’agissait apparemment de l’exercice le plus facile. Donc, le ministre est parti en rétropédalage, en expliquant que les points répartis le seraient sur les premières questions (les plus faciles) des exercices suivants. Ensuite, devant la fronde des parents menaçant de saisir la justice, il a expliqué que le ministère allait donner des instructions de clémence pour tous les élèves qui seraient à moins d’un point d’un seuil important.

Ainsi, un élève qui aurait entre 7 et 8 de moyenne pourrait accéder au repêchage, un élève qui aurait entre 9 et 10 pourrait obtenir son baccalauréat. Les médias s’en sont donnés à cœur joie, le Monde titrant même « 9 sur 20 de moyenne et déclaré bachelier ». Bref, pour ne mécontenter personne, les exigences vont être baissées dans une proportion qui semble sans commune mesure avec le réel impact de la suppression du premier exercice de l’épreuve de mathématiques.

Des dangers de l’activisme mal calibré

Pourtant, il faudrait remettre l’incident à sa place : la publication de l’exercice a eu lieu à 21 heures, alors que l’examen avait lieu le lendemain à 8 heures du matin. D’autres fausses fuites étaient indiquées sur ce site et un internaute interrogé sur la question a indiqué que cette fuite n’avait pas été jugée crédible par les internautes. Du coup, peu de personnes ont pu voir l’exercice incriminé et beaucoup ont sans doute jugé qu’il s’agissait d’un tuyau percé.

Après tout, si les lycéens préparent les sujets qui circulent sur Internet, on peut considérer qu’il s’agit d’un bon moyen de révision. En outre, ici, il semble qu’au mieux quelques centaines de personnes aient pu profiter de cette information. On peut donc se demander s’il n’aurait pas mieux valu noter cette épreuve normalement, sans prendre en compte l’éventuelle tricherie, de manière à permettre aux cent vingt mille bacheliers de la série S d’être notés en fonction de leur travail.

En effet, les réactions, puis contre-réactions du ministre ont abouti à une immense machine à gaz qui va demander énormément de travail, avoir de multiples effets pervers et va aboutir à une baisse généralisée de l’exigence pour le bac S cuvée 2011. Luc Châtel aurait du prendre quelques heures de plus avant de réagir et ne pas forcément essayer de prendre une mesure qui semble aujourd’hui poser beaucoup plus de problèmes qu’elle n’en résout…

Bref, cet épisode révèle à nouveau toutes les failles de ce gouvernement trop prompt à faire des annonces sans pleinement en mesurer les conséquences et qui complique la marche de l’Etat au point d’en affaiblir la justice et de créer d’innombrables effets pervers.