19.09.2011

Il faut reconnaître la Palestine !

Vendredi, Mahmoud Abbas a déclaré qu’il va déposer une demande de reconnaissance de l’Etat Palestinien auprès des Nations Unies, malgré les pressions de l’Europe, des Etats-Unis ou d’Israël. Ce serait la moindre des choses pour le peuple palestinien, trop souvent ignoré.

L’offensive diplomatique de Mahmoud Abbas

Pendant que les négociations diplomatiques avec Tel Aviv piétinent encore et toujours, qu’Israël continue de manière scandaleuse à construire ou étendre ses colonies en plein territoire palestinien, l’initiative du président de l’Autorité Palestinienne semble le seul moyen pour ce peuple opprimé d’attirer l’attention du monde sur son triste sort. D’ailleurs, l’UE, la Russie, les Etats-Unis et l’ONU ont essayé de le dissuader d’aller jusqu’au bout de sa démarche.

Naturellement, Israël est tout à fait hostile à cette démarche : si la Palestine était reconnue, sa colonisation prendrait une autre dimension et pourrait enfin provoquer de véritables sanctions. Mais il est probable que les Etats-Unis utiliseront leur droit de veto sur cette demande de reconnaissance. L’Union Européenne est à nouveau profondément divisée, démontrant une fois de plus l’inanité d’une diplomatie commune pour des pays aussi différents.

Le Fatah a appelé à des manifestations pacifiques de soutien à la reconnaissance de la Palestine en précisant bien qu’il fallait éviter tout acte violent. Mahmoud Abbas a ainsi affirmé que « nous devons rester unis et manifester pacifiquement afin de ne pas fournir à l’occupant un prétexte pour qu’il détruise notre Etat ». Très curieusement, le Hamas ne soutient pas cette demande, évoquant le droit des réfugiés présents hors du territoire palestinien.

Le besoin de France

Plus globalement, il serait temps que les pays occidentaux se décident enfin à dire leur vérité à Tel Aviv. Oui, nous sommes les amis d’Israël et nous ne soucions de sa sécurité mais depuis quelques années, l’Etat Israélien a pris le mauvais rôle. Il profite de sa force militaire supérieure pour s’affranchir des règles les plus élémentaires de relations entre les peuples. Israël maintient la Palestine dans un état économique précaire et continue à morceler et coloniser son territoire.

Tel Aviv décide également à loisir de mener des incursions militaires dans les territoires occupés. Bien sûr, Benyamin Netanyahou évoque la sécurité de son Etat. Mais aujourd’hui, c’est surtout la loi du plus fort qu’il applique. Un comportement inacceptable et imbécile : il ne faudrait pas s’étonner si les pays arabes voisins venaient à user de la force demain s’ils parvenaient à devenir plus forts. Et là, Israël ne ferait que récolter ce que le pays sème depuis plusieurs années.

C’est pour cela qu’il est important que le monde en général et la France condamnent sérieusement les actes inacceptables de l’Etat israélien et soutiennent l’accession de la Palestine au rang d’Etat. Nous devons également engager un dialogue beaucoup plus musclé avec Tel Aviv et ne pas hésiter à recourir à des boycotts si jamais il n’était pas mis fin à la colonisation et au démantèlement de ces colonies, dont absolument rien ne peut justifier l’existence.

A titre personnel, j’apporte mon entier soutien à cette initiative. Il est lamentable que la communauté internationale laisse faire l’occupation de la Palestine par Israël sans réagir. J’ose espérer que la diplomatie Française se manifestera positivement à cette occasion.

07.03.2011

Israël tourne-t-il le dos aux lumières ?

Gil Mihaely, directeur de la publication de Causeur, site qui publie certains de mes textes, m’a fait parvenir cette réponse à mon papier « Israël tourne le dos aux lumières ». Je le remercie pour cette contribution qui me permet de préciser mes idées. Vous trouverez ma réponse à la suite.

« Cher Laurent,

Dans votre dernier post « Israël tourne le dos aux lumières », vous proposez de « cesser toute relation diplomatique avec Israël tant que la colonisation n’est pas arrêtée. Mais nous devons aller plus loin et même envisager un véritable boycott des produits israéliens (comme cela avait été fait pour l’Afrique du Sud) ». Cette fermeté me semble quelque peu étrange, car dans un post précédent « Comment réagir face aux révolutions arabes ?» - que j’ai eu l’honneur de publier sur Causeur.fr, vous posez la question suivante : «  l’ostracisme est-il véritablement la bonne solution ? L’isolation de la Corée du Nord ou de Cuba ne freine-t-elle pas au contraire l’évolution de ces pays ? ». Je n’ai malheureusement pas une réponse définitive à cette question mais je constate que vous prônez la compréhension, la patience et l’indulgence vis-à-vis des régimes épouvantables et l’intransigeance face à Israël.

Je vous rejoins tout à fait quand vous designez la colonisation comme un problème politique et une injustice morale. Sauf qu’Israël n’est pas le seul responsable de la situation actuelle en Cisjordanie et en conséquence ne peut pas résoudre tout seul le problème. Toute action unilatérale d’Israël risque de remplacer une crise par une autre. Je vous rappelle qu’en 2005 Israël a évacué la bande de Gaza ainsi que Jéricho et le nord de la Cisjordanie. Cette politique a été menée par Ariel Sharon, faucon parmi les faucons et architecte de la colonisation. Or, à peine un an plus tard, le Hamas a pris le pouvoir à Gaza et a refusé de respecter les engagements informels de l’autorité palestinienne (car le retrait a été bel et bien négocié, même si les Palestiniens ne voulaient pas le cautionner publiquement). On connaît la suite. Peu importe ce qu’on pense de cette politique – qu’elle est insuffisante, qu’elle ne va pas assez loin etc. – un acteur responsable aurait dû tout faire pour qu’elle n’échoue pas. Ce fut le contraire et aujourd’hui, pour l’électeur israélien lambda, la leçon a été retenue : cela ne sert à rien de se retirer et d’évoquer des colonies, cela aggrave même l’insécurité. Ce même électeur se souvient aussi que le retrait du sud du Liban (approuvé par l’ONU) n’a pas empêché le hezbollah de tirer de roquettes sur Israël et n’a même pas entamé sa légitimité en tant que parti de résistance contre l’ennemi sioniste… à quoi bon donc remplir les exigences de la communauté internationale ?   

Le résultat : crispation sécuritaire, gouvernement droitier et effondrement du camp de la paix. Est-ce que, à votre avis, cet électeur va changer d’avis si la France ferme son ambassade à Tel-Aviv ? La seule manière de sortir de la crise est d’accompagner les deux parties et surtout de neutraliser l’influence néfaste de certains pays arabes et musulmans sur les dirigeants palestiniens. Il n’est pas inutile de rappeler que tous les territoires exigés aujourd’hui par les Palestiniens, y compris Jérusalem, étaient occupés – sans un seul Juif – entre 1949-1967 par la Jordanie et l’Egypte qui n’ont même pas songé à créer un Etat palestinien… Depuis, ces mêmes pays ainsi que d’autres – et notamment la Libye et la Syrie – n’ont pas ménagé leur peine quand il s’agissait de torpiller un accord. Côté palestinien enfin, la scission avec le Hamas laisse craindre que cette nation ne soit pas en mesure d’assumer un compromis douloureux et de l’imposer à tous ses membres.  Autrement dit, il est probable que dans le cas d’un accord israélo-palestinien qui satisferait les exigences de la communauté internationale, la minorité palestinienne qui ne l’acceptera pas suivra l’exemple de Gaza.

Ce dernier point me permet d’évoquer le premier paragraphe de votre post concernant la position israélienne face aux révolutions arabes. L’hommage rendu assez discrètement à Moubarak est tout à fait justifié. Quand son prédécesseur a été assassiné, en octobre 1981, il était l’homme qui avait assumé les accords de paix avec Israël. Ce n’est pas rien au moment où ces mêmes accords sont déjà dénoncés par un parti du mouvement démocratique égyptien, quand l’approvisionnement de gaz vers Israël est suspendu après un attentat et que le Sinaï est en état d’insurrection. Mais reconnaître le rôle positif de Moubarak ne veut pas dire critiquer les révolutions arabes. Très discrètement – car des compliments israéliens sont compromettants dans la région –, le gouvernement israélien s’est félicité de ce mouvement vers la démocratie. Ce furent d’ailleurs les néoconservateurs américains et israéliens qui dénonçaient les régimes arabes autoritaires et qui se sont opposés aux accords de paix avec l’Egypte au prétexte que seul un pays démocratique pourrait respecter dans la durée une paix avec ses voisins. Après tout, il n’y a jamais eu de guerre entre deux démocraties libérales…  C’était plutôt la gauche israélienne qui plaidait pour la négociation avec les dictateurs pour servir la cause de la paix. La situation est bien complexe, et malgré notre légitime désir d’agir vite fait-bien fait pour résoudre les problèmes, il faut reconnaître parfois nos limites et surtout éviter que les remèdes soient pire que le mal »

Cher Gil,

Merci pour la précision concernant la révolution en Egypte. En effet, j’imagine que les compliments Israéliens ne sont pas forcément quelque chose de positif dans la région et je suis rassuré de savoir que le gouvernement de Tel Aviv s’est félicité de ce mouvement vers la démocratie. D’ailleurs, cette partie de mon billet était plus modérée que la suite.

En effet, je suis partisan d’une action très ferme de la France (boycott diplomatique et commercial) en protestation à la colonisation des Territoires Occupés. Cela peut sembler très exagéré à l’égard d’un pays démocratique entouré par des régimes souvent autoritaires dont certains souhaitent même sa disparition. Votre remarque n’est pas la première que je reçois. J’en débats également avec des proches qui ne comprennent pas toujours bien ma position, ce qui va être l’occasion pour moi de préciser ma pensée. Je vois quatre justifications à une proposition aussi radicale :

-       Par rapport à la Corée du Nord ou à Cuba, nous sommes dans un cas différent. Ces pays sont des dictatures et je ne suis pas un partisan du refus de dialoguer avec les dictatures, car, comme vous l’avez noté, je ne crois pas que l’ostracisme fasse progresser les choses alors que le contact avec l’extérieur me semble créer un appel d’air pour la liberté et la démocratie. Dans le cas d’Israël, il s’agit non seulement de l’occupation d’un territoire qui ne lui appartient pas, mais en plus d’une colonisation d’une partie de ce territoire. Il me semble normal de sanctionner un pays qui en envahit un autre, l’occupe et le démembre. De simples réprimandes verbales me semblent beaucoup trop faibles surtout après de nombreuses protestations.

-       A supposer que l’occupation soit justifiée pour assurer la sécurité d’Israël (ce qui n’est pas certain), la colonisation ne présente aucun intérêt ? Rien ne justifie cet humiliant démembrement des Territoires Occupés, mités comme du gruyère par les innombrables incursions d’Israël (mur, colonies…). Un tel démembrement est non seulement inutile, mais il est en général le fait de régimes très agressifs. Quels autres Etats pratiquent la colonisation depuis une vingtaine d’années ? Parce que la colonisation n’est nullement nécessaire à la sécurité d’Israël, qu’elle rend plus difficile toute résolution du conflit et parce que c’est un acte extrêmement rare et agressif, cela justifie une véritable intransigeance.

-       Parce qu’Israël est une démocratie justement, il me semble que son comportement doit être davantage exemplaire que celui d’une dictature. Cela ne signifie pas qu’Israël ne doit pas se défendre, loin de là. Je reconnais ce droit. Mais aujourd’hui, c’est Tel Aviv qui tire en premier, qui mène des guerres extrêmement meurtrières et disproportionnées. Mais surtout, je vais encore revenir aux colonisations, qui sont un acte indigne d’une démocratie digne de ce nom.

-       Enfin, parce que je pense que c’est en étant plus dur vis-à-vis d’Israël que sa sécurité sera mieux assurée à plus long terme. C’est parce qu’un pays « occidental » aura été véritablement ferme avec l’Etat hébreu que ce pays (la France ?) pourra réellement être écouté un jour par des pays arabes belliqueux à l’égard d’Israël. La complaisance des pays occidentaux à l’égard de la colonisation fait que nous ne serons pas écoutés si un jour le rapport de force s’inverse. De même, c’est parce qu’Israël cèdera sur la colonisation en ayant pourtant la force de le faire qu’un jour, un pays arabe devenu plus fort qu’Israël pourra céder devant la pression d’autres pays. Israël applique la loi du plus fort en oubliant que demain, ils ne le seront pas forcément.

La raison majeure de mon intransigeance vient de la colonisation. Je ne dénie pas le droit à Israël de se défendre. Mais je serais nettement moins critique s’ils avaient mis fin au mitage agressif, humiliant et inutile des Territoires Occupés. Ce comportement, rarissime, est digne d’autocraties agressives. Il est totalement inacceptable et ne doit pas être accepté. Parce qu’il dure depuis si longtemps, malgré les protestations de la communauté internationale, il est grand temps de passer des mots aux actes. C’est le comportement d’Israël qui me pousse à une telle intransigeance.

02.03.2011

Israël tourne le dos aux lumières

C’est une petite musique bien désagréable qu’on entend dans certains milieux occidentaux et en Israël, le regret d’Hosni Moubarak : « certes, c’était un dictateur, mais aussi un allié fidèle ». Une nouvelle illustration de la mauvaise direction prise par Israël.

Révolution arabe et Israël

A dire vrai, on peut quand même comprendre en partie cette position. Depuis des décennies, le pays était protégé en son Sud par l’alliance avec une Egypte sous influence étasunienne, un bol d’air pur dans une région où certains partis et certains régimes professent leur volonté de rayer Israël de la carte. La perte d’un allié fidèle qui pourrait être remplacé par un nouveau régime hostile à l’Etat hébreu est donc légitimement un souci pour le gouvernement et les médias Israéliens.

Mais le problème est qu’afficher une telle opinion ne peut que renforcer la très mauvaise image d’Israël dans les opinions publiques arabes. Alors que les peuples se libèrent d’autocrates qui exploitaient les richesses de leur pays à leur profit, il est tout de même désolant de ne pas voir Israël se réjouir un minimum de ces révolutions non islamistes qui semblent en marche chez ses voisins. Israël semble préférer une dictature alliée à une démocratie moins favorable.

Le côté obscur de la force

Israël persiste dans une attitude totalement suicidaire. Après avoir déclenché une guerre contre Gaza, arraisonner un bateau d’aides, continuer à construire des colonies en plein territoire Palestinien, le gouvernement de Benjamin Netanyahou multiplie les gestes de défiance vis-à-vis des Palestiniens et de la communauté internationale. Du coup, quelques gouvernements commencent à reconnaître l’autorité Palestinienne et le vent tourne dans le monde, y compris aux Etats-Unis.

Bien sûr, aujourd’hui encore, Israël est le plus fort dans la région et le régime le plus démocratique. Mais le second argument pourrait bien tomber très rapidement quand on constate que même Kadhafi devrait bientôt être de l’histoire ancienne. Ensuite, Israël serait bien mal inspiré de compter sur sa force pour se protéger. Car à force de montrer qu’ils peuvent l’utiliser sans mesure, il a montré un bien mauvais exemple à qui parviendrait à égaler sa force

Le rôle de la France

Que faire alors ? La priorité me semble être de défendre l’intégrité des territoires Palestiniens et exiger non seulement la fin des colonies mais aussi le retrait de celles qui sont les plus isolées et qui fracturent le plus durement le territoire Palestinien. Rien, absolument rien, ne justifie ce mitage humiliant des Territoires Occupés. En agissant de la sorte, Israël compromet durablement toute solution au conflit. C’est pourquoi nous devons passer de la parole aux actes.

Nous pouvons cesser toute relation diplomatique avec Israël tant que la colonisation n’est pas arrêtée. Mais nous devons aller plus loin et même envisager un véritable boycott des produits Israéliens (comme cela avait été fait pour l’Afrique du Sud). En ne faisant rien, la communauté internationale se fait complice des agissements délétères d’Israël. Nous devons montrer qu’un tel comportement est inadmissible et véritablement peser pour qu’il change.

Parce qu’Israël a été attaqué et son existence même menacée, à force d’effort, il est devenu plus fort que tous ses agresseurs potentiels. Le problème est qu’il exerce cette force sans mesure ni raison. A nous de bien lui faire comprendre que ce n’est pas son intérêt, par la force s’il le faut.

13.12.2010

Ne laissons pas faire l’annexion de la Palestine !

Lentement, mais sûrement, Israël démembre la Palestine, tout en continuant à l’étouffer économiquement et politiquement. En l’absence de solutions au conflit, Tel Aviv grignote les territoires occupés dans cette guerre qui ne dit pas son nom. Il serait temps  que nous réagissions.

Cette guerre de Palestine qui ne dit pas son nom

Nous parlons d’occupation des territoires occupés, de colonisation de la Palestine par Israël. La réalité de ce qui se passe au Proche-Orient a un nom que personne n’ose prononcer : il s’agit bel et bien d’une guerre que mènent les autorités Israéliennes contre le peuple Palestinien. Bien sûr, l’histoire explique que Tel Aviv cherche à se protéger : il s’agit d’un petit pays entouré par des voisins dont certains lui sont extrêmement hostiles, comme le montrent les sinistres déclarations de l’Iran.

Mais rien ne justifie qu’Israël continue à mener cette guerre contre la Palestine. Les Israéliens se plaignent du manque d’efficacité des autorités Palestiniennes contre le terrorisme, mais non seulement ils les privent de moyens ou détruisent parfois leurs équipements, mais en plus la colonisation sournoise des territoires occupés entretient un ressentiment dont a du mal à se dire qu’il ne légitime pas un peu des actes désespérés pour éviter le simple démembrement de leur nation.

Mais là où Israël fait une immense erreur, c’est en imposant la loi du plus fort. Bien sûr, aujourd’hui Tel Aviv dans cette position. Mais qu’en sera-t-il le jour où un Etat arabe se considèrera plus fort ? Il est probable qu’il utilisera tous les moyens à sa disposition pour imposer sa loi. La logique d’Israël se retournera contre lui, inévitablement. Et cela pousse les Etats de la région à devenir plus fort, ce qui n’est pas impossible à terme. Ce jour là, Israël regrettera de ne pas avoir adopté une attitude plus conciliante.

Une autre voie politique

C’est parce qu’Israël est le plus fort aujourd’hui qu’il doit être plus conciliant et faire plus d’efforts que les Palestiniens. S’ils ne suivent pas cette voie, rien ne pourra arrêter les pays arabes le jour où ils seront les plus forts car ils suivront l’exemple que donne Israël dans la région aujourd’hui. Tel Aviv hypothèque son avenir en croyant pouvoir toujours être du côté du plus fort dans le futur. C’est en se montrant magnanime et en évitant tout excès qu’Israël assurera sa sécurité à long terme.

Barack Obama, après avoir adopté un discours offensif bienvenu face à l’abus incroyable qu’est la colonisation, vient malheureusement de plier et d’abandonner sa demande de cesser toute construction. Pourtant, les colonisations de territoires palestiniens sont un acte extrêmement choquant que la communauté internationale toute entière devrait condamner vivement et qui devrait entrainer de véritables sanctions pour faire pression sur Israël.

Non seulement, nous devrions reconnaître la Palestine, comme vient de le faire l’Argentine, après le Brésil, mais la France gagnerait également à fixer un ultimatum et rompre toutes relations diplomatiques et commerciales avec Tel Aviv en cas de poursuites de la colonisation. Si Israël ne connaît que la logique du plus fort, nous pouvons encore lui faire entendre raison et montrer aux pays arabes qu’il n’y a pas deux poids deux mesures dans le monde occidental.

La colonisation de la Palestine par Israël est un immense scandale que la communauté internationale laisse faire avec beaucoup de négligence. Il serait grand temps de véritablement sévir avec un Etat Israélien qui se tire dans la jambe en imposant une loi du plus fort qui pourrait un jour se retourner contre lui…

02.06.2010

Le nouveau dérapage d’Israël

Cela commence à bien faire ! Après une guerre scandaleuse au Liban, une incursion à Gaza et alors que Tel Aviv maintient une politique de colonisation détestable, Israël vient de déraper gravement en attaquant violemment un bateau de vivres qui allait à Gaza.

Une agression injustifiable

Bien sûr, Israël est un Etat qui a un souci particulier pour sa sécurité du fait des agressions dont le pays a été victime et des menaces proférées par de nombreux extrémistes qui veulent même sa destruction. Cela justifie un souci de sécurité que nous ne pouvons sans doute pas comprendre totalement en vivant comme nous vivons en Europe et en France. Mais même avec ce préalable, il faut constater que l’Etat hébreu vient à nouveau de déraper avec cette attaque qui a fait neuf morts.

Lundi soir sur Canal Plus, l’ambassadeur d’Israël en France tentait de défendre la position de son pays face à des journalistes et un Dominique de Villepin extrêmement sceptiques. En effet, il évoquait les armes présentes sur le bateau et la violence des membres de son équipage. Mais cet argument était ridicule. Qui a été violent dans cette affaire ? Les membres du bateau ou les soldats israéliens, qui ont tué neuf personnes ? En outre, des rescapés Allemands démentent la thèse de Tel Aviv.

Israël multi-récidiviste

Mais outre le côté scandaleux de cette intervention, le problème est que ce n’est pas la première fois qu’Israël se comporte mal. Pour une fois, je suis d’accord avec le commentaire de la diplomatie Française qui souligne « l’usage disproportionnée de la force par Israël ». Cette qualification, si elle conserve un ton très diplomatique, reflète bien la réalité des dernières années. Aujourd’hui, Israël est le plus fort et en profite, comme il en a profité au Liban, à Gaza et vis-à-vis de la Palestine.

Mais cette attitude est suicidaire à moyen terme pour de multiples raisons. Tout d’abord, cela envoie le message aux pays arabes que s’ils deviennent plus puissants, alors ils pourront faire ce qu’ils veulent. Résultat, il ne faut pas s’étonner que l’Iran chercher par tous les moyens à accéder à l’arme nucléaire. Israël montre le mauvais exemple en ne se souciant pas des résolutions des Nations Unies. C’est parce qu’Israël est le plus fort aujourd’hui qu’il doit être mesuré, au cas où il ne le soit plus à l’avenir.

Une communauté internationale trop complaisante

Pour le bien même d’Israël, il est important de contraindre l’Etat hébreu à revenir sur ses pratiques les plus contestables, notamment la colonisation, que rien ne justifie. Car si personne n’arrive à le faire, comment la communauté internationale pourra être crédible pour faire respecter la protection d’Israël le jour où un autre Etat le menacera plus sérieusement ? Le comportement d’Israël rend sa protection impossible dans le futur. Il faut donc faire plier Netanyahou.

C’est pourquoi la Turquie a raison d’entamer un vrai bras de fer en suspendant toute coopération militaire et en dénonçant « l’attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine et qui doit absolument être punie ». L’Europe et la France devraient adopter de véritables sanctions (renvoi de l’ambassadeur, sanctions économiques) pour bien signifier notre désaccord avec la politique suivie. Il faut faire plier Israël pour pouvoir demain aussi faire plier ceux qui voudraient l’agresser.

La mollesse occidentale est une forme de complicité passive avec les agressions répétées commises par Israël. Il serait temps de passer des mots, souvent justes, à de véritables mesures, pour la sécurité de la Palestine, mais aussi pour celle d’Israël et du monde.

31.03.2010

Colonies : Israël sûr de lui et dominateur, encore et toujours

Ayant été agressé plusieurs fois, il est normal qu’Israël cherche à se protéger. En revanche, absolument rien ne justifie la politique colonialiste qu’Israël poursuit depuis des décennies. L’administration Obama multiplie les avertissements depuis cet été, pour l’instant, sans conséquence.

Le scandale des colonies

Rien, absolument rien, ne justifie qu’Israël construise des colonies en territoire palestinien. Pourtant, en quelques décennies, l’Etat hébreu a installé plus de deux cent mille colons dans des territoires qui ne lui appartiennent pas. On assiste à une situation surréaliste où Israël envahit petit à petit et de manière pernicieuse la Palestine en la colonisant malgré la désapprobation de toute la communauté internationale, sans pour autant avoir trouvé le moindre argument pour.

Pourtant, une telle politique revient à bloquer le processus de paix au Proche-Orient car comment espérer que les Palestiniens ne réagissent pas devant cette invasion sournoise ? Au final, il faut se demander aujourd’hui si l’Etat Palestinien ne se comporte pas de manière plus responsable que l’Etat hébreu. Le retrait de Gaza a pu donner le change pendant quelques temps, mais la réalité est qu’Israël ne permet pas à la Palestine d’avoir un véritable Etat et de développer son économie.

Israël continue d’étouffer la Palestine et les Palestiniens en mitant leur territoire (voir carte) d’un mur qui s’enfonce largement au-delà de la frontière, de colonies et de routes destinées à relier ces différentes colonies. Pire, en contrôlant l’ensemble des transports, Israël peut du jour au lendemain isoler telle ou telle partie. Bref, l’Etat Palestinien n’est qu’un Etat fantoche, ce qui l’affaiblit et attise légitimement la colère des Palestiniens, dont il est difficile de ne pas comprendre la révolte…

Passer de la parole aux actes

Depuis des décennies, la communauté internationale a laissé faire. Il est vrai que dans un premier temps, Israël a été victime d’agressions de ses voisins, ce qui avait poussé les pays occidentaux à soutenir Tel-Aviv. Mais aujourd’hui, c’est bien Israël qui n’est pas dans son bon droit. L’administration Obama a eu le courage de renverser la politique étasunienne, provoquant des tensions grandissantes entre Israël et les Etats-Unis qui pourraient amener à une révision radicale de la politique de Washington.

Il faut dire qu’il est grand temps que les pays occidentaux utilisent les moyens de pression dont ils disposent pour forcer Israël à changer sa politique. Les belles paroles n’ayant aucune efficacité, il faut mettre Israël devant ses responsabilités. Il n’est pas acceptable que Tel Aviv mine l’Etat Palestinien de la sorte et empêche tout compromis viable entre les deux peuples. Les pays occidentaux doivent recourir à de vraies sanctions (cessation des relations diplomatiques, restrictions économiques).

Le Général de Gaulle avait bien raison quand il parlait d’Israël comme d’un pays « sûr de lui et dominateur ». Sa politique de colonisation est inacceptable et il est plus que temps que les pays occidentaux le lui fassent véritablement sentir.

21.11.2009

La communauté internationale, impuissante face à la colonisation de la Palestine

L’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche a été l’occasion d’un changement de ton assez radical de l’administration étasunienne à l’égard d’Israël avec la dénonciation de la colonisation de la Palestine. Malheureusement, les mots n’ont pas changé l’attitude israélienne.

Une colonisation qui continue

On ne mesurera que dans quelques décennies, avec du recul, à quel point la politique de colonisation a freiné le processus de paix au Proche-Orient. En effet, rien ne justifie cette forme d’annexion partielle et partiale de la Palestine par l’Etat israélien. Qui plus est, cette pratique humilie le peuple palestinien qui assiste impuissant à l’invasion de son territoire par un occupant qui utilise des méthodes non guerrières et donc d’autant plus redoutables.

Barack Obama avait demandé très fermement un arrêt de la construction des colonies, menaçant même Israël de sanctions financières. La seule chose que Benyamin Netanyahou a bien voulu accorder est un faux moratoire puisqu’Israël pourra continuer à construire dans les colonies dont la population augmente ainsi que les projets qui ont déjà été acceptés. Pire, mardi, le ministère israélien de l’intérieur a donné son accord pour la construction de neuf cents logements à Jérusalem Est.

Une communauté internationale impuissante

L’administration étasunienne a réagi très vivement, par la voix de Barack Obama. « Je crois que la construction de logements supplémentaires dans les colonies ne contribue pas à la sécurité d’Israël. Je pense que cela rend plus dur le fait de faire la paix avec leurs voisins. (…) Je crois que cela rend les Palestiniens amers, de telle manière que cela peut finir par être très dangereux » a-t-il affirmé. Une intervention qui justifierait presque le terrorisme palestinien !

Il faut dire que la politique israélienne de colonisation est un énorme frein à la paix et qu’il est temps que la communauté internationale soit plus ferme. Il y aurait pourtant des solutions pour faire pression sur Israël. Les Etats-Unis pourraient conditionner leur aide financière. L’Europe pourrait revoir ses relations commerciales avec Tel Aviv en fonction de ses avancées et même éventuellement conditionner ses relations diplomatiques à la fin de la colonisation.

Aujourd’hui, Israël poursuit sa politique de colonisation quelques que soient les critiques de la communauté internationale. La seule solution revient donc à prendre des mesures pour montrer que cette situation n’est pas acceptable. Ne rien faire revient à accepter à mi-mot.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/18/01003-20091118ARTFIG00471-israel-vivement-critique-pour-un-projet-de-construction-.php

06.09.2009

Netanyahou se moque de la communauté internationale

Depuis qu’il est arrivé à la Maison-Blanche, Barack Obama met une pression inédite sur le gouvernement israélien pour qu’il mette fin à la politique de colonisation de la Cisjordanie. Après avoir fait mine d’écouter, Benyamin Netanyahou vient de montrer que rien ne change…

Le scandale de la colonisation

En effet, sous la pression de l’administration de Barack Obama, le gouvernement israélien envisage un moratoire sur la construction des colonies dans les territoires occupés, les (malheureusement) bien nommés. Il faut rappeler ici qu’il y a deux cent mille colons en Cisjordanie, ce qui complique singulièrement la possible résolution du conflit israélo-palestinien. Si Israël est revenu sur la colonisation de la bande de Gaza, il reste beaucoup de chemin à faire en Cisjordanie.

Malheureusement, le gouvernement israélien vient d’annoncer une accélération des autorisations de construction des colonies. Avant d’accepter un moratoire, Israël décide d’accélérer la construction des colonies ! En clair, le moratoire n’a strictement aucune valeur puisque son utilité est réduite à néant par les décisions du gouvernement israélien. Israël joue avec les mots et la communauté internationale, continuant ainsi à freiner la résolution du problème palestinien.

Que faire ?

Le conflit israélo-palestinien est d’une asymétrie choquante. Si l’Occident critique l’attitude de la Russie à l’égard de la Géorgie ou de la Tchétchénie, il ne faut pas oublier qu’un de nos alliés, Israël, se comporte d’une manière comparable, voire pire, avec la Palestine. Israël mène une politique de colonisation dans des territoires sur lesquels la communauté internationale ne lui reconnaît aucune légitimité, affaiblit l’Etat palestinien en devenir et mène des guerres sanglantes en toute liberté.

Ce comportement appelle une réaction beaucoup plus vive de la communauté internationale. Si le changement radical d’attitude des Etats-Unis est le bienvenu, les dernières informations montrent que ce n’est absolument pas suffisant. Il faut sans doute passer à une attitude plus dure, comme la rupture des relations diplomatiques et le gel de toute coopération tant qu’Israël ne mettra pas fin à sa politique de colonisation et même commencera à détruire les colonies.

Avec un peu de recul, il est difficile de ne pas voir dans l’attitude d’Israël vis-à-vis des colonies un immense scandale. Tous les malheurs du peuple israélien ne justifient pas le fait de coloniser la Cisjordanie. Il serait grand temps que la communauté internationale le lui fasse réellement sentir.

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20090904.FAP1657/netanyahou_envisage_un_gel_temporaire_des_colonies_mais.html

23.07.2009

Obama met la pression sur Israël

Jusqu’au début de l’année, les Etats-Unis étaient l’allié inconditionnel d’Israël. Quels que soient les actes et les décisions du gouvernement de l’Etat hébreu, Washington le soutenait. L’élection de Barack Obama semble avoir changer les choses plus que l’on ne pouvait s’y attendre.

Le scandale des colonies

Le terme « colonies », ressurgi de l’histoire, a un sens précis et il est surprenant qu’il soit utilisé avec autant d’indifférence à propos d’un sujet aussi grave. Non seulement Israël continue à occuper une partie du territoire Palestinien mais en plus l’Etat hébreu continue à agrandir les colonies au mépris de l’autorité palestinienne, dont le nom est malheureusement bien mal choisi. La colonisation de la Palestine par Israël est une des raisons principales de l’enlisement du processus de paix.

Mais jusqu’à présent, l’administration étasunienne ne critiquait pas l’attitude de son allié et allait même jusqu’à sous-entendre que ces colonies ne pourraient sans doute pas être retournées à leur légitime possesseur. Si Israël avait accompli un progrès décisif en se retirant de celles de la bande de Gaza, une telle option semblait inenvisageable à court terme en Cisjordanie, en l’absence de toute pression de la communauté internationale.

Le 180° de l’administration étasunienne

Alors qu’il n’avait guère abordé ce sujet lors de sa campagne, Barack Obama a rapidement changé la tonalité de la diplomatie à Washington. Avant sa première rencontre avec le nouveau Premier Ministre, il a lourdement insisté pour que le gouvernement israélien gèle la construction de colonies. Dans chacun de ses discours, il insiste sur ce point fondamental (prélude, je l’espère, à un retrait). Et cette semaine, la tension est montée d’un cran avec la menace de sanctions financières.

En effet, le gouvernement fédéral pourrait réduire ses aides à l’Etat d’Israël si la construction des colonies n’est pas gelée. Les relations entre les deux Etats n’ont jamais été aussi tendues, ce qui pourrait contraindre Tel Aviv à changer son fusil d’épaule devant une telle pression de son premier allié. On pourra seulement regretter que la France ne soit pas davantage montée au créneau sur une telle question, pourtant essentielle dans la mésentente entre pays occidentaux et musulmans.

Si le retour du Likoud au pouvoir ne laissait rien présager de bon pour la paix au Proche-Orient, , l’action de Barack Obama offre un vrai contre-poids. En prenant fermement position contre la politique de colonisation d’Israël, il peut imposer un nouveau dialogue à Tel Aviv.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/21/01003-200...

02.06.2009

Palestine : merci Obama !

La semaine dernière, Barack Obama a sérieusement rappelé à l’ordre Israël sur la question des colonies implantées en Palestine, dans un revirement majeur par rapport à l’administration Bush. Enfin une prise de position plus critique à l’égard de ces colonies !

Le virage de l’administration Américaine

 Comme le montre bien cet article du Figaro, le geste de Barack Obama représente un virage majeur de l’administration Américaine. Sous la présidence de Georges Bush, les Etats-Unis laissaient Israël construire de nouveaux logements au sein des colonies existantes. L’ancien président avait même déclaré qu’il était « irréaliste » de s’attendre à ce qu’Israël évacue les grands blocs de colonies dans le cadre d’un accord avec les palestiniens, semblant accepter une annexion de ces territoires occupés.

La volte-face de l’administration Américaine remet en cause la relation privilégiée entre les Etats-Unis et l’Etat hébreu puisque Barack Obama refuse toute construction, y compris au sein des colonies existantes, qui rassemblent 280 000 Israéliens. L’extrême droite locale y a répondu en évoquant Pharaon ou un équivalent d’expulsion. Mais ce qui est sûr, c’est que les Etats-Unis ne sont plus un allié inconditionnel d’Israël, prêt à accepter sans broncher toutes les décisions de l’Etat hébreu.

Un virage bienvenu

Et ce durcissement de l’administration Américaine est le bienvenu. Car la question des colonies israéliennes est un scandale diplomatique trop ignoré par la plupart des chancelleries. Comment ne pas être choqué par l’installation de ressortissants d’un Etat sur le territoire d’un autre Etat, sans l’accord de ce dernier ? Le terme de colon est malheureusement bien choisi puisque cela n’est pas sans rappeler ce que faisait les pays européens en Afrique il y a un siècle ou en Amérique Latine il y a plusieurs siècles.

À dire vrai, plus que la fin des constructions, la communauté internationale devrait demander le retrait pur et simple de ces colonies, qui empêchent la fin du conflit. Mais, si elle est insuffisante, l’évolution de la position Américaine n’en est pas moins suffisamment marquante pour être saluée. Il faudra cependant aller plus loin car il n’est pas acceptable qu’Israël viole à ce point la souveraineté palestinienne en disposant ainsi de la Cisjordanie, pour y implanter des colonies ou y construire un mur…

Et pour cela, merci Barack Obama ! Paradoxalement, la nouvelle administration Américaine adopte une attitude plus critique que la France vis-à-vis d’Israël dans un renversement diplomatique qui était impensable il y a seulement quelques années.

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/01/01003-200...