28.03.2010
Quand l’Union Européenne attise les conflits en Europe
« L’Europe, c’est la paix » : voici le genre d’arguments que beaucoup d’euro-béats ont déversé lors des campagnes de 1992 et 2005. Pourtant, les derniers évènements amènent à se demander si l’Europe telle qu’elle est construite aujourd’hui n’apporte pas exactement l’inverse.
Le mythe de la paix européenne
Pour être honnête, après l’escalade dans l’horreur des trois guerres qui ont déchiré l’Europe de 1870 à 1945, il n’est pas surprenant qu’un certain nombre de personnes pensent sincèrement que la construction européenne a permis d’éviter à notre continent de nouveaux conflits. Cependant, un regard un peu plus distancié attribuera davantage la paix à la dissuasion nucléaire, à l’équilibre imposé par la guerre froide ou tout simplement à une soif de paix des peuples européens qui n’aspiraient plus qu’à un développement harmonieux avec leurs voisins.
Car qui pourrait aujourd’hui soutenir que sans la CEE, la France et l’Allemagne seraient à nouveau rentrées en conflit ? Qui pourrait bien présenter un scénario un tant soit peu crédible aboutissant à une nouvelle guerre ? En fait, il s’agit surtout d’un mythe. S’il n’y avait pas eu d’unification européenne, il y a fort à parier que la situation n’aurait pas été très différente jusqu’à la fin des années 80. Et sans l’unification monétaire (qui a imposé une désinflation compétitive désastreuse), la situation économique des pays européens aurait sans doute été bien meilleure depuis deux décennies.
Quand l’Europe appelle le conflit
Paradoxalement, la situation européenne devient de plus en plus conflictuelle, sans doute à cause de cette intégration mal pensée et plaquée sur des réalités auxquelles elle ne correspond pas. En effet, c’est bien l’euro-camisole qui a poussé l’Allemagne à adopter une stratégie de compression de ses coûts qui déprime les salaires pour gagner en compétitivité et faire sa croissance sur le dos de ses partenaires en développant ses exportations tout en limitant ses importations. Loin d’apporter la coopération pour la croissance, cette Europe apporte la guerre économique et la dépression.
Pire, la crise grecque montre que la construction actuelle, loin d’attiser la solidarité, renforce l’animosité entre européens. Bien sûr, il est normal que l’Allemagne ne souhaite pas payer pour la Grèce après 15 ans de tour de vis économique. Cependant, il est assez effrayant de voir à quel point cela attise outre-Rhin quelque chose qui finit par ressembler à une haine de l’autre quand on lit que certains conseillent à la Grèce de vendre ses îles pour se désendetter ou les clichés sur la fainéantise de l’Europe du Sud qui sont véhiculés (alors que les Allemands travaillent moins).
Paradoxalement, l’intégration européenne n’apporte pas forcément la paix. Une intégration inadaptée semble en revanche multiplier les sujets de conflits et les tensions. La solution : revenir à des coopérations réalistes et respectant les réalités nationales, comme le propose NDA avec la monnaie commune.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : euro, union européenne, guerre, paix
30.03.2008
Les centaines de milliers de morts irakiens oubliés
Il y a une semaine, le cap des quatre mille morts américains a été dépassé et nous avons eu droit à des reportages sur les ravages que la guerre en Irak a provoqués aux Etats-Unis. Pourtant, ce conflit a été bien plus meurtrier pour la population irakienne, souvent à peine évoquée.
La couverture par certains médias du passage du cap des quatre mille morts américains pour la guerre en Irak a été l’occasion d’une mise en scène assez choquante. Bien sûr, on peut évoquer le sort des soldats américains, tués ou mutilés à vie, comme l’ont fait beaucoup de journalistes, qui ont montré des familles ayant perdues un membre lors de la guerre et qui doivent être suivies psychologiquement pour tenir le choc. Cette épreuve est douloureuse et il est difficile de ne pas compatir avec le sort individuel de familles qui souffrent de la perte d’un être cher, même s’il faut noter que l’engagement dans l’armée comporte malheureusement des risques.
Mais aux quatre mille morts américains, il faut comparer le nombre de victimes irakiennes. Et là, les estimations varient amplement, entre cent mille et un million… Il y a eu 25 à 250 fois plus de morts irakiens que de morts américains suite à la guerre que les Etats-Unis ont déclarée unilatéralement et sur un faux prétexte … En outre, cette guerre a provoqué le déplacement de quatre millions de personnes. Comment ne pas être choqué qu’une telle attention ait été consacrée aux pertes infiniment plus légères des Etats-Unis ? Après tout, ils ont agressé l’Irak pour une mauvaise raison, sans même sérieusement organiser la sortie de la guerre, créant le chaos dans le pays occupé.
Car le triste anniversaire de cette invasion impérialiste de l’Irak par les Etats-Unis devrait être l’occasion de dresser le triste bilan de cette guerre, des morts irakiens, de la désorganisation profonde d’un pays qui souffre encore cinq ans après. Une analyse plus critique des raisons de la guerre devrait être conduite car il est difficile de ne pas croire que le contrôle du pétrole irakien était la vraie raison de l’intervention. La volonté déclarée de promouvoir la démocratie est d’une hypocrisie rare : les Etats-Unis soutiennent des dictatures largement plus rétrogrades que ne l’était le régime irakien.
Cinq ans après le déclenchement de cette guerre impérialiste aux relents colonialistes, je pense aux centaines de milliers d’irakiens morts et aux millions qui souffrent plus encore que sous Saddam Hussein. Merci à Jacques Chirac et Dominique de Villepin de s’être opposés à l’arrogante Amérique, pour la France, et surtout, pour le monde.
13:51 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : irak, etats-unis, guerre



