19.09.2009

Les producteurs de lait victimes de la libéralisation européenne

Le démantèlement de la PAC voulu par la Commission, et acceptée par les dirigeants politiques européens, a rapproché du marché du lait du fonctionnement des autres marchés dérégulés : les prix montent et descendent de manière anarchique, au mépris de toute réalité économique.

La situation intenable des agriculteurs

A l’origine, la Politique Agricole Commune fixait des prix minimums qui assuraient aux agriculteurs qu’ils pourraient vivre de leur travail. Au pire, quand la surproduction menaçait sur un marché, une politique de quotas était mise en place pour s’assurer que la production n’excédait pas les besoins du marché européen. Malheureusement, depuis de trop nombreuses années, la France a accepté le démantèlement de la PAC, laissant la fixation des prix aux simples mécanismes du marché.

Résultat, les prix ne cessent de faire le yo-yo comme nous le constatons à nouveau aujourd’hui. Le prix des céréales s’est récemment envolé du fait du développement des biocarburants et de la spéculation d’institutions financières qui y voyaient l’opportunité de juteux paris spéculatifs. Cela avait alors entraîné une hausse des prix du lait. Mais depuis quelques mois, les prix se sont effondrés, passant de 378 euros les 1000 litres en janvier 2008 à seulement 265 euros aujourd’hui.

Pas besoin d’être devin pour deviner qu’une baisse d’un tiers du prix du lait risque de mettre en péril l’ensemble d’une filière agricole qui place son point mort autour de 320 euros les 1000 litres et estime qu’elle a besoin d’un prix de 400 euros pour vivre correctement. Mais surtout, comment ne pas penser au sort malheureux des paysans qui se voient acculer à la faillite du jour au lendemain du fait des mouvements erratiques des prix du lait sur le marché.

L’exception agricole

Bien sûr, on pourrait soutenir que cette variabilité du prix est la conséquence de la liberté de production donnée aux agriculteurs et qu’à ce titre la baisse des prix n’est que la conséquence de la hausse de leur production. Cependant, l’agriculture n’est pas une activité comme les autres. Car on ne peut pas laisser simplement fonctionner les phénomènes de marché, à moins d’aboutir à une concentration de la production dangereuse pour la planète. Car que se passerait-il si 90% du blé était produit dans une poignée de pays et si l’un ou deux d’entre eux subissaient un aléa climatique exceptionnel ?

C’est bien pour cela qu’il est important d’assurer une relative indépendance alimentaire, qui seule permettra d’éviter des catastrophes alimentaires majeures si on laisse faire les mécanismes de marché. En outre, le développement de l’agriculture est essentiel pour le démarrage économique d’un pays, comme le montrent les exemples asiatiques. Enfin, il est scandaleux de faire des agriculteurs les variables d’ajustement d’un système économique dogmatiquement néolibéral.

Bien sûr, il est choquant de jeter du lait. Mais ce geste est surtout le signe du désespoir d’une profession difficile que les dirigeants européens ont abandonnée aux mécanismes froids et implacables du marché, au mépris de toute considération humaine. En cela leur colère est parfaitement légitime.

Source : http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/l...

http://www.debout-la-republique.fr/Greve-du-lait-le-gouvernement-doit.html

21.05.2009

Le lait, victime du dogmatisme néolibéral européen

Cette semaine, les éleveurs Français ont protesté contre la baisse des cours du lait en déversant une partie de leur production devant les préfectures. Un nouvel exemple des conséquences dramatiques de la libéralisation dogmatique venue de Bruxelles.

Une situation ubuesque

Il y a un an, le litre de lait valait 31 centimes d’euros. Aujourd’hui, suite à une forte augmentation de la production, le prix a baissé de 30% pour tomber à seulement 21 centimes d’euros. Le problème est qu’en moyenne, un élevage Français ne peut pas être rentable si le prix passe sous le cap des 28 centimes. Les éleveurs Français se sont fait tailler des croupières par les éleveurs d’Australie et de Nouvelle-Zélande, aux coûts de production largement inférieurs.

Bien sûr, les défenseurs du néolibéralisme pourront dire qu’après tout, il n’est pas anormal de se tourner vers les produits les plus compétitifs. Mais ce raisonnement est un peu court. Est-il vraiment dans l’intérêt général de transporter sur 20 000 kilomètres du lait de l’Hémisphère Sud ? Ce lait ne revient moins cher que parce que le fuel qui alimente les bateaux qui le transportent n’est pas taxé…

La responsabilité de l’Europe

Il n’y a pas si longtemps, l’objectif de la PAC, mise en place grâce au Général de Gaulle, était l’autosuffisance alimentaire de l’Europe. La Politique Agricole Commune assurait un prix stable pour les paysans et les éleveurs du Marché Commun. Malheureusement, comme le souligne le communiqué de presse de Nicolas Dupont-Aignan, c’est bien Bruxelles qui a demandé la fin du tarif recommandé, au nom de « la concurrence libre et non faussée ».

Pourtant, c’est l’Europe qui avait inventé ce modèle original qui garantissait un prix minimum aux agriculteurs, leur permettant d’investir dans leur exploitation tout en leur assurant un revenu régulier décent. Ce système a permis au continent européen d’atteindre l’autosuffisance et de créer une filière économique de référence à l’échelle du continent.

L’agriculture est-elle soluble dans le marché ?

Certains pourraient dire qu’après tout, c’est la loi du marché, comme dans d’innombrables autres secteurs économiques. Le problème de l’alimentation est particulier. Tout d’abord, les mouvements des prix alimentaires ont une influence colossale sur les pays en voie de développement. Une hausse trop importante des prix, si elle enrichit les paysans, peut réduire à la famine des centaines de millions de personnes alors qu’une baisse trop forte, si elle favorise les consommateurs, appauvrit les paysans.

Et ces mouvements violents des prix, conséquences de la libéralisation, ne peuvent être supportés que par les plus grosses multinationales et les producteurs aux plus bas coûts. Si aucune limite n’est mise, après l’élimination des producteurs les moins efficaces, la production se concentrera dans une poignée de pays, qui pourront alors contrôler la production et faire remonter les prix… Car plus la production se concentre, plus les profits augmentent, au détriment du consommateur final.

On pourra dire que cela participera à l’efficacité globale de l’économie, mais le cas de l’alimentaire est doublement différent. Tout d’abord, face aux aléas climatiques, il est essentiel de limiter la concentration de la production, pour éviter des famines dramatiques. Ensuite, le développement d’une agriculture locale est une phase clé du développement économique, comme le montrent les exemples des pays asiatiques, ce qui impose une protection pour permettre aux agriculteurs locaux de se développer.

La libéralisation imposée par Bruxelles est la cause de ces mouvements désordonnés des prix. Et cela est d’autant plus regrettable que pour cela, l’Europe est revenue sur un système qui avait fait ses preuves par pur dogmatisme idéologique.

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/05/18/resulta...

http://www.marianne2.fr/On-importe-du-lait-d-Australie-et...

http://www.debout-la-republique.fr/Crise-du-lait-Michel-B...