12.12.2010

Neige et complications

Cette semaine, l’Ile de France a été paralysée par une vague de neige qui a bloqué des milliers d’automobilistes sur les routes et les a contraint à abandonner leur véhicule ou à y passer la nuit. L’occasion pour le gouvernement de montrer une nouvelle fois ses limites.

Carton rouge à François Fillon et Brice Hortefeux

Le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur se sont une nouvelle fois illustrés par leurs réactions totalement déplacées. François Fillon aurait mieux fait de garder le silence et le flegmatisme qui le caractérisent et le protègent dans l’opinion. Attaquer les prévisions de Météo France de la sorte était à la fois mesquin et malhonnête. Malhonnête car les prévisions ne faisaient pas état de seulement deux centimètres de neige et mesquin car cela revient à chercher un bouc émissaire.

Brice Hortefeux s’est également illustré en affirmant qu’il n’y avait pas de pagaille. Il s’est lancé dans un exercice rhétorique aussi surréaliste que ridicule en affirmant qu’une pagaille est par définition « indescriptible », et que comme il pouvait décrire la situation, alors il n’y avait pas de pagaille… Quand on écoute le ministre, on a l’impression d’entendre un dignitaire soviétique de la fin des années 80 qui expliquerait que l’histoire montre que les communistes avaient raison…

Un Etat pas à la hauteur

Il est bien évident que l’Etat ne peut pas toujours tout faire et il y a forcément des épisodes climatiques extrêmes où l’homme ne peut pas anticiper tout ce que la nature fait. Néanmoins, dans l’épisode climatique de cette semaine, il est difficile de ne pas voir que les autorités de l’Etat n’ont pas été à la hauteur. Le fait de laisser les automobilistes et les camions emprunter la N118 sans qu’un salage y ait été réalisé était un véritable d’acte d’inconscience.

Nicolas Dupont-Aignan, qui connaît bien les problématiques régionales, insiste dans son blog sur les conséquences fâcheuses de la suppression des Directions Départementales de l’Equipement (DDE) et d’un manque de coordinations des agents de l’Etat, pénalisés par un manque de moyens. En outre, après plusieurs épisodes qui ont paralysé une partie du pays, on peut s’interroger sur la nécessité d’augmenter les équipements de déneigement pour éviter la paralysie.

Plutôt que de chercher un bouc émissaire comme le premier ministre, ou de rentrer dans des débats sémantiques ridicules qui montrent leur coupure d’avec la population, les membres du gouvernement feraient mieux de réfléchir aux moyens de mieux gérer les prochains épisodes neigeux.