10.09.2011
Vers un nouveau 1958
Comment aboutir à un véritable changement de politique ? Il semble aujourd’hui clair que ni le PS, ni l’UMP ne pourront l’apporter. Ses deux écuries d’egos désidéologisées devront être balayées. Il faudra des circonstances bien particulières qui se rapprochent singulièrement…
Les ambigüités des crises
La nature humaine est prudente et relativement conservatrice. C’est ce qui avait permis à Pétain de prendre le pouvoir en juin 1940. C’est ce qui a permis de prolonger l’expérience de la 4ème République. C’est ce qui a fait persister Hoover dans l’erreur lors de la Grande Dépression de 1929, laissant tomber le système bancaire et poussant un quart de la population des Etats-Unis au chômage. Mais dans ces trois cas, à un moment, le pays s’est redressé et a changé de direction.
Ce qu’il faut noter ici, c’est qu’il a fallu atteindre des abysses de désolation morale, politique ou économique pour provoquer le sursaut. Quand la crise est trop bénigne, finalement, l’envie de changement se tarit, malgré tout ce qui peut indiquer qu’il faut changer. C’est sans doute ce qui s’est passé en 2008. Tirant en partie les leçons de la crise de 1929, les dirigeants de la planète ont sauvé les banques, évitant, temporairement, que la crise ne se transforme en dépression.
Mais du coup, l’envie de changement a faibli. L’agenda du G20 est désespérément dérisoire. Comme le souligne Morad El Hattab, nous sommes revenus aux travers du passé. Néanmoins, la situation est en train de changer. Pour vouloir le changement, il faut que les citoyens préfèrent les incertitudes et la peur qu’engendre naturellement ce changement au statut quo. Il faut donc un profond rejet de la situation présente pour que les peuples veuillent renverser la table.
Vers le renouveau
Nous approchons sans doute de ce moment. Bien sûr, le débat sur la dette est un habile moyen de chercher à rassembler les citoyens autour d’une politique de statut quo. Mais depuis trois ans, le message envoyé aux citoyens est limpide : le système économique et institutionnel (en Europe) est profondément dysfonctionnel. Il est non seulement injuste (une petite minorité en profite), mais aussi instable (nous allons de crises en crises) et inefficace (absence de croissance).
Les preuves s’accumulent. Les banques sont sauvées sans qu’on leur demande des comptes. On habille des plans d’aide aux créanciers d’un pays en pseudo plan d’aide aux pays, en saignant les citoyens et en assumant les risques des banques. Et en France, le gouvernement pousse la bêtise jusqu’à faire voter un chèque de 15 milliards d’euros pour les créanciers de la Grèce qui ne sera pas remboursé en même temps qu’un plan d’économie de 12 milliards.
Et les citoyens constatent tous les jours le deux poids deux mesures entre eux et les grandes entreprises, qui continuent d’afficher une santé insolente, comme le montre l’augmentation de 10% des profits du CAC 40 sur le premier semestre. Bref, depuis trois ans, jour après jour, le système démontre son inanité. Et il est intéressant de constater une évolution dans le discours de certains journalistes (Jean-Michel Apathie) qui en viennent à reprendre une partie de notre diagnostic.
Armons-nous de patience. Le moment approche où le système va s’effondrer. La crise économique sera au PS et à l’UMP ce que la guerre d’Algérie a été à la 4ème République. Et là, les petits d’aujourd’hui pourront brusquement devenir grand. Le gaullisme pourra encore venir en aide à la France.
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23.05.2011
Républicains ethniques vs civiques : réponse à Malakine
Il y a quelques semaines, Malakine a entamé une série de papiers riches et très intéressants sur les républicains ethniques et civiques. N’étant pas d’accord avec un certain nombre de points et étant mis en cause à un certain moment, il m’était important d’y répondre.
Une réflexion importante
Je partage un certain nombre d’analyses de Malakine et j’attends avec impatience la conclusion de la série. Je partage sa critique du débat pitoyable sur l’identité nationale ou sa distinction très juste entre l’assimilation et l’intégration. En revanche, j’ai beaucoup de points de désaccords, sur lesquels je vais revenir. Mais ces papiers ont l’immense intérêt de pousser à la réflexion et de me faire préciser un certain de choses sur des questions importantes.
Beaucoup de lecteurs l’ont noté : l’emploi des termes « civiques » et « ethniques » est sujet à caution. Je suis donc aller chercher des définitions pour étudier la ligne de partage définie par Malakine. L’ethnie est ainsi définie comme un « groupement humain homogène par la cultur,e la langue, la religion ». Certains le présentent comme un synonyme de « race ». En grec ancien, il serait traduit par « peuple, nation ». Le « civisme », c’est le respect du citoyen pour la collectivité.
Une ligne de partage contestable
Pour lui, le facteur culturel est purement ethnique et non civique. Pourtant, il écrit aussi qu’« il est bien évident que le bon fonctionnement d’une communauté politique exige un terreau culturel ». Mais alors, comment le républicain civique pourrait exclure toute dimension culturelle à la communauté à laquelle il appartient ? Le lien civique, c’est justement la culture commune. La nation civique est forcément culturelle, ce ne peut pas être qu’une adhésion volontaire et révocable.
Je ne suis pas du tout d’accord non plus par la peinture d’une France « mosaïque très peu unifiée », alors que nous sommes un des pays les plus forts d’Europe (par rapport à tous nos voisins). Je ne crois pas non plus au refus hystérique de toute différence, la France étant justement une terre d’immigration depuis assez longtemps. Et a présence de cultures régionales démontre que notre identité n’exclut pas la diversité (du moment où celle-ci ne remet pas en cause l’unité).
La France, ce n’est pas du tout l’indifférenciation absolue, c’est justement le cumul d’une forte unité avec de vrais particularismes, mais qui ne remettent pas en cause cette unité, à la différence de l’Espagne. Je crois justement qu’il y a un régionalisme républicain, très Français, qui se distingue des régionalismes de nos voisins. Venant de Bayonne, je vois bien la différence entre les deux côtés des Pyrénées…
Une interprétation politique contestable
La ligne de partage politique ne me semble pas totalement pertinente non plus. J’ai du mal à voir Jean-Pierre Chevènement, classé comme un république civique, « indifférent au fait culturel » pour la communauté nationale. En outre, le parallèle avec Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin, de vrais mondialistes me semble assez contestable. En revanche, je me sens assez proche de cette vision de l’immigration et de la gestion des différences.
Le portrait des « nationaux-républicains » est effrayant : « haine des particularismes », « martyriser leurs compatriotes de la périphérie » « leur seul projet : la détestation des différences ». Je ne vois vraiment pas ce qui peut permettre de classer DLR dans une telle catégorie, comme je l’avais souligné dans mon papier sur les deux familles de l’ordo-souverainisme. Justement, le Général disait que « le patriotisme, c’est aimer son pays, le nationalisme, c’est détester celui des autres ».
Le gaullisme est bien évidemment un républicanisme civique (en y intégrant la notion de culture) alors que les MPF ou FN sont clairement du côté des ethniques / identitaires. Je ne vois vraiment pas ce qui, dans les discours de Nicolas Dupont-Aignan, ou même dans mes écrits pourrait nous faire basculer de l’autre côté. Ma critique du voile n’est absolument pas culturelle, mais seulement républicaine, et vient uniquement du fait qu’il contrevient à l’égalité et à la liberté des femmes.
Malgré tout, cette série est très intéressante dans la mesure où elle suscite la réflexion et je poursuivrai demain en tâchant de développer un peu plus longuement ma vision de la différence entre « civiques » et « ethniques / identitaires ».
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26.03.2011
Lettre ouverte à quelques compagnons tentés par le vote FN
Demain a lieu le second tour des élections cantonales. Quelques uns de mes amis, exaspérés par le gouvernement, le PS, l’Europe, la crise, sont tentés de franchir un drôle de Rubicon et voter FN. Si je comprends leur colère, que je partage, je crois que cela n’est pas la solution.
Patriotisme et nationalisme
Je tiens à remercier Laurent de Boissieu qui m’a donné l’idée de cet article en publiant un papier de Nations Presse, la vitrine frontiste d’Internet. Parmi les nombreuses citations attribuées au Général (mais non authentifiées), il en est une que j’apprécie particulièrement : « le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme, c’est la haine des autres ». Je crois que ces mots encapsulent de manière particulièrement forte toute la différence qui existe entre le gaullisme et l’extrême-droite.
Car dans l’ADN du Front National, il y a bien une haine de l’autre, de l’étranger, de l’immigré, du musulman. En cela, le discours de Marine Le Pen n’a pas varié d’un iota par rapport à celui de son père, les gros dérapages occasionnels mis à part (encore que celui sur l’Occupation était significatif). Le gaullisme n’a jamais été la haine des autres, mais au contraire un amour de la patrie et des Français qui lui permettait de se projeter dans le monde et d’aimer l’autre, justement.
Gaullisme et extrême-droite ne sont pas solubles
Bien sûr, on pourra toujours soutenir qu’il y avait des éléments d’extrême-droite dans la France Libre, mais ils étaient très minoritaires et justement, le général de Gaulle a réussi l’exploit de rassembler des Français de toutes les origines, de toutes les confessions, de toutes les convictions, sans exclusive, avec un respect des uns et des autres, rassemblés pour défendre une idée qui les dépassait tous, le combat pour une France libre. Le général de Gaulle n’avait rien d’extrémiste.
En outre, il faut rappeler que les gaullistes et l’extrême-droite se sont souvent combattus dans le passé. Tixier-Vignancourt, candidat d’extrême-droite à l’élection présidentielle de 1965, dont Jean-Marie Le Pen était alors le directeur de campagne, avait appelé à voter pour François Mitterrand au second tour de l’élection présidentielle plutôt que pour Charles de Gaulle. Les rangs des assassins du Général étaient essentiellement composés de personnes d’extrême-droite.
Au FN, la haine du Général
Tout ceci donne une perspective particulière aux tribunes publiées sur le site Nations Presse, qui a publié un papier très élogieux au sujet du colonel Bastien-Thiry, l’organisateur de l’attentat du petit Clamart contre le Général. Plus marquant encore, je vous invite à lire ces deux papiers dont l’antigaullisme primaire devrait faire réfléchir certains compagnons dans l’isoloir. En outre, ils émanent d’un site récent (qui a seulement un an) et proche de la direction actuelle.
Pour ceux qui ne voudraient pas cliquer sur les liens, voici quelques extraits. Il est écrit que le colonel Bastien-Thiry a été « assassiné sur ordre de celui qui aura trahi l’Algérie Française ». On retrouve également cette citation: « lorsque la pierre tombale de l’Algérie Française aura été scellée par la volonté acharnée d’un homme épaulé par la lâcheté de tout un peuple, je n’abandonnerai jamais l’idée de pouvoir débarrasser mon pays du personnage qui a corrompu l’âme de la France ».
Bien sûr, nous partageons avec ses électeurs une partie de notre critique de la situation actuelle (tant vis-à- des politiques suivies par l’UMP et le PS ou de cette europe). Bien sûr, nous partageons certaines des solutions que nous souhaiterions mettre en œuvre. Mais non seulement, les côtés obscurs du Front National subsistent toujours, mais surtout, la nature profonde de nos courants de pensée est différente. Le gaullisme n’est pas soluble dans l’extrême-droite.
C’est bien pourquoi, à titre personnel, même si je ne vote pas demain, puisque je réside à Paris, je n’hésiterais pas une seconde entre un bulletin Front National et un bulletin UMP, PS ou autre. Dans tous les cas, je ne me contenterais pas d’un vote blanc et je prendrais le second.
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22.11.2010
Vers une renaissance gaulliste
Discours prononcé hier lors du Congrès de Debout la République
Mes chers compagnons,
Il y a deux ans, nous étions réunis pour notre premier Congrès. Ensemble, et derrière Nicolas, nous avons parcouru un chemin remarquable. Nous n’en avons pas assez conscience.
Il y a deux ans, nous étions un club. Un club qui avait présenté des candidats dans un peu plus de 10% des circonscriptions aux élections législatives. Un gros quart de ces candidats avaient dépassé 1% des suffrages. Aujourd’hui, nous sommes un parti national, qui a présenté des listes dans toute la métropole aux élections européennes, réunissant 2% des voix dans des circonstances difficiles. Et cette année, nous avons dépassé le Modem et le NPA aux élections régionales en Ile de France. Ce que nous avons accompli en deux ans est une immense réussite.
En seulement deux ans, nous nous sommes installés dans le paysage politique, avec très peu de moyens grâce au courage et à la motivation de tous. Bien sûr, nous pouvons encore avoir des frustrations, mais que sont-elles par rapport à ce magnifique parcours ? Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Si nous continuons à grandir, nous serons définitivement installés dans le paysage politique Français.
Et nous pourrons le faire lors de l’élection présidentielle qui se profile en soutenant Nicolas Dupont Aignan. La crise économique majeure que nous traversons depuis 2008 a bouleversé le paysage politique. Car cette crise est celle de la globalisation néolibérale que nous dénonçons depuis longtemps et qui est défendue par l’UMP comme le PS. Aujourd’hui, les Français ont compris que notre système économique est aussi inefficace, qu’injuste et instable.
En effet, cette crise est bien une crise de la globalisation. Car c’est la suppression des frontières qui explique que la crise du marché immobilier étasunien ait déclenché un tel chaos. En globalisant les économies, on a globalisé les crises. Pour reprendre l’image de Jacques Sapir, supprimer les frontières revient à supprimer les compartiments étanches de la cale du bateau économique mondial. La moindre voie d’eau menace alors de faire couler le navire.
Cette crise est aussi une crise du « laissez-faire » et du « laissez-passer » que le Général de Gaulle avait si souvent dénoncés. La déréglementation économique a abouti à une loi de la jungle, une triple anarchie néolibérale.
La première, c’est, depuis 1971, l’anarchie monétaire, un système où on laisse à ces marchés cupides et irrationnels le soin de fixer la valeur de ce bien collectif si précieux qu’est la monnaie. Un système où, depuis 1973 en France, ce sont les banques privées qui créent cette monnaie pour leur seul profit.
La deuxième, c’est l’anarchie financière, un système où les banques sont trop grosses pour qu’on les laisse tomber. Résultat, on collectivise les pertes alors qu’on a privatisé les profits. Un système où la finance s’est transformée en une sangsue qui extrait toujours plus d’argent de l’économie productive.
La troisième, enfin, c’est l’anarchie commerciale, un système où l’on met en concurrence les salariés des pays dits développés avec ceux des pays en voie de développement. Maurice Allais nous avait pourtant prévenu : dans de telles conditions, le libre-échange encourage les délocalisations, détruit nos emplois, et comprime les salaires.
Et parce que tout est lié, l’anarchie néolibérale et la globalisation sont les deux faces d’une même réalité, l’une soutenant l’autre. Elles ont un ennemi commun : les nations, qui sont encore les seuls moyens pour l’homme de construire une alternative. Comme le dit Frédéric Lordon, « en appeler au gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix, à savoir pas de gouvernement du tout ».
En supprimant les frontières financières, commerciales et humaines, on a privé les États nations des moyens de choisir leur voie. Et cela représente un terrible recul démocratique. Car la nation, en plus d’être une communauté de destin culturelle et solidaire, est également le moyen pour les hommes d’agir sur leur destin. Affaiblir les nations, c’est retirer aux hommes la capacité d’influencer leur avenir. La globalisation telle qu’elle est conçue aujourd’hui entraîne une aliénation de l’homme et un affaiblissement de la démocratie.
Bien sûr, certains affirment qu’une mystérieuse main invisible protègerait l’intérêt général. Mais il suffit d’examiner l’évolution du partage de la valeur depuis trente ans pour réfuter cette thèse. Toute la création de richesse est partie dans les profits des multinationales et les revenus des plus riches. Le système actuel ne sert les intérêts que d’une minorité.
La France, l’Europe, le Monde ont besoin de construire un nouveau système, où la croissance profite à tous. Nous devons remettre le développement économique au service de l’homme et non pas asservir les hommes à des multinationales sans scrupules et assoiffées de profits. Et ce combat, nous devrons le mener en 2012 car il ne faut rien attendre des autres partis.
Les partis anticapitalistes semblent avoir oublié l’échec de l’URSS et les réussites du capitalisme colbertiste et keynésien des Trente Glorieuses. Le Front National s’est construit dans la haine des autres. Leurs extrémismes en font les idiots utiles du système. En stérilisant l’opposition sans espoir d’arriver au pouvoir, ils prolongent le duopole PS-UMP.
La solution, ce n’est clairement pas l’UMP de Nicolas Sarkozy. La France aura encore perdu cinq ans avec ce président au gant d’acier mais dont la main est faible.
Rien n’a été réglé. Les violences aux personnes, baromètre le plus fiable de l’insécurité, augmentent depuis huit ans. Le pouvoir d’achat recule. Près de cinq millions de Français sont privés d’emplois. Le financement de notre régime de retraites par répartition n’est pas assuré. Et en 2011, notre pays affichera le déficit le plus élevé de la zone euro, devant la Grèce ou le Portugal. Non, Nicolas Sarkozy n’a strictement rien réglé.
C’est sans doute pour cela qu’il a essayé de nous distraire pendant cinq mois avec le feuilleton interminable et ridicule du remaniement. Comme toujours, il parle beaucoup, mais ne fait pas grand chose. C’est la présidence crocodile que dénonçait Nicolas il y a deux mois. Ne prenons pas la brutalité de ses méthodes pour une capacité d’action. Presque tous les dossiers traités par le gouvernement l’ont été de manière superficielle.
La solution, ce n’est pas le Parti Socialiste non plus. C’est le parti qui préfère depuis vingt ans les sans-papiers aux chômeurs, un choix qui en dit long sur sa mentalité. Les derniers textes du PS montrent bien qu’ils n’ont toujours rien compris. Celui sur l’égalité réelle est absolument sidérant. Il propose de distribuer de nouveaux milliards comme s’il y avait une cagnotte fiscale, cachée on ne sait où…
En revanche, rien de crédible pour remettre en cause cette globalisation néolibérale qu’ils ont autant soutenu que l’UMP. Aucune remise en cause sérieuse du libre-échange, de la liberté de circulation des capitaux ou de la privatisation de la monnaie.
Le PS ne semble pas comprendre que cette mondialisation affaiblit dramatiquement notre économie. Pire, il feint d’ignorer qu’elle est responsable des délocalisations, du chômage de masse et de la paupérisation des classes populaires comme des classes moyennes. Ce n’est pas pour rien que le Parti Socialiste a perdu les classes populaires. Il est littéralement devenu un parti social-traître !
Le Général de Gaulle disait « je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent ». Comment mieux décrire aujourd’hui le Parti Socialiste de Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy ou l’UMP de Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ?
Mais le Général n’était pas seulement un commentateur lucide de la vie politique Française. Il avait également compris toutes les limites de la déréglementation quand il soutenait que « le laissez-faire, le laissez-passer appliqués à l’économie (…) a souvent donné (…) au développement une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ». Pire, aujourd’hui cette déréglementation ne contribue même plus à notre développement économique.
Enfin, il était le défenseur acharné de la souveraineté nationale, seule garante de l’intérêt général. Et c’est pourquoi les solutions à cette crise (le retour des souverainetés et le rejet du laissez faire et du laissez passer) sont profondément gaullistes.
Bien sûr, certains nous diront que le gaullisme, c’est dépassé. Mais que dire alors du socialisme, né au 19ème siècle, ou des théories libérales, qui ont plus de deux cent ans ? Non, le gaullisme est sans doute la pensée politique cohérente et globale la plus moderne. Et il nous offre deux moyens pour remettre l’économie au service de tous.
Le premier moyen, c’est rétablir des frontières pour restaurer la souveraineté des Etats sur le marché et stabiliser le système économique.
Nous devons dé-globaliser, conserver nos activités agricoles et industrielles sur notre territoire, comme les pays asiatiques l’ont bien compris. Toute économie a besoin de ces fondamentaux. Il ne s’agit pas d’autarcie, mais comme le font le Japon, la Chine ou la Corée du Sud, s’assurer que nous conservons une économie diversifiée et indépendante. Ce rétablissement des frontières économiques nous permettra de reprendre notre destin en main tout en stabilisant notre économie.
Le second moyen consiste à remettre le développement économique au service de l’homme et non pas à y asservir l’humanité.
En premier lieu, nous devons quitter la monnaie unique, revenir sur la loi de 1973, et supprimer l’indépendance de la Banque Centrale. Puis, nous pourrons participer à la construction d’un nouveau système monétaire européen et international qui retirerait à la corbeille sa prééminence.
En second lieu, nous devons remettre la finance au service de l’économie productive. Cela passe par une limitation drastique de la spéculation, une forte contribution à la collectivité avec une taxe Tobin qui ne soit pas symbolique, et par la constitution d’un pôle public bancaire plus important.
En troisième lieu, nous devons mettre fin à cette anarchie commerciale mortifère qui instaure une loi de la jungle où le moins-disant salarial, social et environnemental est toujours gagnant. Nous devons encadrer le commerce mondial pour en supprimer les effets pervers, à savoir un appauvrissement général des classes populaires et moyennes des pays dits développés.
Plus globalement, nous devons reconnaître le rôle majeur de l’Etat pour diriger l’économie dans le sens de l’intérêt général car le laissez faire et le laissez passer n’aboutissent qu’à l’anarchie et à la loi du plus fort.
Bref, l’alternative que nous devons porter, dirigiste et souverainiste, est profondément gaulliste. Comme en 1940, comme en 1958, la solution ne sera pas de droite ou de gauche. Justement, il faudra casser cette globalisation néolibérale que droite et gauche ont construite conjointement. Il faudra abattre cette construction européenne anti-démocratique, anti-nations et dogmatiquement néolibérale pour construire une nouvelle Europe des coopérations entre Etats-nations.
2012 sera une étape cruciale pour le retour en force des idées gaullistes. Elle va transformer le petit parti que nous sommes en un parti établi. Ainsi, le moment venu, nous pourrons porter l’alternance dont la France a tellement besoin.
On aurait pu croire que cette crise allait provoquer un véritable changement, une prise de conscience. Mais aucun dirigeant de la planète n’a voulu remettre en cause ce système inefficace, injuste et instable. Cette crise n’aura été que l’équivalent de la guerre d’Indochine pour la 4ème République. Mais il y a fort à parier que la prochaine sera sa guerre d’Algérie, qui imposera un nouveau New Deal.
Et parce que nous, gaullistes, sommes les héritiers de la pensée politique qui détient les clés de la crise (souveraineté et refus du laissez-faire), nous sommes amenés à jouer un rôle majeur dans sa résolution. Nous sommes les dépositaires d’idées et de principes qui peuvent remettre la France et l’Europe dans la bonne direction. Et en 2012, rassemblés derrière Nicolas Dupont-Aignan, nous allons contribuer à une nouvelle renaissance gaulliste.
Car comme le disait le Général de Gaulle, « puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera tôt ou tard une source d’ardeur nouvelle après que j’aurai disparu ». Cette crise démontre toute l’actualité de cette pensée qui peut encore être la boussole de notre pays.
Chers compagnons, à nous de nous rassembler pour proposer un autre avenir à notre patrie. Pour que vive la République et vive la France.
10:59 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Gaullisme | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : nicolas dupont-aignan, debout la république, 2012, présidentielles, charles de gaulle, gaullisme, jacques sapir, frédéric lordon
10.11.2010
Charles de Gaulle, idéal politique
Hier, j’ai eu la chance de me recueillir sur la tombe du Général ainsi que de visiter le Mémorial et la Boisserie. L’occasion de revenir sur ce que nous a légué le plus grand homme de notre histoire.
Une éthique
C’est un des points qui ressort le plus facilement, surtout par comparaison avec ses successeurs. Le Général de Gaulle appliquait une rigueur toute militaire dans son rapport à l’argent. Il tenait à payer lui-même les factures d’électricité de ces appartements de l’Elysée, ou les repas donnés à titre privé. Ce sont ces mêmes principes qui lui ont fait renoncés à sa retraite de militaire comme à celle de président de la République pour ne vivre que de ses droits d’auteur.
Le Général de Gaulle était également un homme de principes du point de vue des idées. C’est ainsi que son respect profond du vote des Français excluait toute possibilité de rester au pouvoir en cas de référendum perdu. Il n’a fait aucun compromis avec la défense de la France, fût-ce au risque de sa vie ou de celle de ses proches pendant la guerre, et fut un ardent défenseur de sa souveraineté. Fruit de son héritage de chrétien social, il faisait de l’homme « la seule querelle qui vaille ».
Enfin, et c’est un aspect qui a été un peu oublié du fait des caricatures, le Général de Gaulle était tout sauf un nationaliste recroquevillé sur son pré carré. Il était profondément ouvert aux autres pays, et respectueux de leurs cultures, au point de faire l’effort de toujours prononcer des discours dans la langue du pays d’accueil. Il a porté au monde un message finalement très universaliste de tolérance, d’ouverture et de respect de l’identité et de la souveraineté des pays.
Une volonté
En ces temps où l’on répète trop souvent que rien n’est possible, il est fascinant de se pencher sur le parcours du Général de Gaulle, qui démontre que la volonté d’un homme, quand elle est inflexible et juste, peut littéralement déplacer des montagnes. Voici un sous-secrétaire d’Etat inconnu qui a réussi en quelques mois à incarner la France et à construire un gouvernement à partir de sa seule volonté. C’est lui qui a mis la France à la table des vainqueurs en 1945 malgré la déroute de 1940.
Et s’il a eu des échecs, quel parcours ! Voici un homme qui est parvenu à faire partager aux Français sa propre vision des Institutions, cas assez unique dans l’humanité, quitte à passer outre l’opposition de tous les autres partis, comme en 1962. Il a réussi à terminer la guerre d’Algérie dans un sens contraire à ce que certains l’imaginaient à son arrivée au pouvoir. Il a imposé à nos partenaires européens le compromis de Luxembourg. Bref, il a démontré tout ce que peut accomplir un homme politique.
Des idées
Enfin, le Général de Gaulle nous a légué de grands principes qui peuvent encore guider l’action politique aujourd’hui. La première d’entre elle est sans doute sa conception de la démocratie qu’il a su graver dans le marbre de notre Cinquième République. Bien loin des accusations mesquines de coup d’état (quel dictateur a remporté deux suffrages populaires et deux votes des grands élus en huit mois ?), il a créé des institutions qui permettent à la volonté des Français de s’exprimer pleinement.
Le deuxième grand principe est l’aspect fondamental de la souveraineté nationale. Lui avait bien compris que la nation est le moyen pour l’homme d’agir sur son destin et qu’il ne faut faire aucun compromis avec la souveraineté nationale, surtout quand on est faible, ce qui le poussa à une attitude intransigeante à la tête de la France Libre. Cette partie de son message prend une actualité brûlante avec les coups de canif régulier portés à la souveraineté des nations en Europe.
Enfin, le Général de Gaulle était un progressiste, dans le sens où il croyait au progrès économique, produit de l’effort de la collectivité nationale. Mais si ce progrès devait reposer sur l’économie de marché, il était trop conscient des faiblesses du capitalisme (instabilité, injustices), pour ne pas comprendre que l’Etat devait jouer un rôle fort pour en éviter les excès. Pour lui, le progrès devait être partagé par tous, d’où son attachement à la participation, même s’il ne fut pas pleinement couronné de succès.
On peut ne pas être d’accord avec ses idées ou sa vision des choses, mais le Général de Gaulle aura au moins démontré que la politique peut être faite avec une éthique et de la volonté au service de grandes idées, des qualités qui semblent trop souvent disparues aujourd’hui.
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08.11.2010
Le gaullisme, une boussole pour sortir de la crise
Demain, ce sera le 40ème anniversaire de la mort du plus grand homme de notre histoire ainsi que l’occasion de se pencher sur ce qu’il a pu faire pour la France et les Français. Mais plutôt que de conjuguer le gaullisme au passé, c’est au futur que son message prend encore plus de valeur.
Une crise de la globalisation néolibérale
Les crises récurrentes de l’économie mondiale depuis une quinzaine d’années ont deux raisons clairement identifiées : la globalisation et la déréglementation économique qui a abouti à une forme d’anarchie, commerciale, monétaire et financière. En effet, d’une part la libéralisation de la finance a conduit à une explosion du montant des transactions (aujourd’hui égales à 70 fois le PIB mondial), non pas du fait de l’épargne, mais d’un recours accru au crédit par l’effet de levier.
Cette augmentation de la demande d’actifs a provoqué une hausse de leur prix mécanique puisque l’offre n’a pas pu suivre la demande. Cette progression, indépendante de leur valeur réelle, provoque des bulles qui finissent par éclater quand leur valeur dévie trop de la réalité, comme lors du krach de la bulle Internet en 2001 ou celle de l’immobilier étasunien en 2008. Il est terrifiant de constater la proximité des deux bulles, qui illustre l’irrationalité congénitale des marchés.
Cette libéralisation touche également le commerce et là, le phénomène a été parfaitement analysé par Maurice Allais ou Jean-Luc Gréau. La mise en concurrence des salariés des pays dits développés avec ceux des pays en voie de développement, dans un monde où les entreprises peuvent investir comme bon leur semble, a provoqué une vague massive de délocalisations, rayant de la carte occidentale bon nombre d’industries (jouet, textile, électronique…).
Pire, cette concurrence déloyale pousse à la baisse les salaires des classes populaires et des classes moyennes dans les pays dits développés du fait du rattrapage de productivité. Non seulement la globalisation néolibérale casse la croissance des pays du Nord, mais en plus, elle transmet de plus en plus rapidement et de plus en plus violemment la moindre crise d’un pays à l’ensemble de la planète, comme on a pu le voir en 2001 ou en 2008.
La réponse gaulliste
A ce moment, on pourra se demander ce que peut bien faire le gaullisme dans cette analyse de la crise. Le Général de Gaulle a présidé pendant les Trente Glorieuses. En quoi son message pourrait bien nous guider dans ces temps nouveaux de la globalisation néolibérale ? La première objection est que les défenseurs du système actuel persistent à se référer à des penseurs d’il y a deux siècles comme Ricardo, qui vivait dans un monde largement plus différent du nôtre que celui des années 60.
Et puis, le Général a démontré pendant toute sa vie qu’il était capable de voir loin. En 1965, il affirmait que « le laissez-faire, le laissez-passer appliqué à l’économie (…) a souvent (…) donné au développement une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il est en résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ». Qui pourrait mieux résumer en deux lignes les conséquences négatives de la globalisation néolibérale ?
Mieux, il nous a laissé en héritage plusieurs principes fondamentaux qui sont autant de réponses à la crise actuelle. C’est lui qui a insisté pendant toute sa vie pour que le progrès économique profite à tous, réclamant sans cesse une troisième voie entre le communisme et le capitalisme dont il dénonçait les excès, tout en reconnaissant son attachement à l’économie de marché. Il refusait cette corbeille, « où la politique de la France ne se fait pas ». L’Etat doit rester au-dessus de la libéralisation.
En outre, pour lui, il ne pouvait pas y avoir le moindre compromis avec la souveraineté nationale, seule garante de l’intérêt général, et qui est désormais opprimée par les traités européens. Il s’appuyait sur les frontières et était favorable à l’autosuffisance alimentaire alors que l’UMP et le PS ont laissé démanteler la PAC pour laquelle il s’est tant battu. Bref, les remèdes à la crise, relocalisation, règlementation, rétablissement des frontières, sont profondément gaullistes.
La pensée du Général de Gaulle est un des seuls systèmes de pensée alternatifs cohérent dont découlent directement les réponses à la crise. Comme il le disait, « puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera tôt ou tard une source d’ardeur nouvelle, après que j’aurai disparu ».
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21.04.2010
Edouard Balladur, l’antigaulliste
Marie-France Garaud aurait dit de lui qu’il est « la face de Georges Pompidou qui n’a été imprégnée par le Général de Gaulle ». Lundi soir au Grand Journal de Canal Plus, l’auteur de « Laissons de Gaulle en paix ! » l’a une nouvelle fois démontré.
Une certaine idée de la France
Confronté à une question sur la participation de Nicolas Sarkozy à des primaires qu’organiserait l’UMP en vue de l’élection présidentielle de 2012, l’ancien Premier Ministre a pensé qu’il serait naturel qu’il s’y présente !!! Un président sortant, élu par 53% des Français en 2007 avec plus de 80% de participation, devrait donc avoir l’approbation des militants d’un parti pour se représenter cinq ans après ! Et si les militants de l’UMP lui en préférait un autre, il pourrait partir à la retraite !
Ensuite, interrogé sur la crise, Edouard Balladur a répondu que c’était l’urgence du moment. Oubliant le chômage, il a donné deux priorités à notre pays : la réduction de son endettement et l’amélioration de notre compétitivité. En clair : hausse des impôts, baisse des dépenses publiques et rigueur salariale à l’Allemande ! Et pour couronner le tout, l’ancien secrétaire général de Georges Pompidou a appelé de ses vœux une « gouvernance européenne » qui pourrait contraindre les pays à la rigueur !
Un nouvel Hoover
Passons sur le besoin de rigueur énoncé par un premier ministre qui avait laissé les finances publiques de la France dans un « état calamiteux » selon Alain Juppé. Face à une crise systémique globale, Edouard Balladur n’a dressé aucune analyse des causes de cette situation pour soutenir son raisonnement. Il se contente de recommander les potions amères que le président Hoover avait mises en œuvre avec le succès que l’on sait de 1929 à 1932. Comment espérer la moindre reprise ainsi ?
Pire, comment ne pas voir le caractère profondément antigaulliste des idées qu’il avance ? Comme solution à la crise, Edouard Balladur propose de réduire la souveraineté de la France, ce contre quoi le Général de Gaulle s’est battu pendant toute sa vie. Et alors que l’homme du 18 juin avait tout fait pour soustraire le président de la République de l’influence des partis en le faisant élire au suffrage universel, il propose que la candidature d’un président sortant dépende de son parti !
Marie-France Garaud avait bien raison. Il est évidemment un peu ridicule qu’un gamin comme moi, né après la mort du Général de Gaulle, donne des leçons de gaullisme à un homme politique qui a servi Georges Pompidou, mais là, Edouard Balladur est allé trop loin !
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19.01.2010
Vers la fin du clivage gauche-droite
C’est un sondage passionnant que le Cevipof a fait réaliser par la Sofres. Il mesure l’opinion des Français à l’égard des institutions politiques et économiques. Il recèle de nombreuses pépites qui montrent que les ingrédients pour un big bang politique semblent se rassembler.
Un rejet très fort des élites
En effet, si 69% des Français font confiance à leur conseil municipal et 65% à leur conseil général ou régional, 55% ne font pas confiance à l’Union Européenne, 64% à l’Assemblée Nationale, 65% à la présidence de la République et 68% à l’égard du gouvernement. En clair, deux tiers des Français ne font plus confiance aux hommes politiques nationaux. Il faut dire que 78% de la population pense que les responsables politiques se préoccupent peu ou pas du tout de ce qu’ils pensent.
La défiance à l’égard des institutions se retrouve partout. Les Français ne font plus confiance aux banques, ni aux grandes entreprises, qui ne pensent qu’à leur profit. Le constat est sévère et produit une crainte pour l’avenir. Paradoxalement, cette crainte est moins forte pour l’avenir immédiat, où seule une petite majorité relative pense que sa situation va se détériorer, que pour l’avenir plus lointain, puisque 73% des Français pensent que la situation sera moins bonne pour leurs enfants.
Le dépassement du clivage gauche-droite
Mais l’enseignement sans doute le plus intéressant de ce sondage est la démonstration éclatante de la démonétisation du clivage gauche-droite. 67% des Français ne font confiance ni à la gauche, ni à la droite pour gouverner le pays. Seulement 16% font confiance à la droite et 14% à la gauche. Des chiffres dérisoires qui montrent l’étendue de la défiance à l’égard du PS et de l’UMP, qui ne semblent avoir pour mérite que de ne pas avoir encore d’alternative crédible.
Mieux, à peine 25% des Français se classent à gauche ou à l’extrême gauche, 19% à droite ou à l’extrême-droite, alors que 38% se déclarent ni à gauche ni à droite. En poussant un peu plus, 31% se disent « plutôt de gauche », 26% « plutôt de droite » mais 40% « ni de gauche, ni de droite ». Bref, les Français semblent avoir intégré que ce ne sont plus les clivages traditionnels qui ont du sens, même s’ils ne semblent pas encore en avoir trouvé un de substitution.
Mais surtout, comment ne pas voir dans ce sondage une profonde attente de gaullisme ? En effet, le Général de Gaulle refusait le clivage gauche-droite et sa politique serait difficilement classable sur l’échiquier actuel. Le gaullisme a encore de beaux jours devant lui.
10:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : clivage gauche-droite, cevipof, gaullisme
09.01.2010
Philippe Séguin, étoile gaulliste
C’est une tribune terrifiante de bêtise du Monde qui me pousse à revenir sur la mort de Philippe Séguin et sur l’héritage politique qu’il laisse à la France. Loin d’être le représentant « d’un monde ancien qui ne veut pas mourir », il restera une lumière qui éclaire l’avenir.
Le Monde, partiel et partial
On a connu Le Monde plus inspiré et plus nuancé. Bien sûr, il ne fallait sans doute pas espérer du journal du soir un jugement très tendre à l’égard d’un des plus farouches combattants de cette « pensée unique » que Le Monde défend. Le titre, déjà, est ridicule. Puisqu’il ne pensait pas comme eux, il est donc un homme du passé. Un argument minable qui vise surtout à éteindre tout débat sérieux. Après tout, le gaullisme est plus récent que le libéralisme ou le socialisme…
Pour Le Monde, qui s’abrite derrière les jugements de François Hollande ou d’Alain Minc, forcément impartiaux, il ne resterait rien de Philippe Séguin, sinon les philippiques enflammées qu’Henri Guaino écrit pour Nicolas Sarkozy. Nathalie Koscuisko-Morizet affirme de manière surprenante qu’il n’a pas essayé de créer d’idéologie. Son rôle de défenseur du gaullisme lui suffisait… Son opposition à l’euro serait démontée par la crise, où la monnaie unique nous aurait protégés. Mais on cherche bien de quoi…
Le journaliste ose même affirmer que « l’ampleur du non au référendum de 2005 peut difficilement être interprétée comme une victoire du séguinisme » puisque le sujet du débat n’était pas la souveraineté mais aurait été la peur d’une perte d’identité. On se demande comme Arnaud Leparmentier peut oser résumer le débat de 2005 ainsi alors que le vote marquait un rejet de l’Europe libérale, en bonne partie responsable du « Munich social » que Philippe Séguin avait dénoncé dès 1993.
Une étoile qui brillera encore longtemps
Pourtant, c’est bien le contraire qui s’est passé et qui se passe. Car il n’y a bien que le Monde qui peut ne pas voir dans le « non » au Traité Constitutionnel Européen une revanche du référendum sur le traité de Maastricht. En outre, tout ce que Philippe Séguin dénonçait au début des années 1990 a malheureusement été vérifié par les faits : l’augmentation des inégalités, le maintien d’un chômage de masse, les politiques monétaires absurdement restrictives…
Mais surtout, Philippe Séguin a entretenu la flamme gaulliste. Car c’est bien qui a représenté mieux que quiconque les idées gaullistes pendant les années 90. En cela, il laisse une marque forte sur notre vie politique. Il y a fort à parier, et j’en suis un exemple, que c’est bien lui qui a amené toute une génération à lire les écrits du Général, à se pencher sur la vie du plus grand des Français et qui fait que cette flamme est toujours présente, notamment au cœur de la jeunesse.
Philippe Séguin a montré que les idéaux gaullistes d’indépendance nationale, de progrès économique au service de tous, de primat du politique sont toujours d’actualité. Il a aussi été une exception bienvenue à un monde politique de plus en plus peuplé d’ambitieux aux dents longues sans colonne vertébrale idéologique, convictions ou même sens du service de l’Etat et de la France. Il a montré qu’un homme politique peut encore être animé par des idéaux et s’y tenir réellement.
En cela, il représente un message d’espoir pour l’avenir. Un modèle que les Français pourraient bien rapidement vouloir retrouver, lassés par la Star Academy politicienne que nous offrent le PS et l’UMP. Ils chercheront alors un digne héritier de celui qui croyait encore à une forme d’éden politique.
10:55 Publié dans Actualités, Gaullisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : philippe séguin, gaullisme, le monde, arnaud leparmentier
14.09.2009
Le gaullisme, une boussole pour l’avenir
Le gaullisme est une idéologie beaucoup plus récente que le libéralisme ou le socialisme, mais le plus frappant est sans doute son adéquation aux problèmes que nous rencontrons aujourd’hui.
Sa vision de l’économie
« Le laissez-faire ! le laissez passer appliqué à l’économie (…) a souvent, (…) donné au développement une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ». Cette phrase du Général de Gaulle, prononcée lors d’une conférence de presse en 1965, est paradoxalement plus proche de notre réalité que de celle des années 60, où la croissance se faisait alors avec moins de secousse et une baisse des inégalités.
Aujourd’hui, pour le paraphraser, on a l’impression que l’ensemble de la politique de la planète se fait « à la corbeille ». Les taux d’intérêts ne baissent pas pour sauver l’économie réelle mais pour compenser les hoquets d’une bourse devenue folle et qui va d’excès en excès. Nous semblons avoir oublié que c’est bien « l’homme, la seule querelle qui vaille », et non pas les banques ou les indices boursiers.
Nous pouvons donc nous inspirer des principes et des idées du Général de Gaulle pour refonder un capitalisme devenu fou depuis quelques années. Comment ne pas voir dans la nécessaire domestication du monde financier afin de le remettre au service de l’économie réelle une politique d’inspiration gaulliste ? De même pour le rétablissement d’une concurrence plus loyale, à travers l’existence de frontières qui permettraient à nouveau aux Etats de maîtriser les flux économiques.
Une vision du monde et de la cité
Le Général de Gaulle était un des rares dirigeants des années 60 à refuser le bipolarisme de l’époque. Il menait une politique complètement indépendante, même s’il était l’allié des Etats-Unis. En allant en Amérique du Sud, il avait plaidé pour que la partie septentrionale du continent Américain s’émancipe de l’emprise de son puissant voisin du Nord, suivant quelque part son exemple. On voit aujourd’hui que la réalité a fini par rattraper les souhaits du Général.
Malheureusement, l’Europe, elle, semble incapable de se débarrasser de la tutelle Américaine, comme le montre l’inscription de l’OTAN dans le TCE et le Traité de Lisbonne et le suivisme de la grande majorité des dirigeants du continent pour les opérations militaires en Afghanistan et en Irak. Là encore, le message du Général du Gaulle a une actualité qui pourrait guider notre action.
Enfin, le Général de Gaulle, c’était une vision de la démocratie et du respect du vote des peuples. Il n’hésita pas à quitter le pouvoir dès qu’il perdit le soutien de la majorité des Français. Aujourd’hui, les députés n’hésitent pas à défaire ce que les Français ont choisi deux ans et demi plus tôt. Et alors que de plus en plus de pouvoirs sont confiés à des organisations technocratiques (BCE, Commission, comité Bâle 2) avec les résultats que l’on sait, comment ne pas trouver d’actualité à sa volonté d’exécutif politique fort.
Economie, international, démocratie : depuis quelques décennies, nous avons pris une direction contraire à la pensée du Général de Gaulle. Pour notre plus grand malheur. C’est pourquoi la France a encore besoin du gaullisme comme boussole.
11:38 Publié dans Gaullisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : gaullisme, charles de gaulle



