15.09.2008
Quelques contrevérités sur le RSA…
Le moins que l’on puisse dire est que Nicolas Sarkozy a réussi un nouveau coup politique avec le RSA et son financement par une taxe sur les revenus du capital. Après un accueil très positif, de nombreuses critique ont fini par s’exprimer, pas toujours à juste titre.
Première idée reçue : du fait du bouclier fiscal, la taxe de 1,1% sur les revenus du capital toucherait essentiellement les classes moyennes et exonèrerait les plus riches. Cette présentation est au mieux abusive, au pire malhonnête. En effet, à peine 1291 foyers ont bénéficié du bouclier fiscal au premier trimestre 2008. Pour mémoire, plus de cinq cent mille foyers paient l’ISF (2% des ménages). Et même si cette taxe provoque une augmentation du nombre de foyers bénéficiaires du bouclier fiscal, pas plus de 0,5% des foyers payant l’ISF en seront exonérés. En outre, il faut être clair : la répartition des revenus du capital est encore plus inégale que celle des revenus du travail puisque 10% des foyers Français détiennent 75% du patrimoine. Ce sont donc eux qui financeront l’essentiel de cette taxe puisque ce ne sont pas les quelques foyers protégés par le bouclier fiscal qui vont y changer grand chose. En clair, cette taxe instaure une redistribution des ménages les plus riches vers les plus pauvres.
Deuxième idée reçue : en offrant un complètement de revenu aux travailleurs à temps partiel, le RSA va encourager le temps partiel. Cette présentation des choses révèle quelques lacunes en économie. En effet, comment voir un lien entre le fait que les salariés à temps partiel vont toucher un complément de revenu et l’offre d’emplois à temps partiel ? La première explication pourrait être que les salariés concernés ne cherchent pas à travailler davantage du fait de cette aide. Mais, malgré le complément du RSA, leurs revenus resteront très faibles et ils chercheront sans doute à obtenir un emploi à temps plein. La deuxième explication serait que les entreprises favorisent les emplois à temps partiel mais il n’y aucun lien de cause à effet. Si les entreprises utilisent des temps partiels, c’est notamment pour des activités qui comportent de tels pics d’activité qu’il n’est pas possible d’avoir une bonne répartition du temps de travail avec uniquement des salariés à temps plein. En dehors de ce cas, il est préférable d’avoir des temps pleins.
Nicolas Sarkozy a décidemment bien réussi son coup avec cette annonce qui a montré la bêtise d’une droite qui refuse le moindre geste de solidarité vis-à-vis des plus pauvres. Mais, bizarrement, de nombreux médias, souvent positifs au premier abord, ont fini par véhiculer des idées reçues, dont il semble qu’elles ne résistent pas à une petite analyse, comme j’ai essayé de le montrer. C’est pourquoi cette réforme est une bonne réforme et son financement (partiel) est un choix juste. Bien sûr, il y a une grosse part de communication dans le choix de cette taxe (qui ne représente après tout que 10% du paquet fiscal), mais elle ne constitue pas du tout une taxe sur les petits propriétaires. Et je doute que le RSA entraînera une hausse du temps partiel, qui dépend de facteurs complètement extérieurs.
En revanche, ce débat aura à nouveau montré l’habileté communicante de Nicolas Sarkozy, le manque d’analyse de certains commentateurs qui reprennent des points de vue sans chercher à les vérifier, et la nullité de l’opposition du Parti Socialiste…
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/09/10/01002-2008091...
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/09/10/01002-2008091...
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rsa, sarkozy, martin hirsch



