03.02.2009
La "défaititude" de Ségolène Royal
La candidate malheureuse à l’élection présidentielle et à l’élection du premier secrétaire du PS reste droite dans ses bottes en publiant « Femme debout ». Elle conserve la même stratégie que celle qu’elle avait suivie avec « Ma plus belle histoire, c’est vous », publié en 2007.
Une stratégie de victimisation personnalisée
Comme Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal parle d’elle. Comme lui, elle choisit des titres qui ne parle pas de la France, des Français ou des idées qu’elle souhaite proposer, mais qui parle de son histoire, scénarisée pour la mettre en valeur. Nicolas Sarkozy était « libre » et confiait ses « témoignages » aux Français. Ségolène Royal soutenait que sa « plus belle histoire », c’était la campagne présidentielle. Elle se présente aujourd’hui en « femme debout ». Les idées, les convictions, la France s’effacent devant le parcours d’une femme politique qui juge son histoire plus importante que tout.
Pire, Ségolène Royal récidive dans le déni de défaite et dans la victimisation. Dans ce livre, elle confie donc que si les médias l’avaient soutenue comme ils ont soutenu le candidat Sarkozy et si elle avait bénéficié d’un parti socialiste uni, elle aurait gagné avec 55% des voix au second tour. De même, elle continue à insinuer qu’elle est peut-être arrivée en tête de l’élection du premier secrétaire du parti socialiste. L’absence de recul et de remise en question atteint un niveau absolument sidérant. Rien n’est jamais sa faute. C’est toujours la faute des médias (qui l’ont pourtant aidée dans son ascension en 2006) ou des socialistes.
Une attitude complètement incohérente
Pendant les primaires et la campagne interne du PS, Ségolène Royal se vantait de ne pas utiliser de petites phrases et de davantage respecter ses adversaires qu’ils ne le faisaient. Pourtant, aujourd’hui, son livre contient un florilège d’attaques acides sur ses camarades socialistes. Si certaines formules font mouche, on peut se demander ce qu’elles apportent à notre vie politique qui souffre déjà d’un trop plein de livres ou d’interventions acides des uns sur les autres. Ségolène Royal s’abandonne au travers nombriliste de notre vie politique et oublie complètement le débat d’idées. Ne serait-il pas plus intéressant d’entendre des propositions concrètes sur le plan de relance ou la refondation du capitalisme ?
La candidate à la présidentielle de 2007 n’est que dans une posture, une histoire personnelle présentée de manière quasiment délirante où elle serait la victime de journalistes, d’hommes ou de socialistes malveillants. Elle refuse quasiment toute autocritique et sombre dans un autisme paranoïaque qui lui fait refuser toute remise en question. Pourtant, c’est bien elle qui était face à Nicolas Sarkozy lors du débat du second tour et qui n’a pas convaincu les Français qu’elle avait les épaules pour assumer la présidence de la République. C’est bien elle qui n’a pas su répondre à certaines questions des journalistes ou fait des blagues ridicules sur « l’influence » qu’elle aurait eu sur la campagne de Barack Obama.
À force de se complaire dans cette attitude, Ségolène Royal ne fait que confirmer l’excellent jugement d’Emmanuel Todd pour qui « les électeurs qui avaient peur de l’incompétence de Ségolène Royal l’ont finalement emporté sur ceux qui avaient peur de la brutalité de Nicolas Sarkozy ».
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/01/28/dans-u...
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, femme debout, ma plus belle histoire c'est vous, présidentielles 2007, parti socialiste



