08.09.2011
Caroline Fourest décrypte Marine Le Pen (2/2)
Par-delà l’analyse du discours pseudo républicain de sa présidente, ce livre vaut également pour son analyse des personnes qui composent le Front National et plus spécifiquement de Marine Le Pen.
Un entourage qui reste radioactif
Marine Le Pen a réussi à construire une belle histoire : elle serait la gentille qui cherche à se débarrasser des méchants extrémistes qui restent encore dans son parti. Ce livre apporte un démenti cinglant à cette fable. Les auteurs rappellent à quel point le parti a accueilli et accueille encore des personnalités infréquentables, négationnistes ou néo-nazis. Les auteurs reviennent sur les candidats présentés aux élections cantonales de 2011.
Et le cas d’Alexandre Gabriac n’est pas isolé, ce « membre actif du bureau politique, proche de Bruno Gollnisch, et même du plus jeune élu régional du FN de Rhône-Alpes, où il est le benjamin de l’Assemblée depuis 2010 » suspendu après la révélation de photos le montrant faisant le salut nazi. Si la sanction peut en rassurer certains, on peut aussi se demander si, à la vue de la liste compilée par les auteurs, si la jurisprudence du FN exonère tous ceux qui ne se font pas attraper…
Elles posent une très bonne question : « Les Français rêvent-ils d’un Louis Aliot comme ministre de l’intérieur, d’un Wallerand de Saint Just comme ministre de la justice, d’un Bruno Gollnisch comme ministre de la famille ? » puis rappellent, que le « logo du FN (est) fortement inspiré par l’oriflamme du parti fasciste italien de Mussolini ». Elles évoquent les liens avec la secte Moon, les expériences peu concluantes des mairies FN et la photo de Marine Le Pen entre des militants néo-nazis.
La Nicolas Sarkozy du Front National ?
Les auteurs évoquent longuement le parcours de la benjamine de Jean-Marie Le Pen. En effet, Marine Le Pen, c’est un parcours personnel difficile, entre l’attentat de 1976 contre sa famille ou la franche hostilité qu’elle a souvent pu ressentir à l’école et qui semble in fine avoir cimenté sa relation avec son père. Le traitement médiatique qu’il a connu (souvent, mais pas toujours, à juste titre) ne pouvait que provoquer une forte réaction auprès de ses enfants.
Et l’impression qui prédomine est une grande proximité avec Nicolas Sarkozy. Les deux sont des avocats, des enfants de la télévision, qui ont un besoin fondamental de plaire, des politiques qui ont montré une capacité assez incroyable à changer de discours en fonction des besoins électoraux du moment. En effet, la révolution laïco-étatiste de Marine Le Pen n’est pas sans rappeler le changement du candidat Sarkozy à l’été 2006 sous la plume d’Henri Guaino.
Les auteurs posent quelques questions qui résument sans doute parfaitement la situation : « est-elle vraiment plus fréquentable ? Veut-elle « tuer le père » ? Ou le réhabiliter ? Changer le Front National ou le faire gagner ? ». Tout est résumé ici : par-delà les aspects infréquentables de son parti, je ne crois pas que Marine Le Pen soit en politique pour les bonnes raisons. Comme le président actuel, elle y est plus pour des raisons personnelles que pour la France.
Du coup, il est dommage de ne pas creuser davantage la question de l’orchestration des divergences entre elle, son « aile droite » et son père (« La comparaison avec lui la sert formidablement »). Après tout, cela sert trop parfaitement l’histoire qu’elle souhaite faire passer aux médias et je reste surpris que cela ne soit pas davantage analysé. Même les auteurs ne développent pas ce sujet et préfèrent adopter une posture qui ne fera pas bouger beaucoup d’électeurs du FN.
Dire que « elles ne manqueront de rien. Ce qui est presque gênant quand on s’adresse à la classe ouvrière », que « les médias la traitent très correctement », qu’« un pays dont la première chaîne est pensée pour vendre des publicités à des cerveaux disponibles est un pays préparé à voter FN », que « voter FN relève de la facilité » ou qu’« ils doivent choisir : vouloir la retraite à 70 ans sans immigration ou la retraite plus tôt mais accepter l’immigration » est franchement abusif.
Au global, même s’il est intéressant, ce livre rate sa cible. Il ne fera que conforter les personnes pour qui Marine Le Pen est infréquentable. En revanche, je ne crois pas qu’il arrivera à convaincre une seule personne tenter de la soutenir de ne pas le faire, du fait d’abus trop marqués.
Source : « Marine Le Pen », Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Grasset
08:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : caroline fourest, marine le pen, front national, alexandre gabriac, bruno gollnisch, nicolas sarkozy, jean-marie le pen
25.03.2011
Marine Le Pen, 90% Le Pen, 10% Marine
La nouvelle présidente du Front National est habile. Presque tous les médias ont véhiculé sans la questionner la thèse selon laquelle elle est moins extrême que son père, plus fréquentable et républicaine. Et si le recentrage du FN était surtout cosmétique ?
Une communication habile
En avril dernier Marine Le Pen expliquait sur Europe 1 que les « saillies » de son père, si elles faisaient son charme, étaient contre-productives. Déjà, en se plaçant sur l’angle de la communication, elle sous-entendait qu’elle ne remettait pas en cause ce qu’est son parti, mais seulement sa communication. Cela limite la rénovation apparente du Front National à une opération de communication destinée essentiellement à augmenter son potentiel électoral.
En cela, la scénarisation de son accession à la présidence du parti de son père était idéale : la confrontation avec plus à droite qu’elle l’a fait passer pour une modérée. Absolument tous les médias ont rapporté sans broncher cette version des faits, qui correspond pourtant exactement à ce que la nouvelle présidente souhaitait que l’on raconte. Son discours, en rupture avec ceux de son père, accréditait parfaitement cette thèse. Bref, l’opération de communication est un succès total.
Mieux, les médias modérés, après avoir relayé l’histoire qu’elle souhaitait raconter, continuent à la traiter comme une pestiférée et à lui donner des leçons de morale dignes d’un procès de Moscou, comme mardi soir au Grand Journal de Canal Plus. Ils ne se rendent pas compte qu’il y a une grande incohérence à valider la thèse d’un recentrage du FN tout en le traitant aussi mal. Du coup, cette émission est sans doute une des meilleures promotions possibles pour Marine Le Pen
Sociologie et programme économique
Pour être honnête, certains aspects de son programme ont évolué avec l’arrivée de la nouvelle présidente. Sa partie économique, volontiers anti-étatiste, antifiscal et d’inspiration franchement libérale est en passe d’être rénovée dans une direction plus proche d’un dirigisme colbertiste et social. D’ailleurs, le FN version Marine Le Pen n’hésite pas à reprendre les analyses de Jacques Sapir sur son site, et même les miennes (mises en ligne dans leur dossier sur l’euro).
En fait, cette évolution est totalement logique et correspond davantage à une base populaire, qui souffre de la mondialisation et en attente d’un Etat plus protecteur. Sociologiquement, avec sa domination des classes ouvrières, que le Parti Socialiste lui a abandonnées, le Front National est « passé à gauche », prenant la place du Parti Communiste. Là aussi, on peut voir dans l’évolution du parti une mise en cohérence avec un objectif électoral plus ambitieux, un souci de communication.
Car le vote Front National est un vote essentiellement social, un vote des exclus du système. C’est un vote qui n’est pas très compliqué à comprendre. Face à des grands partis qui promettent beaucoup et réalisent peu, qui défendent la globalisation néolibérale qui fait mal à ces classes populaires, et qui semblent davantage préoccupés par leur nombril que par le sort des Français, le vote FN a une vraie logique. Mais c’est un vote de protestation et non d’adhésion.
Un programme qui a moins évolué qu’on ne le dit
Mais sur les autres aspects de son programme, le nouveau Front National n’est pas si différent de l’ancien. Marine Le Pen n’a eu besoin de supprimer que deux des vingt-cinq chapitres de son programme, ce qui tempère largement l’évolution affichée du parti. Sur de nombreuses questions, le FN version Marine ressemble comme deux gouttes d’eau au FN version Jean-Marie. Sur l’immigration, elle continue à véhiculer les mêmes mensonges et à surfer sur la peur de l’autre.
Sur les questions de société, le Front National reste dans les marges extrêmes de notre vie politique. Il est toujours favorable à la peine de mort. Et Marine Le Pen s’est également prononcé récemment contre le remboursement de l’IVG, un retour en arrière assez incroyable pour la condition féminine et une pratique profondément inégalitaire dont les conséquences seraient sans doute dramatiques. Enfin, je ne parle pas des mesures discriminatoires entre Français…
On retrouver toujours dans le Front National de Marine Le Pen la même dialectique frontiste du bouc-émissaire étranger, qu’elle n’a que légèrement renouvelée en ciblant davantage les musulmans. On peut être souverainiste ou lutter contre la globalisation ou l’Europe sans tomber dans la haine de l’autre, Là-dessus encore, le Front National bleu Marine reste dans la droite ligne du parti paternel. Marine Le Pen n’a fait que quelques inflexions dans le discours, certes bien ciblées.
Un problème de personnes
En outre, un parti politique, ce n’est pas qu’un discours. Certes, le discours de son accession à la présidence du FN marquait une forte inflexion. Mais depuis, dans le détail, la différence n’est pas si grande. Et puis surtout, le FN, ce sont aussi des dirigeants, qui accèderaient au pouvoir si Marine Le Pen était élue à la présidence de la République. A tous ceux qui sont tentés de voter FN, je demande de réfléchir aux personnes auxquelles ils donneraient les manettes du pouvoir…
Une analyse rapide de la composition du Bureau National du FN permet de constater qu’une bonne partie de ses membres n’a pas changé, avec des personnes liées à l’OAS… Ce parti conserve aussi comme logo la flamme tricolore des fascistes Italiens nostalgiques de Mussolini. En outre, on ne peut pas dire que les expériences des gestions municipales frontistes aient révélé de grandes compétences parmi les divers maires que le Front National a fait élire.
Par ses dirigeants, par sa culture, par son histoire, bref, par ce qu’il est encore aujourd’hui, et qui n’est pas si différent de ce qu’il était hier, le Front National reste un parti d’extrême-droite, un parti qui refuse de laisser les journalistes pénétrer son Congrès, un parti dont le président d’honneur parle du « nez » des juifs, dans la pire tradition extrémiste du début du siècle dernier, un parti qui élit la fille de son père pour lui succéder (ce qu’aucun autre parti républicain n’a jamais fait).
Bref, si Marine Le Pen a parfaitement réussi son opération de communication, il faut se souvenir d’une chose : c’est essentiellement une opération de communication. La nature profonde du parti a un peu changé, mais seulement un peu, et peut-être plus par calcul que par réelle conviction républicaine.
Sur le front républicain, je vous invite à lire l’excellent papier de Romain Pigenel
Demain, lettre ouverte à quelques compagnons tentés par le vote FN
09:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : front national, marine le pen, grand journal, canal plus, jean-marie le pen, ivg, peine de mort, oas, romain pigenel
15.12.2010
Mais qui est Marine Le Pen (1/2) ?
Au moins, on pourra dire qu’elle arrive de mieux en mieux à faire parler d’elle. Sa déclaration assimilant les prières de musulmans dans les rues à l’Occupation est le buzz politique du moment. Mais au-delà, qu’est-ce qui se cache derrière la fille de Jean-Marie Le Pen ?
Un « story telling » bien conçu
Le moins que l’on puisse dire est que Marine Le Pen a bien travaillé le message qu’elle cherche à faire passer. L’objectif est clair : apparaître comme plus fréquentable que son père pour un jour accéder au pouvoir. Le fait d’être une femme jeune aide mais elle va au-delà.
La confrontation avec Bruno Gollnisch l’aide car elle est présentée comme plus modérée. Elle souhaiterait couper les liens avec les groupuscules les plus extrémistes. Elle insiste un peu plus sur les problématiques sociales et la mondialisation, même si ce dernier point n’est pas nouveau dans l’argumentaire frontiste. Enfin, sur France 2 la semaine dernière, interrogée sur le « détail », elle a déclaré ne pas avoir « la même vision de cette période de l’histoire » et elle a qualifié l’idéologie nazie « d’abomination ».
Du coup, certains peuvent se demander si finalement, ce ne serait pas elle qui pourrait porter les couleurs de l’opposition à cette mondialisation qui provoque une grande régression sociale dans notre pays. Après tout, son audience est déjà très forte, son père a déjà été au second tour. Ne serait-elle pas le meilleur moyen pour certaines idées d’accéder rapidement au pouvoir ?
Sous le vernis, le brun
Mais cela reviendrait à considérer le FN comme un parti normal, ce qu’il n’est pas. Il a accueilli des personnes totalement infréquentables, néonazies et extrémistes de la pire espèce. J’ai encore gravé dans ma mémoire le souvenir d’un reportage glaçant d’Envoyé Spécial sur les jeunesses frontistes.
Et puis, Marine Le Pen est-elle réellement plus modérée ou cherche-t-elle simplement à le paraître pour élargir son électorat potentiel ? Elle a expliqué de manière très transparente en avril dernier sur Europe 1 que les « saillies » de son père pouvaient être contre-productives d’un point de vue médiatique et qu’il valait mieux adopter un discours plus policé pour pouvoir parler à des personnes qui n’auraient jamais voté Front National auparavant. Bref, le virage semble plus médiatique qu’idéologique.
Pire, dans cette interview, elle n’avait pas hésité à dire que les « saillies » de son père sur les chambres à gaz ou sur les fours crématoires « faisaient son charme » ! D’ailleurs, sur France 2, elle n’a fait que dire qu’elle n’avait pas la même vision, sans préciser laquelle, ce qui laisse une ambigüité bien peu ragoutante. Puisqu’elle est toujours interrogée sur le sujet, elle aurait pu dire que pour elle, la solution finale n’était pas un détail ou prendre un minimum de distance avec certains propos de son père.
Des prières dans la rue et de l’Occupation
Cette polémique peut paraître habile dans la mesure où notre nation très laïque ne peut guère apprécier l’utilisation de l’espace public pour une manifestation religieuse. Il faut tout de même noter que cela vient aussi du fait que les musulmans de France manquent d’espace pour prier.
Mais comment ne pas être mal à l’aise quand elle dit : « je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire. Certes y'a pas de blindés, y'a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même » ? Il n’y a quand même strictement aucun rapport entre l’Occupation de la France par les nazis et ce qu’elle dénonce.
Et c’est bien ce qui pose problème. Avec cette déclaration, qu’elle a confirmée, comme son père, Marine Le Pen trivialise et minore le nazisme et ses conséquences, ce qui est totalement inacceptable. Le parallèle n’est pas seulement faux et douteux, mais parce qu’il est répété dans l’histoire du FN, il dénote d’une forme de banalisation du nazisme qui est moralement extrêmement condamnable.
L’extermination des juifs par le régime nazi est une des pires, si ce n’est la pire, des abominations commises par l’homme. Parce qu’elle refuse de prendre une véritable distance avec ce « détail » qui n’en est pas un, Marine Le Pen reste dans la frange (pour ne pas dire la fange) infréquentable de notre classe politique.
Demain, « Mais qui est Marine Le Pen (2/2) ? »
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (81) | Envoyer cette note | Tags : front national, marine le pen, jean-marie le pen, occupation, détail
18.04.2010
Marine Le Pen : sous le vernis, le brun
Hier matin, je suis tombé par hasard sur Marine Le Pen qui était interviewée sur Europe 1 par Olivier Duhamel et Michel Field. L’occasion de mieux comprendre la nouvelle stratégie du Front National mais aussi d’observer une certaine continuité dans le nauséabond.
Une grande habileté
Marine Le Pen est intelligente. Elle a compris que si elle devait rester radicale sur la dénonciation des dérives de notre société, il est important de mettre fin à certaines « saillies » qui ont enfermé son père dans un réduit extrémiste à partir duquel il était impossible d’arriver au pouvoir. Comme elle l’a dit hier, son objectif est d’atteindre une majorité des votants et de prendre le pouvoir. Elle a donc adopté depuis plusieurs années un discours un peu plus policé visant à attirer des électeurs pour lesquels voter Front National était totalement impossible auparavant.
Ce discours débarrassé de certains excès vaut également pour la campagne qu’elle mène pour la présidence du FN. A mille lieues des piques que s’envoient à longueur de temps les leaders du PS ou de l’UMP, Marine Le Pen n’a pas critiqué une seule fois son rival, Bruno Gollnisch. Elle s’est même refusée à se définir par rapport à lui. Pas une seule polémique entre frontistes. Elle a même regretté que les médias ne lui accordent pas autant de temps de parole qu’à elle. Pour le coup, les grands partis qui étalent sans cesse leurs divisions dans les médias pourraient en prendre de la graine.
La forme change, et le fond ?
Mais une réaction à une question sur les dérapages de son père révèle un autre aspect de sa personnalité. Entre la 31ème et la 33ème minute, vous pourrez entendre les journalistes, qui ont mis bout à bout trois des déclarations les plus sulfureuses de Jean-Marie Le Pen, « Durafour-crématoire », « les chambres à gaz sont un point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale » et « je crois à l’inégalité des races », lui demander si cette époque est terminée. Elle a répondu par la positive mais en affirmant également que « ces saillies font le charme » de son père.
Bien sûr, il ne fallait sans doute pas attendre de critique de ces déclarations mais entre la critique et le fait de dire qu’elles ont du charme, il y avait mille nuances qui pouvaient exprimer une plus grande distance sans froisser le président actuel du Front National. Elle aurait tout simplement pu éviter de dire que ces saillies faisaient le charme de son père par exemple. Mais non, Marine Le Pen trouve que parler de « Durafour-crématoire » ou de « l’inégalité des races » a du charme, ainsi que de dire que « les chambres à gaz sont un point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale »…
Cette interview a un immense mérite et il faudra s’en souvenir. Elle montre que si Marine Le Pen se distingue de son père sur la forme, ce n’est pas vrai sur le fond. Le FN est et restera un parti infréquentable dont les relents les plus nauséabonds seront seulement camouflés.
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, front national, jean-marie le pen, détail, durafour-crématoire



