09.02.2009

L’urgence environnementale

La crise économique a fait passer le réchauffement climatique au second plan des préoccupations de la plupart des pays. Pourtant, même si nous ne le ressentons guère depuis quelques semaines, le sujet préoccupe plus que jamais les scientifiques, qui craignent que le point de non-retour soit proche.

De nombreuses solutions envisagées

Il n’y a plus grand monde aujourd’hui pour contester que la planète est entrée dans une phase de transformation rapide sous le coup de l’action de l’homme. Jamais autant d’espèces n’ont disparu depuis 65 millions d’années et la disparition des dinosaures. Jean-Pierre Dupuy affirme ainsi « qu’on ne sait pas si le réchauffement climatique issu des gaz déjà présents dans l’atmosphère provoquera (…) une augmentation de température de moins de deux degrés ou de plus de sept degrés, la différence d’impact entre ces deux conjectures étant du même ordre que celle qui sépare un bobo au menton d’un choc mortel sur le crâne ».

C’est pourquoi de multiples initiatives ont été lancées : le processus de Kyoto ainsi que les quotas de CO2 échangeables en Europe. Mais certains scientifiques, inquiets que l’action de l’homme sur les émissions de gaz à effet de serre soit trop lente, travaillent sur des solutions ayant pour but d’agir directement sur le climat, indépendamment des émissions. Deux idées sont plus avancées aujourd’hui : l’envoi de particules de sulfates dans l’atmosphère pour réfléchir les rayons du soleil afin de refroidir l’atmosphère, ou la culture extensive d’algues stockant le dioxyde de carbone.

Toutes les solutions ne sont pas bonnes à prendre

Les interventions directes sur le climat posent de nombreux problèmes, tant juridiques (qui en sera responsable ?) que scientifiques (il y a des doutes sur les effets secondaires). Le système de quotas d’émission et d’échanges des droits à polluer n’a même pas convaincu les plus libéraux. En effet, en l’absence d’un accord mondial global, il suffit aux entreprises de déplacer leur production dans des pays moins regardants. En outre, les variations erratiques du cours de la tonne de CO2 ne permettent pas aux industriels d’investir sur le long terme.

James Hansen, un climatologue qui avait averti le monde des dangers du réchauffement climatique dès 1988, a ainsi adressé des recommandations à Barack Obama. Plutôt que d’avoir recours aux quotas et au marché, il recommande des interdictions pures et simples et une taxation du carbone. Les quotas échangeables sur des marchés ne marchent pas car chacun se bat pour pouvoir polluer davantage. Il recommande donc un système de taxation en fonction de la consommation dont les recettes seraient redistribuées afin de pénaliser les gros consommateurs et favoriser les petits.

Il y a urgence à avancer sur la question des gaz à effet de serre. La communauté internationale est parvenue à sauver l’ozone en interdisant les CFC. Il faut espérer que nos dirigeants sauront aller plus loin qu’à Kyoto sur le réchauffement climatique.

Source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2448, The Economist