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28/09/2011

La France, exportatrice de technocrates apatrides

C’est Eric Zemmour qui avait eu ce bon mot un matin dans sa chronique sur RTL : la France est bien un pays spécialisé dans l’exportation de hauts technocrates dont l’internationalisme est tel qu’ils en oublient totalement leur pays d’origine. Nouvel exemple avec Christine Lagarde.

Un lourd passé

Jacques Delors, Jean-Claude Trichet et Pascal Lamy sont sans doute les pires exemples de ce que la France a produit comme technocrates irresponsables et apatrides. Si le second a toujours été à droite, le premier et le troisième sont venus de la gauche pour mener des politiques profondément antisociales et dogmatiquement monétaristes et néolibérales. Fâchés avec la réalité, ils n’hésitent pas à nier la crise de l’euro, affirmant qu’il s’agit seulement d’une crise de la dette.

Ces criminels économiques portent tous une très lourde part de responsabilité dans les difficultés de notre pays. Jacques Delors et Pascal Lamy ont été derrière le tournant de 1983. Jean-Claude Trichet a mené une politique monétaire totalement absurde au début des années 1990, montant les taux et envoyant ainsi un million de Français au chômage. Il est le partisan d’une politique monétaire délétère qui produit une monnaie trop chère qui asphyxie notre économie depuis 20 ans.

Jacques Delors et Pascal Lamy sont aussi les responsables de la libéralisation des mouvements de capitaux, qui a créé l’anarchie financière qui nous a mené aux crises des dernières années et qui rend toute tentative de réforme de la finance bien impossible, à moins de revenir dessus. Pascal Lamy s’est aussi fait remarqué pour avoir dit que le SMIC était trop élevé et Jean-Claude Trichet pour avoir affirmé qu’augmenter les salaires était la dernière bêtise à faire.

Internationalisme et néolibéralisme

On voit bien à quel point la frontière est poreuse entre internationalisme et néolibéralisme. Des hommes sensés être issus de la gauche en finissent par s’attaquer aux bas salaires ! Par delà l’indécence de telles déclarations, cela démontre à quel point l’éloignement avec les racines nationales est néfaste. Il permet toutes les dérives intellectuelles les plus dogmatiques et coupées de la réalité Dans leur bulle dorée, les aristocrates des temps modernes refusent même la moindre obole.

Après Jean-Claude Trichet, qui s’était empressé d’affirmer qu’il n’était pas un Français en tant que président de la BCE, nous avons produit de nouveaux exemples de technocrates apatrides. Christine Lagarde plait beaucoup aux étasuniens qui trouvent qu’elle se permet de dire des choses qu’eux-même n’osent pas dire aux européens et aux Français. C’est ce que révèlent deux portraits publiés la semaine dernière dans le Figaro et les Echos qui vantent la conversion de notre ancienne ministre.

Il est tout de même incroyable de constater à quel point une certaine élite est capable de totalement oublier les intérêts de son propre pays, quitte à retourner complètement sa veste sur un certain nombre de dossiers qu’elle traitait encore il y a quelques mois. En ce sens, les autres pays n’ont sans doute pas fini de vouloir recruter des Français à la tête d’institutions internationales tant nous parvenons à produire une élite tellement internationaliste qu’elle en oublie totalement sa nation.

Jacques Sapir a dit que « la haine de la nation, c’est l’internationalisme des imbéciles ». Malheureusement, nos technocrates apatrides tombent souvent dans ce piège mais aussi dans celui de la promotion de politiques néolibérales profondément antisociales.

22/09/2011

On a aussi globalisé les crises…

Même si la théorie de la « mondialisation heureuse » d’Alain Minc a sérieusement du plomb dans l’aile, comme le montrent les sondages sur le libre-échange, ces termes restent encore porteurs de valeurs positives. Il faut dire que l’on oublie souvent que les crises aussi ont été mondialisées.

Des cales des bateaux…

C’est une remarquable image de Jacques Sapir, qu’il emploi dans « Le nouveau 21ème siècle ». Pour lui, avant la mondialisation, l’économie mondiale était comme les cales des bateaux, compartimentée par des cloisons étanches qui pouvaient être fermées à loisir. Ces cloisons pouvaient naturellement être ouvertes, ce qui permettait de transporter des choses dans la cale. Mais elles pouvaient aussi être fermées. Ainsi, une voie d’eau dans la coque pouvait être contenue.

La globalisation de l’économie mondiale, c’est un peu comme si on retirait toutes les cloisons au prétexte qu’elles ralentissent les échanges entre les différents compartiments et que, de toutes les façons, des voies d’eau très graves arrivent très peu souvent. Le problème est que nous avons connu une voie d’eau sévère en 2008, qui a bien menacé de faire couler l’ensemble de l’économie mondiale. Et aujourd’hui, il n’est pas sûr que les pompes rejettent plus d’eau qu’il n’en rentre.

En effet, il est pour le moins paradoxal que les errements du marché immobilier étasunien aient pu provoquer un tel cataclysme financier. Bien sûr, il n’a été que le révélateur des déséquilibres colossaux de la finance internationale, mais il est tout de même incroyable que les prêts NINJA (No Income No Job Application) proposés par des banques inconscientes pensant se protéger des risques par la titrisation ou en se couvrant par des CDS aient provoqué une telle crise.

Une autre raison pour la démondialisation

Dans le monde d’avant la libéralisation des mouvements de capitaux, la crise serait restée confinée aux Etats-Unis, qui auraient alors du nettoyer les errements de leur système financier, comme ils l’avaient fait avec les caisses d’épargne à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Le reste du monde aurait sans doute fait quelques pertes mais l’étanchéité des systèmes financiers nous auraient protégés de cette crise, comme les cloisons étanches d’une cale de bateau…

Pourquoi presque personne ne souligne cet aspect de la globalisation ? La globalisation, ce n’est pas seulement la liberté de circulation des personnes, des biens et des capitaux, qui met en concurrence les travailleurs des pays développés, gagnant plus de mille euros par mois avec ceux de pays émergents qui peuvent gagner jusqu’à trente fois moins. Ce n’est pas seulement la création d’un terrain de jeu idéal pour les multinationales et la finance, au détriment des Etats.

C’est aussi un processus qui provoquer une contagion instantanée des crises sur l’ensemble de la planète. Les quelques pays qui protègent encore leurs marchés des capitaux pouvant s’en tirer un peu mieux. D’ailleurs, un papier de The Economist montre que depuis le milieu des années 1990, la globalisation a provoqué une corrélation grandissante entre les indices boursiers de la planète puisque l’indice de corrélation est passé de 0.5 à plus de 0.8, flirtant avec 0.9.

Une nouvelle raison d’aimer l’indépendance, sans verser dans l’autarcie bien sûr. Elle protège des crises extérieures et évite de faire souffrir les peuples de maux dont ils ne sont pas responsables. Mais il y a un préalable indispensable : le rétablissement de frontières, les cloisons de notre économie.

20/09/2011

Libye : une bataille a été gagnée

Il y a six mois, sous l’impulsion de la France et de la Grande-Bretagne, une partie de la communauté internationale décidait d’intervenir en Libye pour aider les rebelles à renverser Kadhafi. Même s’il reste beaucoup à faire, il semble que cette décision était bien la bonne.

La Libye, ce n’est pas l’Irak

Pour être clair, sur le principe, je suis opposé à l’ingérence militaire dans un pays. Comme le souligne remarquablement bien Jacques Sapir, cette ingérence est toujours le fait du plus fort sur plus faible que lui. Qui plus est, cela représente également une puissante incitation pour tous les dictateurs à s’armer toujours plus pour éviter que d’autres pays ne puissent se mêler de leurs affaires et les renverser. Bref, intervenir est une décision délicate et je comprends que l’on puisse s’y opposer.

Bref, le cas pour intervenir n’était pas facile, d’autant plus qu’il y avait les précédents irakien et afghan qui démontraient les limites d’une intervention occidentale. Malgré tout, la Libye, ce n’était pas et ce n’est toujours pas du tout l’Afghanistan. Quatre conditions bien spécifiques permettaient de justifier cette opération : le vote des Nations Unies, le soutien de la ligue arabe, la demande d’une partie du peuple libyen et la perspective d’un massacre à Benghazi.

Ces conditions bien spécifiques permettaient à mon sens de faire une exception à la règle d’opposition de principe à toute ingérence militaire. Bien sûr, certains soulignent que nous avons soutenu une faction contre une autre et que n’aurions pas du nous mêler d’un conflit interne. Sauf que d’un côté, il y avait un dictateur et de l’autre une opposition qui semble réellement vouloir mettre en place la démocratie. Dans ces conditions, il est possible de faire deux poids deux mesures.

L’action déterminante de la France

En outre, il faut noter que cette opération était soutenue par des personnalités respectées dans le monde diplomatique et plutôt connues pour leur attachement à la souveraineté nationale, ce qui les avait conduit à s’opposer à la guerre en Irak. Une fois que les rebelles auront libéré les derniers bastions, le plus dur restera à faire, à savoir construire un Etat démocratique et apaisé, ce qui ne sera pas une mince affaire, même si l’argent des hydrocarbures devrait aider…

Globalement, même si cela a pris du temps, le déroulé des opérations a parfaitement justifié l’opération : il n’a pas été nécessaire d’envoyer des troupes sur place, l’opération est restée limitée dans le temps (contrairement à l’Afghanistan) et, comme l’a montré la libération de Tripoli, rapide, la réaction de la population semble démontrer que les Libyens n’étaient pas particulièrement attachés à leur dictateur. Il n’y a pas de résistance forte aux rebelles.

Et si nous en sommes là aujourd’hui, c’est bien grâce à l’action déterminée de Nicolas Sarkozy. Si cela ne change en rien mon jugement global très négatif, il porte la responsabilité de cette opération, qui efface en partie les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Et comment ne pas vibrer devant les images de Tripoli et Benghazi acclamant la France la semaine dernière ? Mieux, le président Français a eu pour une fois le bon goût de partager la vedette avec David Cameron.

Comme l’avait bien souligné Coralie Delaume il y a un mois, cette première bataille a été gagnée et elle était sans doute juste. Bien sûr, tout reste à reconstruire, mais il semble que la direction soit la bonne. Pour la Libye, pour la France, pour une fois, merci Nicolas Sarkozy !

15/09/2011

Cette crise de l’euro qui n’en finit plus

Cette semaine, le CAC 40 a touché un nouveau plus bas depuis le printemps 2009 avant de rebondir. Les cours des banques jouent au yoyo, baissant de 10 à 15% le lundi avant de remonter dans de mêmes proportions le lendemain. La crise terminale de la zone euro est-elle pour demain ?

Une situation qui se tend dangereusement

Tout d’abord, il n’est pas inutile de préciser que cette crise est bien une crise de la zone euro et de la monnaie unique. En effet, les pays européens qui n’en font pas partie sont pour l’instant relativement protégés des tumultes financiers. La Grande-Bretagne emprunte désormais moins cher que la France alors qu’objectivement sa situation est moins bonne que l’Espagne, dont la dette et les déficits publics sont moins importants qu’ils ne le sont à Londres. Idem pour les pays nordiques.

Deux fronts dangereux sont ouverts. Tout d’abord, la Grèce, où le déficit et la dette sont hors de contrôle malgré le plan du 21 juillet. L’effondrement du PIB (-10% depuis 2010) fait plus que compenser les économies réalisées par les différents plans d’austérité. La troïka doit très prochainement décider si la dernière tranche du plan du printemps 2010 sera accordée, faute de quoi le pays serait en cessation de paiement, option désormais ouvertement évoquée à Berlin.

Pour l’instant les autorités grecques n’évoquent pas cette option mais la saignée du pays pourrait bien un jour mettre cette alternative sur la table. Le second front, peut-être le plus dangereux est italien. Si la BCE avait réussi à faire tomber les taux longs à 5% après un pic largement supérieur à 6% cet été, ils sont repartis à la hausse, à 5.6%. S’ils dépassent le cap des 7%, alors la situation serait hors de contrôle du fait de la taille de la dette Italienne (1900 milliards d’euros).

Vers la fin de l’euro

En effet, l’Allemagne peut accepter d’aider la Grèce car le coût est finalement relativement modéré par rapport aux enjeux et à l’effet domino que cela produirait. L’engagement du pays au sein du FESF représente environ 8% du PIB tout de même, mais cela peut éviter un effondrement complet du système financier. Malgré tout, on constate déjà qu’Angela Merkel a le plus grand mal à faire passer les différents plans qui sont pourtant les produits du FESF.

C’est pourquoi il est aujourd’hui quasiment certain que si l’Italie n’arrivait plus à se financer sur les marchés du fait d’une explosion des taux longs, il serait impossible de trouver des financements à la hauteur des enjeux, le coût (non négligeable) d’une explosion de l’euro devenant alors nettement moins important pour l’Allemagne que le coût de son maintien. Cela est d’autant plus clair que le récent arbitrage de la Cour de Karlsruhe interdit explicitement les euro obligations.

Bref, la bataille finale de l’euro approche. Elle pourrait avoir lieu dans quelques jours ou quelques semaines, ce qui confirmerait les prévisions de Jacques Sapir et Emmanuel Todd, pour qui la monnaie unique ne passera pas l’année. A moins que les interventions de la BCE et le retour du calme sur les marchés (du fait de cours objectivement très bas) n’aboutissent à une pause relativement durable mais qui n’en sera pas moins illusoire tant les ingrédients d’une crise terminale sont réunis.

Cette crise perpétuelle de la zone euro depuis trois ans a un mérite : elle démontre que la monnaie unique est profondément dysfonctionnelle. Et il faut sans doute en passer par là pour faire comprendre que le retour aux monnaies nationales ne pourra pas être plus terrible que ce que nous fait vivre l’euro…

04/08/2011

La zone euro sur le pont du Titanic

Hier, le CAC 40 a affiché sa 8ème séance de baisse, affichant des niveaux jamais vus depuis longtemps, démontrant l’échec du nouveau plan européen. Et si Jacques Sapir et Emmanuel Todd, qui avaient prévu la fin de l’euro fin 2011, avaient raison ?

75% du chemin vers l’explosion a été fait

Il y a deux chiffres qu’il suffit de suivre pour connaître l’état de la situation : le taux des emprunts d’Etat à dix ans pour l’Espagne et l’Italie. Il y a un an, ces taux étaient inférieurs à 4%. Il y a encore un mois, ils étaient à moins de 5% pour l’Italie et 5.5% pour l’Espagne. La crise de ce début d’été a provoqué une nouvelle hausse d’un point (synonyme, à terme, d’un renchérissement des intérêts de la dette de l’Italie équivalent à 1.2% du PIB, soit environ 20 milliards d’euros).

L’accord européen du 21 juillet a permis une légère accalmie mais les taux ont à peine baissé pendant quelques jours. En fait, on constate depuis un an que cette longue crise de la zone euro est comme une montée progressive de fièvre, sans que jamais le thermomètre ne baisse vraiment. La pression monte, par pallier sans que les différents plans européens ne semblent résoudre quoique ce soit. Mardi, les taux espagnols ont atteint brièvement 6.36% et les taux italiens 6.16%.

Vers l’apocalypse ?

Herman Van Rompuy peut bien se voiler la face, mais le mal est là et c’est sans doute parce que nous sommes en août que les médias ne semblent pas saisir la gravité de la situation. En effet, la plupart des analystes considèrent qu’au-delà de 6,5 à 7% de taux d’intérêt, les dettes souveraines européennes sont difficilement gérables. En fait, cela représente en un an un renchérissement à terme des intérêts de 2% du PIB pour l’Espagne et près de 4% pour l’Italie !

Bien sûr, l’Espagne bénéficie d’une des dettes publiques les plus faibles de la zone euro. Et l’Italie est partiellement protégée par la maturité moyenne très longue de sa dette, qui réduit la vitesse de propagation de taux supérieurs, ainsi que par le fait que sa dette est surtout domestique, mais nous nous approchons à grands pas de la cote d’alerte. Si le cap des 6.5% était rapidement passé, alors la zone euro pourrait rentrer rapidement dans une crise terminale.

Car si les taux dépassent 7% pour l’Italie, la situation sera totalement incontrôlable. La dette de Rome est la plus importante d’Europe (1900 milliards d’euros, 120% du PIB) et un nouveau plan engagerait la France et l’Allemagne à hauteur de plusieurs centaines de milliards d’euros, ce qui semble totalement improbable. La seule solution serait alors le défaut et la sortie de l’euro (scénario que j’avais évoqué début 2009 pour une grande crise que j’avais placée en 2016).

Fin juin, il me semblait encore que « le supplice de l’euro pouvait encore durer ». Mais cette nouvelle poussée de fièvre fait que la probabilité d’une explosion rapide augmente fortement, même s’il ne faut pas oublier qu’il existe de puissantes forces de rappel.

31/07/2011

Alain Cotta flingue la monnaie unique

Il avait combattu l’euro, avec Rosa et Lafay dans les années 1990. Il y a un an, il avait sorti un petit livre savoureux et toujours d’actualité « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu ».

Les arguments des partisans de l’euro hachés menu

Comme Jean-Jacques Rosa après lui, l’économiste revient sur les nombreux arguments avancés par les partisans de l’unification monétaire européenne et depuis démentis par les faits. Il cite donc le fameux article du 28 octobre 1997 du Monde signé par tout ce que la pensée unique compte de partisans, de Pascal Lamy à Claude Bébéar. Le premier argument avancé était la protection contre les crises, prévision que les hoquets des bourses européennes depuis 18 mois infirment fortement.

Ensuite, l’euro devait apporter des prix stables : ceux des grandes marques de grande consommation ont fait l’exact inverse. Il devait ensuite assurer « une gestion saine des finances publiques ». C’est sans doute pour cela que nous sommes aujourd’hui en plein une crise des dettes souveraines… Enfin, l’euro devait nous apporter croissance et emploi. Manque de chance, la zone euro est, avec le Japon, la zone où la croissance est la plus faible depuis dix ans dans le monde entier.

Ensuite, l’euro devait nous donner « une position centrale dans le concert international ». En lieu et place, comme le dit Emmanuel Todd, « avec l’euro fou, l’Europe réussit le tour de force d’utiliser sa propre puissance économique pour se torturer ». Enfin, l’euro devait nous apporter une « cohésion interne » dont on discerne mal les contours en voyant certains Allemands demander aux Grecs de vendre leurs îles et certains grecs évoquer rien moins qu’un « 4ème Reich » !

Pourquoi l’euro ne marche pas

Alain Cotta développe des arguments repris par Patrick Artus et Jacques Sapir, à savoir que l’euro pousse à « contenir les salaires, accroître les impôts indirects pesant sur le consommateur et non sur les entreprises ». Il souligne que l’Allemagne s’y est adapté, accumulant 200 milliards d’excédent extérieur, correspondant à peu près aux déficits des autres pays. Pour lui, « la rente et les rentiers sont les grands bénéficiaires de l’euro », monnaie de la « gérontocratie européenne ».

Pour lui, les politiques qui ont construit l’euro sont « les pompiers zélés d’un incendie qu’ils auront allumé eux-mêmes ». Il note que la monnaie unique bénéficie de nombreux soutiens : tous les gouvernements en place, les rentiers, le système financier et les grands pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Chine inclus), ce qui risque de faire durer le supplice de l’euro encore un peu, « la force du statu quo ».

Mais pour lui, les plans d’austérité pourraient bien réveiller les peuples, comme le montre le mouvement des Indignados. Il ne croît pas à un mouvement fédéraliste qui « condamnerait les représentants du peuple à devenir (…) des décideurs de la localisation des pissotières ». Il souligne également que l’Allemagne ne sauvera pas l’euro « à n’importe quel prix » et trouve les réticences du peuple allemand « justifiées ». Il n’attaque pas des marchés qui ne font que refléter la réalité.

Vers une nouvelle Europe monétaire

Il souligne que ce sont les porteurs d’obligations de la Grèce qui ont profité du plan de soutien qui a permis de leur rembourser 100 milliards d’euros. Il préconise la transformation de l’euro en une monnaie commune accompagnée de monnaies nationales aux parités ajustables. Il souligne qu’Athènes ne retrouvera pas la croissance sans pouvoir dévaluer et souligne qu’il y a « des dévaluations réussies, d’autres qui échouent, certaines suivies d’inflations, et d’autres non ».

Il pense que l’Allemagne peut changer de modèle et pourrait bien « condamner la zone euro, dont elle détient les clés financières de la cohésion ». Comme Jacques Sapir, il évoque l’utilisation de l’article 16 et prévoit plus de croissance en cas de sortie de l’euro, préconisant aussi l’utilisation de la monétisation. Il croit fortement à l’avenir de notre pays, qui peut s’appuyer sur quatre atouts majeurs : le tourisme, notre système de santé, notre langue ainsi que notre épargne.

Avec ce petit livre mêlant économie et politique, Alain Cotta signe un essai facile à lire, aussi élégant que percutant qui synthétise remarquablement les enjeux autour de la monnaie unique européenne.

Source : Alain Cotta, « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu », Plon, collection Tribune Libre

24/07/2011

Paul Jorion nous conte les excès du capitalisme

Après « La crise » et « L’implosion », avec « Le capitalisme à l’agonie », Paul Jorion s’attaque à une tâche plus large, l’analyse des rouages du capitalisme à travers l’économie mais aussi l’histoire et la philosophie.

La dérive néolibérale

Comme beaucoup d’auteurs, Paul Jorion attribue en partie les dérives actuelles à la chute du mur de Berlin, qui incitait le capitalisme à une certaine « décence ». Dans un écho à l’analyse de Galbraith de la crise de 1929, il pointe le doigt sur l’effet de levier, qui « démultiplie le profit potentiel et démultiplie bien entendu la perte potentielle exactement dans la même proportion ». Il dénonce l’impasse actuelle : « réduire la dette publique des Etats tout en assurant la croissance ».

Il soutient que « le secteur bancaire s’est écroulé, l’Etat s’est porté à son secours et est tombé à sa suite. La banque a alors grimpé sur les épaules de l’Etat, ce qui lui a permis de sortir du trou. L’Etat, lui, y est resté ». Pire, ce sont les citoyens qui doivent régler la note. Il dénonce la loi Franck-Dodd, qui a non seulement préservée l’activité spéculative, mais l’a même « optimisée ».

Paul Jorion revient longuement sur l’audition de Goldman Sachs par les autorités étasuniennes. Il y décrit comment, après avoir acquis des créances subprimes, « les banques refilèrent à leurs clients les pertes qui s’y annonçaient », pariant même « sur la chute de ce qui apparaissait soudain comme un secteur du crédit condamné globalement ». L’auteur dénonce « une industrie financière précipitant sa propre perte en pariant sur celle-ci et démarchant fébrilement des contreparties éventuelles ».

Retour vers le passé

L’auteur rappelle l’opposition de Keynes à l’étalon or et, comme Jacques Sapir, il souligne son opposition aux déséquilibres commerciaux et évoque son souhait de création d’un « système de récompenses et de pénalités faisant en sorte que les nations (…) soient encouragés à maintenir un équilibre entre leurs importations et leurs exportations », la charte de la Havane. Il souligne le rôle de la monnaie pour y arriver, via les dévaluations et les réévaluations.

Il rappelle que le plein emploi était pour lui un « impératif moral », l’objectif premier de toute politique. Pour Keynes, il était aussi important de distinguer les capitaux spéculatifs des authentiques investissements, qui apportent de la valeur à long terme : « aucun pays ne pourra désormais autoriser sans risque la fuite des capitaux pour des raisons politiques, pour échapper à l’impôt ou dans l’anticipation d’une évasion fiscale » dans ses « Propositions pour une Union Monétaire International ».

Paul Jorion développe également une thèse audacieuse mais qui semble faire sens sur le rôle du dollar dans le monde. Il soutient que « pour que le dollar puisse assumer son rôle de monnaie de référence, il faut que la balance commerciale des Etats-Unis soit en permanence déficitaire » car cela contribue à la dollarisation de la planète financière. En outre, cela maintient un dollar faible sans risquer l’hyperinflation et cela impose de facto les pays excédentaires à financer la dette.

Les « ventes fictives »

L’auteur revient de manière passionnante sur les évolutions du droit des produits dérivés au 19ème siècle. Jusqu’en 1885, les paris sur les fluctuations de prix étaient interdits en France, les ventes à découvert (quand le vendeur ne possède pas ce qu’il vend) étant appelées « ventes fictives ». En effet, jusqu’à cette date, la législation française les assimilait à un jeu et une ordonnance de 1629, déclare « toute dette de jeu nulle (…) et déchargée de toutes obligations civiles et naturelles ».

En clair, « le perdant (pouvait) invoquer l’exception de jeu pour tenter d’échapper à ses obligations », freinant le développement de ces « ventes fictives ». Malgré tout, se développe au milieu du 19ème siècle « la Coulisse », une Bourse illégale qui va attirer plus de la moitié des transactions du fait de ses coûts inférieurs. Mais le krach de 1882 poussa le législateur à accepter les ventes à découvert pour les faire rentrer dans la légalité, et suivre la libéralisation mise en place dans les autres pays…

Quelle meilleure conclusion que cette citation de Hegel rapportée par l’auteur dans son introduction : « l’expérience et l’histoire nous enseignent que les peuples et gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire, qu’ils n’ont jamais agi suivant les maximes qu’on aurait pu en tirer ».

Source : Paul Jorion, « Le capitalisme à l’agonie », Fayard, Suite demain

22/07/2011

Plan grec : la victoire de l’Allemagne et la défaite des fédéralistes

Ca y est, l’Europe a fini par se mettre d’accord sur un nouveau plan de financement pour les créanciers de la Grèce, qui devrait sauver l’euro pour quelques temps. La ligne allemande, qui consistait à faire contribuer les banques l’a complètement emporté sur la ligne fédéraliste.

L’Allemagne, victorieuse par KO

L’Allemagne semblait isolée dans son refus des euro obligations, d’augmentation des moyens du fonds européen, sa volonté de faire contribuer le secteur privé au nouveau plan. Mais l’inflexible Angela Merkel a obtenu satisfaction sur tous les points qui étaient importants pour elle. Elle a même réussi à repousser l’idée d’une taxe sur les banques, émise par la France, et qui a réussi à faire l’unanimité contre elle. La BCE et Nicolas Sarkozy avalent leur chapeau.

Bien sûr, l’accord sera présenté comme un compromis. Pourtant, ce n’en est pas un. Le gouvernement allemand a réussi à limiter sa contribution supplémentaire et impose de facto une restructuration de la dette grecque malgré l’avis des agences, qui va concerner les créanciers privés comme le fonds européen. Fort heureusement, la ligne allemande l’a emporté sur toute la ligne. Et les rachats de dettes par le fonds européen nécessitent un accord unanime des pays.

La fausse solution fédéraliste

Avant-hier, le Monde présentait un « débat » sur la crise européenne : un banquier appelle à « réaliser l’intégration économique et politique européenne », un enseignant à Sciences Po fait du « fédéralisme économique une question de survie pour l’Europe », un financier se pose la question de « que reste-t-il quand l’Allemagne fait défaut », un banquier y voit « une chance unique pour l’Europe », et deux dirigeants d’Attac en appellent à une « Europe solidaire et libérée du joug des marchés ».

Si la tribune signée par les dirigeants d’Attac pose beaucoup de bonnes questions, elle manque de réponses. Le papier de François Vigne est assez équilibré, présentant l’option du défaut et de la sortie de la zone euro et signalant que « l’intégration (…) ne suffirait pas à corriger les écarts de compétitivité entre les Etats ». Mais les autres papiers rappellent les hiérarques communistes qui attribuaient leur échec au fait de n’être pas assez loin dans le communisme…

Raoul Salomon propose plus d’intégration sans expliquer clairement les avantages ou les inconvénients. Thomas Guénolé préconise un grand saut fédéraliste (15% du PIB de budget européen) totalement illusoire et dont on se demande bien en quoi il règlerait le problème de croissance de l’Europe. Son alternative méditerranéenne, en revanche, est intéressante. Enfin, Edouard Tréteau critique les dirigeants politiques européens, qui ne seraient pas à la hauteur.

Vers la fin de la monnaie unique

Il est tout de même regrettable de ne pas avoir ouvert les colonnes à un Jacques Sapir qui a tellement écrit sur la question et qui aurait apporté une contradiction bienvenue. Car, tout d’abord, ce qui est gênant, c’est que plus de fédéralisme ne résoudrait pas grand chose. Par delà le côté illusoire d’une telle proposition (qui revient à demander à l’Allemagne un chèque en blanc de plusieurs centaines de milliards d’euros), les problèmes sont plus profonds, comme le souligne NDA.

Des euro obligations pourraient calmer temporairement la crise financière, mais elles ne résoudraient pas le problème de compétitivité des PIIGS. Pour rembourser leur dette, ces pays ont surtout besoin de retrouver de la croissance, ce que ne donnerait pas une intégration économique et politique. C’est bien une dévaluation (couplée à une restructuration) qui le permettrait, et donc une sortie de l’euro, qui devra encore attendre quelques mois ou quelques années.

Car il faut être clair, comme le souligne avec verve Hervé Nathan, ce nouveau plan ne fait que traiter le problème grec (certes, pour assez longtemps a priori). Les dirigeants européens ont de nouveau acheté du temps sans rien résoudre sur le long terme. Si la crise reprend sur le front espagnol et italien, il faudra un nouveau sommet car rien n’est prévu pour dans l’accord d’hier…

Merci à l’Allemagne d’avoir refusé toute dérive fédéraliste et imposé une participation au secteur privé. C’est sans doute la moins mauvaise solution en attendant celle qui finira par s’imposer, le retour à des monnaies nationales distinctes adaptées à des réalités économiques différentes. 

05/07/2011

Protectionnisme, euro, démondialisation : la pensée unique contre-attaque

Alors que les intellectuels alternatifs amènent le débat économique sur tous les fronts (sortie de l’euro, protectionnisme, démondialisation), les tenants de l’ordre établi, néolibéral et monétariste, se crispent et refusent de débattre, préférant la caricature et l’outrance à la confrontation des idées.

Les caricatures du politiquement correct

Outre une interview de Christian Noyer dans le Figaro, c’est le Monde (qui avait, il est vrai, accueilli une interview de Jacques Sapir), qui mène la charge avec pas moins de trois papiers : une tribune d’Alain Faujas, qui fait du protectionnisme une « ligne Maginot », une autre, d’un professeur de Sciences Po, Zaki Laïdi, qui dénonce « l’absurde démondialisation » et un entretien avec Pascal Lamy pour qui « la démondialisation est réactionnaire ».

Christian Noyer affirme qu’une « réduction modeste des revenus permet d’obtenir les mêmes effets économiques qu’une dévaluation importante ». Non seulement cela est malhonnête puisque les deux doivent être équivalentes, mais cela montre aussi que les salaires vont devoir baisser. La comparaison entre la zone euro et les Etats-Unis est d’une sacrée mauvaise foi. Enfin, il refuse tout plan B. En revanche, il faut noter la justesse des questions de Jean-Pierre Robin.

Pascal Lamy ne fait pas dans la dentelle et ose affirmer que la compétitivité salariale indue n’est « pas évidente » tout en évoquant des écarts de salaires allant de 1 à 8 entre France et Chine du fait de la hausse des salaires chinois. Il faut noter qu’il minore volontairement les écarts (qui vont de 1 à 30 en Asie et de 1 à 10 en Europe). Le directeur de recherche de Sciences Po n’est pas moins caricatural en invoquant un « autocentrage économique » rappelant l’Albanie…

Il évoque le cas de l’Iphone, dont 4% de la valeur ajoutée est réalisée en Chine pour affirmer que les chiffres ne veulent rien dire, feignant d’ignorer que les composants issus des autres pays ont bien été importés dans un premier temps. ! Il ose même affirmer que « en achetant plus d’Airbus, on ne protège pas nécessairement plus l’emploi européen » ce qui est faux puisque 10% des composants de Boeing sont européens, contre 50% pour ceux d’Airbus (et il faut y ajouter le montage).

Le débat interdit

Ce qui est assez impressionnant, c’est la faiblesse de l’argumentation des défenseurs de la pensée unique. Quand ils ne réfutent pas tout simplement les chiffres du commerce extérieur, ils recourent à la caricature pour dénigrer tous ceux qui remettent en cause les dogmes libre-échangistes ou européistes. Pire, ils disent tout et son contraire, comme Christian Noyer qui affirme bien miraculeusement qu’une réduction modeste des revenus équivaut à une dévaluation importante.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir des intellectuels de tous bords qui défendent ces idées, y compris des prix Nobel comme Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Maurice Allais ou Amartya Sen. En France, des intellectuels de gauche (Jacques Sapir, Emmanuel Todd, Frédéric Lordon) comme de droite (Jean-Luc Gréau, Alain Cotta, Jean-Jacques Rosa, Gérard Lafay) remettent en cause la libéralisation excessive ou le choix d’une monnaie unique en Europe.

En outre, il devrait tout de même être possible de débattre du degré de libéralisation du commerce. Tous les pays sont un peu protectionnistes et cela ne devrait pas être un drame que de dire qu’il en faut davantage. Personne ne propose l’autarcie, même les plus radicaux. Il est tout de même normal de débattre démocratiquement des grands choix économiques. La crispation des grands partis et de nombreux médias sur la question est franchement révoltante.

Naturellement, les défenseurs de la pensée unique ne manquent pas une occasion de citer Marine Le Pen pour discréditer les idées alternatives. Cela fait plus peur que Paul Krugman ou Jospeh Stiglitz… Il serait temps de pouvoir avoir un débat sérieux sur ces questions.

04/07/2011

Escale réjouissante dans un Euroland utopique

A ma grande surprise, RST (lire son résumé sur son blogm’a proposé de participer à un congrès organisé par des personnes proches du GEAB intitulé « Six réformes clé pour une gouvernance démocratique de l’Euroland ». Après tout, Sun Tzu dit dans « L’art de la guerre », qu’il est essentiel de connaître ses adversaires...

Des alternatifs intéressants

Le GEAB s’est fait un nom en faisant partie de ceux qui avaient vu venir la grande crise de 2008. Leurs analyses sont très intéressantes, même s’il faut reconnaître qu’ils ont la fâcheuse tendance d’annoncer un cataclysme financier à venir dans les six mois depuis plus de deux ans, un peu comme le berger qui criait tout le temps au loup. Malgré tout, j’ai pu constater la grande qualité intellectuelle de Franck Biancheri, directeur de LEAP/E2020 et du GEAB.

Il y avait néanmoins quelques points d’accord, sur les désordres financiers, l’austérité insensée imposée à la Grèce. Ont été exprimées plusieurs fois des critiques très dures contre le caractère profondément anti-démocratique de la construction européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui. Mieux, certains participants ont évoqué les différences nationales pour expliquer qu’on ne peut pas mener la même politique partout ou ont même critiqué le non respect des référendums de 2005 !

L’internationalisme hors sol

Mais il y a une différence fondamentale et sans doute totalement irréconciliable avec l’immense majorité des participants à ce cénacle : le rapport aux nations. Il s’est tout de même trouvé une personne pour dire qu’il « faut uniformiser les européens » ! Il a été répété que l’euro nous a protégé, sans développer, étant donné que « l’Euroland » a traversé une récession plus forte, et plus précoce que les Etats-Unis et qu’on ne peut pas dire que nous avons été protégés de la spéculation…

En fait, beaucoup d’intervenants avaient des origines de plusieurs pays, ce qui peut expliquer leur dépassement de la question nationale. On peut imaginer qu’ils souhaitent que leur modèle soit suivi mais ils oublient totalement au passage qu’ils sont une petite minorité (qui plus est souvent protégée des ravages de la mondialisation néolibérale). Pour paraphraser Sapir, leur rejet de la nation, c’est l’internationalisme  à courte vue d’une petite élite coupée de la réalité.

Le désarroi des fédéralistes

Malgré tout, ce « congrès » (qui rassemblait une quarantaine de personnes) était très réjouissant pour les intrus souverainistes. En effet, d’une part, l’incompréhension entre les pays européens (Sud et ancienne zone mark) devrait bloquer toute évolution fédéraliste pour longtemps. Mais surtout, il était frappant de constater à quel point ils étaient incapables de proposer des mesures concrètes si ce n’est évoquer plus d’Europe, plus de démocratie et plus de solidarité.

Quel contraste avec les partis souverainistes (DLR, MRC ou M'PEP – vidéo du colloque à lire ici) où le constat est clair et où il débouche sur des propositions concrètes, détaillées et cohérentes. L’une des décisions du Congrès a été d’essayer de rédiger une… charte. En fait, ils parlaient beaucoup de processus (démocratie directe notamment) mais très peu de véritable contenu politique, semblant incapables de proposer un schéma fonctionnel pour l’euro.

Au final, malgré de très forts désaccords, ils me sont apparus comme relativement sympathiques mais franchement déboussolés par les politiques antisociales et antidémocratiques de cette Europe dont ils n’arrivent pas à remettre en cause les politiques qui mènent à ces résultats.