08.08.2008
La Chine envoie Nicolas Sarkozy en deuxième division diplomatique
Alors qu’aujourd’hui, il assistera à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, le président n’a pas voulu trouver du temps pour rencontrer le dalaï-lama pendant sa visite en France. Comme souvent avec Nicolas Sarkozy, il y a un monde entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.
Il est sans doute juste d’assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques car le boycott ne fait pas forcément mieux avancer la cause des droits de l’homme dans l’Empire du Milieu. Il y a quelques semaines, l’Elysée avait vivement réagi aux propos de l’ambassadeur de Chine en France, qui suggérait que la réception du dalaï-lama par le président pourrait avoir des conséquences pour les contrats signés par nos industriels. La présidence avait fait savoir que personne ne pouvait prétendre dicter la conduite de notre pays. Ainsi, la participation à la cérémonie, couplée à une réception du guide spirituel tibétain était sans doute la meilleure position possible pour notre pays, mêlant indépendance nationale, respect des autres cultures tout en indiquant notre volonté de promouvoir les droits de l’homme.
Malheureusement, les rodomontades du président à l’égard de l’ambassadeur de Chine en France étaient du flan. Nicolas Sarkozy assistera à la cérémonie d’ouverture et ne rencontrera pas le dalaï-lama, signe que l’oukase de Pékin a primé sur l’indépendance nationale. Bien sûr, pour donner le change, Carla Bruni-Sarkozy ira à une manifestation religieuse autour du dalaï-lama et l’UMP a annoncé que le président rencontrerait ce dernier d’ici la fin de l’année (ce qui reste une annonce très incertaine vu qu’elle n’a pas été confirmé par la présidence). Mais au global, le résultat est là : alors que l’Allemagne peut se permettre de ne pas aller à la cérémonie et qu’Angela Merkel reçoit le dalaï-lama sans conséquences économiques pour son pays, Nicolas Sarkozy place notre pays dans une deuxième division diplomatique bien peu flatteuse et bien peu gaullienne.
Malheureusement, ce nouvel état de fait, bien peu conforme à notre tradition, était prévisible. Si certains (et moi le premier), avaient voulu croire à un sursaut lors du recadrage de l’ambassadeur, la réalité de la diplomatie sarkozyste nous rattrape. Les effets de manche à destination de la communication du président ne sont que très rarement suivis dans les faits. C’est ainsi que se passent les négociations au niveau européen par exemple. Nicolas Sarkozy voulait un mini traité recentré sur les questions institutionnelles. Il n’a pas su (voulu ?) négocier autre chose qu’un Traité Constitutionnel bis. Il voulait une Union de la Méditerranée limitée aux pays qui borde notre mare nostrum, il a fini par accepter tous les pays de l’Union (y compris les pays scandinaves). On pourrait multiplier les exemples, le constat est le même : derrière les grandes déclarations, Nicolas Sarkozy est un bien piètre négociateur.
En se soumettant au diktat chinois que d’autres pays ont refusé sans la moindre conséquence et après de nombreux épisodes peu glorieux (Libye, OTAN…), Nicolas Sarkozy ne fait que confirmer la relégation de notre pays en deuxième division diplomatique depuis qu’il est au pouvoir.
Source : http://www.lemonde.fr/jeux-olympiques-toute-l-actualite/a...
11:06 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, jo, chine, diplomatie, merkel
10.07.2008
L’inacceptable diktat de Pékin
Cette semaine, Kong Quan, l’ambassadeur de Chine à Paris a menacé de « conséquences graves » les relations franco-chinoises si Nicolas Sarkozy rencontrait le dalaï-lama cet été. Heureusement, la première réaction du Quai d’Orsay, la convocation de l’ambassadeur, est la bonne.
Les relations entre la France et la Chine sont tendues depuis le passage de la flamme olympique à Paris, qui a été l’occasion de manifestations assez agressives contre le régime de Pékin. Mais, à dire vrai, nous n’avons pas été le seul pays où des manifestations ont eu lieu puisque presque tous les pays occidentaux ont eu droit à leurs mouvements lors du passage de la flamme. Depuis, beaucoup ont demandé à Nicolas Sarkozy de ne pas participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, en signe de protestation pour le traitement infligé par les autorités chinoises au Tibet. Angela Merkel et Gordon Brown ont ainsi prévu de s’abstenir. Le président a pourtant récemment annoncé sa participation à la cérémonie au président chinois lors du G8, dans le but de maintenir le dialogue avec les dirigeants de l’empire du milieu.
Mais, en août, dans le cadre de sa tournée européenne qui devrait l’amener à rencontrer plusieurs dirigeants européens, le dalaï-lama doit rencontrer Nicolas Sarkozy. Résultat, l’ambassadeur de Chine en France a clairement menacé notre pays de représailles si une telle rencontre avait lieu, évoquant les nombreux contrats qui existent avec les industriels Français. Une telle demande est doublement inacceptable. Tout d’abord, elle constitue une ingérence dans les affaires Françaises : le président de la République peut rencontrer qui il souhaite. Mais surtout, elle constitue une différence flagrante de traitement entre la France et certains autres pays occidentaux puisque Angela Merkel a déjà rencontré le dalaï-lama et ne va pas aller à la cérémonie d’ouverture, sans que la moindre sanction soit prise.
Ce diktat du régime de Pékin est un moment crucial pour la diplomatie de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner. Si jamais la France venait à assister à la cérémonie d’ouverture tout en ne recevant pas le dalaï-lama, alors cela montrerait au monde entier qu’avec quelques contrats, il est possible de faire faire ce que l’on veut à notre pays, suivant l’exemple du malheureux épisode libyen. En revanche, si Nicolas Sarkozy va à la cérémonie et voit le dalaï-lama, il montrera alors que la diplomatie de notre pays n’est ni l’otage d’activistes des droits de l’homme, certes idéalistes mais manquant de pragmatisme, et ni l’otage de riches régimes autoritaires. La première réaction de Bernard Kouchner va clairement dans le bon sens et rassure, pour une fois, sur le sens de la politique étrangère de la France.
Dans cette affaire chinoise, pour l’instant, le gouvernement maintient exactement la bonne ligne. Mais après une telle menace, la France n’a plus d’autre choix que de recevoir le dalaï-lama cet été pour bien montrer que notre conduite ne peut être dictée par personne. Nous avons rendez-vous avec l’histoire.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2008/07/09/01003-20080709ARTFIG00006-dalai-lama-l-avertissement-de-pekin-a-sarkozy.php
http://www.lefigaro.fr/international/2008/07/09/01003-20080709ARTFIG00509-l-ambassadeur-de-chine-convoque-au-quai-d-orsay-.php
10:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, kouchner, chine, jo, dalaï-lama
05.07.2008
Oui à la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des J.O. !
Une indiscrétion du Monde hier a révélé que Nicolas Sarkozy devrait assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en Chine. Certains pourront trouver que c’est une concession insoutenable au régime de Pékin. Et si c’était au contraire le bon choix ?
Après avoir promis une rupture avec la politique de Jacques Chirac, jugée trop tendre avec les dictatures et trop orientée vers la signature de contrats commerciaux, au risque d’oublier les droits de l’homme, le « président des droits de l’homme » a fini par adopter une politique finalement très proche de son prédécesseur. Lé révélateur fut la visite de Kadhafi en France fin 2007. Résultat, aujourd’hui, avec l’annonce de cette participation à la cérémonie d’ouverture aux Jeux Olympiques (que Gordon Brown et Angela Merkel devraient boycotter), beaucoup verront dans ce geste un nouveau compromis inacceptable avec les droits de l’homme pour préserver nos relations commerciales avec la Chine.
Au contraire, le choix du président de la République dans ses relations avec l’Empire du milieu est le bon. Bien sûr, il faut condamner ce qui a été fait au Tibet et nous devons pouvoir recevoir le dalaï-lama si nous le souhaitons, ce que Nicolas Sarkozy semble avoir prévu d’ailleurs. En revanche, de même que l’agressivité des manifestations lors du passage de la flamme olympique pouvait être choquante et incohérente même avec la position du dalaï-lama, il ne faut pas forcément boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. En effet, il est important de distinguer la réaction aux actes inacceptables du régime chinois de celles à l’égard de la nation chinoise. Et si le boycott était une solution un peu facile pour avoir bonne conscience mais qui faisait plus reculer les choses que les faire avancer ?
En manifestant de manière aussi agressive ou en boycottant la cérémonie d’ouverture, les nations occidentales n’envoient-elles pas surtout un geste d’hostilité envers la Chine, trop déconnecté du Tibet ? Après tout, quelle a pu être la réaction des Chinois en voyant les images de la porteuse de la flamme handicapée bousculée comme elle l’a été et l’hostilité des manifestations? Ne risquaient-ils pas trop facilement de prendre ses actes pour des agressions contre leur pays plus qu’une dénonciation d’un acte précis ? C’est pourquoi la participation à la cérémonie d’ouverture des J.O. est sans doute une bonne chose qui permettra de renouer le dialogue avec les Chinois, en espérant qu’une ouverture sur le monde réussie dans un mois les fera avancer dans la bonne direction, comme pour la Corée du Sud auparavant.
Pour une fois, je crois que Nicolas Sarkozy fait exactement le bon choix dans nos relations avec la Chine. Ce choix n’est pas facile il est vrai et il n’est pas sûr que ce soit la bonne solution. Mais, c’est sans doute la moins mauvaise des solutions aujourd’hui.
Source : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/07/04/nicolas-sarkozy-sera-a-pekin-pour-l-ouverture-des-jeux-olympiques_1066220_3216.html#ens_id=1060088
11:16 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, jo, chine, boycott, cérémonie d'ouverture



