23.04.2009
Sécurité, Jack Lang : le grand n’importe quoi de Nicolas Sarkozy
Cette semaine, Nicolas Sarkozy nous a concocté un bon petit programme pour faire oublier la crise économique : un petit coup de projecteur sur sa marotte de 7 ans, la sécurité, puis celle de 2 ans, l’ouverture, ou plutôt le débauchage de mercenaires « socialistes » à l’ego en souffrance.
Mais que fait le président ?
Il n’est pas mauvais que des dirigeants affrontent le problème de l’insécurité. La relative démission de Lionel Jospin sur ces questions ont marqué l’apogée de la fracture de la gauche avec les classes populaires. Mais dans le cas de Nicolas Sarkozy, il est difficile de ne pas y voir seulement une forme de diversion. Le plus drôle (ou triste d’ailleurs) est cette phrase, rapportée par le Figaro : « Nicolas Sarkozy entend passer la vitesse supérieure contre l’insécurité ».
La lecture de cette phrase laisse perplexe quand on sait qu’elle concerne un président élu depuis deux ans, qui avait été ministre de l’intérieur pendant quatre des cinq années qui avaient précédé son élection. En clair, Nicolas Sarkozy est plus ou moins responsable de la sécurité depuis près de 7 ans et là, aujourd’hui, il affirme qu’il faut « passer la vitesse supérieure ». Aurait-il été un peu trop laxiste pendant ses deux années de présidence et ses quatre années au ministère ?
Le plus drôle est quand même le fait que le journaliste du Figaro rapporte cette phrase apparemment sans la moindre distance, comme si Nicolas Sarkozy était un président nouvellement élu, sans se rendre compte du ridicule de la citation et de l’emphase du président à ce sujet. À moins que Bruno Jeudy ne soit en fait un anti-sarkozyste camouflé oeuvrant à la démolition de l’œuvre du président de la République au sein même de son électorat le plus fidèle….
L’imposture de la posture
Cela fait 7 ans que la France vit dans un tourbillon de lois, annonces et mesures censées améliorer la sécurité de notre pays. Pourtant, le résultat est plus que médiocre. Bien sûr, le nombre de délits diminue, mais cette chute est essentiellement la conséquence de la diminution des vols de voitures et des cambriolages suite à l’amélioration de leur équipement de sécurité. Dans la réalité, les actes violents commis contre les personnes continuent de progresser, année après année.
La posture sécuritaire de Nicolas Sarkozy cache une absence flagrante de solutions. Nicolas Sarkozy parle fort, s’agite d’un point de vue législatif, mais rien ne change vraiment. Le président a toujours préféré la posture communicante à la véritable résolution de problèmes, sans doute plus difficile et sans guère d’intérêt pour un président plus préoccupé par son ego que les préoccupations des Français.
Ce souci de la posture se retrouve dans l’hommage qu’il a fait de Jack Lang et sa capacité de faire applaudir par les militants UMP l’ancien ministre de François Mitterrand, digne représentant de la gauche caviar et de tous les travers de l’ancien président de la République. Cet épisode en dit long sur des militants UMP qui semblent donc capables d’applaudir n’importe qui du moment que leur président le leur demande, confirmant la dérive du parti majoritaire en un fan club sans le moindre esprit critique.
Un président qui dit qu’il faut passer la vitesse supérieure sur l’insécurité alors qu’il a été en charge de ces questions six des sept dernières années et qui fait applaudir Jack Lang à un meeting UMP : que nous réserve-t-il dans les prochaines semaines pour faire oublier la crise ?
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/04/22/01002-2009042...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, insécurité, jack lang, ump
22.07.2008
Ces chênes que Nicolas Sarkozy abat
Le résultat est tombé hier, malheureusement, à deux voix près ! Nicolas Sarkozy a réussi son pari de réformer la Cinquième République. Nos Institutions auront désormais un inutile goût de coca-cola…
Rupture gaulliste
Après l’annonce du futur retour de la France dans le commandement armé de l’OTAN, Nicolas Sarkozy poursuit sa rupture avec le gaullisme. Dire que certains croient encore qu’il est gaulliste ! Outre le style, sur lequel il n’est même pas la peine d’épiloguer pour comprendre qu’il est à l’antipode du Général de Gaulle, et pas seulement pour des raisons d’époque, l’actuel résident de l’Elysée détricote l’héritage du fondateur de la Cinquième République.
Il avait commencé fort avec l’OTAN, il faut dire. En pleine guerre froide, partant du principe que l’indépendance des nations n’était pas négociable, le Général de Gaulle avait quitté la structure intégrée de l’OTAN, pourtant installée à Paris, parce que les Etats-Unis refusaient tout réel partage des pouvoirs au sein de l’Organisation. 37 ans plus tard, la France reprenait des accents gaulliens pour dénoncer la guerre d’Irak. Et aujourd’hui, 19 ans après la chute de Berlin, sans armée soviétique à craindre et sans que les Etats-Unis aient décidé de partager le pouvoir au sein de l’OTAN, Nicolas annonce qu’il revient sur la décision du Général de Gaulle. Un chêne se meurt.
Un autre s’est éteint hier avec le malheureux vote du Congrès à Versailles. Les modifications faites à notre Constitution remettent en cause certains principes fondateurs de la Cinquième République. Beaucoup (limitation du nombre de mandat, allocution au Congrès, redéfinition du rôle du président, partage de l’ordre du jour de l’Assemblée) feront désormais ressembler notre organisation à celle des Etats-Unis. Non que ce soit condamnable en soit, mais cela fragilise les subtils équilibres de nos Institutions en renforçant le Président et le Parlement au détriment du gouvernement.
Ce roseau qui se prend pour un chêne
Il s’en sera donc fallu de deux votes. Jack Lang, les centristes, les radicaux de gauche, tous intéressés, en portent donc la responsabilité. Mais les députés villepinistes Georges Tron et Hervé Mariton, qui ont fini par se rallier à la réforme, ont donc fait pencher la balance en la faveur de Nicolas Sarkozy. Le pire était clairement l’argumentation de ces deux députés dans le Figaro, annonçant que, finalement, ils voteraient « oui » même s’ils ne pensaient pas grand bien de ces modifications, qualifiées d’inutiles, mais pour le bien de la majorité. Ils ont choisi l’UMP au lieu de la France.
Pire, Michèle Alliot-Marie anime un mouvement politique pompeusement baptisé « Le Chêne » et qui se veut le lieu de rassemblement des gaullistes. Pourtant, sur la politique étrangère ou les Institutions, c’est le silence radio. Sur ces questions, qui sont au cœur de l’héritage gaulliste, personne n’a eu le courage d’opposer ses convictions aux projets du président, passant du compromis à la compromission. En préférant plier sur la question de l’OTAN et des Institutions, ce mouvement montre sa vraie nature, celle d’un petit roseau du marigot politicien. Merci à Nicolas Dupont-Aignan et Debout la République de dignement et courageusement représenter les idées gaullistes, lui.
Eric Besson nous avait prévenu : Nicolas Sarkozy est « un néo-conservateur américain avec un passeport Français ». Il ne faut donc malheureusement pas s’étonner qu’il remette en cause notre héritage gaulliste, mais le pédigree de certains de ses complices est plus surprenant.
09:57 Publié dans Actualités, Gaullisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : congrès, institutions, cinquième république, jack lang, le chêne, debout la république, nicolas dupont-aignan



