24.08.2011
Affaire DSK : l’indécente réaction du PS
Hier, Dominique Strauss-Kahn a été libéré. Au bout d’un feuilleton judiciaire dont les rebondissements n’ont rien eu à envier aux séries hollywoodiennes, il ne sera même pas poursuivi au pénal. Mais le blanc-seing et le soulagement de certains socialistes ne sont pas sans poser de gros problèmes.
Un Dallas judiciaire qui n’épargne pas DSK
Même s’il n’est même pas jugé au pénal et même s’il ne l’était pas au civil, il serait bien abusif de le laver de tout soupçon. Certes, le procureur a préféré mettre fin à ce mauvais feuilleton judiciaire par manque de preuves et du fait de divergences dans les récits de Nafissatou Diallo. Mais, tout d’abord, le manque de preuves est fréquent dans les cas de viol et il est en revanche avéré que DSK a eu un rapport avec la femme de chambre en moins de dix minutes.
D’ailleurs, le procureur souligne que la brièveté de la relation ne plaide pas en faveur de DSK. Ensuite, si l’argument selon lequel la victime présumée aurait menti n’est pas irrecevable, il faut tout de même souligner qu’il ne faudrait pas non plus accorder un passe-droit aux violeurs de personnes qui ont déjà menti dans leur vie. En outre, on peut imaginer que le choc d’un viol puisse quelque peu perturber sa victime, jusqu’à provoquer quelques contradictions dans le discours…
Bref, Dominique Strauss-Kahn n’est pas innocenté. Il ne sera pas jugé parce que le procureur a jugé trop aléatoire une procédure en pénal où il faut l’unanimité des jurés pour établir la culpabilité d’un accusé. Son rapport ne conclut pas clairement. En outre, toute cette affaire a fait ressortir le côté obscur d’un homme marié, qui, après avoir passé une partie de la nuit avec une call girl, a sauté sur une femme de ménage le lendemain matin, sans parler de l’affaire Banon.
Quand certains socialistes dérapent
C’est pourquoi on peut s’interroger sur les réactions d’un certain nombre de socialistes. Bien sûr, une partie de ces réactions peut être mise sur le compte de la proximité avec DSK. Mais tout de même, étant donné que DSK n’est pas clairement innocenté et qu’un fort doute subsistera sur ce qui s’est passé dans la suite de l’hôtel Sofitel, n’auraient-ils pas du essayer de travailler des éléments de langage plus prudents et moins triomphateurs, qui semblent, à tort, exonérer DSK de toute faute.
Bien sûr, il ne s’agit pas d’accabler leur camarade. Mais entre la mise en cause et certaines déclarations, il y a une grande marge. Comment Martine Aubry peut-elle se déclarer « très heureuse » de cette annonce, qui ne tranche pas définitivement la culpabilité de l’ancien patron du FMI ? Même François Hollande est allé jusqu’à se réjouir de « ce dénouement qui vient après trois mois d'une épreuve insupportable et de rebondissements qui ont été extrêmement durs à vivre ».
Manuel Valls va un peu vite en besogne en affirmant que « l'accusation insupportable de viol ne tenait pas la route ». Sur Marianne 2, Jack Dion a fait un excellent papier qui soutient que « les socialistes n’ont rien compris à l’affaire DSK ». A gauche, une voix a fait entendre sa différence, Marie-Georges Buffet qui a qualifié la décision de « mauvaise nouvelle pour la justice » et « pour les femmes » affirmant que « la vérité n’est pas dite ». Merci à elle de relever le niveau !
Je n’aime pas trop mélanger politique et faits divers, d’où la place relativement faible accordée à l’affaire DSK sur le blog. Je persiste à croire que l’attitude française sur la question est bien plus souhaitable que les excès anglo-saxons, mais uniquement en absence de délits ou de crimes.
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07.07.2011
Quand la mondialisation rend la « gauche » antisociale
Hier matin, Manuel Valls était l’invité de Jean-Michel Apathie. Connaissant bien son hôte, il a entamé un couplet sur le nécessaire équilibre des finances publiques, allant même jusqu’à dire qu’il n’était pas réellement possible de financer les emplois jeunes du programme socialiste…
Les « socialistes » antisociaux
La mondialisation néolibérale et la crise placent les gouvernements de gauche dans une drôle de position. C’est un gouvernement socialiste qui fait le sale travail demandé par la troïka technocratique FMI / BCE / Commission Européenne en Grèce. Idem au Portugal. Le gouvernement de Zapatero cherche désespérément à protéger le crédit de son pays auprès des investisseurs. En France, des candidats aux primaires socialistes promettent du sang et des larmes.
Les tenants de la globalisation néolibérale se féliciteront de ce ralliement de la « gauche » à une forme de « réalisme ». Mais cette conversion (qui remonte à 1983 en France) démontre trois choses. Tout d’abord, que sur les questions économiques, il devient bien difficile de distinguer le discours de l’aile modérée du PS de celui de l’UMP. Qui peut croire aujourd’hui que François Hollande ou Manuel Valls sont très différents d’Alain Juppé ou François Fillon ?
Ensuite, cela pose le problème du débat démocratique. En effet, en matière économique, les Français se retrouvent à choisir entre bonnet blanc et blanc bonnet, ce qui n’est pas sain. Enfin, cela démontre que la mondialisation et l’effacement des frontières conduit à réduire le champ des possibles démocratiques, ce qui revient à dire que seul un rétablissement des frontières (sans tomber dans l’autarcie bien sûr) nous permettra de reprendre notre destin en mains.
Du « care » au « racisme social »
La première réaction de la gauche était merveilleusement résumée par le « care » de Martine Aubry. Non seulement cet anglicisme démontrait une soumission à l’ordre économique anglo-saxon. Mais en outre, il illustrait bien le rôle que voulait jouer le PS dans cette jungle qu’est la globalisation néolibérale : une infirmière qui va cajoler les pauvres Français avec de gentilles allocations ou des emplois publics. L’assistance comme un contrepoids à la globalisation.
Malheureusement, si cette politique était possible de 1997 à 2002 quand il y avait une « cagnotte » et que l’euro valait moins d’un dollar, aujourd’hui, le contexte financier est beaucoup plus dur, avec une dette qui atteint 85% du PIB. Du coup, plutôt que de remettre en cause la libéralisation de la finance, du commerce ou l’euro, certains « socialistes » semblent prêts à se transformer en petits soldats sans pitié de la globalisation, dans un tête-à-queue idéologique absolument incroyable.
La fondation Terra Nova, bien consciente du divorce définitif que cela devrait provoquer avec les classes populaires, a donc théorisé une nouvelle stratégie électorale pour la « gauche », abandonnant carrément les ouvriers et les exclus du système au Front National pour privilégier les « inclus » et déplacer le débat sur les sujets de société. Jean-François Kahn vient de signer une remarquable tribune dans le Monde fustigeant cette évolution qu’il qualifie de « racisme social ».
Le Général de Gaulle aurait dit « qu’il n’aimait pas les socialistes parce qu’ils n’étaient pas socialistes » (et « les siens parce qu’ils aimaient trop l’argent »). Encore une fois, ses paroles ne prennent pas une ride et traversent le temps comme les prophéties d’un homme qui savait anticiper l’avenir.
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05.02.2011
Français, laissez tomber le Parti Socialiste !
Dans un peu plus d’un an, la France pourra tourner la triste page de la présidence Sarkozy. Mais aujourd’hui, l’alternance ne semble pouvoir venir que du Parti Socialiste. Un parti en lequel même Jean-Pierre Chevènement ne semble plus vraiment espérer…
Une pseudo aile gauche
Bien sûr, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg donnent aujourd’hui le change et font exister une aile gauche au sein du Parti Socialiste. Mais tout d’abord, il faut noter que cette aile reste aussi minoritaire que le CERES dans les années 1970. Ensuite, il faut bien constater que bien des penseurs de la gauche du PS (Chevènement, Mélenchon, Généreux) sont partis, signe que les véritables alternatifs finissent toujours par ne pas se sentir à leur place dans ce parti de notables libertaires.
Et si les deux figures de la gauche du parti expriment une critique assez intéressante des dérives de la déréglementation, force est de constater que leurs propositions sont très timides et ne remettent pas véritablement en cause les équilibres économiques actuels qui ont créé un système inefficace, instable et injuste. Benoît Hamon propose un protectionnisme timoré. Arnaud Montebourg, trop préoccupé par son ego, vante les coopératives et oubli le rôle des frontières…
Un centre de gravité libertaire et supranational
C’est que le substrat idéologique du parti le rend incapable de penser une véritable alternative économique. Bien sûr, le PS est un parti relativement interventionniste et qui ne recule pas à la dépense. Mais le Parti Socialiste a aussi un fond profondément libertaire qui, couplé à un internationalisme volontiers anti-national le pousse alors dans les bras d’un néolibéralisme radical sur les questions structurelles de la libéralisation du commerce, de la finance ou de la monnaie.
Comme le soulignent Frédéric Lordon et Jean-Pierre Chevènement, ce sont les socialistes qui ont libéralisé les mouvements de capitaux, donnant le pouvoir à la finance et favorisant les paradis fiscaux et le blanchiment de l’argent sale. Ce sont aussi eux qui ont accepté l’indépendance des banques centrales et une politique de monnaie chère qui sert principalement les rentiers. Ce sont eux également qui acceptent un libre-échange porteur de délocalisations et de baisses des salaires.
Une histoire rectiligne
Certains espèrent encore qu’aujourd’hui, alors que tous les travers de ce système économique sont devenus plus apparents, le Parti Socialiste puisse changer et incarner une véritable alternative pour notre pays. Mais, par-delà le fait que l’aile gauche du parti, petite, est en plus peu radicale, comment espérer quoique ce soit de la part du parti de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Manuel Valls, les plus grands défenseurs du système qui nous a pourtant mené dans le mur.
Et surtout, un peu d’histoire permet de comprendre pourquoi le Général de Gaulle disait qu’il n’aimait pas les socialistes parce qu’ils n’étaient pas socialistes. Souvenons-nous que dans les années 1970, le parti balançait entre Michel Rocard et François Mitterrand, pas vraiment des penseurs de l’alternative économique. Jean-Pierre Chevènement nous rappelle dans son dernier livre à quel point Pierre Mauroy ne voulait pas remettre en cause les prémices de la « pensée unique ».
Tout chez le Parti Socialiste, les hommes qui le dirigent, les idées qu’il défend, ou son histoire, montrent que ce parti ne pourra jamais porter une véritable alternative pour notre pays. Espérons que nous approchons du moment où les Français s’en rendront compte, pour l’oublier.
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07.01.2011
Manuel Valls, Hervé Morin, présidentiables en buzz mineur
Ils font le buzz de cette semaine. Manuel Valls a remis en cause les 35 heures mises en place par le gouvernement de Lionel Jospin, déclenchant les foudres de son parti. Hervé Morin a fait parler de lui comme possible candidat à l’élection présidentielle selon le porte-parole de son parti.
Manuel Valls, artificier des 35 heures
C’est sans doute le plus gros coup médiatique de la semaine tant son intervention a enclenché un cortège de commentaires, tant au PS qu’à l’UMP, lui ouvrant les portes du Grand Journal de Canal Plus mardi soir. Gérald Andrieu et Hervé Nathan se sont chargés de démonter le bien faible argumentaire du député-maire d’Evry, dont le but était surtout de faire du bruit autour de sa candidature, quitte à dire n’importe quoi dans le seul but d’attirer l’attention des médias.
Le premier pointe ses contradictions en notant qu’il avait écrit dans un livre publié en 2008 qu’il a « été très fier, ce jour de l’automne 1997, quand Jospin a annoncé au patronat scandalisé et aux syndicats médusés qu’il allait réaliser les 35 heures, conformément à ses engagements de campagne ». Le second revient sur ses multiples erreurs, notamment le fait qu’il a dit que personne au PS ne souhaite étendre les 35 heures au PME alors qu’elles y sont appliquées officiellement depuis 2003.
Hervé Morin, petit poney présidentiel
Je me demande tous les jours comment un homme politique aussi insignifiant qu’Hervé Morin peut vouloir se présenter aux élections présidentielles. Il ne doit son existence politique qu’au fait qu’il ait travaillé avec François Bayrou et l’ait trahi dans le bon timing pour ramasser la mise auprès de Nicolas Sarkozy. Mais depuis ce triste acte fondateur, le patron du Nouveau Centre, qui voudrait incarner le centre, ne s’est jamais distingué par l’épaisseur de ses discours…
Depuis 2007, il est un homme politique qui investit avec succès dans les chevaux de course, qui annonce lui-même qu’il ne fait plus partie du gouvernement avant même l’annonce officielle du remaniement, qui fait ses vœux dans la cuisine de son appartement. Et cette semaine, son porte-parole s’est un peu avancé en parlant sa candidature en vue de 2012, affirmant qu’il en avait parlé avec lui la veille au soir. Mais finalement, Hervé Morin préfère attendre l’automne pour se déclarer.
Bref, le fait que Manual Valls et Hervé Morin souhaitent se présenter aux élections présidentielles est assez désolant. Que de temps perdu par les médias avec des candidats aussi inconsistants et inutiles alors qu’il y aurait tant à dire sur des personnes bien plus intéressantes et solides…
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18.10.2010
Le grand retour de la TVA sociale
Il y a trois ans et demi, elle était accusée d’avoir coûté cinquante sièges à la majorité et elle avait été mise au congélateur des idées politiques. En quelques semaines, elle vient de recevoir le surprenant soutien de députés socialistes, UMP et même de la Commission Attali.
Pourquoi la TVA sociale revient dans le débat ?
L’idée de mettre en place une TVA sociale pour financer notre système de protection est ancienne puisqu’on en débattait déjà au début des années 90. Le débat a ressurgi pendant l’élection présidentielle du fait de l’importance prise par les délocalisations. En effet, beaucoup la voient (à juste titre) comme une arme contre ces délocalisations. Mais la passe d’arme entre Jean-Louis Borloo et Laurent Fabius en juin 2007 a mis un coup d’arrêt à cette proposition du programme de Nicolas Sarkozy.
Debout la République n’a jamais abandonné cette proposition, qui faisait partie des 101 propositions du candidat Nicolas Dupont-Aignan en 2007. Il m’est même revenu d’en prendre la défense lors de notre colloque pour l’emploi en avril 2010 à l’Assemblée Nationale. Mais, coup sur coup, le vent a tourné et ce sont Jean-François Copé, Manuel Valls et Jacques Attali qui viennent de s’exprimer en faveur d’une TVA sociale basée sur le modèle Allemand.
Pourquoi la TVA sociale revient dans le débat ?
Quelque part, même les tenants de la libéralisation du commerce et de la finance finissent par se rendre compte des limites d’un système qui met en concurrence les salaires des ouvriers et des employés comme les systèmes de protection sociale. Et le fait de faire supporter le financement de la Sécurité Sociale sur les salaires renchérit considérablement le coût de ce travail et joue un rôle majeur dans les délocalisations et la persistance d’un chômage de masse.
L’avantage de la TVA sociale est d’avoir été expérimentée avec un succès apparent en Allemagne (même s’il faut relativiser cette expérience qui a seulement consisté à augmenter la TVA outre-Rhin de 3 points). En outre, il s’agit d’une mesure qui peut se décider à l’échelle nationale et qui ne remet apparemment pas en cause les idées dominantes de libéralisation économique. C’est pour cela que des socialistes comme des membres de l’UMP peuvent soutenir une telle idée.
Moyen de financement complémentaire ou principal ?
Le problème avec certaines propositions évoquées est que la TVA sociale semble davantage un moyen de combler les déficits d’aujourd’hui qu’une réforme structurelle et plus radicale du mode de financement de notre protection sociale. Une réforme à l’Allemande serait insuffisante pour véritablement freiner le flot des délocalisations par exemple. Seul un transfert massif des cotisations sociales vers une Contribution Sociale sur la Valeur Ajoutée changerait les choses.
Bien sûr, il faudrait ajuster une telle réforme pour éviter qu’elle ne soit injuste socialement, mais cela serait possible en différenciant les taux de TVA et CSVA et il ne faudrait pas hésiter à profiter d’une remise à plat complète de notre fiscalité pour bien en compenser tous les éventuels effets pervers. Malheureusement, ni le rapport Attali, ni Jean-François Copé ou Manuel Valls ne semblent partants pour une réforme radicale, tellement contraire à leur manière de procéder.
Certes, François Fillon a opposé une fin de non recevoir à cette idée hier soir. Malgré tout, il faut se réjouir des progrès faits par cette idée dans l’opinion des dirigeants politiques. Elle pourrait contribuer fortement à une réduction du chômage en favorisant le fabriqué en France.
12:05 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (96) | Envoyer cette note | Tags : tva sociale, françois fillon, jean-françois copé, manuel valls, jacques attali
08.08.2009
Le mythe de la modernisation du PS
C’est une des forfanteries les plus répandues de la vie politique Française, à nouveau ranimée par Manuel Valls dans son interview au Financial Times : le Parti Socialiste de notre pays n’aurait pas complètement oublié ses racines marxistes et n’embrasserait pas suffisamment la modernité…
Mais de quelle modernité parle-t-on ?
Pourtant, le dernier passage du Parti Socialiste Français s’est soldé par un montant de privatisations supérieur à celui de ses prédécesseurs de droite. Laurent Fabius s’est révélé être un des ministres des finances les plus ouverts aux idées libérales. Enfin, c’est bien Lionel Jospin qui a accepté la libéralisation (certes lointaine dans le temps) des services publics. Bien sûr, ce même gouvernement a également mis en place les 35 Heures mais il ne se trouve pas grand monde pour encore défendre cette mesure, notamment la candidate représentant le parti lors de l’élection présidentielle de 2007…
Pire, la crise a montré la faible différence de pensée entre le PS et l’UMP tant le parti dit de gauche a été incapable de formuler une proposition de système alternatif, refusant tout débat sur le protectionnisme, la réforme du système monétaire et se limitant à des propositions cosmétiques identiques aux partis dits de droite sur la réglementation de la finance. Dès lors, on ne voit pas bien dans quelle direction le PS pourrait aller pour davantage accepter la mondialisation, si ce n’est prêter allégeance à Laurence Parisot.
Pourquoi en parle-t-on ?
En fait, quand Manuel Valls parle de modernisation du Parti Socialiste, il parle uniquement de rajeunissement des cadres dirigeants, à savoir le remplacement de la vieille génération qui a accédé au pouvoir sous François Mitterrand et Lionel Jospin par lui-même. La modernisation du PS, devine-t-on en filigrane, c’est lui. Il suffirait donc de changer de dirigeants pour moderniser le parti. Dans un sens, ce n’est pas complètement faux, la génération des éléphants donne une tellement mauvaise image d’elle-même. Il ne serait sans doute pas un mal de faire venir de nouvelles têtes.
En revanche, parler de modernisation idéologique en sous-entendant que le PS n’a pas suffisamment accepté la mondialisation est d’une hypocrisie incroyable. Les socialistes ont tout abandonné à la mondialisation. Non seulement, ils ont renoncé à toute intervention financière, monétaire et commerciale mais ils se font aujourd’hui les promoteurs de cet abandon en défendant l’indépendance des banques centrales ou le libre-échange absolu. En fait, on peut se demander si ce mythe n’est pas créé par les tenants du système pour verrouiller encore davantage le champ des possibles idéologiques.
Le besoin de modernisation du PS ne concerne que le nécessaire renouvellement générationnel. Mais ce changement n’aura d’intérêt que s’il s’accompagne d’une reconstruction idéologique lorgnant vers Généreux, parti, Lordon ou Krugman. Rien ne permet aujourd’hui d’accréditer cette thèse.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/07/21/manuel...
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, manuel valls, financial times, lionel jospin, laurent fabius
27.07.2009
Martine Aubry, soutenue comme une pendue à une corde
Royal, Fabius, Delanoë, les soutiens de Dominique Strauss-Kahn : la grande majorité des éléphants du Parti Socialiste ont volé à la rescousse de la première secrétaire dans ses échanges avec Manuel Valls. Essentiellement pour de mauvaises raisons.
Le cas Manuel Valls
Sur le principe, la maire de Lille a raison de vouloir remettre de l’ordre au sein de la maison commune. Après tout, le Parti Socialiste est miné par les querelles internes depuis trois ans et la primaire délétère pour les élections présidentielles de 2007. Dès lors, face à des troupes indisciplinées, il est sans doute nécessaire de sévir en cas de manquement à la ligne du parti. C’est pourquoi elle avait raison sur le fond de rappeler à l’ordre un Manuel Valls toujours prêt à se répandre dans les médias pour médire sur ses camarades.
Malheureusement, Martine Aubry a fait deux fautes majeures. Tout d’abord, elle a rendu public la lettre envoyée au camarade coupable, ce qui a provoqué un emballement médiatique colossal en cette période estivale peu riche en actualité. Mais surtout, après avoir annoncé qu’elle allait sévir, et alors que Manuel Valls restait droit dans ses bottes, elle n’a rien fait. Tout le monde sait désormais au PS que les avertissements de la première secrétaire ne sont que des mots qui ne sont pas suivis des actes.
Pourquoi les éléphants la soutiennent ?
Il peut donc apparaître comme paradoxal que l’ensemble des poids lourds soutiennent la bien maladroite initiative de Martine Aubry. Pourtant, les raisons pour la soutenir, aussi mauvaises soient-elles, ne manquent pas. Tout d’abord, les éléphants ont toutes les raisons de se liguer ensemble pour s’assurer que les éléphanteaux ne viendront pas les concurrencer pour représenter leur parti à l’élection présidentielle en 2012. Ils se liguent donc pour étouffer toute contestation par plus jeunes qu’eux.
Mais surtout, c’est parce qu’ils ne souhaitaient pas un changement de premier secrétaire qu’ils ont soutenu Martine Aubry. En effet, personne n’a intérêt à une nouvelle campagne interne pour trouver son ou sa remplaçante. En outre personne ne souhaite sans doute assumer la tâche finalement très ingrate d’être à la tête de troupes aussi indisciplinées et uniquement guidées par leurs intérêts particuliers. Enfin, il y a sûrement le sentiment que Martine Aubry est désormais hors du jeu pour les primaires…
Cette nouvelle passe d’armes entre camarades socialistes a atteint un niveau de ridicule rarement atteint. Pire, les éléphants se sont mis d’accord pour ne rien remettre en question. On ne change pas une équipe qui perd…
Source : http://www.lexpress.fr/actualites/2/royal-soutient-aubry-...
http://tv.lepost.fr/2009/07/15/1620477_fabius-soutient-au...
Sur ce sujet, le texte très enlevé d’un collègue Kiwi : http://h16.free.fr/index.php?2009/07/20/617-de-pires-en-p...
11:19 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, manuel valls, martine aubry, laurent fabius, bertrand delanoë
16.07.2009
Martine et Manuel sont sur un bateau
À chaque fois, on se dit qu’ils ne pourront pas faire pire. Et pourtant, à chaque fois, le Parti Socialiste parvient à se comporter de manière encore plus désolante. Nouvel exemple depuis la défaite cinglante aux élections européennes…
Le retour des morts vivants
Pourtant, on aurait pu se dire qu’après le naufrage électoral du mois de juin, le Parti Socialiste pourrait tirer les leçons d’une année de divisions affichées en public pour resserrer les rangs et redresser la barre en prévision de 2012. Mais non, le premier réflexe de Martine Aubry a été d’écrire à tous les partis de gauche pour leur proposer une association qui fleurait bon la « majorité plurielle » de Lionel Jospin, qui avait pourtant abouti au désastre de 2002 et l’élimination de ce dernier au premier tour.
Résultat, à part Robert Hue, les anciens partenaires n’ont guère montré d’enthousiasme vis-à-vis de la proposition de la première secrétaire du PS. Les Verts, bouffis d’orgueil par un score pourtant très biodégradable dans un autre contexte, commencent à formuler des demandes pour les régionales. Et les partis de gauche (Front de Gauche, MRC, NPA) en profitent pour rappeler leurs désaccords avec un parti qui a tant cédé au néolibéralisme. Bref, une mauvaise idée qui se termine mal.
Zéro partout, la balle au centre
Les Français n’apprécient pas que les chefs du PS se querellent devant les caméras ? Martine Aubry leur offre le 1001ème épisode de la saga « guerre au PS » en interpellant publiquement Manuel Valls dans une lettre au vitriol lui demandant de soutenir son parti ou de le quitter. Cette remise au point, qui aurait parfaitement pu se faire en privé, a donc appelé une même réponse publique où l’insolent poursuit sa critique de la direction actuelle de son parti.
Incapables de voir plus loin que leur nombril, les dirigeants socialistes sont tous dans l’erreur. Manuel Valls a tort de se répandre dans les médias en critiques sur ses camarades, au mépris de la solidarité la plus élémentaire. Martine Aubry a tort de répondre par une lettre publique qui met de l’huile sur le feu. Et Manuel Valls a tort de répondre de la sorte. Bref, les pauvres militants socialistes qui y croient (il paraît qu’il y en a encore, malgré tout) doivent être encore plus désespérés.
Le PS est une sorte de bateau ivre où les matelots n’obéissent à personne, se donnent des coups de sabre à la moindre occasion et commencent par détruire les parties de la coque qu’ils jugent faibles avant de les reconstruire. Finalement, on peut être surpris qu’il ne coule pas plus vite !
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/07/15/01002-2009071...
10:56 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, martine aubry, manuel valls, gauche plurielle
15.06.2009
Manuel Valls, le bébé Sarkozy du PS
Hier, Manuel Valls a annoncé sa candidature pour les primaires du Parti Socialiste. Il est le premier « quadra » du parti à se positionner pour être candidat à l’élection présidentielle.
Ça se bouscule au portillon
Le moins que l’on puisse dire est que le Parti Socialiste ne manquera pas de bonnes volontés pour le représenter lors de l’élection présidentielle de 2012 contre Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal est plus que jamais candidate. Laurent Fabius a annoncé être disponible. François Hollande affirme se préparer. Dominique Strauss Kahn n’exclut rien. Et bien sûr, Martine Aubry et Bertrand Delanoë rongent leur frein après leurs échecs respectifs. Soit six « quinqua » ou « sexta »…
Et voilà qu’un septième larron prétend s’inviter dans la course à la candidature, alors qu’il n’a même pas dépassé le demi-siècle ! L’insolent complique le jeu présidentiel d’un parti qui cherche désespérément à redorer une image tous les jours plus abîmée par le comportement individualiste de ses chefs. Le combat de 2011 promet d’être saignant et confus, pour le plus grand bonheur des adversaires du Parti Socialiste, de l’Elysée en passant par le Modem.
Valls, le pire de tous ?
Manuel Valls a un positionnement bien à part au sein du Parti Socialiste. Il a d’abord été rocardien, puis jospiniste, puis soutien de Ségolène Royaliste avant de reprendre sa liberté, il illustre bien le poids des écuries présidentielles au sein de l’appareil socialiste. Il n’hésite pas à dire du bien de Nicolas Sarkozy quand il est d’accord avec le président de la République. Il se positionne clairement à l’aile droite du PS avec un langage plus musclé sur la sécurité.
Son constat sur le PS est sans doute assez juste. Il a sans doute raison de plaider pour un changement de nom et un changement de direction car la ligne suivie aujourd’hui est un cul-de-sac pour 2012. Cependant, on décèle bien dans son discours la part d’ambition et la part de convictions. Manuel Valls débite un discours convenu où la part des idées est réduite au néant et où tout n’est qu’affaire de positionnement politique. On sent que la rénovation qu’il appelle a uniquement pour but de le porter à l’Elysée.
Le PS ressemble de plus en plus à l’UMP. Un rassemblement d’ambitieux dépourvus de véritables convictions. Manuel Valls n’est qu’un ambitieux de plus. Sa seule distinction est de vouloir prendre le parti par la droite quand Benoît Hamon souhaite passer par la gauche.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/06/14/01002-2009061...11:05 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, manuel valls



