17.05.2010

Christian Vanneste, honte de l’UMP

Christian Vanneste est un député du Nord tristement célèbre pour de nombreux propos jugés homophobes par beaucoup. Comme le rapport le Monde, il a de nouveau dérapé sur son blog en rapprochant homosexualité et pédophilie.

Un dérapage indigne d’un député de la République

Cet ancien professeur de philosophie écrit donc que : « L'éphébophilie, ce que l'on appelait naguère la pédérastie, c'est-à-dire l'attirance des hommes pour les adolescents pubères mais ambigus de traits, ne commence ni ne s'arrête à 15 ans. (...) Autrement dit le lien et même la confusion qui règnent entre l'homosexualité et l'éphébophilie est patent ». Pour lui, « l'opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n'est donc pas fondée en raison des tendances éphébophiles assez fréquentes dans l'histoire qui ignorent la frontière juridique de l'âge. »

Il est malheureusement habituel chez les homophobes d’assimiler l’homosexualité avec la pédophilie pour jeter un voile sombre sur ce qui n’est qu’une préférence sexuelle. Mais ce parallèle est complètement abusif. La pédophilie est un crime atroce et l’inceste ou les viols de petites filles par des hommes nous montrent malheureusement qu’il n’est pas fonction des préférences sexuelles. Il est sans doute malheureux qu’un ministre de la République ait écrit un livre relatant ses expériences de tourisme sexuel en Asie, ce qui contribue à propager un amalgame pourtant injuste.

Nous sommes tous les enfants de la République

L’élu UMP poursuit en affirmant qu’, "une société lucide sur son avenir devrait avant tout ne porter d'intérêt qu'à l'hétérosexualité tendant à la création de familles les plus stables possible". Il conclut sa note de blog par un appel en faveur du mariage chrétien, "institution la plus conforme aux valeurs républicaines". Si l’on comprend bien, pour lui, la République devrait donc trier ses enfants en fonction de ce qu’ils sont et non de ce qu’ils font, et donc traiter les homosexuels comme des citoyens de second zone. Il est révoltant de lire de tels propos sous la plume d’un député de l’Assemblée Nationale.

A un moment où le Portugal vient de légaliser le mariage pour tous, la France devrait au contraire se demander s’il ne serait pas temps d’aller plus loin que le PACS et de reconnaître que le mariage républicain ne saurait discriminer les couples en fonction de leurs préférences. Si l’Eglise catholique, par la voix du pape, veut continuer dans le rejet de l’autre et persister à trier ses ouailles en deux catégories pas tout à fait égales, la République devrait instaurer une véritable égalité entre tous ses citoyens, même si je reste encore circonspect sur la question de l’adoption.

Si l’UMP a ironisé sur le soutien de la gauche à Georges Frêche lors des régionales, le parti présidentiel porte également sa croix avec le député du Nord. Zéro partout, balle au centre ou ailleurs.

03.06.2008

Une annulation de mariage anti-républicaine

C’est un sujet qui a fait la une de l’actualité depuis quelques jours : le Tribunal de Grande Instance de Lille a annulé un mariage parce que l’épouse n’était pas vierge, contrairement à ce qu’elle aurait affirmé. Retour sur une décision totalement contraire avec l’esprit et la lettre de notre République.

Le raisonnement juridique est assez simple : l’épouse savait que son mari attachait une grande importance à sa virginité et elle lui a délibérément menti sur ce point. Or le droit français reconnaît la possibilité d’annuler un mariage quand il y a tromperie sur une « qualité essentielle ». Le mari trompé aurait donc le droit de demander l’annulation du mariage. C’était le raisonnement de la Garde des Sceaux, Rachida Dati, au début de l’affaire. Mais devant la pression médiatique et la quasi-unanimité de la classe politique pour dénoncer cette décision, elle a heureusement fini par changer d’opinion.

Car cette décision ne peut pas uniquement être traitée sur le plan du droit pur et abstrait. Elle remet en cause certains fondements de notre République. En premier lieu, elle bat en brèche le principe d’égalité des citoyens puisque les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant la virginité : si un homme peut mentir sans être physiquement démasqué par sa femme, l’inverse n’est pas vrai comme le montre cette affaire. Une telle décision revient à consacrer une inégalité flagrante entre les hommes et les femmes.

Qui plus est, elle revient également à reconnaître par une décision de justice un traitement inégalitaire entre les hommes et les femmes puisque les hommes pourraient exiger de leur femme d’être vierge au mariage alors que cela n’est pas demandé aux hommes. Cette décision pose également la question de la séparation entre l’Etat et les religions. L’Etat français est un Etat laïc qui, s’il laisse à chacun la liberté de pratiquer dans sa vie privée, entend organiser la société en toute indépendance des religions. Il est donc hors de question de considérer comme des « qualités essentielles » du droit républicain et laïc des éléments et pratiques religieux, comme la virginité au mariage.

Fort heureusement, cette décision a provoqué un tollé qui montre la vivacité de l’esprit républicain, laïc et égalitaire de notre pays. Il faut juste espérer que l’appel du parquet général revienne sur cette décision anti-républicaine.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/06/02/mariage-annule-le-parquet-general-va-faire-appel_1052899_3224.html#ens_id=1051592

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/06/02/mariage-annule-sur-leurs-blogs-les-juristes-plus-prudents-que-les-politiques_1052583_823448.html#ens_id=1051592