29.10.2008
Au revoir Georges W Bush, et bon débarras !
Hier soir, Arte diffusait « Being W », le film de Karl Zéro et Michel Royer sur le président actuel des Etats-Unis, un moyen de faire un bilan des huit années de présidence de Georges Bush.
Et le moins que l’on puisse dire est que l’histoire a parlé. Le temps est tous les jours plus féroce à l’égard du locataire actuel de la Maison-Blanche. Il laisse les Etats-Unis dans sa pire crise économique depuis la Grande Dépression. L’invasion de l’Afghanistan il y a plus de sept ans n’a absolument rien réglé puisqu’il n’y a jamais eu autant de victimes sur le terrain et que l’intervention de l’OTAN a fini par déstabiliser le Pakistan voisin, doté de l’arme atomique. Si la situation a fini par s’améliorer en Irak, après cinq années, c’est aussi après plus d’un demi million de morts côté irakien, un pays affamé et détruit, dont la reconstruction prend du temps, le tout pour une guerre dont les motifs officiels (les fameuses armes de destruction massive) n’ont pas été vérifiés par les armées d’occupation. Les années Bush auront été les années du pire visage des Etats-Unis : la nation qui dit défendre la liberté a fait preuve d’un impérialisme brutal et arbitraire, et a fait une croix sur les principes qu’elle déclare porter en créant Guantanamo Bay.
La crise économique actuelle montre qu’outre son échec sur le front extérieur, la présidence Bush s’est également révélée être un échec à l’intérieur. La croissance des dernières années, qui n’a profité qu’à une infime minorité de toutes les façons, était une croissance de papier, qui se déchire sous nos yeux depuis quinze mois, entraînant le reste du monde dans une récession économique sans précédent depuis quelques générations. L’Amérique de Georges Bush, ce sont 4 millions de ménages qui ont perdu leurs maisons, mais des banques qui sont sauvées (à l’exception de Lehman). L’Amérique de Georges Bush, ce sont aussi plus de 40 millions d’Américains sans couverture sociale. C’est un pays qui a oublié une réalité économique peu souriante en poussant sa population à s’endetter au-delà du raisonnable, prenant d’immenses risques que les banques pensaient éviter en s’assurant contre tout défaut de paiement.
Mais ce reportage est aussi l’occasion de contempler avec un certain effroi le parcours du président actuel des Etats-Unis. On se demande si ce n’est pas un cauchemar que l’ensemble de la planète aurait vécu. Comment une telle personne a pu devenir président des Etats-Unis ? Pire, de gros doutes persisteront sans doute à jamais sur la véracité de son élection en 2000, avec la victoire contestée et contestable en Floride. Le film de Karl Zéro et Michel Royer révèle un homme politique qui dit tout et son contraire, qui, s’il est un habile beau parleur pour vendre sa « guerre contre la terreur », semble prêt à tous les mensonges. Et surtout, comment ne pas penser que le fils de Georges Bush Senior n’avait vraiment pas la carrure pour occuper un tel poste et que son élection a changé la course du monde, pour le pire.
On pourra peut-être juger ce bilan trop agressif, à sens unique, mais c’est aussi celui des Américains, auprès desquels Georges W Bush est encore plus impopulaire que Nixon après le Watergate. Une chose est sûre : le 4 novembre, les Etats-Unis auront un meilleur président !
Source : Being W, Karl Zéro et Michel Royer
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, georges w bush, karl zéro



