09.09.2009

2008, les leçons de 1929 retenues, et celles oubliées… (1/2)

Plus le temps passe, plus il semble que la crise de 2008 ne sera pas une redite de celle de 1929. Même s’il est trop tôt pour dire qu’elle est finie, il semble clair qu’elle sera beaucoup moins violente. En revanche, elle n’aura provoqué ni une véritable remise en question ni une refonte du système économique.

Des crises qui se ressemblent

En effet, il y a beaucoup de points communs entre les deux crises. Elles ont été déclenchées par l’éclatement d’une bulle spéculative (boursière en 1929, immobilière et boursière en 2008), à la suite d’une décennie d’excès du capitalisme. Les années qui ont précédé les deux crises présentent en effet une singulière analogie : explosion des inégalités (en 2007, 0,1% des ménages Américains touchaient près de 8% des revenus du pays, contre moins de 2% en 1973, battant le record de 1929, plus de 7%), innovation financière (CDS, ABS en 2008, sociétés d’investissement et levier en 1929).

Dans un premier temps, le déroulement de la crise est proche également. Dans les deux cas, la bourse a perdu plus de 50% de sa valeur en quelques mois. Les marchés financiers se sont bloqués et les banques étaient au bord de la faillite. L’effondrement du système financier a provoqué une contraction sans précédent de l’économie réelle, avec des reculs du PIB de 6 à 12% en rythme annuel. Le chômage s’est envolé dans tous les pays, le commerce international s’est effondré. Jusqu’au mois de mars 2009, il est difficile de ne pas voir que les deux crises se ressemblent fortement.

Les leçons qui ont été retenues

Mais les six mois qui ont passé depuis le mois de mars ont montré une divergence importante entre les deux crises. Car si la crise de 1929 a connu des épisodes de rebond boursier, aucun n’est comparable avec celui que nous connaissons depuis six mois. Car certaines leçons ont bien été tirées de la crise de 1929. Les banques ont été sauvées par l’injection massive d’argent public. Et au lieu de lutter contre les déficits provoqués par la crise, les gouvernements du monde entier utilisent la dépense publique et des déficits massifs pour lutter contre la crise.

Résultat, la consommation ne s’est pas effondrée et le monde n’est pas rentré dans une spirale déflationniste et dépressive comme en 1929. Il semble en effet que le monde échappe au cercle vicieux des années 30 par les leçons que les dirigeants de la planète ont su tirer de la Grande Dépression. Car s’ils n’ont pas su rectifier les mécanismes du système économique qui ont provoqué la crise, ils ont au moins su y répondre de manière plus intelligente que les gouvernements du début des années 30.

Mais, et c’est le paradoxe de cette crise, le fait qu’elle soit plus courte et moins violente semble ne pas avoir permis aux dirigeants politiques de se poser des questions sur le fonctionnement du système économique, qui sort sauvé mais non transformé, ce que j’étudierai demain.

Source : John Kenneth Galbraith, « La crise économique de 1929 »