12.09.2008
Les surprenants rapports de force du Parti Socialiste
Les médias ont pour la plupart enterré une Ségolène Royal qu’ils n’ont jamais aimée et semblent hésiter entre Bertrand Delanoë et Martine Aubry pour prendre la tête du Parti Socialiste. Un pointage des signatures des contributions révèle un rapport de force bien différent…
En vue du Congrès de Reims, les élus, comme les militants, peuvent inscrire en ligne leur préférence pour les 21 listes déposées. Le Figaro fait donc un point sur le nombre de signatures recueillies par les principales listes. Les sept listes évoquées dans l’article (il n’y a pas les chiffres pour les autres) ont recueilli plus de 16 600 signatures, ce qui en fait un échantillon sans doute assez représentatif des rapports de force au Parti Socialiste. Les résultats sont plus qu’éloquents : la liste de Ségolène Royal rassemble 44,1% des signatures, suit celle de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli (18,3%), puis Bertrand Delanoë (10,2%), Jean-Luc Mélenchon (10,1%), la liste Moscovici- Montebourg (8,4%), puis Martine Aubry (5,1%) et enfin, la liste de Bertrand Colomb et Jean-Paul Guérini avec un petit 3,8%.
Ces chiffres révèlent un rapport de force très différent des sondages puisque Ségolène Royal domine les le décompte, avec à sa gauche 28% des suffrages se reportant sur Hamon, Emmanuelli et Mélenchon, ne laissant que 28% pour le pôle plus libéral (et encore, en incluant Martine Aubry). La candidate à la présidentielle semble donc avoir conservé une très forte aura au sein des militants du parti, ce qui ne va pas simplifier la tâche de ses opposants qui semblent contraints de s’entendre quasiment tous ensemble s’ils ne souhaitent pas voir la présidente de la région Poitou-Charentes prendre le parti. En outre, elle n’a pas besoin d’une alliance très large pour obtenir la majorité des voix. À mille lieux des rapports de force présentés par la majorité des médias, elle semble avoir une grande chance de l’emporter à Reims. Bertrand Delanoë et Martine Aubry, eux, ne semblent pas disposer d’un fort soutien militant.
Ségolène Royal a peut-être choisi la meilleure stratégie pour s’imposer : faire cavalier seul, sans se mêler aux désastreuses universités de la Rochelle. En effet, elle apparaît comme totalement extérieure aux trahisons et complots qui font le quotidien des éléphants. Les militants socialistes, excédés par les intrigues et les petites phrases des chefs du parti peuvent trouver dans la candidate à la présidentielle une personnalité différente et qui leur convient mieux. Le désolant spectacle des dernières semaines a sans doute tendance à la renforcer. Bien sûr, l’OPA de Ségolène Royal n’est pas encore faite et sera difficile tant elle semble susciter des réactions épidermiques, mais le manque d’entente de ses opposants est son meilleur atout. Même un large rassemblement ne semble pas certain de la battre.
Le Parti Socialiste a sans doute besoin de choisir un présidentiable à sa tête pour éviter de prolonger le psychodrame jusqu’au choix du candidat pour 2012. Mais l’issue la plus probable reste une large alliance pour contrer Ségolène Royal, quitte à s’affronter de nouveau dans deux ans.
Source : http://blog.lefigaro.fr/parti-socialiste/2008/09/segolene...
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, royal, delanoë, aubry, hollande, moscovici, la rochelle
02.09.2008
Le Parti Suicidaire
Ce week-end à la Rochelle, le Parti Socialiste a de nouveau étalé ses querelles de personnes au grand jour sans jamais arriver à réellement avancer sur le débat d’idées. Quel avenir se dessine d’ici novembre ?
Le PS ne semble décidemment pas capable d’apprendre de ses erreurs et poursuit l’exhibition de ses haines et manœuvres, provoquant le désarroi de ses militants et sapant profondément son image. Ségolène Royal a poursuivi sur sa lancée avec son « aimez-vous les uns les autres ou disparaissez », avant de quitter le panier de crabe rochelais. Une improbable alliance entre Martine Aubry, les fabiusiens, la gauche du parti et une partie des amis de Dominique Strauss-Kahn semble se dessiner. Si un tel regroupement devrait pouvoir peser lors du Congrès, l’hétérogénéité de l’attelage laisse songeur… De son côté, Pierre Moscovici, isolé et voyant son rêve de leadership s’envoler, tance Martine Aubry sur son alliance avec Laurent Fabius. La gauche du parti se pose des questions sur sa stratégie. Enfin, Bertrand Delanoë apparaît finalement assez isolé lui aussi. Comment cela peut-il se terminer en novembre ?
La coalition qui semble se former autour de Martine Aubry a aujourd’hui le vent en poupe. Ce regroupement d’éléphants fatigués semble la seule solution pour échapper au duel annoncé Royal / Delanoë. Mais Ségolène Royal a sans doute relativement bien joué de se distancier de ces querelles qui ont un effet désastreux sur l’image d’un parti pourtant déjà mal en point. Il ne faut sans doute pas la sous-estimer : après tout, elle avait réuni 60% des voix des militants lors des primaires socialistes. Même si elle a dû perdre plus que sa part d’adhérents, il est difficile de la voir sous les 30% en novembre. Elle peut peut-être espérer 40% des voix des militants en s’opposant aux éléphants. L’épouvantail Royal devrait entraîner un assez large rassemblement pour s’opposer à elle. La question est : est-ce que Bertrand Delanoë acceptera de ravaler son orgueil et rejoindre le camp Aubry pour faire partie des vainqueurs tant une aventure en solo semble aujourd’hui vouée à l’échec, malgré les sondages.
L’issue finale pour le PS semble écrite d’avance. Ségolène Royal n’atteindra sans doute pas la majorité, à moins que le spectacle des éléphants n’achève de jeter les militants dans ses bras. Son score déterminera sa capacité à rester dans le jeu. Il est donc probable qu’une coalition hétéroclite se constitue pour remporter la mise, mais cela ne fera que repousser le problème du leadership réel du parti puisque la question du candidat pour 2012 restera très ouverte (DSK, Hollande, Fabius, Aubry, Royal), promettant de nouvelles petites phrases et complots. Seule une large victoire de Royal pourrait rétablir l’ordre par la légitimité que cela lui donnerait, mais cela semble peu probable. L’issue du Congrès de novembre devrait être une nouvelle Grande Coalition qui ne tranchera rien. Non seulement le processus de rénovation du PS aura duré beaucoup trop longtemps, mais en plus, il devrait accoucher d’une souris !
Nicolas Sarkozy n’a sans doute rien à craindre de cette opposition dont l’image est encore plus mauvaise que la sienne. Mais il aurait tort de se réjouir : François Bayrou est bien placé entre une opposition décrédibilisée et un gouvernement dont l’impopularité par l’absence d’alternative à date.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/09/01/01011-200809...
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/08/31/01002-2008083...
http://partisocialiste.blog.lemonde.fr/2008/08/31/en-dire...
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