19.04.2009

De l’usage des excuses par Ségolène Royal

Suite aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur José Luis Zapatero, Ségolène Royal a envoyé une lettre d’excuses au Premier Ministre espagnol, affirmant à nouveau qu’ils n’engagent ni la France ni les Français. La candidate du PS en 2007 a-t-elle raison de reproduire sa réplique au discours de Dakar ?

Une différence de nature

J’avais soutenu sans réserve la réplique de Ségolène Royal au tristement célèbre discours de Dakar. Et hier, j’ai critiqué les propos tenus par le président de la République sur ses collègues du G20. Malakine m’a taquiné en suggérant un nouveau soutien à la candidate du PS. Mais le contexte est tout de même différent. Le discours de Dakar était un discours officiel, tandis que les saillies présidentielles n’ont pas été faites dans un cadre complètement officiel.

Alors, bien sûr, Nicolas Sarkozy aurait dû éviter de tenir de tels propos devant des parlementaires, sachant en plus qu’ils pouvaient être rapportés ensuite. Néanmoins, ce n’est pas la même chose que d’insulter un continent entier lors d’un voyage officiel dans un discours officiel, dont chaque mot a été travaillé et pesé pendant des heures et de critiquer les dirigeants du monde de manière informelle dans un déjeuner avec des parlementaires.

L’erreur de Ségolène Royal

Il y a une différence de nature entre le discours de Dakar et les propos tenus par Nicolas Sarkozy mercredi que ne prend pas en compte Ségolène Royal en réagissant de la même manière. Les propos du président de la République devant les parlementaires n’engageaient pas la France car ils n’étaient pas publics. La candidate du PS en 2007 a tort de mettre ces deux épisodes au même niveau. Et en faisant de la sorte, elle minore l’importance de sa réplique au discours de Dakar.

Ségolène Royal a tenté de faire un nouveau coup en rebondissant de la sorte sur la polémique née des propos présidentiels. Si elle aurait eu raison de critiquer les attaques personnelles du président de la République, elle a tort d’y répondre de la même manière qu’au discours de Dakar,. En cherchant à faire un nouveau coup, elle décrédibilise en partie sa belle réponse à ce discours et continue à entretenir légitimement le débat sur sa capacité de jugement.

 Nicolas Sarkozy a eu tort de tenir de tels propos sur ses collègues du G20. Mais ils ne justifiaient pas des excuses publiques au nom de la France comme l’a fait Ségolène Royal. En faisant de la sorte, elle privilégie le coup au fond et décrédibilise en partie sa réplique au discours de Dakar.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/04/18/01002-2009041...

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009...