14.01.2010
Vrais et faux procès sur le vaccin contre la grippe H1N1
Depuis quelques semaines, la revente par le gouvernement des doses de vaccin contre la grippe H1N1 domine l’actualité. Cette décision provoque des réactions ironiques ou même très critiques à l’égard de la gestion de cette crise. Mais le gouvernement mérite-t-il le carton rouge que lui donnent certains ?
Les reproches à faire au gouvernement
Il faut dire que l’attitude du gouvernement n’est pas exempte de tout reproche. Comme je l’avais souligné en novembre, Roselyne Bachelot a eu tort de dramatiser à outrance les risques de la grippe H1N1, évoquant des morts foudroyantes de personnes parfaitement saines alors même que les médias soulignent que cette épidémie est sans doute moins dangereuse que la grippe saisonnière. Le décalage entre la réalité et le discours du gouvernement a contribué à attiser les fantasmes.
Résultat, certains évoquent les clauses très particulières des contrats signés par le gouvernement avec les laboratoires pharmaceutiques qui ont fourni le vaccin à la France. Le gouvernement a sans doute été également mal inspiré de ne pas laisser les médecins généralistes pratiquer la vaccination dans un premier temps. Du coup, beaucoup ironise sur l’écart entre les 94 millions de vaccins achetés et les 5 millions utilisés et sur les soldes consécutives à des pays tiers…
Le faux-procès fait au gouvernement
Bien sûr, le fait d’avoir commandé beaucoup trop de vaccins prête à la critique, d’autant plus que dépenser près d’un milliard d’euros en cette période de déficits porte le flanc à une critique de mauvaise gestion des deniers publics. Cependant, il faut aussi se replacer dans l’état d’esprit du gouvernement au printemps 2009, alors que les connaissances que nous avions sur la dangerosité de la grippe H1N1 étaient beaucoup moins grandes. Après tout, il y a des précédents de grippes très graves.
C’est dans ce contexte que le gouvernement Français a préféré jouer la prudence, commandant alors l’équivalent de deux doses par personne puisque c’était ce que les scientifiques estimaient nécessaires. On peut également imaginer que les laboratoires n’auraient pas été prêts à livrer des vaccins développés aussi rapidement sans se protéger juridiquement. Au global, le gouvernement semble avoir pêché par excès de prudence, à un moment où il y avait peu de certitudes.
Certes, le gouvernement n’a pas été parfait et une commission du Parlement permettra de tirer des leçons intéressantes pour l’avenir. Mais au global, mieux vaut appliquer le principe de précaution. Qu’aurait-on dit d’un gouvernement qui aurait vu un peu court si l’épidémie avait été plus dangereuse ?
10:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : roselyne bachelot, vaccins, grippe h1n1



