14.01.2011
Trois voies pour les Etats-Unis
En ce début d’année, le nouveau Congrès, vient de se réunir, avec une volonté farouche d’en découdre avec Barack Obama. Dans quelle direction les Etats-Unis vont se diriger dans les mois à venir : à droite toute, au centre ou à gauche ?
Le moment Palin ?
Il y a déjà deux ans, j’avais anticipé la possible victoire de Sarah Palin en 2012. Depuis, ce scénario a malheureusement gagné en crédibilité, comme l’atteste la très large victoire des Républicains en novembre. Les démocrates semblent dépassés par la furie républicaine anti-Etat, alimentée par des déficits gigantesques et une envolée de la dette publique. En outre, la victoire des néolibéraux dans l’interprétation de la crise renforce clairement le clan républicain.
Entre temps, Sarah Palin est devenu une véritable star politique, et les ventes de ses livres atteignent des chiffres incroyables (plus d’un million de copie pour son premier). Bien sûr, certains doutent qu’une telle candidate puisse l’emporter, mais ce que l’on dit d’elle n’est pas très éloigné de ce que l’on disait de Georges Bush Junior en 2000. En outre, elle pourrait bien se présenter comme la candidate du bon sens populaire face au représentant de la bureaucratie de Washington.
Un moment Obama 2 ?
Même si je crois que l’hypothèse Palin reste malheureusement une forte possibilité, la cote de Barack Obama ne doit pas être sous-estimée. Si beaucoup de démocrates se sont émus de l’accord passé avec les républicains, qui prolongent les baisses d’impôts de Georges Bush contre le maintien d’aides pour les chômeurs et divers stimuli financiers, cet accord pourrait bien jouer un rôle majeur lors de l’élection présidentielle de 2012, en stimulant la croissance.
The Economist a ainsi chiffré que cela revenait à un nouveau plan de soutien, qui devrait permettre à l’économie étasunienne de croître de plus de 3% en 2011 (certains envisagent même près de 4%). Si cela était vérifié, le niveau de la croissance devrait permettre un net reflux du chômage dans les deux prochaines années, dont l’administration en place pourrait tirer le crédit. Bref, Barack Obama pourrait se présenter comme le candidat qui a su gérer la pire crise économique depuis 80 ans…
Le moment Roosevelt ?
C’est malheureusement l’option la moins probable, du fait du discours très centriste de Barack Obama. Pourtant, cette option est défendue avec vigueur par de brillants économistes. Comme le soulignait Edgar, Robert Reich, ministre du travail de Bill Clinton a appelé le président à s’inspirer de Franklin Roosevelt plutôt que de l’ancien président démocrate en osant affronter les républicains sur les sujets qui fâchent, l’augmentation des inégalités, le poids des multinationales.
Paul Krugman est vent debout contre les concessions faites par l’administration Obama aux républicains, que ce soit sur le gel des salaires des fonctionnaires, ou sur l’absence de mise en place de règles plus sévères suite à la crise financière. Il s’interroge sur cet immense paradoxe qui veut que les idées qui ont mené à la crise en sortent finalement renforcées alors qu’elles auraient du être discréditées. Malheureusement, une telle issue était prévisible.
A dire vrai, la troisième option n’est pas crédible. Barack Obama est un centriste, comme l’ont montré ses réactions à la crise. Du coup, malheureusement, les Etats-Unis resteront à la merci d’une nouvelle crise, faute d’une véritable réforme de la finance.
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18.08.2010
Joseph Stiglitz, théoricien d’un autre système économique
Dans « Le triomphe de la cupidité », le prix Nobel d’économie 2001 ne se contente pas de conter la crise. Il fait également de très nombreuses propositions pour tirer les leçons de nos erreurs.
Sa vision des plans de relance
Comme Paul Krugman, il juge le plan de relance insuffisant car Washington doit compenser les budgets des Etats, qui coupent dans les dépenses et augmentent les impôts. Il démonte l’équivalence ricardienne qui veut que les ménages réagissent à l’évolution des dépenses de l’Etat (en épargnant davantage si les dépenses publiques augmentent par anticipation d’une hausse des impôts) en soulignant que l’épargne avait baissé après les baisses d’impôt de 2001, en dépit des déficits.
Il définit sept principes à un plan de soutien à l’économie : être rapide, être efficace (bon effet multiplicateur), s’attaquer aux problèmes de long terme, se concentrer sur l’investissement, être juste (par opposition aux baisses d’impôt de l’administration Bush) et cibler les zones de pertes d’emploi. Le rebond assez vif de la croissance dès le 2ème semestre 2009 semblait indiquer que ses critiques étaient un peu fortes mais le ralentissement actuel pourrait au contraire prouver qu’il avait raison.
Il soutient que l’Etat aurait dû refinancer les ménages sous l’eau à des taux préférentiels au lieu d’aider les banques et ainsi créer un ruissellement par le bas. Pour lui, l’Etat aurait dû prêter à 2% aux ménages en difficultés, ce qui aurait réduit radicalement leur mensualité. Ainsi le taux de défaut aurait baissé et les banques se seraient mieux portées du fait de la meilleure santé des ménages. Au contraire, les aides aux banques n’ont provoqué aucun ruissellement vers le bas.
Une révolution financière
Revenant sur les crises des pays émergents d’Asie et d’Amérique Latine, il souligne le danger des mouvements anarchiques de capitaux et soutient que « le système financier doit être un moyen au service d’une fin, pas une fin en soi ». Pour lui, la réglementation doit « empêcher les banques d’exploiter les citoyens pauvres ou peu instruits » et « garantir la stabilité du système financier », exactement de que les « de-régulateurs » ont réussi à détruire.
Il propose de taxer les banques et critique l’indépendance des banques centrales pour leur consanguinité avec le secteur bancaire et leur côté anti-démocratique. Il souligne la bonne gestion du Brésil et de l’Inde, où elles ne sont pas indépendantes. Pour lui, « la politique économique implique des arbitrages – des perdants et des gagnants – et on ne peut laisser ce genre de décision aux seuls technocrates. (…) La politique monétaire demande d’arbitrer entre chômage et inflation. »
Il dénonce le biais des banquiers centraux qui voient « l’inflation comme le mal suprême » et qui « prétendent que l’inflation est particulièrement dure pour les pauvres ». Pour lui, « quand on entend les banquiers prendre fait et cause pour les pauvres, on doit se méfier. La vérité est que ceux qui perdent le plus sont les porteurs d’obligation ». Il propose la création d’une réserve mondiale (par émission annuelle d’une nouvelle monnaie de réserve) qui permettrait de compenser les déficits commerciaux d’ampleur raisonnable et limiter la course aux excédents.
Une réforme de la finance
Il constate amèrement que la réforme de la finance n’avance pas et propose des solutions : fonder les rémunérations sur les résultats à long terme, maintien des ventes à découvert et du « marked-to-market » pour garder une discipline de marché, instauration de normes prudentielles contra-cycliques (augmenter les exigences de fonds propres quand la conjoncture est bonne), limiter la titrisation car la complexité réduit la transparence, limiter l’effet de levier et, puisque les banques sont trop grandes pour faire faillite, ne pas hésiter à les diviser, comme l’a suggéré le gouverneur de la Banque d’Angleterre.
On peut néanmoins porter quelques critiques sur ce livre. Il écrit qu’ « il est certain que des choses vont changer à cause de la crise. Le retour au monde d’avant crise est exclu », ce qui semble très optimiste aujourd’hui. Il oublie le biais extrêmement inégalitaire du système éducatif étasunien et surtout dénonce plusieurs fois le risque protectionniste, sans plus argumenter sur le sujet alors qu’il souligne le « casse-tête industriel » des sociétés occidentales, où l’emploi industriel diminue.
Ce livre est très rafraîchissant car Joseph Stiglitz propose beaucoup et n’hésite pas à casser des tabous pourtant extrêmement forts comme la libre-circulation des capitaux ou l’indépendance des banques centrales. Dommage qu’il ne le fasse pas pour le libre-échange.
Source : Joseph Stiglitz, « Le triomphe de la cupidité », LLL, Les Liens qui Libèrent
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17.08.2010
Joseph Stiglitz, pourfendeur des plans de sortie de la crise
L’auteur s’est fait connaître à la fois comme prix Nobel d’économie 2001 et également comme critique radical des pratiques du FMI, qu’il a dénoncées dans son livre « La grande désillusion ». Il vient de publier « Le triomphe de la cupidité », que je vous recommande vivement.
Une analyse de la crise
Joseph Stiglitz propose une bonne synthèse, centrée sur les Etats-Unis. Pour lui, la cause est financière : « il y avait une bulle, et elle a éclaté, en apportant la dévastation dans son sillage. Cette bulle était alimentée par des prêts douteux des banques, qui acceptaient pour nantissement des actifs dont la valeur était gonflée par la bulle. Des innovations récentes ont permis aux banques de cacher une bonne partie de leurs prêts pourris, de les retirer de leur bilan, et d’accroître ainsi leur effet de levier, ce qui a rendu la bulle encore plus grosse et le chaos quand elle a éclaté encore plus grave ».
« La crise n’est pas un cataclysme qui serait ‘arrivé’ aux marchés financiers ; elle est de fabrication humaine : Wall Street se l’est lui-même infligée, à lui et au reste de la société. » Il dénonce le rôle d’Alan Greenspan, mis en place par Ronald Reagan pour favoriser une déréglementation à laquelle Paul Volcker était moins favorable. Il dénonce la course trimestrielle aux profits et la titrisation, qui permet surtout aux banques d’empocher de juteuses commissions et qui a relâché l’évaluation des prêts du fait qu’ils sont ensuite sortis des comptes.
Joseph Stiglitz décrit un monde financier mal conçu où les différentes incitations poussent tous les acteurs à adopter un mauvais comportement. Les prêts hypothécaires étaient conçus de manière à maximiser les gains des banques et la titrisation leur permettait de ne pas vraiment faire attention au risque de remboursement. Enfin, les modèles étaient mal étudiés pour prévoir les risques de risque puisque selon ceux couramment utilisés, « le type de krach boursier qui s’est produit le 19 octobre 1987 ne pouvait survenir qu’une fois toutes les 20 milliards d’années »…
L’auteur en profite pour dénoncer les excès d’un système inégalitaire puisque le revenu réel médian des ménages a baissé de près de 4% de 2000 à 2008 (alors que le prix de l’immobilier s’envolait et que le PIB par habitant a cru de 10%), preuve que seule une petite minorité en profitait. La croissance était alimentée par le crédit, les extractions hypothécaires des ménages pouvant représenter jusqu’à 7% du PIB en une année. Et cette inégalité se retrouve dans les aides aux banques alors que les ménages surendettés voient leur maison saisie : « les spéculateurs sont mieux traités que les travailleurs ».
Une critique féroce des administrations Bush et Obama
Joseph Stiglitz a la dent dure avec le précédent président, dont il rappelle toutes les déclarations infirmées par la réalité. Son analyse détaillée du TAARP (le plan de sauvetage des banques) fait froid dans le dos : 150 milliards de dollars pour acheter les votes du Congrès, les 180 milliards pour AIG. Il affirme même que les contribuables ont été « volés ». Il dénonce le fonds de rachat d’actifs toxiques, financé à 92% par l’Etat, qui en supporte les pertes mais ne recevra que 50% des profits (le reste allant au secteur privé, qui, en plus, peut se délester de ses actifs les plus pourris).
Mais il n’est guère moins dur avec Barack Obama, dont il qualifie la stratégie de « navigation à vue ». Pour lui, « il est frappant que le président Obama, qui avait fait campagne en promettant le changement auquel on peut croire, n’ait que légèrement redisposé les fauteuils sur le pont du Titanic ». Il dénonce le deux poids deux mesures d’une administration pour laquelle « les contrats des cadres supérieurs d’AIG étaient sacro-saints, mais les accords salariaux des ouvriers des entreprises automobiles qui recevaient de l’aide devaient être renégociés ».
Il souligne aussi les avantages que Goldman Sachs a tirés du sauvetage d’AIG (13 milliards de dollars) ou les milliards de bonus distribuées par des entreprises qui n’avaient pourtant dû leur survie qu’à l’aide de l’Etat. En un sens, il dénonce le gouvernement des banques, qui tirent profit de leur taille pour imposer la collectivisation de leur perte alors qu’elles conservent bien les profits. Il dénonce également les cadeaux de la Fed à l’ensemble du système bancaire. Il souligne enfin que cela correspond à la logique des plans de sauvetage du FMI, qui protègent toujours les créanciers occidentaux…
Joseph Stiglitz jette toute son autorité dans une analyse impitoyable qui montre la responsabilité des banques, qui ont engrangé d’immenses profits avant d’être sauvées par l’Etat alors que les citoyens ont triplement perdu : leur maison, la facture du TAARP et parfois leur emploi.
Source : Joseph Stiglitz, « Le triomphe de la cupidité », LLL, Les Liens qui Libèrent
Demain, Joseph Stiglitz, théoricien d’un autre système économique
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07.12.2009
Contradictions afghanes
Barack Obama, prix Nobel de la paix 2009, a annoncé la semaine dernière, un renforcement important des moyens militaires étasuniens ainsi qu’un calendrier de sortie, suivant l’exemple irakien et les recommandations des généraux. Un dossier plein de contradictions.
Beaucoup de réflexions pour peu de surprises
Lors de la campagne présidentielle de 2008, le futur président avait annoncé qu’il renforcerait les moyens de l’armée étasunienne. Les généraux lui avaient demandé quarante mille hommes pour leur nouvelle stratégie. Barack Obama leur en fournit directement trente mille et les alliés devraient apporter le complément. Bref, il n’y a guère de surprise dans les annonces faites la semaine dernière. Il faut juste noter l’annonce d’un départ progressif à partir de mi 2011.
Mais le plus frappant est sans doute le fait qu’après huit ans, il semble surtout que la guerre en Afghanistan était également une mauvaise décision. Après tout, les réseaux terroristes ne semblent pas vraiment avoir été affaiblis, puisqu’ils trouvent refuge au Pakistan. Il y a fort à parier qu’une fois que l’OTAN se sera retirée, la situation ne sera pas meilleure qu’avant 2001 et que la population risque même de garder une rancœur tenace contre l’Occident.
Une position Française incompréhensible
Le gouvernement Français n’a pas encore clairement annoncé ce qu’il fera. La rumeur affirme que nous enverrons des troupes de formation pour les troupes Afghanes. Bref, Nicolas Sarkozy a envoyé des troupes de combat à un Georges Bush incapable de trouver une stratégie alternative à celle qu’il suivait sans succès depuis plus de 6 ans, mais il renâcle à soutenir un Barack Obama qui, lui, présente une véritable stratégie cohérente et incluant un calendrier de sortie.
Tout ceci montre la légèreté d’une diplomatie Française qui est dans les limbes depuis 2007. Le président a envoyé davantage de soldats au casse-pipe malgré l’absence de stratégie et de calendrier mais aujourd’hui que le périmètre de l’intervention est recadré, il fait le difficile. Difficile de ne pas voir dans cette incohérence la proximité personnelle de Nicolas Sarkozy avec Georges Bush et son entente difficile avec le nouveau président des Etats-Unis. A quoi tient la position du Quai d’Orsay aujourd’hui !
Bien sûr, Barack Obama s’est retrouvé coincé dans le bourbier de Georges Bush et il lui est difficile de partir aujourd’hui sur un constat d’échec, d’où cette offensive à venir. Mais les huit années passées montrent surtout que nous n’aurions jamais dû y aller en premier lieu…
10:54 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, georges bush, afghanistan, nicolas sarkozy
03.12.2009
Michael Moore, réalisateur éditorialiste
Il y a deux jours, je suis allé voir « Capitalism, a love story », de Michael Moore. Même s’il ne fait pas dans la nuance, le célèbre réalisateur a le mérite de poser des questions très pertinentes sur la crise et les solutions qui y ont été portées aux Etats-Unis.
Une critique radicale du système
La crise économique que nous traversons révolte le réalisateur. Même s’il défend clairement un point de vue, il le fait avec brio, en sachant également se montrer didactique, en montrant par exemple comment les banques ont poussé une déréglementation bancaire qui a favorisé le développement des crédits hypothécaires à des taux usuriers. Il dénonce le plan de sauvetage des banques, largement inspiré par Wall Street et notamment Goldman Sachs alors que rien n’est pas pour les personnes expulsées.
Michael Moore démonte également les bizarreries du système étasunien, comme le système d’assurance décès souscrit par les entreprises sur leurs employés. Il montre le cas d’une employée de Wal Mart décédée à 28 ans d’un cancer, qui a rapporté 60 000 dollars à son employeur, quand sa famille s’est retrouvée contrainte de payer 100 000 dollars de frais médicaux. Même s’il s’agit d’un cas extrême, cela montre tout de même l’injustice d’un système qui profite aux gros et maltraite les petits.
Plus globalement, Michael Moore dénonce les inégalités d’un développement économique, qui, depuis plusieurs décennies, ne profite qu’à 1% de la population et dont le reste voit, au mieux, ses revenus stagner. Il cite le cas du scientifique qui a découvert le vaccin de la polio et qui a préféré ne pas le déposer, estimant qu’il gagnait déjà suffisamment sa vie. Il dénonce l’attirance qu’exerce Wall Street sur les meilleurs scientifiques, ce qui les détourne de carrière où ils pourraient être plus utiles.
Obama, nouveau Roosevelt ?
Michael Moore termine son film par une allocution de 1943 de Franklin Delano Roosevelt, où celui-ci annonçait vouloir instituer un second « Bill of right » qui aurait inclus un droit à logement décent, à un emploi utile et justement rémunéré, pour les agriculteurs, un droit à des prix de produits agricoles leur permettant de vivre dignement de leur travail. Il souligne à quel point le président du New Deal a poussé des politiques de justice sociale qui ont transformé le pays.
Naturellement, Michael Moore présente Barack Obama comme le digne successeur de Roosevelt, soulignant le contraste avec un Georges Bush qu’il exècre et qu’il ne se prive pas de critiquer à nouveau. Cependant, comment ne pas souligner que sur la question centrale de la régulation de la finance, Barack Obama ne dévie guère de la ligne du précédent gouvernement. Michael Moore s’en tire en attaquant Tim Geithner, mais c’est bien Barack Obama qui a choisi ce dernier…
Bien sûr, il s’agit d’un film très manichéen, mais c’est aussi ce côté partisan qui donne ce piment à un film qui réussit le tour de force d’être distrayant tout en faisant réfléchir. C’est pourquoi je vous le recommande vivement.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, International, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : michael moore, barack obama, franklin roosevelt, georges bush
14.02.2009
Quel plan de relance pour l’économie ?
Le débat fait rage aux Etats-Unis sur le plan de relance de Barack Obama voté ce matin. Les libéraux demandent davantage de baisses d’impôt et moins de dépenses gouvernementales alors que Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008 demande le contraire.
Des différences de moyens considérables
Beaucoup de solutions sont évoquées et utilisées pour sauver les économies de la plus grave récession depuis les années 30, comme le confirment les statistiques tombées hier pour l’Union Européenne. Trois types d’intervention de l’Etat sont ainsi utilisées, dans des proportions radicalement différentes selon les pays. Le plan Obama comporte d’ailleurs les trois solutions : versement d’argent, baisse d’impôts, et investissements publics. Il faut noter que Georges Bush s’était contenté de verser directement 100 milliards sous forme de chèques aux ménages au printemps 2008.
Mais avant de rentrer dans le détail, il y a aussi de fortes divergences dans le montant des plans de soutien. Le FMI avait recommandé un montant d’environ 2% du PIB pendant deux ans, soit 4%. Jusqu’à présent, les réponses des Etats restent relativement modestes, hormis aux Etats-Unis (6%) et en Chine (15% annoncé, plus probablement proche du niveau Américain). Les pays européens injectent des montants compris entre 1 et 2% du PIB. En France, l’Etat ne va injecter que 18 milliards d’euros, soit 1% du PIB (les 26 milliards comprennent des investissements qui seront réalisés par des entreprises en partie publiques).
Deux philosophies bien différentes
Les plus libéraux privilégient les baisses d’impôts, ou la distribution directe d’argent par méfiance à l’égard de la dépense publique. C’est aussi une solution populaire et qui peut sembler juste. Néanmoins, les baisses d’impôt ont de nombreuses limites. Si elles sont temporaires, elles supposent une remontée qui peut casser la reprise économique. Une baisse de la TVA risque d’avoir un effet déflationniste dangereux et d’amoindrir les hausses de salaires, réduisant à zéro les efforts du gouvernement. Enfin, ces initiatives ont toutes une forte déperdition (l’argent pouvant être épargné au lieu d’être dépensé).
C’est pourquoi Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, démocrate classé à gauche, soutient qu’il vaut mieux privilégier la dépense publique directe et non les baisses d’impôt. En effet, les dépenses de l’Etat ont l’avantage d’avoir le moins de déperdition possible et ont un effet 2 à 3 fois supérieures aux baisses d’impôt. On pourrait également ajouter qu’il est plus facile de revenir à la normal après. En outre, quand ces dépenses sont des dépenses d’investissement pour l’avenir (trains à grande vitesse, investissement en infrastructure ou pour des économies d’énergie), elles peuvent même être rentables à terme.
La France a plutôt choisi la bonne direction, mais le plan de relance reste beaucoup trop limité pour avoir un effet significatif sur l’économie du fait de l’argent gaspillé dans le « paquet fiscal ». Au global, la situation européenne semble extrêmement préoccupante.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/02/12/01011-200902...
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/02/13/l-effi...
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02...10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : plan de relance, paul krugman, nicolas sarkozy, barack obama, georges bush
20.01.2009
Les Etats-Unis, de l’ombre à la lumière
C’est aujourd’hui que Barack Obama est devenu officiellement le nouveau président des Etats-Unis en remplacement d’un Georges Bush qui sera très peu regretté. Le nouveau résidant de la Maison-Blanche porte de grandes espérances qui ne lui seront pas faciles de combler.
Au revoir Georges !
L’histoire ne gardera sans doute pas une bonne image du 43ème président des Etats-Unis. Déjà contesté avant sa première élection pour ses innombrables gaffes (les « bushisme »), son bilan désastreux a fait de lui le président le plus impopulaire depuis Richard Nixon, qui avait quitté son mandat à cause du scandale du Watergate. Celui qui s’était fait élire en 2000 en se présentant comme un « conservateur ayant de la compassion » a fait tout le contraire en dirigeant son pays avec un agenda idéologique très marqué à droite sur toutes les questions, qu’elles soient économiques ou sociales.
Mais on retiendra aussi de cette présidence un certain manque de professionnalisme. Les conflits en Irak et en Afghanistan ont été déclenchés pour de mauvaises raisons et très mal préparés. L’administration Bush n’a pas su réagir au désastre de la Nouvelle-Orléans, laissant se développer une situation indigne de la première puissance économique de la planète. Il a refusé de signer le protocole de Kyoto, ne permettant pas l’émergence d’un accord global pour lutter contre le réchauffement climatique et la création d’une zone de non-droit et de torture à Guantanamo Bay représente une honte pour les Etats-Unis.
À ce bilan désastreux s’est ajoutée la pire crise économique traversée par le pays depuis la Grande Dépression. Bien sûr, Georges Bush n’est pas le responsable de cette crise, mais il était le représentant de l’idéologie ultralibérale et dérégulatrice qui l’a provoquée. Et s’il n’a pas hésité à mobiliser les moyens de l’Etat pour sauver les institutions financières, l’administration Bush n’a pas su répondre aux angoisses d’une population qui voit les saisies et le chômage s’envoler. En outre, alors qu’il avait trouvé un excédent budgétaire, il laisse un déficit de plus de 1000 milliards de dollars !
Bienvenue Barack !
Bref, il ne sera pas difficile à Barack Obama de faire oublier son prédécesseur. Il apparaît d’ors et déjà beaucoup plus professionnel et plus sérieux qu’un Georges Bush qui n’a pas hésité à donner dans un humour parfois plus que douteux et indigne de sa fonction. Le nouveau président a démontré de grandes qualités de leadership et d’animation d’équipe pendant la campagne électorale en arrivant à battre Hillary Clinton puis les républicains. Il a su conserver un calme olympien, tout en restant plus positif et moins agressif que ses deux rivaux. Il semble avoir la trempe d’un grand dirigeant.
Sur le fond, la présidence Obama est porteuse de promesses mais également de quelques limites. Elle promet un grand professionnalisme par le calibre des membres de son administration. Elle promet également une réponse à la mesure de la dureté de la crise puisque le plan de relance devrait largement dépasser les timides initiatives européennes. En revanche, si la réponse budgétaire à la crise promet d’être à la hauteur, on peut se poser des questions sur la nécessaire refondation du capitalisme, tant son équipe semble peu ouverte aux suggestions des économistes alternatifs.
Même si Barack Obama ne répond pas à toutes les attentes placées en lui, nul doute qu’il sera un bien meilleur président que Georges Bush. Ce sera tout le paradoxe des Etats-Unis que d’avoir fait passer leur pays de l’ombre à la lumière en passant d’un blanc à un métis.
Source : http://www.liberation.fr/monde/0101311627-ce-que-l-on-reg...
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20.10.2008
L’activisme à double tranchant de Nicolas Sarkozy
La crise économique et financière est l’occasion pour Nicolas Sarkozy de démontrer ses grandes qualités de leadership, mais aussi ses limites en matière de résolution de problèmes…
Nicolas Sarkozy est un véritable chef. Même s’il est difficile de véritablement juger de la performance des précédents présidents de l’Union Européenne, il semble incontestable que le président Français fait partie du haut du panier en matière d’animation du groupe des chefs d’Etat et de gouvernement européens. Après avoir échoué lors de la réunion du G4 Européen pour avoir pousser ses idées sans s’assurer de l’accord des autres participants, la réunion d’il y a huit jours a permis de stabiliser la situation à l’échelle continentale avec l’annonce d’un plan de soutien aux banques de 2 000 milliards d’euros. Si ce plan n’a pas tout réglé, il a au moins démontré la capacité d’action des pays européens quand leurs chefs politiques sont coordonnés par un président actif et volontaire.
Nicolas Sarkozy a continué à endosser son rôle de co-leader du monde en se rendant à Camp David samedi pour convaincre Georges Bush d’organiser au plus vite un sommet pour tirer les conclusions de la crise financière actuelle. Et pour le coup, il est difficile de ne pas lui tirer un coup de chapeau pour ce qu’il a obtenu, même si les circonstances y étaient très favorables. Nicolas Sarkozy a raison de vouloir associer les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, un pays arabe) à la résolution de la crise, tant leur rôle sera capital par les capitaux qu’ils possèdent et leur poids économique. Cette volonté d’associer les pays émergents est somme toute très gaulliste et prend acte des limites de notre modèle occidental. Sa volonté d’organiser rapidement une réunion est également la bienvenue car l’ampleur de la crise n’est pas sans rappeler celle de 1929.
Mais le problème avec Nicolas Sarkozy n’est pas vraiment sa capacité à entraîner les autres, ou à agir en chef. Le problème porte sur les solutions qui sont mises en place. Car s’il a très justement poussé les leaders européens à travailler pour résoudre la crise et s’il est parvenu à un accord important pour sauver les banques, les conclusions du dernier sommet européen montrent les limites de sa démarche. Si l’Europe s’est mise d’accord pour sauver les banques, elle ne s’est pas mise d’accord pour sauver la croissance et les emplois en refusant tout plan de relance coordonné. En outre, le niveau des taux de la BCE reste absurdement élevé par rapport aux Etats-Unis. Enfin, le choix de l’ancien patron du FMI pour coordonner l’aide aux banques en France démontre une absence de remise en cause du système contradictoire avec son discours. Bref, si on peut lui faire confiance pour organiser un nouveau Bretton Woods, on peut avoir des doutes sur la qualité des solutions qui y seront adoptées.
La forme, pas le fond : c’est toujours la même rengaine avec Nicolas Sarkozy. Au moins, il aura démontré que la France a toujours vocation à jouer un des premiers rôles sur la scène internationale.
Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/19/crise-l-idee-d-une-serie-de-sommets-retenue_1108622_1101386.html#ens_id=1089411
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, sarkozy, présidence française, camp david, georges bush



