02.03.2011

Israël tourne le dos aux lumières

C’est une petite musique bien désagréable qu’on entend dans certains milieux occidentaux et en Israël, le regret d’Hosni Moubarak : « certes, c’était un dictateur, mais aussi un allié fidèle ». Une nouvelle illustration de la mauvaise direction prise par Israël.

Révolution arabe et Israël

A dire vrai, on peut quand même comprendre en partie cette position. Depuis des décennies, le pays était protégé en son Sud par l’alliance avec une Egypte sous influence étasunienne, un bol d’air pur dans une région où certains partis et certains régimes professent leur volonté de rayer Israël de la carte. La perte d’un allié fidèle qui pourrait être remplacé par un nouveau régime hostile à l’Etat hébreu est donc légitimement un souci pour le gouvernement et les médias Israéliens.

Mais le problème est qu’afficher une telle opinion ne peut que renforcer la très mauvaise image d’Israël dans les opinions publiques arabes. Alors que les peuples se libèrent d’autocrates qui exploitaient les richesses de leur pays à leur profit, il est tout de même désolant de ne pas voir Israël se réjouir un minimum de ces révolutions non islamistes qui semblent en marche chez ses voisins. Israël semble préférer une dictature alliée à une démocratie moins favorable.

Le côté obscur de la force

Israël persiste dans une attitude totalement suicidaire. Après avoir déclenché une guerre contre Gaza, arraisonner un bateau d’aides, continuer à construire des colonies en plein territoire Palestinien, le gouvernement de Benjamin Netanyahou multiplie les gestes de défiance vis-à-vis des Palestiniens et de la communauté internationale. Du coup, quelques gouvernements commencent à reconnaître l’autorité Palestinienne et le vent tourne dans le monde, y compris aux Etats-Unis.

Bien sûr, aujourd’hui encore, Israël est le plus fort dans la région et le régime le plus démocratique. Mais le second argument pourrait bien tomber très rapidement quand on constate que même Kadhafi devrait bientôt être de l’histoire ancienne. Ensuite, Israël serait bien mal inspiré de compter sur sa force pour se protéger. Car à force de montrer qu’ils peuvent l’utiliser sans mesure, il a montré un bien mauvais exemple à qui parviendrait à égaler sa force

Le rôle de la France

Que faire alors ? La priorité me semble être de défendre l’intégrité des territoires Palestiniens et exiger non seulement la fin des colonies mais aussi le retrait de celles qui sont les plus isolées et qui fracturent le plus durement le territoire Palestinien. Rien, absolument rien, ne justifie ce mitage humiliant des Territoires Occupés. En agissant de la sorte, Israël compromet durablement toute solution au conflit. C’est pourquoi nous devons passer de la parole aux actes.

Nous pouvons cesser toute relation diplomatique avec Israël tant que la colonisation n’est pas arrêtée. Mais nous devons aller plus loin et même envisager un véritable boycott des produits Israéliens (comme cela avait été fait pour l’Afrique du Sud). En ne faisant rien, la communauté internationale se fait complice des agissements délétères d’Israël. Nous devons montrer qu’un tel comportement est inadmissible et véritablement peser pour qu’il change.

Parce qu’Israël a été attaqué et son existence même menacée, à force d’effort, il est devenu plus fort que tous ses agresseurs potentiels. Le problème est qu’il exerce cette force sans mesure ni raison. A nous de bien lui faire comprendre que ce n’est pas son intérêt, par la force s’il le faut.

02.06.2010

Le nouveau dérapage d’Israël

Cela commence à bien faire ! Après une guerre scandaleuse au Liban, une incursion à Gaza et alors que Tel Aviv maintient une politique de colonisation détestable, Israël vient de déraper gravement en attaquant violemment un bateau de vivres qui allait à Gaza.

Une agression injustifiable

Bien sûr, Israël est un Etat qui a un souci particulier pour sa sécurité du fait des agressions dont le pays a été victime et des menaces proférées par de nombreux extrémistes qui veulent même sa destruction. Cela justifie un souci de sécurité que nous ne pouvons sans doute pas comprendre totalement en vivant comme nous vivons en Europe et en France. Mais même avec ce préalable, il faut constater que l’Etat hébreu vient à nouveau de déraper avec cette attaque qui a fait neuf morts.

Lundi soir sur Canal Plus, l’ambassadeur d’Israël en France tentait de défendre la position de son pays face à des journalistes et un Dominique de Villepin extrêmement sceptiques. En effet, il évoquait les armes présentes sur le bateau et la violence des membres de son équipage. Mais cet argument était ridicule. Qui a été violent dans cette affaire ? Les membres du bateau ou les soldats israéliens, qui ont tué neuf personnes ? En outre, des rescapés Allemands démentent la thèse de Tel Aviv.

Israël multi-récidiviste

Mais outre le côté scandaleux de cette intervention, le problème est que ce n’est pas la première fois qu’Israël se comporte mal. Pour une fois, je suis d’accord avec le commentaire de la diplomatie Française qui souligne « l’usage disproportionnée de la force par Israël ». Cette qualification, si elle conserve un ton très diplomatique, reflète bien la réalité des dernières années. Aujourd’hui, Israël est le plus fort et en profite, comme il en a profité au Liban, à Gaza et vis-à-vis de la Palestine.

Mais cette attitude est suicidaire à moyen terme pour de multiples raisons. Tout d’abord, cela envoie le message aux pays arabes que s’ils deviennent plus puissants, alors ils pourront faire ce qu’ils veulent. Résultat, il ne faut pas s’étonner que l’Iran chercher par tous les moyens à accéder à l’arme nucléaire. Israël montre le mauvais exemple en ne se souciant pas des résolutions des Nations Unies. C’est parce qu’Israël est le plus fort aujourd’hui qu’il doit être mesuré, au cas où il ne le soit plus à l’avenir.

Une communauté internationale trop complaisante

Pour le bien même d’Israël, il est important de contraindre l’Etat hébreu à revenir sur ses pratiques les plus contestables, notamment la colonisation, que rien ne justifie. Car si personne n’arrive à le faire, comment la communauté internationale pourra être crédible pour faire respecter la protection d’Israël le jour où un autre Etat le menacera plus sérieusement ? Le comportement d’Israël rend sa protection impossible dans le futur. Il faut donc faire plier Netanyahou.

C’est pourquoi la Turquie a raison d’entamer un vrai bras de fer en suspendant toute coopération militaire et en dénonçant « l’attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine et qui doit absolument être punie ». L’Europe et la France devraient adopter de véritables sanctions (renvoi de l’ambassadeur, sanctions économiques) pour bien signifier notre désaccord avec la politique suivie. Il faut faire plier Israël pour pouvoir demain aussi faire plier ceux qui voudraient l’agresser.

La mollesse occidentale est une forme de complicité passive avec les agressions répétées commises par Israël. Il serait temps de passer des mots, souvent justes, à de véritables mesures, pour la sécurité de la Palestine, mais aussi pour celle d’Israël et du monde.

21.11.2009

La communauté internationale, impuissante face à la colonisation de la Palestine

L’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche a été l’occasion d’un changement de ton assez radical de l’administration étasunienne à l’égard d’Israël avec la dénonciation de la colonisation de la Palestine. Malheureusement, les mots n’ont pas changé l’attitude israélienne.

Une colonisation qui continue

On ne mesurera que dans quelques décennies, avec du recul, à quel point la politique de colonisation a freiné le processus de paix au Proche-Orient. En effet, rien ne justifie cette forme d’annexion partielle et partiale de la Palestine par l’Etat israélien. Qui plus est, cette pratique humilie le peuple palestinien qui assiste impuissant à l’invasion de son territoire par un occupant qui utilise des méthodes non guerrières et donc d’autant plus redoutables.

Barack Obama avait demandé très fermement un arrêt de la construction des colonies, menaçant même Israël de sanctions financières. La seule chose que Benyamin Netanyahou a bien voulu accorder est un faux moratoire puisqu’Israël pourra continuer à construire dans les colonies dont la population augmente ainsi que les projets qui ont déjà été acceptés. Pire, mardi, le ministère israélien de l’intérieur a donné son accord pour la construction de neuf cents logements à Jérusalem Est.

Une communauté internationale impuissante

L’administration étasunienne a réagi très vivement, par la voix de Barack Obama. « Je crois que la construction de logements supplémentaires dans les colonies ne contribue pas à la sécurité d’Israël. Je pense que cela rend plus dur le fait de faire la paix avec leurs voisins. (…) Je crois que cela rend les Palestiniens amers, de telle manière que cela peut finir par être très dangereux » a-t-il affirmé. Une intervention qui justifierait presque le terrorisme palestinien !

Il faut dire que la politique israélienne de colonisation est un énorme frein à la paix et qu’il est temps que la communauté internationale soit plus ferme. Il y aurait pourtant des solutions pour faire pression sur Israël. Les Etats-Unis pourraient conditionner leur aide financière. L’Europe pourrait revoir ses relations commerciales avec Tel Aviv en fonction de ses avancées et même éventuellement conditionner ses relations diplomatiques à la fin de la colonisation.

Aujourd’hui, Israël poursuit sa politique de colonisation quelques que soient les critiques de la communauté internationale. La seule solution revient donc à prendre des mesures pour montrer que cette situation n’est pas acceptable. Ne rien faire revient à accepter à mi-mot.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/18/01003-20091118ARTFIG00471-israel-vivement-critique-pour-un-projet-de-construction-.php

23.07.2009

Obama met la pression sur Israël

Jusqu’au début de l’année, les Etats-Unis étaient l’allié inconditionnel d’Israël. Quels que soient les actes et les décisions du gouvernement de l’Etat hébreu, Washington le soutenait. L’élection de Barack Obama semble avoir changer les choses plus que l’on ne pouvait s’y attendre.

Le scandale des colonies

Le terme « colonies », ressurgi de l’histoire, a un sens précis et il est surprenant qu’il soit utilisé avec autant d’indifférence à propos d’un sujet aussi grave. Non seulement Israël continue à occuper une partie du territoire Palestinien mais en plus l’Etat hébreu continue à agrandir les colonies au mépris de l’autorité palestinienne, dont le nom est malheureusement bien mal choisi. La colonisation de la Palestine par Israël est une des raisons principales de l’enlisement du processus de paix.

Mais jusqu’à présent, l’administration étasunienne ne critiquait pas l’attitude de son allié et allait même jusqu’à sous-entendre que ces colonies ne pourraient sans doute pas être retournées à leur légitime possesseur. Si Israël avait accompli un progrès décisif en se retirant de celles de la bande de Gaza, une telle option semblait inenvisageable à court terme en Cisjordanie, en l’absence de toute pression de la communauté internationale.

Le 180° de l’administration étasunienne

Alors qu’il n’avait guère abordé ce sujet lors de sa campagne, Barack Obama a rapidement changé la tonalité de la diplomatie à Washington. Avant sa première rencontre avec le nouveau Premier Ministre, il a lourdement insisté pour que le gouvernement israélien gèle la construction de colonies. Dans chacun de ses discours, il insiste sur ce point fondamental (prélude, je l’espère, à un retrait). Et cette semaine, la tension est montée d’un cran avec la menace de sanctions financières.

En effet, le gouvernement fédéral pourrait réduire ses aides à l’Etat d’Israël si la construction des colonies n’est pas gelée. Les relations entre les deux Etats n’ont jamais été aussi tendues, ce qui pourrait contraindre Tel Aviv à changer son fusil d’épaule devant une telle pression de son premier allié. On pourra seulement regretter que la France ne soit pas davantage montée au créneau sur une telle question, pourtant essentielle dans la mésentente entre pays occidentaux et musulmans.

Si le retour du Likoud au pouvoir ne laissait rien présager de bon pour la paix au Proche-Orient, , l’action de Barack Obama offre un vrai contre-poids. En prenant fermement position contre la politique de colonisation d’Israël, il peut imposer un nouveau dialogue à Tel Aviv.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/21/01003-200...

15.01.2009

Il est temps de faire cesser la guerre de Gaza !

Il y a eu désormais environ mille morts depuis le déclenchement de la guerre de Gaza par Israël, à peine plus de deux ans après celle du Liban. Il est temps que la communauté internationale fasse réellement pression pour mettre fin à ce conflit.

Une guerre encore plus sanglante qu’on ne le croit

Deux cent mille morts et six cent mille blessés : voici l’équivalent du bilan du conflit à date pour un pays qui serait de la taille des Etats-Unis. À l’échelle de la France, le nombre de victimes à Gaza revient à quarante mille morts et plus de cent mille blessés. En effet, il ne faut pas oublier que le millier de victimes et les près de trois mille blessés le sont pour un territoire qui ne compte qu’un million et demi d’habitants, quarante fois moins que la population Française ou deux cent fois moins que la population Américaine. Bref, le bilan réel est proportionnellement beaucoup plus lourd qu’on ne le croit.

Soyons clairs, l’Etat hébreu a parfaitement le droit de se défendre quand il est agressé. Mais, d’une part, il entretient la colère des Palestiniens en maintenant les territoires occupés sous sa coupe, en permettant la construction scandaleuse de colonies ou en construisant un mur au sein même de la Cisjordanie, dans un comportement dont l’impérialisme rappelle volontiers celui des Etats-Unis en Irak. Et de l’autre, sa réponse complètement disproportionnée, que même une partie de la presse anglo-saxonne condamne, ne va pas abattre le Hamas et risque même de le renforcer à terme.

Une communauté internationale impuissante

Si Nicolas Sarkozy a eu raison de se démener pour essayer d’aboutir à une solution diplomatique, le moins que l’on puisse dire est que ses initiatives n’ont pas porté le moindre fruit. Les commentaires triomphalistes de la diplomatie Française lors de son voyage n’en apparaissent que plus indécents quand on constate que rien n’a changé et que le nombre de victimes continue à augmenter. Certes, les Nations Unies ont voté une résolution demandant un arrêt du conflit, mais comme avec la guerre du Liban, il semble clair aujourd’hui qu’Israël maîtrise son agenda et n’arrêtera que quand bon lui semblera, même si les diplomates expliqueront sans nul doute qu’ils auront obtenu la fin des opérations quand elles cesseront.

La communauté internationale et la France doivent maintenant se poser une question très simple : devons-nous accepter sans rien dire l’agression disproportionnée d’Israël à l’égard de Gaza, et par là même se faire les complices de cette guerre ? Ne pouvons-nous la dénoncer autrement ? Il y a des solutions pour signifier clairement notre opposition à cette guerre : la France pourrait par exemple renvoyer l’ambassadeur d’Israël et mettre une fin temporaire à nos relations diplomatiques avec l’Etat hébreu pour montrer que nous ne restons pas complètement passif à l’égard de cette guerre.

La guerre de Gaza est un conflit grave par le nombre de ses victimes et ses conséquences. L’Europe et la France ne devraient pas s’en montrer complices. Par-delà les gesticulations diplomatiques, il existe des gestes qui marqueraient notre réelle opposition mais je doute que Nicolas Sarkozy les saisissent.

Source : http://www.lemonde.fr/la-guerre-de-gaza/article/2009/01/1..., The Economist

14.01.2009

Les dérapages démocratiques de Nicolas Sarkozy

Le moins que l’on puisse dire est que le président multiplie les annonces en ce début d’année : réforme du permis de conduire, refonte du gouvernement, gratuité des musées pour les moins de 25 ans… Mais entre ces annonces, de véritables dérapages démocratiques ont lieu.

Dérapages parlementaires

Ce début d’année relativise la présentation de la réforme de la Constitution comme une avancée des droits du Parlement, que « personne ne pouvait refuser ». En effet, le Sénat s’est retrouvé à examiner le texte de la réforme de l’audiovisuel alors qu’une partie de la réforme, c’est-à-dire la suppression de la publicité, était déjà appliquée depuis le 5 janvier. Résultat, on se demande bien à quoi sert le Parlement quand il n’est que la caisse enregistreuse d’une décision prise à l’Elysée, qui a piétiné les conclusions de la commission Copé, et l’applique en partie avant même son vote.

Le deuxième dérapage parlementaire consiste dans la réforme du droit d’amendement de l’opposition. Jusqu’à aujourd’hui, les parlementaires pouvaient déposer autant d’amendements qu’ils le souhaitaient, ce qui pouvait permettre à l’opposition de pratiquer une forme d’obstruction, qui, à défaut d’être glorieuse, est commune dans la plupart des démocraties. La droite comme la gauche y ont eu recours. Le gouvernement souhaite aujourd’hui limiter ce droit en mettant une limite au temps de débat. Il y avait pourtant une solution simple auparavant, avec l’article 49-3, qui permettait de couper court au débat. La limitation de son usage a peut-être provoqué cette nouvelle réforme qui encombre un agenda inutilement surchargé.

Dérapages judiciaires et communicants

Et le manque de respect du travail parlementaire se retrouve également dans l’annonce de la suppression du juge d’instruction. Le Parlement avait fait un travail intéressant suite au scandale Outreau et la commission d’enquête avait présenté des conclusions concrètes pour éviter certains disfonctionnements, en introduisant par exemple un collège de trois juges pour certaines décisions, de manière à éviter la solitude du juge d’instruction. Nicolas Sarkozy a balayé ce travail d’un revers de main et propose donc de confier les responsabilités du juge d’instruction à un magistrat du parquet, dépendant du ministère, supprimant de facto l’indépendance de l’instruction, dans un nouveau recul démocratique.

Alors, bien sûr, Nicolas Sarkozy a trouvé une astuce en parlant de « juge de l’instruction », de manière à rendre le débat démocratique plus confus. Le président est malin, mais cette présentation trompeuse est trop évidente pour ne pas être remarquée. Cette tentative de détournement du débat est habituelle chez lui : il suffit de se souvenir de ses déclarations triomphalistes sur la guerre de Gaza il y a quelques jours, dont on constate bien aujourd’hui qu’elles étaient largement prématurées…

Nicolas Sarkozy parlait de république irréprochable lors de la campagne présidentielle. Mais la réalité est toute différente. Outre une main mise renforcée sur le Service Public et la justice, il détourne les débats d’une manière bien peu démocratique. Mais dans ce tourbillon, il est difficile de se poser pour le voir.

Source : Le Canard Enchaîné

08.01.2009

Israël, « sûr de lui et dominateur »

En 1967, l’emploi de ces adjectifs par Charles de Gaulle au sujet du peuple israélien lors de la guerre des 6 jours avait provoqué une polémique. Pourtant, comme souvent, ses propos gardent une grande actualité, plus de 40 ans après avoir été prononcés.

Israël enferme le conflit dans le cercle vicieux de la violence

Car comment qualifier autrement le comportement de l’Etat hébreu ? Bien sûr, les Israéliens ont un besoin particulier de sécurité puisqu’à peine leur Etat créé, ils furent attaqués par plusieurs pays et que certains de leurs voisins leur dénient toujours le droit d’exister. Enfin, nul pays ne peut accepter de recevoir tous les jours des roquettes qui peuvent faire des morts dans sa population civile. Pourtant, depuis quelques années, on peut se demander si Israël n’est pas le premier responsable du climat actuel.

Le comportement de l’Etat hébreu n’est pas dénué d’ambiguïtés en effet. Il demande aux autorités palestiniennes d’assurer sa sécurité mais prive, par son blocus, l’Etat Palestinien des moyens nécessaires à son autorité. Pire, l’évacuation de Gaza, une partie de Palestine contrôlée par le Hamas, pouvait représenter une prime aux palestiniens les plus extrémistes : n’aurait-il pas été plus logique d’évacuer la Cisjordanie, contrôlée par le plus modéré Fatah ?

Israël veut-il seulement la fin du conflit ?

Cette question peut paraître stupide a priori, mais on peut s’interroger au regard de l’action de l’Etat hébreu. Comment l’installation de colons en pleine Cisjordanie, qui continue, peut-elle aider le règlement du conflit ? Comment la construction d’un mur, toujours en pleine Cisjordanie, mordant plus de 10% du territoire qui devrait être sous contrôle palestinien, va-t-elle pacifier les esprits ? Comment le blocus des territoires palestiniens, qui affame la population, peut contribuer à la paix ?

Il y a des terrorismes complètement aberrants, comme au Pays Basque, où les locaux ne sont plus opprimés depuis longtemps. En Palestine, même si le terrorisme ne peut pas se justifier, il est difficile de ne pas comprendre que le comportement d’Israël l’encourage fortement. L’invasion de cette semaine, comme celle du Liban en 2006, ne règlera rien. Elle ne fait qu’encourager les extrémismes côté palestinien. Pire, la proximité des élections en Israël conduit à s’interroger sur les éventuels motifs politiques du conflit….

Israël doit faire le premier pas

Parce que son action mène le conflit dans une impasse, comme le dit Nicolas Dupont-Aignan, parce qu’il est le plus puissant, c’est à l’Etat hébreu de faire le premier pas. En prenant un peu de perspective, l’attitude d’Israël prend un autre aspect quand on considère que l’Autorité Palestinienne en Cisjordanie conserve une attitude finalement plus pacifique que Tel Aviv qui mène sa deuxième guerre en quelques années. À ce titre, c’est bien à Israël de faire le premier pas, même si le Hamas a sa part de responsabilités.

Et il revient à la communauté internationale de faire davantage pression pour faire reculer l’Etat hébreu. Au lieu de ne rien dire comme Barack Obama (qui ne dit mot consent ?) ou de se faire balader comme Nicolas Sarkozy sans presque rien obtenir, la France, l’Europe et les Etats-Unis devraient demander formellement à Israël de cesser ce conflit, retirer ses colonies, détruire le mur qu’elle construit en pleine Cisjordanie et enfin laisser l’Etat Palestinien se construire au lieu de l’affaiblir sans cesse.

Une intervention d’Israël contre le Hamas n’est pas forcément illégitime en soi, mais dans le contexte actuel, et par sa disproportion, elle l’est. Si l’Etat hébreu pratiquait également la politique de la carotte, alors une politique du bâton pourrait être acceptable en cas d’agression. Là, elle ne l’est pas.

Source : http://www.chevenement.fr/Entretien-de-Jean-Pierre-Cheven...

http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/2008/12/30/3...

29.12.2008

La nouvelle faute d’Israël en Palestine

C’est pendant les fêtes de fin d’année qu’Israël a décidé de lancer une vaste opération dénommée « plomb durci » contre des objectifs du Hamas à Gaza. L’opération aurait déjà fait plus de 300 victimes selon les autorités palestiniennes.

Israël a justifié son intervention, la plus violente depuis longtemps, par la fin, le 19 décembre, de la trêve acceptée par le Hamas six mois plus tôt et le tir de plus de deux cents roquettes et obus de mortier sur Israël en seulement dix jours. Cette intervention pourrait n’être que la première étape d’une opération beaucoup plus importante qui pourrait comporter une opération terrestre sous peu. Bien sûr, la position d’Israël n’est pas facile. Le pays a essuyé des guerres et est entouré de voisins dont certains lui dénient même son existence, mais cette nouvelle escalade de la part de l’Etat hébreu accentue encore la responsabilité d’Israël dans la perpétuation du conflit.

Car le comportement d’Israël ne fait que mettre de l’huile sur le feu et entretenir le cercle vicieux de la violence dans la région. Des décennies de conflit montrent que ce ne sont pas de telles opérations qui font faire cesser la violence à son égard et qu’elles ont au contraire toutes les chances de l’accentuer, accélérant le cercle mortel de la violence. De tels bombardements sont du pain béni pour le recrutement de terroristes et entretiennent le climat d’oppression dans lequel les palestiniens vivent.

Bien sûr, le Hamas soutient le terrorisme contre Israël, mais l’Etat hébreu ne porte-t-il pas une lourde responsabilité dans le comportement de la partie la plus extrémiste des palestiniens ? N’est-ce pas Israël qui s’est retiré de la région dominée par le Hamas, Gaza, au lieu de se retirer de Cisjordanie, dominée par le Fatah ? N’est-ce pas Israël qui asphyxie économiquement la Palestine ? N’est-ce pas Israël qui poursuit l’installation de colons en Cisjordanie et construit un mur qui empiète largement dans le territoire palestinien ? N’est-ce pas Israël qui n’a pas hésité à mettre le Liban à feu et à sang ?

Malheureusement, le comportement de l’Etat hébreu nourrit depuis trop longtemps le terrorisme palestinien plus sûrement que le fondamentalisme islamique. Tous les jours, la population palestinienne a des motifs de rébellion. Et même si la violence n’est pas la solution, comment ne pas comprendre que les méthodes d’Israël ne sont pas un perpétuel appel à la violence qui entretient un cercle vicieux sans issue. Il revient aux Etats-Unis et à l’Europe d’agir pour mettre fin à cette nouvelle escalade meurtrière.

En pleine campagne électorale, l’état hébreu se montre une nouvelle fois « sûr de lui et dominateur ». Plutôt que de chercher l’apaisement, il s’enferme dans une logique de violence qui ne fait que renforcer les comportements les plus extrêmes à son égard.

Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/28/is...

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/26/un...

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/27/la...