29.08.2011
Rendez-vous les 10 et 11 septembre pour les universités d’été DLR
Dans un peu moins de deux semaines auront lieu les universités d’été de Debout la République. L’occasion de réunir les militants mais aussi pour tous les sympathisants de venir pour nous rencontrer et découvrir le parti présidé par Nicolas Dupont-Aignan à la veille de la campagne présidentielle.
Un moment essentiel dans la vie d’un parti
Depuis 2007, j’ai pu constater le changement de Debout la République. Chaque année, nous accueillons davantage de militants, notamment des jeunes. Les universités d’été sont donc toujours un moment fort car elles permettent de discuter avec les forces vives du mouvement, de prendre le pouls du terrain, de refaire le monde jusque tard dans la soirée du samedi. Des moments qui conjuguent politique et convivialité, sans l’aspect politicien que peut avoir la politique.
Mais ces universités ne s’adressent pas uniquement aux membres du parti. A quelques mois du rendez-vous crucial des élections présidentielles, où je suis convaincu que Nicolas Dupont-Aignan sera la révélation de la campagne, elles peuvent être le moyen pour vous de découvrir le parti en chair et en os. Et même si vous n’êtes pas adhérent, n’hésitez pas à passer, au moins dimanche pour le discours de NDA. Cela vous permettra de nous découvrir. Vous trouverez le programme ici.
Ce rendez-vous est important pour nous. Un immense travail a été réalisé depuis six mois pour récolter les signatures des maires. Une équipe aussi professionnelle qu’engagée nous a permis de tirer les leçons de 2007 et, même s’il reste du travail à faire, cela se présente bien comme l’a confié NDA au Figaro. Mais la présidentielle est une campagne où nous aurons besoin de l’aide de tous pour porter les idées que nous défendons et dont l’actualité montre chaque jour la pertinence.
L’euro, les banques, la mondialisation, l’arnaque du siècle
Après avoir fait pas mal de publicité pour de nombreux livres pendant tout l’été, j’en profite pour rappeler que le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan, « L’euro, les banques, la mondialisation, l’arnaque du siècle » est un gros succès puisqu’il en est au 4ème tirage et s’est déjà vendu à près de 10 000 exemplaires, un score considérable dans le milieu politique, d’autant plus qu’il n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique extraordinaire, malgré un sujet d’actualité.
Avec cinq mois de recul, ce livre apparaît comme extrêmement actuel. Le plan de soutien aux créanciers du Portugal, le nouveau plan de soutien aux créanciers de la Grèce, le débat actuel sur la dette n’ont fait que le rendre plus encore d’actualité. En effet, outre le fait de démontrer les méfaits de la monnaie unique, que Jean-Jacques Rosa ou Alain Cotta dénoncent depuis longtemps, ce livre propose une réflexion plus globale sur l’économie et la mondialisation.
NDA y dénonce ce système financier qui vit comme une sangsue sur l’économie réelle et il fait le lien entre les excès de la financiarisation et l’affaiblissement du tissu productif de notre pays. La mondialisation est un processus global, où le monde financier, qui ne tourne qu’à son unique profit, pousse les délocalisations. Et parce que cette globalisation ne défend pas l’intérêt général, ce sont bien les nations qui seront les outils des peuples de briser cette grande régression sociale qu’on leur impose.
Je vous dis donc rendez-vous à Dourdan les 10 et 11 septembre, en espérant vous y voir très nombreux pour échanger en toute liberté. Et d’ici là, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, n’oubliez pas de vous procurer le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : debout la république, nicolas dupont-aignan, jean-jacques rosa, alain cotta, l'arnaque du siècle
27.08.2011
Faut-il oublier la monnaie unique ? - Réponse à Julien Landfried
Suite à mon papier interpellant le MRC dans le débat sur l’euro, Julien Landfried, secrétaire national et porte-parole de Jean-Pierre Chevènement, m’a répondu sur son blog, révélant une vraie divergence d’analyse.
Proximités et divergences
Cette tribune est particulièrement intéressante car elle permet de mieux saisir nos convergences, comme ce qui nous différencie. Le MRC propose donc « une remise à plat des statuts de la Banque Centrale Européenne (BCE) en incluant la croissance et l'emploi parmi ses missions. Nous préconisons également que l'euro soit dévalué par rapport au dollar et au yuan, afin de soulager les secteurs industriels qui souffrent de sa surévaluation ».
Julien Landfried développe ensuite deux propositions que j’avais en effet mal comprises. Tout d’abord, il propose de substituer les fonds structurels par des euro obligations (uniquement pour les investissements d’infrastructures). Enfin, il propose d’augmenter la dotation du FESF par une monétisation de la BCE, en lieu et place de nouvelles dettes pour les Etats. La seconde est en effet un moyen plus intelligent de financer les plans de soutien des créanciers des pays victimes de la spéculation.
Enfin, il reprend une image très parlante qui synthétise assez bien nos divergences, que Jean-Pierre Chevènement avait utilisé lors des universités d’été du MRC de l’an dernier, où j’étais intervenu sur le sujet. Pour lui, « maintenant que l'avion a décollé, il est dangereux de sauter par le hublot, et préférable de reprendre les commandes de l'appareil pour le faire atterrir en douceur ». Il poursuit en jugeant que nous sommes condamnés à nous entendre avec l’Allemagne.
Faut-il sauver la monnaie unique ?
Je partage volontiers le point sur l’Allemagne, ayant débattu plusieurs fois de la question sur le blog et prenant la même position. Je crois que Berlin est un partenaire naturel de notre pays pour réformer le capitalisme, un partenaire étranger à la financiarisation délétère de l’économie avec qui nous pourrions construire une nouvelle Europe. La remise à plat de la mission de la BCE est juste, tout comme la dévaluation de l’euro dont je dénonce depuis toujours la cherté.
Mais malgré tout, notre analyse diverge également. Je crois justement qu’il faut sauter de l’avion car malheureusement, toutes ces réformes, aussi pertinentes soient-elles, ne reviennent qu’à redisposer les fauteuils sur le pont du Titanic. Cette année de débats sur l’euro m’a renforcé dans la conviction que cette monnaie unique ne pourra jamais marcher et que même si les réformes majeures proposées par le MRC étaient mises en place, cela ne serait pas suffisant.
D’ailleurs, si je reconnais volontiers que ces mesures amélioreraient la situation globale de la zone euro, elles ne permettraient pas de régler les problèmes très différents qu’ont les pays qui la composent. Qu’adviendrait-il des bases productives grecque, espagnole, italienne et même française, de moins en moins compétitive par rapport à l’Allemagne ? Je crois que les pays de la zone euro sont simplement trop différents pour partager la même monnaie.
Une double impasse économique et politique
Pour reprendre mon image de la maison euro, même si refaire la toiture et les fenêtres améliorerait notre sort, cela ne règlerait pas le problème des fondations pourries. Comme le souligne Jean-Jacques Rosa et de nombreux économistes, le fait d’avoir une monnaie unique accentue les problèmes et les divergences au lieu de les régler. Oui, il faut sauter de l’avion car il va exploser en vol du fait de problèmes de conception qui ne peuvent pas être corrigés.
En outre, se pose un énorme problème politique. Quelles seraient les contreparties nécessaires à la marche en avant fédéraliste que représentent les euro obligations ou l’augmentation des moyens du FESF ? La mise sous tutelle des budgets nationaux, qui avance déjà, ne serait-elle pas encore renforcée ? En outre, le rachat des dettes souveraines me semble insupportable car c’est une aide gratuite aux banques, la recapitalisation me semblant beaucoup plus juste et utile.
Il n’y a nul « mécanisme » dans ma démarche. Le vif débat des derniers mois n’a fait que renforcer ma conviction de la non viabilité d’une monnaie unique. Bien sûr, il est possible de mieux gérer l’euro, mais cela ne rend pas la zone euro moins dysfonctionnelle par nature.
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22.08.2011
Pourquoi l’euro ne peut pas marcher – Réponse au MRC
Jean-Pierre Chevènement est, avec Philippe Séguin, la personne qui a le plus influencé ma construction intellectuelle au début des années 1990 (débats sur Maastricht et l’autre politique). Même si je suis très souvent en accord avec lui, je crois qu’il fait fausse route dans la crise de l’euro.
Les propositions du MRC
Cet été, le Mouvement Républicain et Citoyen n’est pas resté inactif. Jean-Pierre Chevènement a ainsi publié une lettre ouverte au président de la République, pour appeler à un soutien franco-allemand au rachat des titres de dette espagnols et italiens par la BCE. Il appelle à un « rachat massif » pour « sauvegarder la cohésion de la zone euro ». Il a également estimé que le FESF est sous doté. Il vient de confirmer ses propos dans une interview sur Marianne.
Julien Landfried porte-parole du sénateur de Belfort, a prolongé sa réflexion sur Atlantico et dans le Monde. Il prône un euro moins cher, une lutte contre le dumping fiscal, une mutualisation partielle des dettes publiques (contre la fin des fonds structurels) et une mobilisation l’épargne nationale. Il y ajoute une réforme des statuts et missions de la BCE pour y inclure la croissance et l’emploi et une coordination de la politique de change. Enfin, il prône une relance salariale en Allemagne.
Des propositions intéressantes et des angles morts
Bien sûr, comment ne pas partager un nombre important de ces propositions (lutte contre le dumping fiscal, croissance et emploi dans les objectifs de politique monétaire) ainsi qu’une partie du constat ? Cependant les propositions faites ici souffrent de gros angles morts. Appeler Berlin à une relance salariale, à une baisse de l’euro, à une réforme de sa gouvernance de la monnaie unique ou à des euro obligations me semble illusoire tant cela est contraire à la politique allemande.
Mais c’est surtout sur la mutualisation des dettes publiques et la demande d’augmentation du FESF que va porter ma critique. J’y vois un écho des politiques du FMI des années 1990, dénoncées par Joseph Stiglitz, quand le Fonds prêtait de l’argent aux pays émergents pour défendre leur monnaie, tout en imposant une austérité dévastatrice. Ces politiques ne font que traiter un problème de liquidité en ignorant le problème de solvabilité et profitent surtout aux créanciers !
En effet, faciliter le financement de la dette des pays en difficulté ne rend pas cette dette forcément plus soutenable. Le cas de la Grèce est à ce titre particulièrement éclairant avec un PIB en chute libre qui ne permet pas le rééquilibrage des comptes. Qui plus est, cela revient à transférer les créances privées (et donc le risque) sur les Etats, ce que je trouve particulièrement insupportable. En outre, tous ces pays ont surtout besoin de croissance.
L’euro, une maison trop grande, mal construite, et en zone inondable
Le problème de la zone euro est très complexe. On pourrait dire qu’il s’agit d’une maison trop grande, mal construite, et en zone inondable. C’est une maison trop grande (sur des fondations trop petites) en ce sens qu’il ne s’agit pas d’une Zone Monétaire Optimale, ce qui impose d’innombrables ajustements pour la faire fonctionner, comme nous le voyons depuis 18 mois.
Malheureusement, c’est aussi une maison mal construite, dans le sens que la politique monétaire suivie est totalement absurde, aboutissant à une monnaie extrêmement surévaluée, qui provoque un désastre industriel. Et enfin, c’est une maison construite en zone inondable, en ce sens qu’elle est offerte à tous les vents de la mondialisation, laissant rentrer toutes les importations, subissant la sous-évaluation des autres monnaies ou les crises venues d’ailleurs.
Ce triple problèmes de construction fait que l’on peut se dire qu’en en corrigeant deux, la situation irait mieux, ce qui est vrai. Mais, malheureusement, si les fondations ne sont pas solides, elles finiront par s’effondrer, même si on règle les autres problèmes. Une monnaie unique pour des pays aussi hétérogènes créé des cercles vicieux qui pourront être compensés un temps par beaucoup d’argent, mais qui finiront toujours par nous rattraper après nous avoir coûté très cher.
Car cette construction artificielle et bancale accroît les problèmes au lieu de les régler. Comme le rappelle Jean-Jacques Rosa, « la politique monétaire unique freine ainsi les économies en récession et stimule les économies en surchauffe ». Elle pousse aussi les pays à un moins-disant salarial et social pour gagner en compétitivité et elle empêche le rééquilibrage des balances commerciales. Bref, loin de faire converger les économies qui la composent, elle les fait diverger.
Car supposons que l’Allemagne accepte des euro-obligations ou une augmentation radicale du FESF (ce qui semble bien improbable, comme l’a montré le sommet de la semaine dernière), seul le problème de liquidité sera réglé. Patrick Artus avait affirmé que la Grèce avait besoin de baisser ses salaires d’au moins 30%. La sauvegarde de l’euro impose de toutes les façons une immense régression sociale et la « solidarité » européenne ne s’exerce en réalité qu’avec la finance.
Oui, le MRC a raison de dire que si nous refaisons la toiture et nous nous protégeons des inondations, cela ira mieux. Malheureusement, la maison euro est bâtie sur des fondations extrêmement faibles. Mieux vaut reconstruire de nouvelles maisons nationales avant l’effondrement…
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03.08.2011
Gérard Lafay, un économiste qui propose une alternative
Là où beaucoup d’économistes s’arrêtent à un constat, aussi brillant soit-il, Gérard Lafay a la particularité de développer de nombreuses propositions dans « 12 clés pour sortir de la crise », rendant ce livre d’autant plus intéressant, pour ne pas dire indispensable.
Une révolution monétaire et financière
Gérard Lafay est un partisan des solutions de Maurice Allais, qui va beaucoup plus loin que le simple Glass Steagall Act qui sépare banques de dépôts et banques d’investissements. Il est favorable au 100% money, théorie défendue notamment par Christian Gomez. Cette réforme suppose que la banque centrale reprenne le contrôle total de la création monétaire, abandonnée aujourd’hui aux banques privées. Elle interdit aux banques de se financer à court terme pour prêter à long terme.
Dans ce système, ce ne sont pas deux mais trois types de banques qui coexisteraient, outre la Banque Centrale : des banques de dépôt, qui ne pourraient faire aucun crédit et qui se feraient rémunérer leur service ; des banques de crédit qui récolteraient les dépôts pour les replacer sur des échéances égales ou inférieures ; des banques d’affaires qui s’occuperaient des opérations de marché. Ce système doit « éradiquer la prolifération financière du tournant néocapitaliste ».
Après un éloge des « stabilisateurs automatiques » keynésiens, il attribue la situation délicate de nos finances publique à « la politique de concurrence extrême et à une accumulation de règles bureaucratiques (qui fait perdre) tous les bienfaits que la libre concurrence est susceptible d’apporter ». Il épingle notamment les 80 000 pages de réglementation issue de l’Europe. Malgré tout, il dénonce la « rigueur extrême (actuelle) qui ignore délibérément les leçons (…) du passé ».
Gérard Lafay prend position en faveur de la monétisation, interdite depuis 1973. Il propose un retour aux monnaies nationales, soulignant que « l’euro a accentué les divergences entre pays membres », et notamment les déficits extérieurs. Favorable à un nouveau système monétaire européen ainsi qu’à la mise en place d’une monnaie commune, une UEC (Unité Européenne de Compte), il recommande, comme Jean-Jacques Rosa, une parité où un nouveau franc égale un euro.
Préserver notre modèle social
Parce qu’il est illusoire de vouloir conserver les activités à haute valeur ajoutée (« les capitalistes étaient assez cupides pour vendre les cordes qui allaient permettre de les pendre », citant Lénine !), Gérard Lafay appelle à maîtriser le taux de change, se protéger du dumping et investir massivement dans la recherche et le développement. Il en profite pour dénoncer la surévaluation de 40% de la monnaie unique européenne et appelle à revenir aux monnaies nationales.
Il soutient finement que « le néocapitalisme masque ses travers derrière un idéalisme mondialiste » et appelle de ses vœux « des montants compensatoires antidumping ». Il souligne le rôle de l’Etat dans la recherche fondamentale et critique la dégradation de notre éducation nationale. Pour éviter un démantèlement de notre modèle social, il propose une TVA sociale et une maîtrise du coût de la protection sociale. Il souligne néanmoins que le manque de croissance explique aussi les déficits.
Il prend fermement position pour la retraite par répartition, citant Jacques BIchot qui dénonce le « court-termisme immoral et la gestion spéculative » de la retraite par capitalisation. Mais il recommande une grande simplification et la mise en place d’un régime par points comme en Suède. Il critique la réforme « bâclée et politicienne » de Nicolas Sarkozy. Pour lui, les règles définies démocratiquement ne doivent pas pouvoir être contestées par les multinationales ou les technocrates.
Gérard Lafay fait également un long plaidoyer gaullien et de nombreuses propositions pour développer la participation. Il dénonce la réforme de Nicolas Sarkozy. Il propose de supprimer l’IS pour tripler la réserve de participation dans les entreprises, et faire monter les salariés (devenus « travailleurs propriétaires ») dans le capital (jusqu’à atteindre une minorité de blocage par exemple) et non pour distribuer uniquement du pouvoir d’achat. Il évoque les propositions de SGAP de Patrick Guiol.
Entre un « étatisme envahissant et le néocapitalisme », Gérard Lafay dessine les contours d’un « néo-corporatisme, progressiste libéral et démocratique ». Merci pour cette belle contribution.
Source : Gérard Lafay, « 12 clés pour sortir de la crise », L’Harmattan
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30.07.2011
Jean-Jacques Rosa enterre l’euro
L’économiste libéral fait partie de ceux qui avaient combattu la création de l’euro dans les années 1990. L’histoire lui ayant donné raison, il propose une analyse des dysfonctionnements de l’euro et de sa sortie.
Une Zone Monétaire non Optimale
Il dénonce d’emblée cette « monnaie unique appliquée à des économies dissemblables », qui a privé « les économies nationales d’un amortisseur de crise essentiel dans les remous de la grande récession ». Il dénonce la logique soviétique qui consiste à « préconiser une fois de plus un renforcement de la politique de centralisation continentale qui est à l’origine même du désastre qui s’annonce » ainsi que le décalage entre les citoyens ordinaires et des élites cosmopolites et globalisées.
Dès 1998, l’auteur écrivait que « la création de la monnaie unique est la plus grave erreur économique commise par les gouvernements européens depuis les politiques déflationnistes » des années 1930. Il souligne qu’une « politique monétaire centralisée ne peut convenir à aucun des pays membres dont les conjonctures divergent habituellement, et ont continué à le faire depuis la création de l’euro ». Il envisage même « de belles années de prospérité de rattrapage après sa disparition ».
Il réaffirme que « les pays européens qui ont adhéré à l’euro ne font pas partie d’une zone monétaire optimale », du fait de l’absence de convergence macro-économique, de mobilité des travailleurs et de budget commun. Et il réfute une éventuelle convergence en s’appuyant sur les travaux de Paul Krugman, « qui a montré que l’intensification des échanges ne conduit pas à l’homogénéisation des activités économique sur un territoire donné, mais au contraire à la spécialisation ».
Ensuite, il conteste le fait qu’un Etat (européen) de très grande dimension serait plus efficace que des Etats plus petits, citant l’exemple de la Suède et de la Suisse pour montrer qu’une taille plus petite n’est pas un handicap. Pour lui « la politique monétaire unique freine ainsi les économies en récession et stimule les économies en surchauffe », provoquant des bulles comme en Irlande et en Espagne, pays qui étaient désarmés pour contenir les excès de leurs économies.
Pourquoi a-t-on fait l’euro ?
Jean-Jacques Rosa voit trois types de motivation à l’action politique : la poursuite de l’intérêt général, la simple volonté de puissance et la poursuite d’intérêts particuliers. Les deux derniers sont ceux qui ont présidé à la création de cet euro qui a permis aux principaux emprunteurs (Etats et système financier) de se financer à bon compte, avec des taux d’intérêt faibles. Et c’est pour cela que les Etats ont veillé à limiter l’inflation et les déficits tout en interdisant la monétisation.
Malheureusement, la baisse des taux a fini par permettre à quelques pays et à la plupart des banques d’emprunter plus que de raison, aboutissant à la crise de 2008. On note que les banques ne se sont pas forcément mieux comportées que les Etats… Au final, l’euro a favorisé les mauvais comportements et « les freins du Pacte de Stabilité n’ont pas tenu longtemps sous la pression de la crise, dans des économies privées de politiques monétaires adéquates ».
Il dénonce les prédictions apocalyptiques en cas de sortie de l’euro en soulignant que Londres avait fortement profité de sa sortie du SME en 1992. Pour lui, il s’agit « d’une ultime ligne de défense, destinée à interdire toute remise en cause de l’euro, alors que ses défenseurs ont épuisé tous leurs arguments précédents, qui ont été, tour à tour, radicalement démentis par l’expérience ». Il souligne que le gonflement de la dette serait limité et qu’au pire, l’option du défaut reste possible.
Pour lui, « la dévaluation du franc pourrait être faible ou nulle », notamment si notre sortie fait baisser le cours de l’euro monnaie commune. Il conclut par un éloge de la décentralisation et souligne les inconvénients de la centralisation européenne, qui favorise les lobbys et dégrade la démocratie. Jean-Jacques Rosa se montre optimiste sur les conséquences d’une fin de la monnaie unique, qui revitalisera la vie démocratique et l’économie, appelant à un nouveau 1958.
Ce petit livre, à moins de 60 anciens francs (en attendant le nouveau nouveau franc), est sans doute la meilleure synthèse des arguments économiques en faveur de la sortie de l’euro. Un complément parfait au livre plus politique de Nicolas Dupont-Aignan sur « L’arnaque du siècle ».
Source : Jean-Jacques Rosa, « L’euro, comment s’en débarrasser », Grasset
10:50 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie, Europe, Livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jean-jacques rosa, euro, zone monétaire optimale, paul krugman, nicolas dupont-aignan
10.07.2011
Euro : réponse à la réponse de Georges à Coralie
Il y a quelques jours, Coralie Delaume taquinait NKM dont les arguments pour essayer de disqualifier le retour aux monnaies nationales pourraient laisser penser qu’elle est encore plus incompétente que Marine Le Pen en économie, s’attirant une réponse de Georges Kaplan.
L’économie -1.0
Démagogie ? Incompétence crasse ? Au final, j’en viens à espérer qu’il s’agit du premier... Car si Marine Le Pen a du mal avec l’économie, Nathalie Kosciusko-Morizet semble vouloir descendre encore plus bas pour la critiquer. C’est ainsi qu’elle s’est bien imprudemment avancée sur les plateaux de télévision en sous-entendant que le retour au franc conduirait à une multiplication par 6,5 des prix et donc à une perte dramatique de pouvoir d’achat pour les Français…
Coralie Delaume l’a donc remise à sa place, suivant l’exemple d’Eric Zemmour qui n’a pas été tendre avec la ministre de l’écologie sur le plateau de France 2, ridiculisant sa bien faible argumentation économique et retournant contre elle son exemple de la baguette, qui montre bien que le passage à l’euro a permis une envolée de certains prix. Où l’on comprend que l’économie n’est pas une matière nécessaire pour entrer à Polytechnique, semble-t-il…
Un nouveau franc pas si mini que ça…
Georges Kaplan en profite pour faire un sort aux partisans d’une transformation de la monnaie unique en une monnaie commune accompagnée d’un retour aux monnaies nationales. Son premier argument est d’évoquer une dévaluation du franc de 25% par rapport à l’euro. Or on peut argumenter que le franc ne dévaluerait pas. Miracle ? Tour de passe-passe médiatique ? Non, même la banque ING confirmait un tel scénario dans ses prédictions.
En effet, la France se trouve au centre de gravité de la monnaie unique, entre la fourmi allemande et les cigales du Sud. Résultat, si l’euro éclate, le mark nouveau sera réévalué, les peseta, lire, escudo et drachme nouveaux seront dévalués. Et au milieu, notre nouveau franc devrait rester à parité avec l’ancien euro monnaie unique, devenue monnaie commune composée de fractions des nouvelles monnaies nationales. La dévaluation du franc serait limitée au mark et au florin…
Georges au pays des merveilles libérales
Georges poursuit en nous expliquant bizarrement que les déficits commerciaux n’ont aucune importance. Il n’y aurait pas de problème quand la France vend pour 34,2 milliards d’euros et achète pour 41,6 milliards de produits, laissant un déficit de 7,4 milliards en mai. Bien sûr, nous pouvons nous endetter à l’extérieur ou vendre nos bijoux de famille pour combler ce trou. Mais in fine, il y a quand même appauvrissement puisque le pays s’endette vis-à-vis de l’extérieur pour financer ce déficit.
Puis il critique la proposition de revenir sur la loi de 1973 permettant à la Banque Centrale de financer l’Etat. Il agite le spectre de l’hyper-inflation et de la spoliation des épargnants. Tout d’abord, c’est le système actuel qui a permis l’hyper-inflation du prix de nombreux actifs depuis une quinzaine d’années, aboutissant à différents krachs. Ensuite, la monétisation peut être conduite de manière responsable et elle peut permettre d’éviter la déflation en cas de baisse de la masse monétaire.
Enfin, je ne peux pas résister à l’envie d’évoquer la théorie des Zone Monétaire Optimale, évoquée par des économistes libéraux comme Jean-Jacques Rosa, Alain Cotta ou Gérard Lafay, selon laquelle il est absurde d’avoir une seule monnaie pour des pays aussi hétérogènes que ceux de la zone euro. Et je suis curieux de savoir quels seraient les moyens, pour lui, de faire fonctionner l’euro avec tous les travers que nous amène cette construction baroque et artificielle.
Non, Georges, la fausse bonne idée, ce n’est pas le retour aux monnaies nationales, c’était la création de l’euro. En outre, quelle est la crédibilité de ceux qui nous avaient promis croissance et emplois avec l’euro quand ils nous prédisent aujourd’hui l’apocalypse si nous le quittions ?
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15.06.2011
Nouriel Roubini et Jean-Jacques Rosa enterrent la zone euro
Y a-t-il encore des économistes sérieux pour soutenir la monnaie unique ? C’est la question que l’on peut se poser. Après Emmanuel Todd, Jacques Sapir et Frédéric Lordon samedi dans un colloque (résumé à venir), Nouriel Roubini dans le Financial Times et Jean-Jacques Rosa ont poursuivi la charge.
Le débat de moins en moins interdit
Bien sûr, beaucoup continuent de balayer d’un revers de main l’hypothèse d’une fin de l’euro. Mais plusieurs indices démontrent leur inconfort. Ils ne parlent presque plus de ses bénéfices, bien théoriques, de même que de l’hypothétique protection qu’elle nous apporterait. Leur dernière ligne Maginot est la catastrophe que provoquerait la fin de la monnaie unique. Mais comment accorder du crédit à ses partisans de l’euro qui nous promettaient croissance et emplois il y a quelques années ?
En outre, il est de moins en moins crédible de rejeter cette hypothèse tant le nombre d’économistes critiques à l’égard de la monnaie unique croît avec le temps. Du côté anglo-saxon, on compte Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Martin Wolff et maintenant Nouriel Roubini. En France, nous avons Maurice Allais, Jacques Sapir, Alain Cotta, Jean-Jacques Rosa, Jean-Luc Gréau, Gérard Lafay, Florin Aftalion, Emmanuel Todd, Frédéric Lordon, Patrick Artus, Pierre-Noël Giraud.
Bref, pas moins de 15 économistes importants (libéraux, keynésiens, de droite, de gauche) dont trois « prix Nobel » ont exprimé de très gros doutes sur cette construction artificielle et bancale qu’est la monnaie unique européenne. Le débat est plus que légitime, contrairement à ce que beaucoup, à l’UMP ou au PS essaient de faire croire, affirmant bien imprudemment que ce n’est pas sérieux. Mais dans la réalité, ce sont eux qui ne sont pas sérieux et bien légers.
L’euro, un zombie qui s’ignore
Nouriel Roubini a signé hier une tribune qui démontre que la Grèce n’a pas d’autre solution que de quitter la zone euro pour dévaluer et restructurer sa dette et que cela devrait se faire d’ici cinq ans. Jean-Jacques Rosa, opposant de toujours, affirme que « l’euro est un contresens économique » car il ne s’agit pas d’une Zone Monétaire Optimale et elle ne le sera jamais. Tous deux dédramatisent les dévaluations, pratique courante qui permet à un pays de sortir de la crise.
Fondamentalement, la monnaie unique ne peut pas fonctionner car la zone euro est beaucoup trop hétérogène. Et paradoxalement, une monnaie unique a tendance à faire diverger les économies qui la compose au lieu de les faire converger. Il serait beaucoup plus facile de rapprocher ces économies avec des monnaies nationales. En effet, une politique monétaire unique a tendance à favoriser la croissance des pays qui vont le mieux et ralentir celle des pays qui vont moins bien.
C’est ce que nous avons vu dans les années 2000, où les taux, trop bas pour l’Espagne, ont alimenté la bulle immobilière qui a mené à la crise, alors qu’ils étaient en même temps trop forts pour l’Allemagne ou l’Italie, où ils ralentissaient une croissance déjà atone. En outre, le cours de l’euro est aujourd’hui beaucoup trop élevé pour les pays qui ont un fort déficit des comptes courants, et qui auraient besoin qu’il baisse, alors qu’il pourrait monter pour l’Allemagne.
Merci donc à tous ces économistes pour démontrer toutes les carences de cette construction bancale et merci à Nicolas Dupont-Aignan, aujourd’hui en Grèce pour dénoncer les plans européens, de montrer qu’un homme d’Etat doit lui aussi avoir le courage de braver les interdits.
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