25.05.2011
Nicolas Sarkozy peut-il être réélu ?
L’élimination surprise de Dominique Strauss-Kahn de la course à la présidentielle pouvait sembler avantager la réélection de Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce que de nouveaux sondages indiquent à nouveau des chiffres inquiétants pour lui. Peut-il vraiment être réélu ?
Une démonétisation profonde
Bien sûr, il ne s’agit que d’un sondage, onze mois avant l’élection, et après un événement totalement exceptionnel qui peut biaiser les résultats. Néanmoins, que l’ectoplasmique François Hollande soit donné gagnant avec 62% des voix au second tour est extrêmement inquiétant pour Nicolas Sarkozy. Il s’agit d’un adversaire, qui, s’il est assez sympathique et cherche à être « l’anti-bling-bling », manque singulièrement de profondeur et ne fait pas spécialement président.
En fait, les dernières semaines démontrent que le président de la République est profondément démonétisé. Après avoir beaucoup trop parlé, promis, fait puis défait, les Français ne croient plus Nicolas Sarkozy. Ils commencent à tout interpréter en sa défaveur, comme on a pu le voir sur la Lybie ou DSK. Quelque chose semble cassé, profondément. Définitivement ? Et ce ne sera pas le bilan de son quinquennat qui lui sera d’un quelconque secours début 2012…
L’espoir à l’Elysée
Cependant, beaucoup craignent les talents du candidat Nicolas Sarkozy. Après tout, il a été un très bon candidat de 2002 à 2007, sachant même faire un virage important et stratégique à un an de l’élection en intégrant Henri Guaino pour se recentrer politiquement. En outre, on peut toujours craindre que la campagne pour les primaires socialistes finisse mal et que l’affrontement des ambitions finisse par abîmer le candidat, surtout si c’est un François Hollande peu apprécié qui l’emporte.
Bien évidemment, on peut craindre le pire au PS : les camarades socialistes ne sont guère plus tendre avec l’ancien premier secrétaire qu’avec son ancienne compagne. En outre, Nicolas Sarkozy peut chercher à instrumentaliser certaines questions (immigration, insécurité) où les socialistes ne sont pas à l’aise. Et ce n’est pas François Hollande qui pourra réconcilier les classes populaires avec un parti de plus en plus tenté par les abandonner définitivement.
Le nouveau Giscard ?
Certes, il existe aujourd’hui de vraies raisons pour croire que Nicolas Sarkozy peut être réélu. Pourtant, en prenant du recul, je me dis que cela est très hautement improbable. Les sondages de cette semaine expriment pour moi un très puissant rejet du président en place. Il est tout de même incroyable que 62% des Français expriment leur préférence pour François Hollande ! Et la droitisation du président lui fait perdre à la fois des voix à sa droite et au centre.
Bref, en 2012, Nicolas Sarkozy sera un président avec un mauvais bilan (rien de très concret à vendre), qui aura trop parlé, trop promis, se sera trop agité, aura fait et défait dans un tourbillon sans queue ni tête. En outre, tout le monde pourra lui rappeler ses nombreux dérapages. Enfin, du fait de sa victoire dès sa première candidature en 2007, il semble avancer vers la campagne dans une bulle, sans se remettre en question, comme Valéry Giscard d’Estaing il y a trente ans.
Bien sûr, il est possible que je me trompe, mais aujourd’hui, comme il y a quinze jours, je pense que Nicolas Sarkozy devrait être largement battu en 2012. Il est totalement démonétisé et je crois que la campagne abîmera celui qui sera lui aussi devenu le nouveau candidat du passif.
09:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, dominique strauss-kahn, présidentielles, sondages, françois hollande, henri guaino, valéry giscard d'estaing
08.04.2009
Merci Ségolène Royal
Je n’aime pas Ségolène Royal quand elle utilise les mêmes ficelles de la victimisation que son adversaire de 2007 ou lorsqu’elle ne se montre pas à la hauteur du débat du second tour, mais pour le coup, à Dakar, en répliquant aux propos de Nicolas Sarkozy, elle a fait honneur à la France.
La voix de la France était ailleurs
Prononcé suffisamment tôt dans le quinquennat, en plein été, le discours de Dakar n’a pas provoqué la polémique qu’il aurait dû engendrer. Je vous laisse en juger : « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire. » Ce discours aux relents néocolonialistes est une véritable honte pour notre pays et la relation que nous entretenons avec l’Afrique. À quoi donc ont pu penser Henri Guaino et Nicolas Sarkozy pour aller insulter l’Afrique en étant invités à Dakar ?
À Dakar, la voix de la France était poitevine
Ségolène Royal, qui est née à Dakar, a profité d’un voyage au Sénégal pour demander « pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et qui n’engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis. ». Bien sûr, la candidate de 2007 ne représente pas notre pays, mais je la remercie pour cette intervention qui tempère les propos outrageux du président.
Bien sûr, elle ne représente pas notre pays, mais le débat sur cette question n’est-il pas un moyen un peu habile pour détourner la conversation. Car qu’est-ce qui est le plus choquant : les propos de Nicolas Sarkozy ou le fait que Ségolène Royal s’en excuse ? Pour moi, il n’y a pas photo et le gaulliste que je suis comprend que les paroles et les actes de nos dirigeants peuvent occasionnellement ne pas engager notre pays. Pour moi, c’est Ségolène Royal qui porte la voix de la France en cette occasion.
D’autres lui reprochent de parler bien tard. Mais le poids de cette excuse est tout autre à Dakar même, et je trouve au contraire remarquable qu’elle le fasse à l’endroit même où Nicolas Sarkozy avait tenu ces propos. De toutes les façons, le plus important est clairement le fond du sujet : le président avait-il raison ou non de tenir ses propos « maladroits » selon Bernard Kouchner ? Et sur le fond du dossier, je crois qu’elle a raison de dénoncer des propos que Dominique de Villepin avait déjà critiqués.
Malgré tout, je ne regrette pas d’avoir voté Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle en 2007. En s’excusant pour les propos tenus par Nicolas Sarkozy à Dakar, elle me conforte dans ce choix. Pour la France, et pour l’Afrique également, merci Ségolène Royal.
Le débat entre Kiwis: http://frednetick.fr/04/2009/ouaf-ouaf-ouaf-ouaf-couchee-...
http://careagit.blogspot.com/2009/04/la-france-ce-hochet-...
http://frednetick.fr/04/2009/voir-dakar-et-ecouter-les-ph...
http://www.nickcarraway.fr/2009/04/07/madame-je-sais-tout/
L’intégralité du discours de Dakar : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20071...10:55 Publié dans Actualités, International, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : discours de dakar, ségolène royal, henri guaino, nicolas sarkozy, l'homme africain



