26.03.2009
Indécences présidentielles
Avant-hier, Nicolas Sarkozy nous a servi son énième discours sur la moralisation du capitalisme, qui lui permet de déborder sur la gauche un Parti Socialiste qui semble à peine capable de feindre son indignation. Un nouveau rideau de fumée dont la crédibilité n’en finit plus de se réduire.
La grosse ficelle de la sécurité
Mais auparavant, après sa sortie sur les bandes la semaine dernière, le président en a remis une couche, sur la violence des manifestants en Guadeloupe et des « voyous » contre les professeurs. Il continue ainsi à jouer au « premier flic de France ». Alors qu’il ne semble pas vraiment savoir quoi faire pour lutter contre la crise, empilant les mesurettes sans grande efficacité et sans aucune cohérence, il ressort cette vielle carte usée qui lui a plutôt bien réussi dans le passé…
Mais, après 4 ans au ministère de l’intérieur et 2 à la tête de l’Etat, cette ficelle est plus que grosse. Car cette chronique journalistique d’un homme qui a été responsable directement ou indirectement de la sécurité des Français pendant 6 des 7 dernières années est assez culottée. Nous sommes là où il nous a amené. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy devrait surveiller sa langue : à force d’en rajouter il va finir par demander ce que les gouvernements ont fait toutes ces dernières années et appeler à une nouvelle rupture…
Un ton déplorable
Ces derniers jours, les médias sont aussi revenus sur le langage parfois très approximatif du président, qui tranche tellement avec ses prédécesseurs, fin lettrés. Mais cet appauvrissement de l’orthographe n’est qu’un symptôme de plus dans l’abaissement de la fonction présidentielle. Le Figaro, pas vraiment le quotidien le plus défavorable à l’égard du président, rapporte ainsi qu’il aurait déclaré aux députés UMP qu’il aurait « la banane », osant affirmer que « la période est formidable ».
Une fois de plus, Nicolas Sarkozy ne parvient pas à comprendre le minimum de gravité que requiert la fonction présidentielle. Alors qu’en trois mois, plus de deux cent mille Français ont perdu leur emploi, il jouit encore et toujours d’être président de la République, « son rêve ». Ce n’est plus de hauteur qu’il manque, c’est tout simplement d’un minimum de conscience de sa fonction. Deux ans après avoir été élu, la présidence de la République reste encore le gros joujou qu’il a décroché dans l’adversité.
La grosse ficelle de la moralisation du capitalisme
Cela fait maintenant bientôt trois ans que Nicolas Sarkozy dénonce la spéculation et appelle à une moralisation du capitalisme. Ce virage était intervenu bien en amont de la campagne présidentielle, sous l’influence d’Henri Guaino. Alors, bien sûr, le gouvernement parvient de temps en temps à faire annuler udesn bonus ou des stock-options qui ont fait scandale, mais le moins que l’on puisse dire est que son action se limite à des réactions outrées aux soubresauts de l’actualité.
Mais malgré tous ces mouvements du menton, il n’a pas vraiment pris de mesures concrètes, contrairement à un Barack Obama qui n’a mis que quelques jours pour proposer un encadrement des rémunérations des banques aidées. Nicolas Sarkozy, lui, a préféré laisser au Medef le soin d’écrire un code de bonne conduite purement optionnel. Bonjour le décalage entre la parole et les actes ! Pire, il passe un week-end au Mexique dans une villa dont le financement de la location n’est pas très clair…
Les derniers jours ne font que confirmer la mauvaise pente prise par le président : une absence criante de dimension présidentielle et l’utilisation constante de rideaux de fumée pour camoufler ses propres errements, que ce soit la sécurité ou la dénonciation des excès du capitalisme.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/03/25/01011-200903...
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/03/25/01002-2009032...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, la banane, moralisation du capitalisme



