12.02.2010
19 livres pour mieux comprendre la crise
Depuis deux ans, j’ai publié de nombreux résumés de livres traitant de la crise de la globalisation néolibérale. Pour faciliter la recherche de ces notes, voici des liens vers l’ensemble des papiers :
Patrick Artus, « Globalisation, le pire est à venir » : ici
Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, « Vers un nouveau capitalisme » : partie 1 et partie 2
Emmanuel Todd, « Après la démocratie » : partie 1 et partie 2
Maurice Allais, « La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance », partie 1, partie 2 et partie 3
Jean-Luc Gréau, « La trahison des économistes » : ici
Paul Jorion, « L’implosion » : ici
Paul Jorion, « La crise » : ici
Paul Krugman, « L’Amérique que nous voulons » : partie 1 et partie 2
Jean-Luc Gréau, « L’avenir du capitalisme » : partie 1 et partie 2
Jacques Généreux, « La dissociété » : partie 1, partie 2 et partie 3
Jean-Claude Michéa, « L’empire du moindre mal » : ici
Robert Reich, « Supercapitalisme » : partie 1 et partie 2
Joseph Stiglitz, « La Grande désillusion » : partie 1, partie 2 et partie 3
Frédéric Lordon, « Jusqu’à quand » : partie 1 et partie 2
James Kenneth Galbraith, « La crise économique de 1929 » : partie 1, et partie 2
Christian Saint Etienne, « La fin de l’euro » : partie 1 et partie 2
Frédéric Lordon, « La crise de trop » : partie 1 et partie 2
Jacques Sapir, « Le nouveau 21ème siècle » : partie 1 et partie 2
Paul Krugman, « Pourquoi les crises reviennent toujours » : partie 1 et partie 2
Enfin, quelques synthèses de mon cru (les premières devront être remises à jour car elles commencent un peu à dater) :
« La crise de l’anarchie néolibérale », ainsi que quelques propositions sur le commerce, la monnaie et la finance
« La globalisation néolibérale contre l’intérêt général », « Ré-internationalisation contre globalisation », « Quelques idées pour la ré-internationalisation ».
10:50 Publié dans Actualités, Economie, Livres | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : maurice allais, paul jorion, frédéric lordon, jacques généreux, jean-luc gréau, emmanuel todd, jacques sapir, jean-claude michéa, patrick artus, christian saint-etienne, muhamad yunus, robert reich, joseph stiglitz
13.01.2009
La trahison sociale des socialistes
C’est Malakine sur son blog Horizons qui a déniché cette interview de Jacques Delors, la référence d’une grande partie du Parti Socialiste. Une interview essentielle pour comprendre pourquoi les socialistes ne sont pas l’alternance dont notre pays a besoin.
La démission libérale du PS
1983 marque la rupture du Parti Socialiste avec sa volonté de « changer la vie ». L’échec du programme commun a provoqué une reddition sans condition aux dogmes ultralibéraux, dont Jacques Delors était déjà un des principaux avocats. Bien sûr, il y a eu les 35 Heures sous le gouvernement Jospin, qui permettent de garder une illusion de volontarisme économique. Mais leur bilan controversé, notamment pour les classes populaires, et d’autres mesures, comme la directive sur la libéralisation des services publics ou les privatisations montrent bien l’étendue de la conversion néolibérale des socialistes.
En fait, c’est la pensée économique du Parti Socialiste qui est profondément atteinte, comme le montre cette interview de Jacques Delors. Chose absolument incroyable, il reconnaît que « la mondialisation exerce une pression sur les revenus et le niveau de vie des pays riches » et que « seule une partie a vu ses revenus croître très nettement ». On pourrait s’attendre alors à ce que l’ancien Président de la Commission Européenne exprime un minimum de regrets ou la volonté de changer le cours des choses. Mais non, « il faut bien voir qu’il y a un marché mondial et que ceux qui veulent avoir une place au soleil poussent, donc les classes moyennes souffrent de cela ».
Ce froid constat de celui qui inspire encore une bonne partie du PS n’est malheureusement pas une surprise. De nombreuses personnes, notamment de gauche, ont dénoncé sa dérive libérale (sur l’économie). Je l’avais évoqué dans ma chronique des livres de Jacques Généreux, ancien membre du bureau politique, et Jean-Claude Michéa. Le premier dénonçait alors une « illusion démocratique » où « les électeurs ont alors le « choix » entre des candidats dont aucun ne représente l’alternative à laquelle ils aspirent » ainsi que la « troisième voie », qui n’est qu’une capitulation de la gauche au néolibéralisme.
Quelle alternance pour les citoyens ?
Le mal du Parti Socialiste est profond. Avec le départ de Jean-Luc Mélenchon, Jacques Généreux et d’autres, il ne reste presque plus de penseurs alternatifs. On peut même suspecter Benoît Hamon d’être davantage dans une posture gauchiste que dans une véritable pensée alternative quand on lit le texte d’orientation qu’il a signé pour prendre la fonction de porte-parole. Dès lors, il faut espérer que les Français se tourneront vers d’autres partis pour rechercher une alternance au système économique actuel. Trois se présentent à eux : le Modem, le Parti de Gauche et Debout la République.
Le Modem est le premier candidat naturel, grâce au score de son candidat en 2007 et la perspective crédible de sa victoire en 2012. Pourtant, on peut se demander si François Bayrou n’est pas dans une aventure purement personnelle et s’il n’est pas le représentant ultime du système économique actuel. En fait, une issue possible serait un véritable virage à gauche, avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, mais, coincé entre une franchise socialiste qui cherche à se gauchir et Olivier Besancenot, il ne lui sera pas évident d’exister politiquement. On peut également s’interroger sur son rapprochement avec le PC.
Reste alors l’option de l’alternance gaulliste. Après tout, le Général n’était pas le dirigeant politique le moins critique à l’égard des excès du capitalisme, dont « il est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ». Il entendait répondre à ces limites par « le dirigisme du nouveau régime », un terme que même le PS n’ose pas utiliser dans ses discours… Le gaullisme peut représenter une possibilité d’alternance, et comme il a été digéré et oublié au sein de l’UMP, c’est bien dans un nouveau parti qu’il pourra renaître, sans doute au sein du mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République.
Même s’il parvenait à récupérer le pouvoir, le Parti Socialiste ne serait pas capable de proposer la moindre alternance économique tant, suivant Jacques Delors, il a démissionné face à l’ultralibéralisme. La France devra se tourner ailleurs pour trouver une alternative.
Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/01/la-vrit-sort-d...
10:59 Publié dans Actualités, Blog, Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, jacques delors, néolibéralisme, horizons, malakine, jacques généreux, jean-claude michéa



