24.05.2011
Républicains civiques progressistes vs identitaires ethniques
On peut donc distinguer deux grandes familles : les républicains civiques / progressistes d’une part (regroupant, entre autres DLR et MRC) et les ethniques / identitaires de l’autre (englobant MPF et FN notamment). Voilà une contribution à la façon dont on peut les distinguer.
Les « républicains civiques »
Pour moi, les « républicains civiques » sont attachés aux valeurs de la République (universalité, égalité, liberté, fraternité, laïcité). Ils sont attachés au droit du sol, et, s’ils peuvent reconnaître les racines chrétiennes de la France, accueillent volontiers les autres religions, du moment que celles-ci respectent les lois et l’esprit de notre République (d’où l’opposition à la burqa…).
Les « républicains civiques » reconnaissent qu’il y a un islam de France, refusent tout amalgame entre musulmans, reconnaissent l’apport important de l’immigration à notre pays et, s’ils ne sont pas angéliques sur l’immigration ou sont opposés au communautarisme, refusent de véhiculer les fantasmes des ethniques sur l’invasion dont serait victime la France et la menace sur son identité. Ils ont une vision intégratrice de la République par opposition à une vision assimilatrice.
Les « civiques » acceptent la diversité du moment qu’elle ne remet pas en cause nos principes républicains. Ils voient dans la diversité régionale de notre pays, mais aussi dans les apports de l’immigration, une richesse qui ne rentre pas forcément en conflit avec l’identité Française, mais la complète, l’enrichit. Ils acceptent les pratiques religieuses différentes, du moment qu’elles ne rentrent pas en conflit avec nos principes et ne remettent pas en cause l’unicité de notre pays.
Les « ethniques » identitaires
A l’inverse, les « ethniques », autre qualificatif des « identitaires », refusent d’accepter la diversité de notre pays apportée par l’immigration, surtout quand elle est extra-européenne et d’origine africaine. Ils souhaitent une assimilation, un abandon des cultures d’origine car ils craignent la substitution des Français de souche par des immigrés africains musulmans, qu’ils présentent souvent comme un tout homogène non désireux de s’intégrer à notre pays.
Pour les « ethniques », la France est blanche, chrétienne. Ils cèdent volontiers à l’islamophobie. Alors que les « civiques » ont plutôt une sympathie pour la Palestine et refusent de considérer l’Occident comme un bloc homogène, les « ethniques / identitaires » adhèrent volontiers aux thèses occidentalistes, ont une sympathie naturelle pour les Etats-Unis et Israël. Leur rejet de l’immigration est viscéral et radical. Ils en font volontiers la cause des maux de notre pays.
Une ligne de fracture différente
Les « ethniques » sont en général de droite ou d’extrême droite, et mettent l’identité du pays au cœur de leur préoccupation. Les premiers sont au FN, au MPF et de plus en plus à l’UMP, du fait du durcissement du discours de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, qui a créé une porosité entre son parti et l’extrême droite. A l’opposé, les « républicains civiques » peuvent venir d’horizons différents et se retrouvent à droite comme à gauche, y compris au PS et à l’UMP.
On retrouve ensuite les mondialistes, que l’on pourrait découper en deux sous-famille, les communautaristes et les multiculturels. Les premiers, très minoritaires en France, n’osent pas toujours avancer à visage découvert, mais les seconds favorisent souvent leur agenda par un rejet profond de l’idée même de nation ainsi qu’un antiracisme tellement viscéral qu’il brouille parfois leur raison, comme l’a bien montré l’épisode des quotas de binationaux dans le football.
Du coup, en admettant que les civiques / progressistes ont une dimension culturelle (les valeurs de la République), je crois que l’analyse de Malakine n’est finalement pas éloignée de la mienne sur l’ordo-souverainisme et que nous sommes fermement tous les deux du côté des civiques.
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23.05.2011
Républicains ethniques vs civiques : réponse à Malakine
Il y a quelques semaines, Malakine a entamé une série de papiers riches et très intéressants sur les républicains ethniques et civiques. N’étant pas d’accord avec un certain nombre de points et étant mis en cause à un certain moment, il m’était important d’y répondre.
Une réflexion importante
Je partage un certain nombre d’analyses de Malakine et j’attends avec impatience la conclusion de la série. Je partage sa critique du débat pitoyable sur l’identité nationale ou sa distinction très juste entre l’assimilation et l’intégration. En revanche, j’ai beaucoup de points de désaccords, sur lesquels je vais revenir. Mais ces papiers ont l’immense intérêt de pousser à la réflexion et de me faire préciser un certain de choses sur des questions importantes.
Beaucoup de lecteurs l’ont noté : l’emploi des termes « civiques » et « ethniques » est sujet à caution. Je suis donc aller chercher des définitions pour étudier la ligne de partage définie par Malakine. L’ethnie est ainsi définie comme un « groupement humain homogène par la cultur,e la langue, la religion ». Certains le présentent comme un synonyme de « race ». En grec ancien, il serait traduit par « peuple, nation ». Le « civisme », c’est le respect du citoyen pour la collectivité.
Une ligne de partage contestable
Pour lui, le facteur culturel est purement ethnique et non civique. Pourtant, il écrit aussi qu’« il est bien évident que le bon fonctionnement d’une communauté politique exige un terreau culturel ». Mais alors, comment le républicain civique pourrait exclure toute dimension culturelle à la communauté à laquelle il appartient ? Le lien civique, c’est justement la culture commune. La nation civique est forcément culturelle, ce ne peut pas être qu’une adhésion volontaire et révocable.
Je ne suis pas du tout d’accord non plus par la peinture d’une France « mosaïque très peu unifiée », alors que nous sommes un des pays les plus forts d’Europe (par rapport à tous nos voisins). Je ne crois pas non plus au refus hystérique de toute différence, la France étant justement une terre d’immigration depuis assez longtemps. Et a présence de cultures régionales démontre que notre identité n’exclut pas la diversité (du moment où celle-ci ne remet pas en cause l’unité).
La France, ce n’est pas du tout l’indifférenciation absolue, c’est justement le cumul d’une forte unité avec de vrais particularismes, mais qui ne remettent pas en cause cette unité, à la différence de l’Espagne. Je crois justement qu’il y a un régionalisme républicain, très Français, qui se distingue des régionalismes de nos voisins. Venant de Bayonne, je vois bien la différence entre les deux côtés des Pyrénées…
Une interprétation politique contestable
La ligne de partage politique ne me semble pas totalement pertinente non plus. J’ai du mal à voir Jean-Pierre Chevènement, classé comme un république civique, « indifférent au fait culturel » pour la communauté nationale. En outre, le parallèle avec Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin, de vrais mondialistes me semble assez contestable. En revanche, je me sens assez proche de cette vision de l’immigration et de la gestion des différences.
Le portrait des « nationaux-républicains » est effrayant : « haine des particularismes », « martyriser leurs compatriotes de la périphérie » « leur seul projet : la détestation des différences ». Je ne vois vraiment pas ce qui peut permettre de classer DLR dans une telle catégorie, comme je l’avais souligné dans mon papier sur les deux familles de l’ordo-souverainisme. Justement, le Général disait que « le patriotisme, c’est aimer son pays, le nationalisme, c’est détester celui des autres ».
Le gaullisme est bien évidemment un républicanisme civique (en y intégrant la notion de culture) alors que les MPF ou FN sont clairement du côté des ethniques / identitaires. Je ne vois vraiment pas ce qui, dans les discours de Nicolas Dupont-Aignan, ou même dans mes écrits pourrait nous faire basculer de l’autre côté. Ma critique du voile n’est absolument pas culturelle, mais seulement républicaine, et vient uniquement du fait qu’il contrevient à l’égalité et à la liberté des femmes.
Malgré tout, cette série est très intéressante dans la mesure où elle suscite la réflexion et je poursuivrai demain en tâchant de développer un peu plus longuement ma vision de la différence entre « civiques » et « ethniques / identitaires ».
10:55 Publié dans Actualités, Blog, Société | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : horizons, malakine, républicains ethniques, républicains civiques, gaullisme
09.04.2011
Les deux familles de l’ordo-souverainisme*
Une partie de la classe politique, des médias, et même de ses sympathisants pratiquent l’amalgame entre les souverainistes. Pourtant, il y a des différences fondamentales entre deux grands courants.
Ordo-souverainisme et libertaro-mondialisme
Le terme « souverainiste » n’est pas sans poser de gros problèmes dans l’analyse de l’offre politique. En effet, il recouvre des personnes complètement différentes. Il est autant applicable au régime communiste de la Corée du Nord qu’aux conservateurs ultralibéraux de Grande-Bretagne. En fait, il n’est qu’une composante des idées politiques d’un courant et ne saurait être le seul adjectif utilisé pour l’analyser, à moins de réaliser une étude très superficielle du courant concerné.
Malgré tout, l’opposition souverainiste / mondialiste a un sens aujourd’hui. Aujourd’hui, le PS, l’UMP, le Modem et les Verts (et dans une certaine mesure le PG et le NPA) sont clairement des mondialistes, qui ne voient plus dans le cadre national le cadre naturel de l’exercice du pouvoir, qu’ils préfèrent faire glisser dans des cénacles supranationaux. Au global, les mondialistes sont en général plutôt libéraux alors que les souverainistes sont plus sensibles à l’ordre.
Comme le souligne Frédéric Lordon : « en appeler à un gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix, à savoir pas de gouvernement du tout ». En effet, la libéralisation conduit à la mondialisation, qui, elle-même favorise la libéralisation. En fait, toutes deux organisent l’absence de prise des gouvernements sur le réel. Au contraire, les ordo-souverainistes pensent que le maintien du cadre national est essentiel pour la démocratie et que les peuples gardent leur destin en main.
J’ai adopté le terme « libertaro » plutôt que « liberalo » car il y a un profond refus des règles, des entraves à la circulation des biens, des personnes et des capitaux de la part des mondialistes, qui me semble davantage relever du libertarisme que du libéralisme (ce qui permet d’y intégrer la gauche de la gauche). Naturellement, il y a plusieurs tendances : sociaux, libéraux, interventionnistes ou identitaires. Mais les deux derniers feignent d’ignorer la contradiction avec leur mondialisme…
Les deux ordo-souverainismes : identitaires contre progressistes
Dès lors, on pourrait conclure que le clivage qui compte est bien celui entre les libertaro-mondialistes et les ordo-souverainistes. Mais cette deuxième famille est profondément coupée en deux, comme me l’ont montré plusieurs discussions récentes. En effet, le retour à la nation et à un certain ordre (autant économique que social) n’ont pas du tout les mêmes motivations pour les deux familles de l’ordo-souverainisme, les identitaires et les progressistes.
En effet, il suffit de discuter un peu longuement avec des militants de ces deux familles pour distinguer une profonde fracture entre les deux. Les ordo-souverainistes identitaires sont principalement motivés par la protection de leur identité, qui serait menacée par des flux d’immigrés aux cultures différentes. Cette prédominance des questions identitaires explique qu’ils réunissent à la fois des libéraux et des dirigistes sur les questions économiques. En France, ils sont dans un réduit limité.
A l’inverse, les ordo-souverainistes progressistes sont motivés par les questions économiques et sociales. Ils voient dans la mondialisation néolibérale la cause d’une explosion des inégalités, du chômage de masse, d’une nouvelle forme d’exploitation des masses et d’un affaissement de certaines valeurs. Parce qu’ils sont attachés à la nation, les ordo-souverainistes progressistes sont aussi attentifs aux questions d’identité, mais pas de la manière volontiers xénophobes des identitaires.
On reconnaîtra dans les identitaires le FN et le MPF et dans les progressistes DLR et le MRC. Cela explique aussi la séparation (a priori surprenante) entre MPF et DLR, qui peuvent sembler proches à un œil non averti. On peut voir dans l’évolution du discours de Marine Le Pen un souci de s’adresser à ces deux tendances, ce qui est logique étant donnés la sociologie de son électorat et le potentiel beaucoup plus limité de l’identitaire. Mais les racines du FN sont identitaires.
La distinction entre les ordo-souverainistes identitaires et progressistes n’est pas une simple figure de style. Quelques discussions avec les membres des deux familles l’éclaire formidablement bien. En un sens, on y retrouve l’opposition de toujours entre l’extrême-droite et le gaullisme, entre le nationalisme et le patriotisme.
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01.01.2011
Solutions pour l’Europe : réponse à Malakine
Hier, Malakine a signé un second papier consacré à l’Europe. Si je partageais le constat de son premier article, je ne suis pas totalement d’accord avec celui-ci. Voici pourquoi.
Monétisation et défaut
Malakine prend curieusement position en faveur de la monétisation par rachat des créances douteuses des banques par les banques centrales. En effet, à la différence de la recapitalisation, qui assure un certain contrôle sur les banques, le rachat de créances est l’option préférée des banquiers et des financiers dans la mesure où elle leur laisse toute autonomie dans la gestion de leurs établissements, tout en utilisant l’Etat à discrétion pour recycler leurs créances pourries…
La monétisation des dettes publiques, impossible dans l’Europe actuelle, le convainc moyennement car cela exigerait un rétablissement de la balance des paiements et il faudrait veiller à ne pas creuser davantage les déficits commerciaux en stimulant la demande de produits importés. Toutes ces remarques sont justes, mais il faut noter que le protectionnisme et la TVA Sociale sont des moyens de répondre à ces objections. En revanche, il note justement que le risque inflationniste est aujourd’hui limité.
A ma surprise, il soutient que le défaut est une « fausse bonne idée ». Si je ne suis pas partisan d’un défaut généralisé en Europe, je crois que cette option ne peut pas être ignorée pour certains pays de la périphérie du continent. Avec une dette à 140% du PIB, une dépression économique et une forte perte de compétitivité, la Grèce est dans la situation de l’Argentine avant 2002. Naturellement, cette solution est extrême mais pour au moins un pays, elle s’imposera. Et le plus tôt serait le mieux.
La sortie de l’euro, solution de choc
Mais le cœur du débat porte sur la sortie de l’euro. Insister sur cette proposition ne signifie pas que j’oublie l’analyse de la situation, le besoin de protectionnisme ou la réglementation de la finance. D’ailleurs, en avril dernier, j’avais replacé cette sortie comme une solution parmi d’autres. Si je parle beaucoup d’euro, c’est parce que c’est le sujet qui fait débat aujourd’hui et que j’ai moins de choses nouvelles à dire sur les deux autre sujets. Cela ne signifie pas non plus que c’est le remède à tous nos problèmes.
S’il est juste de dire que la dévaluation s’assimile à un défaut partiel sur les dettes (si elles sont converties), ce ne serait pas le cas pour la France. Certes, il y aura un appauvrissement momentané (et encore, limité pour notre pays), comme dans toute dévaluation, mais ne vaut-il mieux pas un appauvrissement momentané suivi d’un rebond plutôt qu’un lent et long appauvrissement sans issue ? En outre, il faut tout de même souligner que la plupart des dévaluations aboutissent à une reprise économique…
La hausse des taux longs est hypothétique pour la France : a-t-on assisté à une envolée des taux longs en Grande-Bretagne et en Suède quand ces pays ont laissé leur monnaie se déprécier ? En outre, la monétisation permet de régler ce problème. Notre croissance serait dynamisée par le commerce avec l’Allemagne, les Etats-Unis ou l’Asie… Et la TVA sociale, un prix de soutien aux produits agricoles ou d’autres mesures limiteraient les perturbations venues d’Espagne ou d’Italie.
Cette critique du retour au franc présente deux angles morts. Elle ne met pas suffisamment en balance les problèmes que posent l’euro, que souligne pourtant Malakine (surévaluation, baisse des salaires, politique unique inadaptée à des réalités nationales disparates). En outre, il ne considère que les aspects négatifs d’une dévaluation. Après le protectionnisme, les dévaluations semblent être le nouveau tabou économique.
Si dévaluer une monnaie a des inconvénients (renchérissement des importations et des créances en monnaies étrangères…), il y a aussi des avantages réels, comme rééquilibrer la balance commerciale (notre pays n’est pas un désert industriel non plus) et redynamiser la croissance. L’histoire économique récente me semble davantage remplie de dévaluations réussies que ratées…
Bref, si je partage pleinement la dernière partie du papier, sur le protectionnisme et le nécessaire retour à une politique industrielle forte, en revanche, la critique des solutions non traditionnelles ne me convainc pas, et surtout celle de la sortie de l’euro qui présente de sérieux angles morts…
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : malakine, europe, euro, dévaluation, défaut, monétisation
26.12.2010
L’illusion des euro-obligations
C’est la dernière idée issue du cerveau malade des eurocrates pour essayer de sauver leur monnaie unique : émettre des euro-obligations à l’échelle de l’ensemble de la zone euro pour faciliter le financement des pays en difficulté. Retour sur une idée aussi farfelue que dotée d’arrière-pensées.
Une idée absurde
Les Allemands lui ont fait la peau à peine a-t-elle été évoquée, et Malakine a très bien expliqué pourquoi cette idée est ridicule. En effet, les eurocrates ont imaginé un système où la dette des pays membres serait collectivisée à hauteur de 60% du PIB de chacun des pays. Dans leur schéma, cela revenait à imposer aux marchés un traitement indifférencié de la dette de tous les pays membres de la zone euro jusqu’à une certaine limite, les Etats devant financer le reste seuls.
Tout d’abord, il est tout sauf évident que le taux de ces euro-obligations se serait aligné sur les taux Allemands. Les marchés auraient également pu prendre une moyenne, ou même, craignant une indifférenciation déresponsabilisante, demander une prime de risque. Mais, surtout, comment ne pas imaginer que les écarts de taux sur la part restante de la dette auraient explosé d’autant plus qu’ils ne porteraient que sur la dette supérieure à 60% du PIB ?
De vraies arrière-pensées
En fait, on peut y voir une tentative guère subtile de poursuivre le lent mais important grignotage des pouvoirs des Etats-nations. La Commission de Bruxelles et la BCE ne verraient sans doute pas d’un mauvais œil le transfert partiel des dettes souveraines sous un cadre européen, qu’elles seraient de facto amenées à gérer… Comme d’habitude, à chaque crise, les institutions européennes cherchent à gagner du pouvoir plutôt qu’à trouver une solution pour les Etats-membres.
D’ailleurs, c’est assez symptomatique des discussions des dernières semaines. Alors que le FMI et l’Allemagne avaient insisté pour que les plans « d’aide » comportent un effort de la part des créanciers, les institutions européennes ont protégé (temporairement) les banques en infligeant tout le poids de l’ajustement aux peuples. Bref, les marchés empochent la prime de risque de taux plus élevés sans véritablement assumer ces risques, dont cette Europe les protège.
Résultat, les eurocrates continuent à essayer de construire leur château de cartes fédéraliste sans se rendre compte que leur construction est de plus en plus instable et impopulaire. Gageons que soit la colère des peuples, soit le jugement des marchés, qu’ils ont rendu tout puissants, le fera s’effondrer sous peu.
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14.11.2010
Bloc notes
En attendant l’annonce du petit remaniement de ce petit président, voici un petit bloc-notes résumant la semaine.
Je me suis exprimé plusieurs fois sur le gaullisme et son héritage. Curieusement, ce 40ème anniversaire de la mort du Général n’a pas été si unanime que cela. France 3 a diffusé un documentaire à charge défendant la thèse d’un coup d’Etat démocratique, dans un oxymore qui démontre bien la fausseté de l’accusation. A-t-on déjà vu un général de pronunciamiento remporter deux campagnes électorales et se faire élire deux fois par les élus de la nation en 8 mois ? Je préfère ne garder que le magnifique et émouvant papier de Jérôme Leroy sur Causeur. Décidemment, quelque chose de fort unit certains communistes aux gaullistes…
Beaucoup de bonnes choses à lire sur la blogosphère la semaine dernière. Je vous conseille vivement l’interview d’Hakim El Karoui par Malakine, comme quoi deux personnes arrivent en un seul papier à beaucoup plus d’intelligence et de matière que le gouvernement avec son pseudo débat sur l’identité nationale… RST, lui, est revenu sur un vieil épisode d’unification monétaire européenne, l’Union Monétaire Latine, réalisée en 1865. Si l’expérience était différente de l’UEM d’aujourd’hui, beaucoup de leçons qui en ont été tirées pourraient nous être utiles aujourd’hui.
Yann poursuit ses analyses toujours pertinentes de la crise économique en revenant sur le nouvel épisode de Quantitative Easing de la Fed. Il signe également un papier que je partage totalement « frontières ou chaos » qui montre que la suppression des frontières est la cause de l’anarchie économique actuelle. L’actualité économique récente démontre également les dangers de l’euro. Alors que la reprise britannique s’affermit au 3ème trimestre (PIB +0.8%, soit plus de 3% de croissance en rythme annuel) du fait de la baisse de la livre, la Grèce s’enfonce toujours plus dans la dépression.
Enfin, il faut noter l’incroyable mesquinerie réactionnaire de l’UMP et d’Hervé Mariton en particulier, qui vient de rétablir l’avantage fiscal l’année du mariage, sans le rétablir pour le PACS. Décidemment, outre une incapacité à régler les problèmes de notre pays (chômage, violence aux personnes, finances publiques ou financement des retraites), cette majorité flirte trop souvent avec un ordre moral nauséabond. Merci à Joseph Macé-Scaron d’avoir attiré notre attention sur ce nouveau dérapage du gouvernement.
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22.10.2010
Comment l’anarchie commerciale a cassé la croissance des pays occidentaux
Dans la pensée unique, bien illustrée par l’éditorial d’Axel de Tarlé ce matin sur Europe 1, l’Allemagne serait un modèle économique, les exportations le but que toute économie devrait se fixer. Pourtant, l’anarchie commerciale est en train de détruire le potentiel de croissance des pays occidentaux.
Le contre-exemple Allemand
Beaucoup d’analystes ont décidemment la mémoire courte. Il suffit que l’Allemagne enregistre une croissance très forte en 2010 pour qu’ils décrètent sans le moindre recul que c’est le modèle à suivre. Comment ne pas être frappé par tant de bêtise ! Oublient-ils qu’en 2009, ce « modèle » a vu son PIB reculer de 5%, ce qui signifie que sur la période 2009-2010, la richesse nationale de la France aura moins reculé que celle de son vertueux voisin d’outre-Rhin ?
Mais surtout, un examen de statistiques un peu longues donne une perspective totalement différente. De 2000 à 2009, le PIB Allemand a cru de 0.8% par an (1.5% en France…). Seule l’Italie a fait moins bien avec une croissance d’à peine 0.5%. Et si le chômage est nettement plus faible outre-Rhin, il faut aussi le voir comme la conséquence d’une économie grosso modo 20% plus importante que la France mais qui compte 20% d’enfants de moins. La démographie joue un rôle.
L’Allemagne n’est pas un modèle et comme le souligne Jacques Sapir, elle est devenue un problème pour l’Europe. Son modèle de croissance, basé sur les exportations, comprime les salaires, qui stagnent. Pire, il ne tient que parce que les autres pays européens ne l’ont pas adopté. Si tout le monde suivait l’Allemagne, le continent européen s’enfermerait dans la dépression. Et surtout, comment peut-on affirmer que l’absence de progrès social pour 90% de la population est un modèle ?
Les conséquences de l’anarchie commerciale
Ce contre-exemple Allemand a au moins le mérite de montrer les conséquences délétères d’un modèle de croissance basée sur le commerce. Même si je ne partage pas complètement ses conclusions, Malakine a fait un papier très intéressant sur l’emploi. Il y distingue quatre types de secteurs économiques : le public, les services domestiques non soumise à la concurrence, l’économie productive domestique non soumise à la concurrence (BTP notamment) et l’économie productive soumise à la concurrence.
Tout le problème est que les écarts de salaires entre pays en voie de développement et pays développés ne sont absolument pas proportionnels aux écarts de productivité, contrairement à la mythologie néolibérale (sinon, on ne voit pas pourquoi il y aurait des délocalisations, étant donnés les coûts de transport). L’existence d’écarts très grands de salaires (de 1 à 20) sans mécanisme régulateur produit forcément un transfert des emplois vers les zones de bas salaires.
En outre, cela met une forte pression sur les salaires (comme le montre le cas de l’Allemagne), condamnant cette partie de l’économie des pays développés à la décroissance. Pire, la partie de l’économie ouverte à la concurrence est en croissance rapide, comme le montrent les délocalisations de certains services (centres téléphoniques, services bancaires…). La décroissance de ces secteurs créé des déficits qui pousse l’Etat à réduire ses dépenses, réduisant plus encore notre potentiel de croissance.
Bien sûr, les néolibéraux utilisent la baisse du prix de certains produits pour montrer les bénéfices de l’ouverture commerciale. Mais ce raisonnement est faux : la compression des salaires a été plus forte que la compression des prix, comme le montre la baisse du pouvoir d’achat des classes populaires presque partout. Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les ménages n’ont réussi à maintenir leur pouvoir d’achat qu’au prix d’un recours massif au crédit.
La réalité de l’anarchie commerciale c’est une baisse du prix de certains produits, mais ce sont surtout des délocalisations massives, du chômage, une compression des salaires, et, au final, une remise en cause profonde de la possibilité même de croissance des pays dits développés.
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22.09.2010
Une autre Europe : pourquoi ?
Un débat s’est engagé au sein de la blogosphère alternative et républicaine sur la manière dont la France peut reprendre son destin en mains, notamment vis-à-vis de l’Europe. Malakine et Yann ont trouvé les dernières propositions de Jacques Sapir un peu timides. Voici ma contribution.
J’avais initialement prévu de traiter du comment réformer l’Europe, mais, au final, j’ai trouvé difficile de parler du moyen de changer l’Europe sans expliquer ma vision et donc in fine de mon analyse des carences de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, mais aussi de son utilité. C’est pour cela que je vais traiter le sujet en plusieurs articles qui seront donc publiés sur quelques jours.
Une Europe anti-démocratique
Le premier problème posé par l’Europe est une tendance peu démocratique, récemment illustrée par le refus de prendre en compte le vote de la France et des Pays-Bas sur le TCE : à quoi servait-il de faire voter les peuples si c’était pour ignorer leur vote par la suite ? Pire, cette tendance se retrouve dans la construction institutionnelle de l’Union Européenne qui donne de très larges pouvoirs à des organisations technocratiques très indépendantes : la Commission et la BCE.
Globalement, transpire de cette construction européenne le sentiment que les élites savent bien ce qu’il faut faire et que le peuple est trop bête pour comprendre ces questions et qu’au final, il n’est pas mauvais d’isoler de plus en plus de décisions des bas instincts populaires. C’est ainsi qu’une même majorité domine le parlement européen depuis 1979, unissant sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens dans une organisation que l’on pourrait qualifier au mieux de post démocratique.
Une Europe fédéraliste
En outre, l’embryon d’état européen ne cesse de vouloir dépecer l’autorité et les pouvoirs des Etats-nations, les seuls encore à même de remettre en question la montée en puissance de cet échelon européen supranational, comme l’illustrent les velléités de mise sous tutelle des budgets. Parallèlement, l’Europe semble intéressée par l’émancipation des régions. Il faut dire que ce ne sont pas les régions qui pourraient demain remettre en cause les autorités européennes…
Plus globalement, si le débat entre construction confédérale ou fédérale n’a pas été clairement tranché, la construction de l’Europe incorpore de plus en plus d’éléments fédéralistes. Et cela limite de plus en plus la capacité d’action des Etats, qui apparaissent de plus en plus impuissants, renforçant alors la tentation fédéraliste… Il est parfaitement anormal qu’un débat clair n’ait pas été mené sur cette question pourtant fondamentale et que seuls les peuples sont aptes à trancher.
Une Europe néolibérale
Enfin, tout ce petit monde se rejoint la plupart du temps pour promouvoir un agenda volontiers néolibéral qui a abouti à une déréglementation générale (commerce, monnaie, services publics…) depuis vingt cinq ans. D’ailleurs, pour bien éviter que les peuples ne puissent pas remettre en cause les politiques ainsi décidées, les traités sont truffés d’un agenda politique à sens unique, évitant toute remise en question trop profonde, alors que ces traités devraient se limiter à des questions institutionnelles.
Même si les résultats économiques de l’Europe étaient excellents, la voie que nous prenons depuis vingt cinq ans n’est pas acceptable. Les Etats ne devraient pas se voir imposer de libéraliser certains services publics, au mépris du choix des peuples lors des élections nationales. Et le pire est que cet agenda a provoqué des résultats désastreux puisque l’Europe est en panne de croissance depuis dix ans, qu’un chômage de masse subsiste en partie du fait d’une désindustrialisation accélérée.
Le bilan de l’Europe de l’Acte Unique au traité de Lisbonne est catastrophique : anti-démocratique, fédéraliste, et dogmatiquement néolibérale. Mais est-ce à dire qu’il faut oublier toute idée d’Europe. Est-ce l’idée d’Europe qui est viciée ou seulement son exécution actuelle ?
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21.09.2010
Globalisation néolibérale : la stratégie de Jacques Sapir pour en sortir
C’est un événement : Jacques Sapir vient de publier la conclusion de son prochain livre, qui devrait s’appeler « La déglobalisation », sur le blog de Bertrand Renouvin. Petit point sur ses propositions et les premières réactions de Malakine et Yann.
Un discours profondément politique
Ce texte propose une analyse globale de la situation, des mais aussi des idées pour les mettre en place. En cela Jacques Sapir signe une conclusion très politique. L'auteur du "Nouveau 21ème siècle" semble avoir signé un livre d'une grande importance. Bien sûr, la plupart des constats que vous pourrez lire rappellent ses précédents écrits ou ceux d'autres auteurs alternatifs, mais ce texte présente un intérêt très particulier. Tout d'abord, il propose une analyse systémique, conjuguant finance, monnaie et commerce là où la plupart des auteurs se focalisent en général sur un seul des trois domaines. Ensuite, il réfléchit à la possibilité de mettre en œuvre ses idées, au lieu de s'arrêter à les énoncer.
Je ne vais pas faire un résumé de ses papiers, que je vous invite surtout à aller lire. J’ai particulièrement apprécié le début de la troisième partie selon le découpage de Marianne 2, où Jacques Sapir précise bien utilement que la priorité des priorités est sociale, la lutte contre le chômage. En ces temps où le Parti "Socialiste" est incapable de proposer quoique ce soit de crédible pour lutter contre le cancer qui ronge tant de sociétés, il est extrêmement positif de le voir rappeler. Le thème du progrès social est infiniment juste. Si nous devons mettre à bas la globalisation néolibérale, c'est parce qu'elle engendre un recul social inacceptable pour une majorité de la population des pays développés.
En cela, Jacques Sapir se révèle un vrai politique, un peu comme le Général de Gaulle dans les années 1930, dont les analyses militaires allaient bien au-delà de sa simple discipline et savait embrasser les enjeux dans leur globalité. Il part du principe très juste que l'Union Européenne telle qu'elle est aujourd'hui ne permettra aucune réforme. Il ne se contente pas d'évoquer le rapport de force que la France pourrait imposer à ses partenaires pour construire un nouveau projet européen mais propose des mesures concrètes : l'utilisation de l'article 16 de la Constitution ou la réquisition de la Banque de France pour qu'elle fasse des avances de trésorerie en euros. Oui, Jacques Sapir a de l'audace.
Débat autour de la sortie de l'Union Européenne
Malakine et Yann ont d'ors et déjà répondu à ce texte en regrettant un certain manque de radicalisme, et un attachement trop important à l'Europe. C'est le discours de beaucoup d'alternatifs. Mais cette fois-ci encore, je crois que la critique est trop dure. Parce que quitter l'Union Européenne unilatéralement, c'est aussi quitter l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui, un tel geste risquerait de rendre compliquées des coopérations qui pourraient tout de même beaucoup nous apporter dans de nombreux domaines (réforme de la finance, coordination monétaire, politique industrielle). S’il faut être réellement prêt à quitter l'UE, sans quoi nous n'obtiendrons rien, cela n'est pas un objectif pour moi. L’objectif est une réforme radicale.
A titre personnel, je crois qu’un nouveau Président de la République pourrait donnait un an à ses partenaires pour négocier un nouveau traité en partant d’une feuille blanche car il est illusoire de vouloir obtenir quoique ce soit en réformant les traités existants. La France annoncerait son départ automatique de l'Union Européenne si les négociations échouent et prendrait immédiatement des mesures conservatoires dans cette éventualité. Et là, les idées de Jacques Sapir complètent mon scénario. Il est évident que pour aboutir à quelque chose, il faudrait sans doute mener des négociations particulières avec un collège de grands pays (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni et Pologne).
Bien sûr, il est possible que nous ne parvenions pas à un accord avec certains pays. Un retour à la nation et la destruction de l'embryon d'Etat européen devraient plaire à la Grande-Bretagne, mais il est difficile d'imaginer que le pays de la City accepte la création d'une Zone Européenne Financière très encadrée. Cela pourrait donc se faire dans le cadre de coopérations réunissant seulement une partie des pays (l'Europe à la carte). D'un côté l'Allemagne, berceau du capitalisme rhénan et farouchement attachée à sa souveraineté, pourrait être intéressée par cette nouvelle construction mais la direction prise depuis quelques temps incite à beaucoup de prudence. Du coup, l’alternative pourrait être l’Europe latine de Malakine.
Merci donc à Jacques Sapir pour cette nouvelle contribution importante au débat sur la réforme du système économique. Après une phase concentrée sur le « quoi ? », il est particulièrement encourageant de voir le débat glisser sur le « comment ? » !
Demain, ma contribution au débat sur le « comment ? »
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : jacques sapir, déglobalisation, malakine, yann
06.08.2010
Comment lutter contre l’insécurité (2/2) : des pistes de solutions
Je ne vais pas prétendre ici trouver des solutions magiques pour régler les problèmes d’insécurité. Ce n’est pas un sujet sur lequel je me suis encore suffisamment documenté sur le sujet (NDA et Malakine ayant néanmoins fourni des propositions intéressantes). Néanmoins, voici quelques pistes de réflexion.
Une méthode
La méthode a énormément d’importance et celle choisie par Nicolas Sarkozy est un échec majeur. Entre bouillie verbale martialo-virile surfant sur l’actualité et n’hésitant pas à stigmatiser des bouc-émissaires trop faciles et déluge législatif, le tout sans le moindre recul, l’échec du gouvernement est patent. Des assises de l’insécurité seraient sans doute bienvenues pour faire un état des lieux avec des professionnels (psychologues, policiers, juges, victimes, délinquants…) et évaluer les raisons de cette violence afin de dégager des solutions de long terme plutôt que des réactions ponctuelles à l’actualité.
De la prévention
La première chose à faire pour réduire durablement l’insécurité et sans doute de venir à bout du chômage de masse, véritable cancer de la société depuis trente ans. Quand 40% des jeunes de banlieue sont au chômage, ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas travailler (même s’il y a bien sûr sans doute une petite minorité dans ce cas) mais parce que notre économie ne produit pas suffisamment d’emplois. La lutte contre le chômage doit être la priorité N°1 de tout gouvernement et c’est pour cela que j’ai particulièrement apprécié notre convention nationale sur l’emploi d’avril dernier.
Dans une société où l’hyper individualisme a tendance à être glorifié, il est sans doute essentiel de davantage valoriser les engagements désintéressés ou citoyens pour équilibrer les valeurs de notre société. Cela peut passer par un Service Civique, comme le propose Malakine. Cela peut également passer par le développement de l’instruction civique au collège (une fois les savoirs fondamentaux acquis). L’école est le lieu où la société éduque les futurs citoyens. Il est essentiel qu’un certain nombre de valeurs puissent passer. Pourquoi ne pas valoriser les engagements associatifs par exemple ?
La prévention doit également avoir lieu dans les prisons. J’ai trouvé les propositions de Malakine sur la Communauté de Rééducation par le Travail très intéressantes. En effet, comment ne pas imaginer que la prison actuelle a des effets plutôt déstructurant. Pour réduire la récidive, les prisons doivent être des lieux plus humains (il faut donc construire plus de places) et moins déconnectés de la vie réelle. C’est pourquoi faire travailler les prisonniers est une piste intéressante, par delà les économies que cela peut procurer à la collectivité.
De la répression
L’école est un enjeu majeur, étant le premier contact que les futurs citoyens ont avec la société. Le sentiment d'impunité face aux incivilités constitue un terreau favorable à des actes plus graves. Il faut être plus sévère, avec pour recours ultime des établissements spécialisés, possiblement encadrés par des militaires, pour recadrer les éléments les plus perturbateurs (avec naturellement une gradation des sanctions). Ces établissements seraient des internats avec une discipline stricte mais aussi des activités permettant de développer un sens de la communauté positif.
Au niveau plus individuel, je crois au concept de "zéro tolérance". Cela va sembler inutilement sécuritaire, mais les expériences anglo-saxonnes ont montré qu’une plus grande sévérité à l’égard des actes de délinquance mineurs est un bon moyen de freiner l’escalade vers des actes plus graves. Mais les sanctions doivent être adaptées et les actes mineurs peuvent très bien être sanctionnés par des Travaux d’Intérêt Général, qui peuvent avoir une véritable vertu pédagogique. La tolérance zéro, ce n’est pas forcément remplir les prisons, comme ce qui se fait aux Etats-Unis.
Concernant l’arsenal législatif, soit il faut réduire les peines prescrites pour qu’elles correspondent à la réalité des peines exécutées ou alors les faire appliquer. Mais le climat actuel où les petites peines ne sont pas appliquées contribue au climat d’impunité. Les réductions de peine doivent être justifiées ! En outre, il serait intéressant de prendre en compte la dangerosité des prévenus pour la société (j’ai toujours été favorable à une véritable perpétuité pour certains récidivistes). Enfin, se pose la question des moyens : est-il sain de réduire fortement les effectifs de police alors que l’insécurité grandit ?
Voici donc quelques idées qui sont sujettes à débat. Je suis preneur de tout commentaire et de toute source d’information pour enrichir le débat car je ne suis pas un spécialiste de ces questions et je serais heureux de pouvoir pousser ma réflexion sur un sujet aussi important.
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, insécurité, malakine, nicolas dupont-aignan



