20.01.2009
Les Etats-Unis, de l’ombre à la lumière
C’est aujourd’hui que Barack Obama est devenu officiellement le nouveau président des Etats-Unis en remplacement d’un Georges Bush qui sera très peu regretté. Le nouveau résidant de la Maison-Blanche porte de grandes espérances qui ne lui seront pas faciles de combler.
Au revoir Georges !
L’histoire ne gardera sans doute pas une bonne image du 43ème président des Etats-Unis. Déjà contesté avant sa première élection pour ses innombrables gaffes (les « bushisme »), son bilan désastreux a fait de lui le président le plus impopulaire depuis Richard Nixon, qui avait quitté son mandat à cause du scandale du Watergate. Celui qui s’était fait élire en 2000 en se présentant comme un « conservateur ayant de la compassion » a fait tout le contraire en dirigeant son pays avec un agenda idéologique très marqué à droite sur toutes les questions, qu’elles soient économiques ou sociales.
Mais on retiendra aussi de cette présidence un certain manque de professionnalisme. Les conflits en Irak et en Afghanistan ont été déclenchés pour de mauvaises raisons et très mal préparés. L’administration Bush n’a pas su réagir au désastre de la Nouvelle-Orléans, laissant se développer une situation indigne de la première puissance économique de la planète. Il a refusé de signer le protocole de Kyoto, ne permettant pas l’émergence d’un accord global pour lutter contre le réchauffement climatique et la création d’une zone de non-droit et de torture à Guantanamo Bay représente une honte pour les Etats-Unis.
À ce bilan désastreux s’est ajoutée la pire crise économique traversée par le pays depuis la Grande Dépression. Bien sûr, Georges Bush n’est pas le responsable de cette crise, mais il était le représentant de l’idéologie ultralibérale et dérégulatrice qui l’a provoquée. Et s’il n’a pas hésité à mobiliser les moyens de l’Etat pour sauver les institutions financières, l’administration Bush n’a pas su répondre aux angoisses d’une population qui voit les saisies et le chômage s’envoler. En outre, alors qu’il avait trouvé un excédent budgétaire, il laisse un déficit de plus de 1000 milliards de dollars !
Bienvenue Barack !
Bref, il ne sera pas difficile à Barack Obama de faire oublier son prédécesseur. Il apparaît d’ors et déjà beaucoup plus professionnel et plus sérieux qu’un Georges Bush qui n’a pas hésité à donner dans un humour parfois plus que douteux et indigne de sa fonction. Le nouveau président a démontré de grandes qualités de leadership et d’animation d’équipe pendant la campagne électorale en arrivant à battre Hillary Clinton puis les républicains. Il a su conserver un calme olympien, tout en restant plus positif et moins agressif que ses deux rivaux. Il semble avoir la trempe d’un grand dirigeant.
Sur le fond, la présidence Obama est porteuse de promesses mais également de quelques limites. Elle promet un grand professionnalisme par le calibre des membres de son administration. Elle promet également une réponse à la mesure de la dureté de la crise puisque le plan de relance devrait largement dépasser les timides initiatives européennes. En revanche, si la réponse budgétaire à la crise promet d’être à la hauteur, on peut se poser des questions sur la nécessaire refondation du capitalisme, tant son équipe semble peu ouverte aux suggestions des économistes alternatifs.
Même si Barack Obama ne répond pas à toutes les attentes placées en lui, nul doute qu’il sera un bien meilleur président que Georges Bush. Ce sera tout le paradoxe des Etats-Unis que d’avoir fait passer leur pays de l’ombre à la lumière en passant d’un blanc à un métis.
Source : http://www.liberation.fr/monde/0101311627-ce-que-l-on-reg...
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, georges bush, irak, afghanistan, nouvelle-orléans, guantanamo bay



