28/05/2011

François Hollande, mi Royal 2006, mi Chirac 1994

Cette semaine, François Hollande était l’invité du Grand Journal et de nombreux plateaux. Celui qui est devenu le favori des sondages pour les primaires socialistes est l’attention de tous les médias. Mieux, l’opposition des hiérarques socialistes pourrait l’aider dans sa quête du pouvoir.

Favori malgré lui

Le parcours de François Hollande est une vraie surprise. Je n’étais pas le dernier à le traiter avec dédain avec son régime largement médiatisé. Mais l’élimination de Dominique Strauss-Kahn le met en position de favori. En effet, Martine Aubry, pour s’être trop effacé derrière l’ancien patron du FMI, n’a pas démontré la même envie que son prédécesseur rue de Solférino. Ségolène Royal semble démonétisée et les autres semblent compter pour du beurre pour l’instant.

Par une sacrée ironie de l’histoire, François Hollande se retrouver dans la même position que son ex compagne il y a cinq ans. En effet, il est en tête des sondages, mais suscite l’opposition de la majorité des hiérarques socialistes, qui multiplient les attaques contre lui, avec un mépris assez incroyable si on en croît les révélations publiées par la presse. Martine Aubry, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg et les strauss-kahniens semblent le détester cordialement.

Mais François Hollande me fait penser à quelqu’un d’autre : le Jacques Chirac de la pré campagne présidentielle de 1995. En effet, on retrouve chez lui le corrézien sympathique qui n’attaque pas les concurrents. Alors que beaucoup de socialistes lui tirent dessus de manière bien peu élégante, François Hollande refuse de rentrer dans la polémique et dit qu’il estime tous ses camarades (même Martine Aubry) et qu’il aura besoin de tout le monde à l’avenir.

Peut-il aller jusqu’au bout ?

A priori, faire la course en tête est éprouvant, surtout en affrontant la majorité des éléphants et la première secrétaire. Mais, après tout, c’est ce qu’avait réussi Ségolène Royal en 2006, avec un grand succès puisqu’elle avait littéralement écrasé DSK et Fabius au premier tour de la primaire. En outre, la position de premier secrétaire n’avait pas aidé Henri Emmanuelli en 1994. Et même si Ségolène Royal soutient in fine Martine Aubry, cela pourrait paradoxalement l’aider.

En effet, cette opposition de hiérarques peu appréciés peut l’aider en lui donnant l’image d’un « outsider », lui, l’apparatchik socialiste. Ce serait le moyen pour les Français de faire la nique aux dirigeants du Parti Socialiste. Et il faut dire que certains auraient mieux fait de se taire en évoquant le besoin d’une candidature unitaire et en appelant François Hollande à se retirer devant Martine Aubry. A quoi serviraient des primaires si elles sont pipées par des arrangements ?

François Hollande a de vraies carences mais ses faiblesses (le côté trop sympathique, trop « normal ») pourraient être un gros avantage face à la présidence mercuriale, désordonnée et égotique de Nicolas Sarkozy. Face à la machine professionnelle, mais froide, cynique et malhonnête de l’Elysée que les Français ne croient plus, la France pourrait bien se donner à cet élu un peu provincial et sympathique qui a beaucoup enduré, le fils socialiste de Jacques Chirac.

Certes, le costume de président pourrait paraître un peu grand, mais c’est déjà largement le cas avec le Narcisse de l’Elysée. Le cap de la primaire socialiste ne sera pas une sinécure, mais l’alliance des éléphants contre lui pourrait finalement l’aider dans sa conquête du pouvoir.

05/11/2009

Jacques Chirac, le président regretté

Pendant cinq années, Nicolas Sarkozy a prôné une rupture qui valait également vis-à-vis de Jacques Chirac, dont il était pourtant le ministre. Mais cette rupture a provoqué un soudain regain d’affection pour l’ancien Président, qui livre cette semaine le premier tome de ses mémoires.

L’anti-Sarkozy

C’est bien tout le paradoxe de ces trois dernières années. Jacques Chirac avait terminé son mandat impopulaire et diminué, tant physiquement que politiquement, avec le candidat du parti qu’il avait fait construire qui faisait ouvertement campagne contre son action. Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de multiplier les pics contre son ancien mentor, parlant même de « roi fainéant », après l’avoir comparé en 2006 à Louis XVI à la veille de la Révolution Française…

Mais à force de se démarquer de l’ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy a fini par faire regretter son prédécesseur. Nous sommes passés d’un président qui savait particulièrement bien représenter la France à l’étranger à un président qui écrit des texto lors d’une réception avec le pape ou qui froisse les officiels d’innombrables pays par ses manières.

Et s’il est vrai que Nicolas Sarkozy est très présent, il le fait en écrasant l’ensemble de son gouvernement, quand Jacques Chirac laissait de la lumière à ses équipes. Comment ne pas voir dans l’utilisation sempiternelle du « je » du premier un contraste saisissant avec le « nous » du second ? Les Français ont fini par ne pas être dupes : l’activisme affiché du président actuel est surtout de façade.

Un homme attachant

Finalement, la plus grande différence entre les deux hommes est finalement que Jacques Chirac était un président attachant. L’ancien occupant de l’Elysée est un homme qui aime les citoyens qu’il a dirigé. L’actuel aime être aimé et n’apprécie pas de ne pas être aimé. Jacques Chirac est, chose rare en politique, un homme modeste, quand Nicolas Sarkozy a tendance à se prendre pour un super-héros, seul capable de faire ce que les autres seraient incapables de faire.

Les quelques bonnes feuilles de ces mémoires sont l’occasion pour le président regretté de remettre les pendules à l’heure, notamment vis-à-vis de Valéry Giscard d’Estaing et Edouard Balladur, qui ne l’ont pas épargné dans le passé. Au premier, il reproche le manque d’espace qu’il lui a laissé à Matignon et une trop haute idée de lui-même. Ce dernier reproche vaut également pour son ancien ami de 30 ans, même si les quelques lignes qui ont filtré ne sont finalement guère méchantes.

Bien sûr, on pourra objecter que Jacques Chirac manquait de convictions et avait un rapport un peu particulier au financement politique (partagé à l’époque). Mais il a fait partie des derniers véritables serviteurs de l’Etat et a montré des qualités humaines rares dans ce milieu.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/11/04/01002-20091104ARTFIG00072-chirac-livre-sa-verite-sur-la-verepublique-.php

http://www.lefigaro.fr/politique/2009/11/04/01002-20091104ARTFIG00068-ce-que-chirac-dit-de-giscard-de-sarkozy-et-de-bernadette-.php

13/06/2009

Discours de Dakar : merci Jacques Chirac

Autant Nicolas Sarkozy se montre assez peu soucieux des traditions, autant Jacques Chirac s’en est toujours fait un ardent défenseur. Il montre notamment un souci très républicain de ne pas émettre la moindre critique à l’égard de son successeur. Il vient néanmoins de faire une petite exception à cette règle.

L’homme africain

Cette première critique porte sur le discours de Dakar, où Nicolas Sarkozy affirmait que « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme Africain n’est pas assez entré dans l’Histoire » ou que « dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable, où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ».

Jacques Chirac y a répondu de manière élégante, sans directement évoquer son successeur, mais de manière transparente néanmoins : « l’homme Africain est entré dans l’Histoire. Il y est même entré le premier. On ne peut avoir à son égard que du respect, le respect que l’on a pour un ancêtre commun ». Cette remise au point est la seule entorse que l’ancien président de la République s’est autorisée par rapport au respect républicain qu’il estime devoir au président de la République.

Autres temps, autres mœurs

Cette petite pichenette à l’égard de Nicolas Sarkozy permet de mieux comprendre pourquoi Jacques Chirac est, deux ans après son départ de la présidence de la République, l’homme politique préféré des Français, dans une forme de critique adressée à celui qui voulait rompre avec le passé et les pratiques de son prédécesseur. Car on retrouve beaucoup de ce qui faisait Jacques Chirac dans cette petite phrase.

On retrouve sa passion pour les autres civilisations et l’Histoire, sa politesse, qui peut être empreinte d’une grande fermeté néanmoins. Bref, tout le contraire de ce président agité, manquant de culture, parfois vulgaire et dont l’agressivité verbale n’est parfois que la compensation d’un manque de fermeté… Pas étonnant que les Français soit nostalgique de cette époque où notre Président de la République se comportait comme un Président et non comme un parvenu.

C’est pourquoi je dis merci à Jacques Chirac d’être sorti pour la première fois de sa réserve républicaine pour montrer que décidemment, ce n’était pas la voix de la France qui s’exprimait le 26 juillet 2007.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/06/12/01002-2009061...

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009...

16/04/2009

Ce que dit la popularité de Jacques Chirac

Dans la nouvelle livraison du baromètre politique de Paris-Match, Jacques Chirac est désormais l’homme politique français le plus populaire, avec 74% de bonnes opinions. Un regain de popularité qui en révèle beaucoup sur l’état d’esprit des Français.

Jacques Chirac ou l’anti-Nicolas Sarkozy

Au premier abord, on pourrait se dire que ce regain de popularité n’a pas de grande signification. Après tout, l’ancien président de la République est à la retraite, sans avenir politique possible et il refuse toute déclaration publique. Jacques Chirac aurait dit « moins j’en fais, plus je monte ». Cependant, avec un peu plus de recul, il est difficile de ne pas voir dans cet hommage à notre précédent président de la République une forme de critique à l’égard de l’actuel résidant de l’Elysée.

En effet, comment ne pas voir dans la popularité de Jacques Chirac un désaveu contre la « rupture » promue par Nicolas Sarkozy ? Tout les oppose désormais. Quand l’un parlait peu, n’hésitait pas à braver des foules hostiles, tout en restant courtois en toute occasion, se faisait discret sur sa vie privée et appelait en toute circonstance au rassemblement, l’autre est omniprésent, s’entoure de militants UMP, cède parfois à la vulgarité, étale sa vie et manie en permanence la confrontation.

Mais cette opposition de style se retrouve également sur le fond. Le président qui laissait une place à son gouvernement a été remplacé par un « omni président ». Celui qui savait s’opposer aux Etats-Unis lors de la guerre en Irak a fait place à un homme qui trouvait que la position de la France en 2003 était arrogante et qui a rejoint le commandement militaire intégré de l’OTAN. Et à celui qui s’effaçait modestement derrière des Français  qu’il servait a succédé un super héros qui ne parle que de lui.

Ce que cela révèle sur notre vie politique

Et le fait que trois quarts des Français ait une bonne opinion de l’ancien président de la République est d’autant plus intéressant que Nicolas Sarkozy distille depuis deux ans des flèches bien peu républicaines et indignes de son rang à l’égard de son prédécesseur. Il ne manque jamais de dire que rien de bien n’aurait été fait depuis le Général de Gaulle. Il a même évoqué les « rois fainéants » lors des vœux du début de l’année pour justifier son « omni présidence », dans une allusion transparente.

Et le fait que celui que l’actuel locataire de l’Elysée persiste à critiquer soit de plus en plus populaire est une forme de désaveu cinglant à son égard. Plus Nicolas Sarkozy s’agite, plus Jacques Chirac est populaire, ce qui montre bien les limites de l’agitation permanente du président actuel. Comment ne pas y voir une forme de regret à l’égard de la façon dont l’ancien maire de Paris présidait le pays, de manière rassembleuse, respectueuse, grave, solennelle, posée, bref l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui.

Mais cette popularité de l’ancien président de la République dit également quelque chose de l’état de l’opposition. En effet, il est singulier que ce soit l’ancien mentor de l’actuel résidant de l’Elysée qui soit l’homme politique le plus populaire. Cela signifie sans doute que les Français n’arrivent pas à se fixer sur des personnalités socialistes qui n’arrivent pas à incarner une véritable alternance au régime actuel. Cela montre peut-être que l’alternance ne passera pas forcément par le PS.

Quelles que soient ses limites, la popularité actuelle de Jacques Chirac est sans doute sa meilleure revanche à l’égard des déclarations vachardes et infantiles de son successeur, une forme d’hommage à sa façon de faire de la politique par rapport à l’agitation égotique et parfois vulgaire qui règne aujourd’hui.

Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Popularite-Jacqu...

22/02/2009

Nicolas le fainéant et Jacques le travailleur ?

Dans la mythologie élyséenne, Nicolas Sarkozy se présente comme  un président qui travaille bien plus que les « rois fainéants » qui l’ont précédé. À presque chaque intervention, le président ou ses soutiens nous servent cette fable destinée à faire briller la couronne de notre nouveau roi soleil.

Nicolas le fainéant ?

Pourtant, cette semaine, deux faits ont permis de remettre en question ce mythe du travailleur acharné. Tout d’abord, Le Canard Enchaîné révèle que le président a passé son dernier week-end au ski, à Val d’Isère puis à Megève en pleines émeutes en Guadeloupe et à quelques jours du grand sommet social... Ensuite, mercredi, juste après sa nouvelle intervention télévisée, le président est allé assister au match du PSG : la résolution de la crise dans les DOM pouvait sans doute attendre le lendemain...

Ces deux épisodes font également ressurgir quelques souvenirs pas si anciens qui font également relativiser l’implication de notre omni président. En effet, n’avait-il pas écourter début 2008 une visite en Inde et annuler une visite aux Casques Bleus au Liban pour retrouver Carla ? S’il est normal qu’un président puisse avoir une vie privée, il faut noter que les priorités du président avaient eu des conséquences pour notre pays puisque les autorités indiennes avaient été très choquées par sa légèreté.

Nicolas Sarkozy entretient l’image d’un président très travailleur par son omniprésence médiatique et ses multiples annonces. Mais le prisme des médias est-il si révélateur du travail qu’abat un président au service de la nation ? En outre, cette omniprésence médiatique n’est-elle pas le signe d’une mauvaise gestion des priorités, où la communication l’emporte sur tout le reste, réduisant d’autant le véritable travail de fond ?

Jacques le travailleur

La destination de l’attaque sur les « rois fainéants » était transparente : Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy ne semble jamais vouloir finir de tuer son père politique, dans une obsession qui semble frôler la névrose. Pourtant, le président actuel devrait se méfier des bons mots et d’une comparaison si hasardeuse. Car tous les livres sur Jacques Chirac, y compris les plus critiques, montre un homme dévoué corps et âme au service de son pays, travaillant jours et nuits sur les différents dossiers.

Le livre de Bruno Le Maire, « Des hommes d’Etat », était assez édifiant en ce sens que l’on y voyait un président toujours sur le pont, lors de nombreuses réunions les week-ends pour travailler sur les différents dossiers en cours. Bien loin de la légende que Nicolas Sarkozy souhaite s’écrire, on peut se demander si de nos deux derniers présidents, ce n’est finalement pas Jacques Chirac qui était le plus gros travailleur et le plus dévoué au service des Français, bien plus que l’actuel résidant de l’Elysée.

Bien sûr, Nicolas Sarkozy n’est pas un roi fainéant. Mais il devrait sans doute éviter de se lancer dans des comparaisons d’un goût aussi douteux. Car l’examen attentif du travail de nos deux derniers présidents ne sera pas forcément à sa faveur…

Source : http://fr.news.yahoo.com/5/20090214/ten-nicolas-sarkozy-l..., Le Canard Enchaîné

http://www.lefigaro.fr/international/2008/01/25/01003-200...

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2008/06/...

12/11/2008

Le cocktail Sarkozy : un tiers Chirac, un tiers Mitterrand et un tiers Giscard

Nicolas Sarkozy a construit sa candidature et sa victoire en 2007 en s’appuyant sur une volonté de rupture avec les politiques menées pendant les trente dernières années. Pourtant, à y regarder de plus près, sa « rupture » est une compilation inspirée de ces trois prédécesseurs.

Le premier de ses inspirateurs était sans doute… celui contre qui il avait dirigé la « rupture », à savoir son principal mentor en politique, Jacques Chirac. Il ne faut pas oublier que Nicolas Sarkozy a été formé par ce dernier, qui l’a repéré en 1975. En 1981 et 1988, l’actuel président fut le président des jeunes du RPR et à ce titre un des premiers soutiens du candidat Chirac. Bien sûr, il y a eu 1993, mais pendant près de vingt ans, Nicolas Sarkozy fut d’abord un chiraquien, et même un intime de la famille. Les plus jeunes ne s’en souviendront pas, mais il y a du Jacques Chirac des années 80 (alors surnommé le bulldozer…) dans son activisme forcené. Son affrontement avec le président en exercice n’était pas sans rappeler l’opposition entre Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing jusqu’en 1981. Enfin, l’incroyable variabilité des discours du président (du défenseur du libéralisme au dénonciateur de la spéculation, du communautariste au républicain) rappelle aussi la plasticité de Jacques Chirac, qui avait également utilisé les services d’Henri Guaino lors de sa campagne victorieuse de 1995…

Mais, Nicolas Sarkozy a également pris à François Mitterrand, avec qui il partage la formation d’avocat. On retrouve chez lui aussi la variabilité du discours, le président socialiste étant passé du centre-gauche sous la Quatrième République (avec le soutien de l’extrême droite pour sa première campagne en 1946 !) à la gauche toute pour 1981 avant de revenir vers le centre en 1988 avec le « ni ni ». D’ailleurs, le virage à droite de Nicolas Sarkozy ressemble au virage à gauche de François Mitterrand en 1981, dans un but de rassembler son camp. On retrouve également chez le président en fonction le même cynisme qui permettait au président sortant en 1988 de mentir les yeux dans les yeux du candidat Chirac lors du débat d’entre deux tours. Après tout, Nicolas Sarkozy, qui dénonçait l’idée de François Bayrou de mettre au gouvernement des personnes de gauche et de droite pendant toute la campagne a fini par s’y rallier en faisant comme s’il avait promis l’ouverture pendant sa campagne. Le président actuel a la même capacité à dire tout et son contraire avec la même incroyable capacité de conviction.

Enfin, Nicolas Sarkozy a beaucoup repris à Valéry Giscard d’Estaing, l’inventeur de l’hyper présidence. Les férus d’histoire politique le savent : le président actuel n’est pas le premier à refuser le partage traditionnel du pouvoir avec le Premier ministre et le gouvernement. Déjà sous la présidence Giscard, un président avait complètement concentré tous les pouvoirs, passant par-dessus la tête de son Premier ministre, rendant des arbitrages sans forcément le tenir au courant. Valéry Giscard d’Estaing avait également voulu incarner une forme de rupture avec l’engoncement des précédents présidents en communiquant tous azimuts, faisant du sport sous les caméras, s’invitant chez les Français, changeant radicalement le style de la photo du président. Enfin, on retrouve également chez lui une hypertrophie incroyable de l’ego qui fait de lui le centre du monde et qui a une si large influence sur leur politique. Au final, c’est peut-être de lui dont il est le plus proche, ayant également gagné à sa première candidature.

Nicolas Sarkozy a repris les recettes de ces prédécesseurs parce qu’ils sont arrivés à l’Elysée. Ce faisant, il n’a malheureusement pas choisi leurs meilleurs côtés. Il aurait été bien inspiré de prendre le sens de l’Etat et de la représentation de Jacques Chirac et de ne pas oublier l’importance du couple franco-allemand.