10.07.2008
L’inacceptable diktat de Pékin
Cette semaine, Kong Quan, l’ambassadeur de Chine à Paris a menacé de « conséquences graves » les relations franco-chinoises si Nicolas Sarkozy rencontrait le dalaï-lama cet été. Heureusement, la première réaction du Quai d’Orsay, la convocation de l’ambassadeur, est la bonne.
Les relations entre la France et la Chine sont tendues depuis le passage de la flamme olympique à Paris, qui a été l’occasion de manifestations assez agressives contre le régime de Pékin. Mais, à dire vrai, nous n’avons pas été le seul pays où des manifestations ont eu lieu puisque presque tous les pays occidentaux ont eu droit à leurs mouvements lors du passage de la flamme. Depuis, beaucoup ont demandé à Nicolas Sarkozy de ne pas participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, en signe de protestation pour le traitement infligé par les autorités chinoises au Tibet. Angela Merkel et Gordon Brown ont ainsi prévu de s’abstenir. Le président a pourtant récemment annoncé sa participation à la cérémonie au président chinois lors du G8, dans le but de maintenir le dialogue avec les dirigeants de l’empire du milieu.
Mais, en août, dans le cadre de sa tournée européenne qui devrait l’amener à rencontrer plusieurs dirigeants européens, le dalaï-lama doit rencontrer Nicolas Sarkozy. Résultat, l’ambassadeur de Chine en France a clairement menacé notre pays de représailles si une telle rencontre avait lieu, évoquant les nombreux contrats qui existent avec les industriels Français. Une telle demande est doublement inacceptable. Tout d’abord, elle constitue une ingérence dans les affaires Françaises : le président de la République peut rencontrer qui il souhaite. Mais surtout, elle constitue une différence flagrante de traitement entre la France et certains autres pays occidentaux puisque Angela Merkel a déjà rencontré le dalaï-lama et ne va pas aller à la cérémonie d’ouverture, sans que la moindre sanction soit prise.
Ce diktat du régime de Pékin est un moment crucial pour la diplomatie de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner. Si jamais la France venait à assister à la cérémonie d’ouverture tout en ne recevant pas le dalaï-lama, alors cela montrerait au monde entier qu’avec quelques contrats, il est possible de faire faire ce que l’on veut à notre pays, suivant l’exemple du malheureux épisode libyen. En revanche, si Nicolas Sarkozy va à la cérémonie et voit le dalaï-lama, il montrera alors que la diplomatie de notre pays n’est ni l’otage d’activistes des droits de l’homme, certes idéalistes mais manquant de pragmatisme, et ni l’otage de riches régimes autoritaires. La première réaction de Bernard Kouchner va clairement dans le bon sens et rassure, pour une fois, sur le sens de la politique étrangère de la France.
Dans cette affaire chinoise, pour l’instant, le gouvernement maintient exactement la bonne ligne. Mais après une telle menace, la France n’a plus d’autre choix que de recevoir le dalaï-lama cet été pour bien montrer que notre conduite ne peut être dictée par personne. Nous avons rendez-vous avec l’histoire.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2008/07/09/01003-20080709ARTFIG00006-dalai-lama-l-avertissement-de-pekin-a-sarkozy.php
http://www.lefigaro.fr/international/2008/07/09/01003-20080709ARTFIG00509-l-ambassadeur-de-chine-convoque-au-quai-d-orsay-.php
10:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, kouchner, chine, jo, dalaï-lama



