03.05.2010

Quelle majorité pour la Grande-Bretagne ?

Ce jeudi, les britanniques voteront pour des élections législatives qui promettent d’être très disputées. Les sondages indiquent une possible déroute du Labour de Gordon Brown, seulement 3ème aujourd’hui, mais aussi la perspective d’un parlement sans majorité.

Le troisième homme qui bouleverse la donne

Il y a quelques mois, l’issue de l’élection semblait simple. L’avance de plus de dix points dont disposaient les conservateurs de David Cameron ne semblait pas rattrapable par un Gordon Brown dont on estimait qu’il avait déjà de la chance de pouvoir représenter son parti à nouveau. Puis, peu avant la dernière ligne droite, le parti travailliste s’est rapproché au point de faire entrevoir un scénario comparable à celui de 1992, lorsque John Major avait gagné des élections promises aux travaillistes.

Mais tout a changé avec les débats télévisés entre les trois leaders des principaux partis. Le résultat le plus marquant de cette élection est sans doute l’ascension de Nick Clegg, le chef des libéraux-démocrates. Le Guardian, soutien traditionnel du parti travailliste, a décidé de changer de camp pour soutenir le nouveau venu. Les libéraux-démocrates disposent de deux grands points distinctifs : ils se sont opposés à la guerre en Irak, contrairement aux deux grands partis, et sont très « europhiles ».

Quelle Assemblée dans 5 jours ?

Les sondages donnent aujourd’hui les conservateurs en première position avec 35% des voix, suivis des libéraux-démocrates, à 28%. Les travaillistes arriveraient bon derniers avec à peine un quart des suffrages. Mais le système électoral, où celui qui arrive en tête au premier tour qui remporte le siège peut réserver bien des surprises. Le parti travailliste bénéficierait ainsi d’une géographie électorale plus favorable qui devrait lui permettre de limiter la casse dans ses bastions.

Cependant, la dynamique actuelle, avec un creusement de l’écart entre les deux anciens partis pourrait finalement redonner une chance à David Cameron de gagner vu l’état de faiblesse d’un Gordon Brown qui ne parvient pas à convaincre. Et si les Tories ne parviennent pas à s’imposer clairement, les libéraux-démocrates pourraient alors s’essayer au pouvoir, les deux autres partis cherchant d’ors et déjà à attirer les faveurs du parti qui pourrait détenir les clés de la majorité.

Quelques soient les résultats, la Grande-Bretagne est à l’aube d’un grand changement. Soit David Cameron réussit le pari engagé en 2005 de rendre son parti à nouveau éligible. Soit les libéraux-démocrates accèdent au pouvoir après près d’un siècle de mise à l’écart.