09.04.2010
Merci NDA pour votre opposition à la libéralisation des jeux en ligne !
C’est encore une demande de l’Union Européenne que le gouvernement se contente de sagement suivre : les jeux en ligne vont être libéralisés en France, pour le plus grand profit de quelques uns et au plus grand détriment de la collectivité. Un nouveau ravage du dogmatisme néolibéral.
Une activité qui n’est pas anodine
J’avais déjà fait un papier il y a un an sur le sujet, quand la libéralisation des jeux en ligne n’était alors qu’un projet du gouvernement. Il est malheureusement encore totalement d’actualité. Le premier point est que les jeux d’argent ne sont pas une activité comme les autres. Tout d’abord, c’est une activité où il y a une garantie de perte pour la communauté des consommateurs, au profit de celui qui organise les jeux. Mais surtout cette activité n’est pas anodine et peut devenir addictive au point de littéralement ruiner les personnes qui s’y adonnent sans restreinte.
Le système Français, qui accordait un monopole à une entreprise publique est grandement préférable pour une triple raison. Tout d’abord, il permet à la collectivité de récupérer les bénéfices de cette activité. Ensuite, il permet à l’Etat de contrôler les dérives des jeux et de limiter leur développement anarchique. C’est particulièrement important dans le cadre d’Internet, où la dématérialisation risque d’en démultiplier tous les effets pervers. Enfin, le contrôle de l’Etat permet d’éviter tout lien avec l’argent sale, contrairement à ce qui peut se passer dans un système trop libre.
Des objections ridicules
Bien sûr, les partisans de la libéralisation ont recours aux arguments les plus simplistes pour défendre leur position. Internet n’a pas de frontières et il serait illusoire de vouloir bloquer les sites de jeu basés en dehors de France… Pourtant, comme le note très justement Nicolas Dupont-Aignan, qui a voté contre cette réforme, le gouvernement veut sanctionner les particuliers qui téléchargent illégalement des chansons ou des films. N’est-il pas plus simple de bloquer l’accès en France à quelques sites de jeux en ligne plutôt que de chercher à poursuivre les particuliers qui téléchargent ?
Pourquoi ne pas utiliser une partie des profits de la Française des Jeux pour monter une cellule de blocage des sites de jeux en ligne par exemple ? Il est évident qu’il sera beaucoup simple de faire cela que de chercher à limiter le téléchargement illégal. Et comme le souligne le président de Debout la République, il est malheureux que la France n’ait pas cherché à suivre le bon exemple du Portugal, qui a refusé cette libéralisation poussée par Bruxelles et a même trouvé le soutien surprenant mais notable de la Cour de Justice Européenne dans cette affaire.
Les jeux d’argent ne sont pas une activité anodine. L’addiction et la ruine qu’ils peuvent provoquer imposent un encadrement spécifique pour limiter le plus possible leurs effets pervers. En libéralisant de la sorte, on est sûr de démultiplier leurs conséquences négatives, pour le plus grand malheur de la société.
10:57 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Europe | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : jeux en ligne, commission européenne, cour de justice européenne, nicolas dupont-aignan
09.03.2009
Contre la libéralisation des jeux en ligne
La crise empire, de jour en jour, mais les tenants du néolibéralisme continuent à faire avancer, inlassablement leur agenda de déréglementation. Nouvel exemple en date : la libéralisation des jeux d’argent en ligne, imposée, comme souvent, par Bruxelles.
Faut-il libéraliser les jeux en ligne ?
Les deux principaux arguments des défenseurs de cette libéralisation sont le refus de toute réglementation et le constat que des milliers de Français y jouent déjà. Le Figaro affirme ainsi que 5% de la population joue déjà en ligne et que 2 milliards d’euros y sont dépensés. D’autres affirment que cette libéralisation, qui sera effective au 1er janvier, permettra de rapporter au gouvernement de l’argent, au moment où il en a besoin, faisant un parallèle avec le projet de légalisation de la marijuana en Californie…
Le problème est que les jeux d’argent ne sont pas une activité comme une autre. C’est une activité où les joueurs sont sûrs de perdre collectivement, laissant une marge bénéficiaire sécurisée à leurs promoteurs. C’est pourquoi cet opium du peuple a souvent été strictement réglementé dans beaucoup de pays, voir confié à des entreprises publiques, pour assurer que le bénéfice de cette activité reste à la collectivité. Pire, l’aspect virtuel d’Internet risque de démultiplier les paris des joueurs, à leur détriment.
Ce que révèle ce débat
Le débat sur la libéralisation des jeux en ligne est un puissant révélateur des lignes de partage entre les néolibéraux et les partisans d’un certain encadrement de la société. Les uns trouveront toujours un argument pour ridiculiser cette volonté d’entraver la liberté individuelle (d’entreprendre ou de jouer) tandis que nous autres soulignons que ces règles sont nécessaires au bon fonctionnement d’une société, un peu comme le code de la route est nécessaire pour la sécurité de tous, même s’il entrave certaines libertés.
L’Europe, comme toujours, pousse à toujours plus de libéralisation, de suppressions des règles qui encadraient nos sociétés, par pur dogmatisme intellectuel, sans jamais invoquer l’intérêt collectif. En effet, comment croire une seconde que l’intérêt général consiste à laisser les gens parier en ligne ? Quel bénéfice en tirera la société ? L’activité du jeu, parce qu’elle peut être addictive et mettre en danger la vie de certaines personnes, doit être encadrée pour veiller à limiter ses effets néfastes.
Les jeux en ligne n’apportent strictement rien à la société, mais peuvent coûter beaucoup à certains. C’est pourquoi le gouvernement a tort de suivre la Commission Européenne et d’autoriser cette activité. À moins qu’en ces temps troublés il ne souhaite nous donner du pain et des jeux…
Source : http://www.lefigaro.fr/societes/2009/03/06/04015-20090306...
Retrouvez un point de vue différent dans « Les bienfaits de la crise » chez mon collègue de Kiwis, H16
10:55 Publié dans Actualités, Europe, Société | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : jeux en ligne, commission européenne, le figaro



