14.03.2009
Crépuscule vendéen
Philippe de Villiers a marqué les campagnes européennes depuis 1992. Le débat sur le traité de Maastricht en a fait une figure nationale qui m’a cependant toujours rebuté pour certaines de ses idées. Les élections européennes de 2009 pourraient bel et bien refermer une parenthèse dans sa carrière.
Lentilles du Puy
À dire vrai, le député de Vendée a grandement perdu en lisibilité politique depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. En renonçant à combattre véritablement le traité de Lisbonne négocié par le président de la République, alors que le combat contre les traités européens supranationaux faisait partie de son identité politique, il a privilégié ses liens avec l’UMP à ses idées. Ce profil bas pourrait lui permettre d’accéder à un ministère selon la rumeur politique.
Mais c’est surtout son alliance avec l’homme d’affaires irlandais Declan Ganley qui pourrait bien signifier la mort politique de Philippe de Villiers. En effet, en rejoignant Libertas, l’élu de Vendée a rejoint un groupe dirigé par une personnalité ultralibérale, favorable à l’OTAN et à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, ce qui semble en contraction complète avec les thèses qu’il défendait jusqu’alors. Cette nouvelle contradiction démontre un opportunisme bien peu regardant avec les idées.
Un diviseur plutôt qu’un rassembleur
Philippe de Villiers a toujours été une figure très polarisante de la vie politique Française. Il est une des personnes qui a le plus haut niveau d’opinions défavorables. Sa présentation volontiers outrancière des évènements, les valeurs qu’il met en avant ou la campagne qu’il avait lancée pour dénoncer le complot islamiste qui serait organisé à Roissy le réduisent au rôle de faiseur de bons mots de la droite de la droite. Aujourd’hui, Philippe de Villiers ne peut pas incarner une alternative pour la France.
Et du coup, même ses troupes finissent par le lâcher. Alors qu’il annonçait mercredi le lancement de ses listes Libertas avec Chasse Pêche Nature et Tradition, Paul-Marie Coûteaux, qui devait vraisemblablement conduire la liste en Ile de France en tant que député européen sortant, a dénoncé l’alliance du président du MPF avec M. Ganley. Cette division interne va contribuer à affaiblir plus encore un député de Vendée qui a perdu la large audience qu’il avait pu connaître dans les années 90.
Il faut espérer que le déclin politique de Philippe de Villiers va connaître une étape finale avec ces élections. Sa présence et ses excès ont largement pollué l’image des hommes politiques non extrémistes qui avaient une autre vision de l’Europe. Une nouvelle étape peut enfin commencer.
Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/03/11/elections...
10:55 Publié dans Actualités, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : philippe de villiers, paul marie couteaux, libertas, élections européennes



