10.04.2009
Euro : comme d’habitude, le FMI n’a rien compris !
Décidemment, l’Union Européenne inspire les dirigeants d’outre-atlantique : Barack Obama soutient l’entrée de la Turquie et le FMI propose que les pays d’Europe de l’Est adopte l’euro. À mille lieux d’une Europe Européenne, cette Europe américaine est également un contresens économique.
Les précédents espagnol et irlandais
Cette proposition d’un économiste du FMI aurait pu être prise au sérieux il y a quelques années, mais aujourd’hui, il est difficile de ne pas y voir une grave erreur de jugement. Bien sûr, le fait de rejoindre l’euro épargnerait à ces pays des dévaluations qu’ils ont aujourd’hui du mal à supporter. Mais ce serait remplacer un mal par un autre mal, peut-être encore plus pervers. En effet, comment ne pas voir dans les pays d’Europe de l’Est des nouvelles Irlande et Espagne puissance dix ?
La politique monétaire unique de la BCE serait forcément trop accommodante pour ces pays, ce qui permettrait sans doute une forte croissance mais au prix d’une inflation incontrôlée et d’une probable bulle financière et immobilière, comme cela est arrivé en Espagne et en Irlande, deux pays aujourd’hui durement frappé par le chômage, qui culmine respectivement à 14 et 11%, les deux taux les plus élevés de la zone euro, démontrant a posteriori les limites de la monnaie unique.
L’euro n’est pas adapté pour l’Europe de l’Est
La théorie économique dit qu’une même zone géographique peut partager la même monnaie à trois conditions : une situation économique homogène (niveaux comparables d’inflation, de dette, de déficits….), une véritable mobilité du travail et un budget commun. Alors que l’on pourrait éventuellement argumenter sur la convergence économique des pays de la partie occidentale de l’Europe (et encore…) à défaut des deux autres critères, le premier critère n’est clairement pas rempli pour l’Europe de l’Est.
L’euro n’est pas adapté à l’Europe de l’Est. Le partage de la même monnaie aurait des conséquences encore bien pires que pour l’Espagne et l’Irlande hier. Les écarts de salaires minimums vont de 1 à 10 par exemple entre la Roumanie et la France. Un tel écart ne permet pas de partager la même monnaie car il est impossible de mener une politique monétaire qui conviendra à tous les pays. Nous aboutirions forcément à une cote mal taillée, trop restrictive pour la partie occidentale et trop laxiste pour l’Est.
« Le FMI fait partie du problème et non de la solution »
Cette phrase de Joseph Stiglitz dans « La grande désillusion » illustre bien le problème économique auquel nous sommes confrontés. L’homme qui a remporté le prix de la banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel a brillamment démontré toute la nocivité des politiques du FMI, qui impose la rigueur à des pays émergents quand ils traversent une crise alors que tous les pays occidentaux s’en sortent par la relance budgétaire. Le FMI soutient également la déréglementation dans le monde entier.
Cette même institution est pourtant la grande gagnante du G20 puisqu’elle y a gagné beaucoup d’argent et de pouvoir, alors même que les pays émergents se méfient comme de la peste de ses interventions et préfèrent donc accumuler des réserves pour éviter d’avoir à se soumettre à ses fourches caudines. Son soutien à l’élargissement de la zone euro est sans doute du meilleur signe que cette idée est une mauvaise idée. La solution pour l’Europe de l’Est serait plutôt un système de change fixe.
Il y a dix ans, on n’était pas sûr que la zone euro était une zone géographique adaptée au partage d’une monnaie. Aujourd’hui, avec le cas de l’Irlande et de l’Espagne, on le sait. Mais le FMI préfère fermer les yeux sur la réalité. Dire qu’il a récupéré quelques centaines de milliards de dollars au G20…
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/04/06/le-fmi-...
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2008...
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fmi, euro, joseph stiglitz, la grande désillusion, g20



