14.11.2010

Bloc notes

En attendant l’annonce du petit remaniement de ce petit président, voici un petit bloc-notes résumant la semaine.

Je me suis exprimé plusieurs fois sur le gaullisme et son héritage. Curieusement, ce 40ème anniversaire de la mort du Général n’a pas été si unanime que cela. France 3 a diffusé un documentaire à charge défendant la thèse d’un coup d’Etat démocratique, dans un oxymore qui démontre bien la fausseté de l’accusation. A-t-on déjà vu un général de pronunciamiento remporter deux campagnes électorales et se faire élire deux fois par les élus de la nation en 8 mois ? Je préfère ne garder que le magnifique et émouvant papier de Jérôme Leroy sur Causeur. Décidemment, quelque chose de fort unit certains communistes aux gaullistes…

Beaucoup de bonnes choses à lire sur la blogosphère la semaine dernière. Je vous conseille vivement l’interview d’Hakim El Karoui par Malakine, comme quoi deux personnes arrivent en un seul papier à beaucoup plus d’intelligence et de matière que le gouvernement avec son pseudo débat sur l’identité nationale… RST, lui, est revenu sur un vieil épisode d’unification monétaire européenne, l’Union Monétaire Latine, réalisée en 1865. Si l’expérience était différente de l’UEM d’aujourd’hui, beaucoup de leçons qui en ont été tirées pourraient nous être utiles aujourd’hui.

Yann poursuit ses analyses toujours pertinentes de la crise économique en revenant sur le nouvel épisode de Quantitative Easing de la Fed. Il signe également un papier que je partage totalement « frontières ou chaos » qui montre que la suppression des frontières est la cause de l’anarchie économique actuelle. L’actualité économique récente démontre également les dangers de l’euro. Alors que la reprise britannique s’affermit au 3ème trimestre (PIB +0.8%, soit plus de 3% de croissance en rythme annuel) du fait de la baisse de la livre, la Grèce s’enfonce toujours plus dans la dépression.

Enfin, il faut noter l’incroyable mesquinerie réactionnaire de l’UMP et d’Hervé Mariton en particulier, qui vient de rétablir l’avantage fiscal l’année du mariage, sans le rétablir pour le PACS. Décidemment, outre une incapacité à régler les problèmes de notre pays (chômage, violence aux personnes, finances publiques ou financement des retraites), cette majorité flirte trop souvent avec un ordre moral nauséabond. Merci à Joseph Macé-Scaron d’avoir attiré notre attention sur ce nouveau dérapage du gouvernement.

20.06.2009

Pour l’interdiction du port de la burqa en public

C’est la polémique du moment : un groupe de députés a demandé une commission d’enquête sur le port de la burqa en France. L’objectif : aller encore plus loin que l’interdiction du port du voile dans les écoles et interdire le port de la burqa dans l’ensemble des lieux publics.

Un débat qui rebondit

Barack Obama, qui avait récemment appelé les pays européens à laisser davantage de liberté dans l’expression des choix religieux, est servi ! Notre pays, tout à sa tradition laïque et interventionniste, semble parti pour restreindre le port de la burqa sur notre territoire. Après le débat sur le port du voile, qui s’était terminé par une interdiction, nous pourrions aller encore plus loin.

Hier soir, sur Canal Plus, dans le Grand Journal, Joseph Macé-Scaron, de Marianne, rappelait que le port de la burqa n’est absolument pas un héritage religieux puisqu’il date seulement de quelques décennies. En cela, il n’est qu’une coutume récente. Et cette coutume pose des problèmes qui vont bien au-delà des questions religieuses pour toucher les droits de l’homme et de la femme.

Une prison mobile

C’est Corinne Lepage qui a utilisé le terme hier, à raison. La burqa est l’outil d’une discrimination flagrante des femmes. Bien sûr, certaines femmes peuvent choisir d’en porter. Mais combien le font par pression, sans réellement le vouloir ? Ne peut-on pas imaginer que beaucoup de femmes qui la portent n’ont pas vraiment envie de la porter ?

Bien sûr, les libéraux libertaires, comme mon collègue H16 de Kiwi, dans un papier bien écrit et habile, peuvent défendre le port de la burqa en ridiculisant l’intervention de l’Etat dans le choix de l’habillement des citoyens. Mais le port de la burqa va beaucoup plus que cela. La burqa est un symbole et un outil de la discrimination des femmes, un vêtement qui signifie leur infériorité et les coupe de la société.

Pour l’interdiction

En cela, il est parfaitement légitime qu’elle soit interdite dans la sphère publique. La burqa est une insulte à la devise de la République. Une insulte à la liberté car beaucoup de femmes qui la portent ne la porte pas librement. Une insulte à l’égalité entre les femmes et les hommes. Une insulte à la fraternité tant elle constitue une prison sociale pour celles qui la portent, les éloignant des autres.

Il est donc parfaitement légitime que l’Etat intervienne et interdise le port d’un tel vêtement en public (en privé, cela est une autre affaire) pour bien signifier que les pratiques discriminatoires non seulement ne sont pas reconnues mais sont même combattues, contrairement à ce que les communautaristes anglo-saxons cherchent à mettre en place.

Pour cela, j’espère que cette commission d’enquête parlementaire aboutira sur une proposition de loi qui interdira purement et strictement le port de la burqa en public. Cela montrera que la devise de la République reste encore vivace dans les esprits.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/19/fadela...

http://h16.free.fr/index.php?2009/06/18/594-brops-burqa-e...