20.03.2008
La chienlit politique
Le ton de la soirée électorale de dimanche était prémonitoire du climat politique à venir, entre langue de bois et agression verbale. Au lendemain des municipales, les couteaux sont sortis, à droite comme à gauche.
Le climat de la majorité s’est brutalement tendu avec la défaite des municipales que les élus UMP reconnaissent volontiers, contrairement aux membres du gouvernement. Les coups pleuvent et nombre d’élus n’hésitent pas à nommer Nicolas Sarkozy comme le responsable de leur mauvais résultat. Patrick Balkany et Patrick Devedjian échangent des amabilités par presse interposée, comme le rapporte Le Canard Enchaîné : le premier soutenant que « l’UMP est en état de léthargie » alors que le second, ironise sur France Inter : « Balkany nous donne des leçons de politique, vous verrez, bientôt il nous donnera des leçons de morale… ». Les anciens Premiers ministres donnent également de la voix entre Jean-Pierre Raffarin qui dénonce une dérive droitière et Alain Juppé qui prône une plus grande ouverture…
Le climat au parti socialiste n’est pas meilleur avec les préparatifs pour le congrès de l’automne, qui promet d’être sanglant. La guerre entre Ségolène Royal et les éléphants a commencé. Jack Lang a prévenu dimanche soir que cette victoire n’était la victoire de personne. Martine Aubry a retrouvé l’appétit après sa victoire à Lille. Un front « Tout sauf Ségolène » se constitue et semble vouloir faire du maire de Paris son champion dans la mesure où il semble le seul à même de s’imposer face à la candidate socialiste à la présidentielle. Mais même si tout ce petit monde souligne qu’il faut d’abord se mettre d’accord sur un projet avant de choisir un candidat, il est difficile de ne pas y voir uniquement une volonté d’abattre Ségolène Royal. En outre, comment ne pas oublier les problèmes que posent l’écriture d’un programme avant le choix d’un candidat, comme cela s’est passé en 2007 ? La rénovation idéologique ne doit-elle pas être conduite par le nouveau leader du parti socialiste pour proposer un projet cohérent aux Français en 2012 ?
Ces déchirements montrent surtout que ce sont les ambitions personnelles qui animent l’immense majorité des leaders de nos deux principaux partis. Car s’il y avait un véritable projet au cœur du parti socialiste et de l’UMP, alors ce grand dessein serait prioritaire par rapport aux petites querelles de personne. Mais ces deux partis ne sont plus que deux écuries présidentielles qui attirent par conséquent les ambitieux de tout poil qui les voit avant tout comme des véhicules de leur ambition. C’est ce qu’a réussi à faire Nicolas Sarkozy qui devient l’exemple de cette génération qui a bien compris l’intérêt qu’il y avait à contrôler un de ces partis. Malheureusement pour le débat d’idées, ils répliquent également son indiscipline… A noter l’élégance de Françoise de Panafieu qui a abandonné son poste de maire du 17ème arrondissement pour renouveler le personnel politique sans rejeter la responsabilité de sa défaite sur quiconque.
Suivant l’exemple du président de la république, la vie politique des grands partis est entrée dans un jeu d’ambitions personnelles complètement déconnectées de toute idéologie et où tous les coups sont permis. Espérons que cette décadence permette l’émergence de courants pour lesquels la notion de projet politique existe vraiment.
Source : http://www.lemonde.fr/municipales-cantonales/article/2008/03/18/reglements-de-compte-a-l-ump-dechirements-au-centre_1024563_987706.html
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/03/18/martine-aubry-les-francais-veulent-le-retour-au-serieux_1024350_823448.html
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/03/18/au-ps-m-cambadelis-veut-tendre-la-main-a-m-delanoe-pour-s-opposer-a-mme-royal_1024361_823448.html
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09.03.2008
Des Français pleins de bon sens
Les résultats du premier tour des élections municipales sont tombés pour la plupart à cette heure : abstention en baisse, poussée des listes de gauche qui devraient prendre plusieurs villes sans pour autant faire tomber les municipalités UMP qui ont un bon bilan.
Les listes de gauche sont donc globalement arrivés en tête. Même si les Français ont également voté en fonction du contexte local, il est difficile de ne pas voir dans la montée d’un Parti Socialiste pourtant guère crédible, un vote sanction à l’égard de l’UMP de Nicolas Sarkozy. C’est ainsi que Toulouse et Marseille pourraient bien passer à gauche dans une semaine. Dans le même temps, Lyon a réélu Gérard Collomb dès le premier tour, résultat assez exceptionnel dans une ville réputée à droite. Au niveau national, le Front National confirme son repli et ne peut plus se maintenir que dans une poignée de villes. Enfin, le Modem réalise un score suffisamment important pour compter dans de nombreuses villes.
Mais ces municipales montrent aussi que les Français ont adapté leur vote en fonction du contexte local. C’est ainsi que Bordeaux, malgré le vote des législatives, a réélu triomphalement Alain Juppé avec 56% des votes dès le premier tour, signe que le renouveau de Bordeaux a été pris en compte par les bordelais. Dans le 8ème à Paris, le maire sortant, François Lebel, qui s’était présenté en dissident puisque l’UMP avait investi Pierre Lellouche, qui avait fui son 9ème arrondissement, est arrivé en tête. Enfin, dans ma ville natale, Bayonne, où je vote, le maire UMP, Jean Grenet, est arrivé largement en tête, avec 44% contre 25% à la liste socialiste. Les électeurs bayonnais sont heureusement passés outre le contexte national pour prendre en compte le très bon bilan d’un maire qui a redynamise notre ville.
Le résultat de ces élections est finalement très cohérent. Les Français ont exprimé les doutes qu’ils ont à l’égard de Nicolas Sarkozy et son gouvernement tout en adaptant leur vote en fonction des résultats des équipes sortantes. Un vote plein de bon sens.
23:42 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : municipales, sarkozy, juppé



