28.02.2011

Remaniement pour gouvernement à bout de souffle

Après quelques hésitations, Nicolas Sarkozy a décidé de remanier son gouvernement et de sortir Michèle Alliot-Marie, qui n’était plus à même de mener la diplomatie Française dans le contexte actuel. Ces soubresauts donnent une ambiance de fin de règne à cette fin de son mandat.

Le remaniement d’un gouvernement remanié

Ce nouveau remaniement, à peine quelques mois après un remaniement raté, qui avait à la fois beaucoup trop tardé et déçu par son manque d’ampleur, illustre l’échec du président. Conformément aux rumeurs, Alain Juppé récupère les Affaires Etrangères. Il est remplacé par Gérard Longuet à la Défense. Enfin, Claude Guéant remplace Brice Hortefeux à l’Intérieur. Le président n’a pas eu un mot pour ce dernier et Michèle Alliot-Marie, qui est débarquée après de nombreuses polémiques.

En fait, Nicolas Sarkozy a justifié ce remaniement comme un moyen d’avoir une équipe plus à même d’affronter les enjeux du moment, constat cruel pour les deux débarqués. Il a lourdement insisté sur le contexte international, cherchant sans doute à atténuer les aspects négatifs de ce remaniement, un désaveu pour deux des membres clés de ses équipes depuis quatre ans et ce changement d’une équipe qui avait déjà été modifiée il y a à peine quelques mois.

L’échec extérieur

Nicolas Sarkozy comptait sur l’international pour relancer sa présidence, comme lors de la présidence de l’Union Européenne, en pleine crise financière. Las, les polémiques déclenchées par Michèle Alliot-Marie, François Fillon et Boris Boillon ont tout fait capoter. En outre, la diplomatie Française n’apparaît pas spécialement en avance sur les évènements qui se passent dans le monde arabe. Voilà une belle occasion de perdue dans une région où l’on aime la France.

En outre, le président qui disait vouloir radicalement réformer le capitalisme, a considérablement réduit ses ambitions pour la présidence du G20. Le gouvernement essaie donc de nous vendre que l’accord réalisé sur les indicateurs pour mesurer la stabilité du système économique est important. Ceci est totalement ridicule car la Chine a refusé les indicateurs qui la dérangeaient et, plus de deux ans après la crise, on aimerait que les discussions portent sur les solutions plutôt que sur les indicateurs.

L’échec intérieur

Loin de se relancer, Nicolas Sarkozy s’affaiblit. Alors qu’il flirtait encore avec les 30% dans les sondages pour le premier tour des présidentielles, il dépasse aujourd’hui à peine les 20%, avec Marine Le Pen qui klaxonne derrière. Loin de rassembler son camp, ces choix (débat sur l’islam ou l’immigration) semblent pousser une partie de ses électeurs à se tourner vers le FN. Alors qu’il souhaitait éliminer les socialistes du premier tour, c’est lui qui risque de finir par l’être…

Et ce ne sont pas les chiffres du chômage qui vont l’aider, car come Marianne le démontre, la baisse de janvier est totalement artificielle. Le nombre total de chômeurs (incluant ceux à temps partiel) est stable en réalité. En outre le gouvernement a recourt aux radiations (12 000 de plus) et aux emplois aidés pour améliorer les statistiques officielles. Et ce ne sont pas les réformes fiscales à venir qui risquent de rendre le gouvernement plus populaire…

Bref, les innombrables soubresauts qui agitent le pouvoir me rappellent aujourd’hui la fin du mandat de François Mitterrand. Ce remaniement est un lointain écho à celui de 1992 qui corrigeait l’échec de celui de 1991. Nicolas Sarkozy n’aborde pas la campagne très sereinement...  

 

24.02.2011

Nicolas Sarkozy, rantanplan de la diplomatie

Le Monde vient juste de publier une tribune de diplomates anonymes critiquant sévèrement la politique étrangère de la France. Il faut dire que les polémiques s’enchaînent avec une rapidité assez incroyable, révélant toutes les failles de notre diplomatie depuis 2007.

Fiascos diplomatiques

Le soulèvement démocratique des pays arabes expose cruellement les erreurs de notre diplomatie. Notre premier ministre et notre ministre des affaires étrangères ont ainsi passé leurs vacances de fin d’année en Tunisie et en Egypte, les deux premiers pays qui se sont révoltés contre leurs autocrates, tout en profitant de certaines largesses sur place. Même s’il n’y avait rien de techniquement illégal, cela n’est guère flatteur pour le pays que le monde arabe aimerait voir jouer un plus grand rôle.

Mais la série noire continue avec les déclarations cavalières de Nicolas Sarkozy pour le Mexique, comme l’a bien souligné David Desgouilles. Puis, c’est au tour du nouvel ambassadeur de Tunisie, Boris Boillon, de déclencher une polémique pour des propos un peu durs à l’égard des journalistes tunisiens. Enfin, la révolte de la Libye expose Paris à la critique après la réception du dictateur fin 2007 (dont les photos auraient disparu du site de l’Elysée depuis quelques jours).

Chérie, j’ai rétréci notre diplomatie !

Alors que Jacques Chirac avait redoré notre tradition diplomatique en s’opposant fermement à la seconde guerre d’Irak, Nicolas Sarkozy a mis notre diplomatie en lambeaux. Alain Juppé, pourtant devenu ministre depuis, et Hubert Védrine, avaient alerté le président sur le manque de moyens du Quai d’Orsay. Mais les moyens ne font pas tout. En diplomatie, il faut également avoir une direction, une vision à partager, une capacité à défendre ses positions pour exister.

Et sur ces trois points, Nicolas Sarkozy pèche. La seule direction qu’on lui connaisse est un atlantisme qui l’a poussé à rejoindre le commandement intégré de l’OTAN plus de quarante ans après le départ décidé par le général de Gaulle. Mais ce suivisme ne saurait donner une ligne directrice à notre action. Et sur la scène européenne, la France, faute de vision, suit la plupart du temps l’Allemagne, qui nous a imposé Lisbonne et une Union pour la Méditerranée croupion.

Non, il ne restera pas grand chose de la présidence de Nicolas Sarkozy, entre autres d’un point de vue diplomatique. Même si on peut ne pas goûter le procédé utilisé par les diplomates qui ont signé la tribune du Monde, l’ensemble de leur constat est tristement juste.

04.02.2011

La Terre tremble en Egypte

L’Egypte semble au bord d’une guerre civile avec la montée des violences entre les opposants et les partisans d’Hosni Moubarak et contre les journalistes. Ces événements historiques, dont on espère qu’ils se termineront bien, sont également très révélateurs de notre époque.

Une soif de liberté et d’égalité

La première leçon de ces révoltes populaires est que la soif de liberté des hommes est bien universelle et elle ne peut pas être mise sous une cocotte indéfiniment. Ce n’est pas pour rien qu’en Chine, les évènements actuels sont peu évoqués. Mais un jour aussi, la Chine s’éveillera à la liberté. Enfin, il faut souligner le rôle positif joué par les nouvelles technologies dans ces révolutions, avec Facebook, Twitter ou des téléphones mobiles. Le progrès peut amener la liberté.

Mais il y a un aspect insuffisamment mis en valeur, c’est le fait que les raisons économiques jouent un rôle important dans les révoltes des peuples Tunisiens et Egyptiens. Chômage, montée des prix de l’alimentaire expliquent aussi la volonté de renverser les régimes en place. L’addition d’un régime autoritaire et d’une absence de progrès économique est un cocktail détonant pour les autocrates en place. Il faut y voir la raison de la politique économique aussi active des dirigeants Chinois.

Nul ne sait où le mouvement actuel s’arrêtera. Si on peut espérer qu’il se propage dans le monde arabe comme une trainée de poudre démocratique et pacifique, à la manière du printemps des peuples en Europe de l’Est, rien n’est moins sûr. Les violences de ces derniers jours rappellent que toutes les révolutions ne sont pas forcément pacifiques et qu’elles peuvent être sanglantes. De même, les autocrates peuvent parfois rester au pouvoir, même si le sort d’Hosni Moubarak semble scellé.

Une France en petit

Tout a commencé par la très grande maladresse de Michèle Alliot-Marie, proposant l’aide de la France à la Tunisie pour maintenir l’ordre. Même s’il s’agissait d’assurer l’ordre de la manière la moins violente possible, cette proposition d’aide de la France à un autocrate en déroute n’est pas des plus glorieuses. D’ailleurs, après avoir commencé par nier le problème, Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie ont fini par admettre cette maladresse, qui ne fait pas gloire à notre diplomatie.

Et plus globalement, cet incident montre aussi à quel point la diplomatie Française a perdu depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. La présidence de Jacques Chirac avait permis de renouer les liens séculaires de la France avec le monde arabe. Nul doute qu’un gouvernement moins suiviste à l’égard des Etats-Unis aurait pu jouer un  rôle plus important, alors que les manifestants Egyptiens brandissent des pancartes en Français pour demander la démission d’Hosni Moubarak.

Nous vivons peut-être aujourd’hui un mouvement historique de démocratisation du monde arabe. S’il convient de respecter la souveraineté des pays, la France doit également faire entendre son message de liberté et d’égalité dans lequel se reconnaissent tant de manifestants.

18.01.2011

Tunisie : le printemps de la démocratie

Le monde devrait bientôt compter une nouvelle démocratie : la révolte du peuple Tunisien a poussé le président Ben Ali à quitter son pays. Un nouvel espoir pour l’avancée de la démocratie dans le monde. Un nouvel épisode tristement géré par le gouvernement.

Une nouvelle avancée de la démocratie

Comment ne pas accueillir avec joie la fin d’une dictature ? Bien sûr, l’arrivée de la Tunisie dans le cercle des démocraties n’est pas encore garantie car il reste encore des incertitudes et le processus implique malheureusement beaucoup trop de violences. Cependant, il est toujours heureux de voir un autocrate renversé par une révolte populaire. Une trainée de poudre démocratique pourrait bien s’emparer de l’Afrique du Nord, une réplique du printemps des peuples en Europe de l’Est.

Cette révolution démocratique a un aspect positif : elle montre que les peuples aspirent à la liberté et à la démocratie et on peut imaginer qu’à terme, les régimes dictatoriaux finiront sans doute par tomber, y compris en Chine, où l’oppression se relâche déjà. Car les modes de communication modernes aident à la propagation des idées démocratiques. En revanche, ont peut aussi y voir le rôle d’un développement économique raté et des déséquilibres de la globalisation néolibérale.

Les erreurs occidentales et Françaises

Même si je suis par définition contre l’ingérence, qui est toujours celle du plus fort sur le plus faible, comme le montre bien Jacques Sapir, les pays occidentaux ne sont pas exempts de tout reproche. Trop souvent, nous avons soutenu des régimes autocratiques sous prétexte qu’ils n’étaient pas islamistes, quitte à faire des compromis avec nos propres valeurs. Malheureusement, cela a pu envoyer le message à de nombreux peuples qu’ils avaient le choix entre dictature et islamisme…

Et le gouvernement Français s’est particulièrement mal comporté dans cette séquence. Même s’il n’était pas question de s’ingérer dans les affaires Tunisiennes, la remarque de Michèle Alliot-Marie proposant au dictateur de l’aider dans le maintien de l’ordre est totalement contraire aux valeurs que nous devons porter. C’est avec un immense plaisir que j’ai pu constater que Nicolas Dupont Aignan a relevé l’honneur de notre pays en prenant une position plus conforme à nos valeurs.

J’espère que ce printemps démocratique Tunisien va se passer du mieux possible pour ce pays dont nous sommes si proches et que d’autres peuples pourront bientôt se libérer du joug autoritaire   auquel ils sont aujourd’hui soumis. Merci aux Tunisiens pour ce message d’espoir.

27.12.2010

Hortefeux, Dati,: les tristes séquelles du sarkozysme

Le problème avec Nicolas Sarkozy, ce n’est pas seulement lui, c’est aussi toutes les personnes qu’il a amenées au pouvoir. Et malheureusement, le mois de décembre a été riche en polémiques inutiles autour des membres du gouvernement.

Brice Hortefeux, le pire de tous

Déjà, avoir un ministre de l’intérieur condamné pour injure raciale est bien triste pour notre République. Mais ce mois-ci, ce multirécidiviste a été condamné pour atteinte à la présomption d’innocence d’un ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie. Tout ceci est d’autant plus déplorable que ce proche de Nicolas Sarkozy occupe des fonctions qui supposent de faire respecter un ordre dont la justice a estimé par deux fois qu’il l’a enfreint dans l’exercice de sa fonction. Pauvre République !

Et ce mois-ci, il s’est également distingué en contestant une condamnation à de la prison ferme à l’encontre de policiers qui avaient fait un faux-témoignage accusant un automobiliste d’homicide involontaire. Il est proprement détestable qu’un membre du gouvernement se désolidarise de la sorte d’une décision de justice, qui plus est pour un fait aussi grave. Le pire est qu’il a persisté et signé, suivant les malheureux exemples de Nicolas Sarkozy quand celui-ci officiait également place Beauvau.

Une chienlit généralisée

S’ils n’atteignent pas le niveau de Brice Hortefeux, les bébés Sarkozy se sont particulièrement illustrés ce mois-ci. Sans doute vexée de ne pas être nommée Secrétaire Générale Adjointe de l’UMP, Rama Yade s’est à nouveau fait remarquer en passant au Parti Radical. Et il est effrayant de voir le comportement des anciens ministres qui critiquent aujourd’hui l’équipe à laquelle ils appartenaient il y a quelques semaines, notamment l’insignifiant Hervé Morin.

Enfin, il n’y a pas eu de trêve des confiseurs à l’UMP. Chantal Jouanno a ainsi suggéré à François Fillon un ticket pour les élections municipales à Paris en… 2014 ! Il est incroyable qu’elle ne se rende pas compte de l’indécence d’une telle proposition, surtout de la part d’un membre du gouvernement. Mais Rachida Dati est venue en rajouter en dénonçant une « agression » et en affirmant que sa rivale n’a « ni bilan, ni idées ». Bonjour l’ambiance dans la fédération UMP de Paris !

Polémiques inutiles, dérapages verbaux bien peu républicains, agressions contre des membres de son propre parti, les bébés Sarkozy reprennent malheureusement tous les travers du président de la République. C’était tristement prévisible mais cela n’en est pas moins triste…

14.10.2010

Quel sera le prochain locataire de Matignon ?

Depuis quelques mois, la France possède un Objet Gouvernemental Non Identifié : un gouvernement en sursis dont on sait qu’il va être très largement remanié pour préparer la dernière ligne droite avant les élections présidentielles. Petit point sur les spéculations.

Un nouveau premier ministre ?

Il y a encore quelques semaines, la tendance semblait être au maintien de François Fillon, comme le souhaite une large majorité de l’opinion publique. Mais la « tournée d’adieu » du premier ministre et certaines de ses déclarations semblent indiquer qu’il est sur le départ. Les mouvements sociaux sur les retraites pourraient influencer le choix du président de la République et le pousser vers Jean-Louis Borloo pour incarner une forme de réconciliation sociale.

Outre le contexte, deux critères devraient jouer dans le choix du président. Le premier devrait être la loyauté. Tous les présidents de la Cinquième République ont préféré aborder les échéances électorales avec un homme en qui ils avaient toute confiance, et qu’ils avaient « fait » pour la plupart : Georges Pompidou pour le Général, Pierre Messmer pour le successeur de Charles de Gaulle, Raymond Barre pour VGE, Laurent Fabius ou Pierre Bérégovoy pour François Mitterrand.

Revue des prétendants

A priori, ce raisonnement exclut Jean-François Copé, François Baroin, Bruno Lemaire ou Michèle Alliot-Marie. Nicolas Sarkozy ne pourrait pas compter à 100% sur de tels candidats du fait de leur passé, ou pour certains, de l’avenir qu’ils souhaitent se préparer… Il serait plus logique qu’il choisisse entre Christine Lagarde (malgré le questionnement sur son sens politique), Brice Hortefeux (trop droitier) ou Jean-Louis Borloo, qui semble aujourd’hui le grandissime favori.

Cependant, la surprise a souvent été au rendez-vous et il s’agit d’un élément déterminant pour provoquer un rebond dans l’opinion. Du coup, Nicolas Sarkozy pourrait se tourner vers Claude Guéant (pour rassurer et donner un côté plus sérieux, proche de celui de l’actuel locataire de Matignon), voir Luc Châtel, un bon petit soldat, à moins que la surprise soit finalement le maintien de François Fillon avec un cabinet largement remanié pour intégrer des figures de la droite, Alain Juppé notamment…

Un timing à double tranchant

D’un côté, attendre la fin de la séquence sur les retraites semble une bonne idée. De l’autre, annoncer autant à l’avance un remaniement est une erreur car des ministres en sursis ont moins de poids et personne ne comprend réellement l’intérêt d’avoir annoncé une telle décision à l’avance. Même si un tel scénario était probable, Nicolas Sarkozy aurait sans doute eu intérêt à ne pas l’annoncer autant à l’avance de manière à davantage rester maître de l’emploi du temps.

Parce que ce premier ministre sera celui qui sera le chef de l’équipe gouvernemental en vue des présidentielles, le président a besoin d’un homme de confiance, suffisamment rassembleur, qui travaille pour lui sans lui faire de l’ombre. Cela ressemble donc au portrait de l’actuel locataire, de Claude Guéant, voir de Luc Châtel. Voici donc pour moi, avec Jean-Louis Borloo, les prétendants les plus sérieux à date pour être le premier ministre du prochain gouvernement de ce quinquennat.

Et si la surprise était finalement le maintien de François Fillon ? Après tout, l’actuel premier ministre semble être passé par pertes et profits. Mais si ce dernier en a assez de Matignon, ce qui n’est pas improbable, il n’y a pas grand monde qui corresponde au profil idéal en vue de 2012.

03.10.2009

Que faire avec les délinquants sexuels ?

C’est un nouveau drame qui secoue la France avec l’assassinat de Marie-Christine Hodeau. Le gouvernement doit affronter un début de polémique entre les ministres de la justice et de l’intérieur sur la responsabilité de l’institution judiciaire.

Un gouvernement mal à l’aise

Il faut dire que Nicolas Sarkozy a beaucoup bougé sur la question depuis sa nomination comme ministre de l’intérieur en 2002. On ne compte plus les mâles déclarations dénonçant l’horreur de ces actes ni même le nombre de lois sur le sujet. Pourtant, un malaise subsiste. Beaucoup de lois ont été passées mais sans que l’on sache réellement ce qu’elles ont apporté. N’ont-elles finalement pas été simplement des actes de communication plutôt que des lois qui apportaient des solutions ?

D’où sans doute les échanges acides entre un Brice Hortefeux qui dénonce la responsabilité de la justice, Michèle Alliot-Marie qui réfute cette interprétation, le ministre l’intérieur qui dit finalement être sur la même ligne qu’elle et François Fillon qui parle d’un crime « sans doute » évitable. Même s’il est évident que l’on ne pourra pas éradiquer totalement ces crimes affreux, la France découvre peu à peu que l’action de Nicolas Sarkozy n’est que de l’agitation.

Vraiment donner la priorité aux victimes

Brice Hortefeux a tort de critiquer l’institution judiciaire dans ce cas. Elle ne fait, le plus souvent, qu’appliquer les textes que vote le législateur. Et en la matière, Nicolas Sarkozy est responsable de l’immense majorité des derniers textes qui portent sur la question. En effet, dans le cas présent, le présumé coupable a été remis en prison après une première remise en liberté, pour ne pas avoir respecté les conditions de sa libération. Et s’il a été libéré avant la fin de sa peine, cela n’est pas nouveau.

Deux décisions pourraient pourtant assurer une meilleure protection des victimes. Tout d’abord, un meilleur accompagnement des criminels et délinquants sexuels à la sortie de prison (suivi psychologique et policier, et, en fonction, bracelet électronique ou suivi médicamenteux) pour limiter le risque de récidive. Et pour protéger les victimes, on pourrait instaurer une véritable peine de prison à perpétuité pour les récidivistes. En effet, trop de victimes l’ont été de criminels multirécidivistes, ce qui n’est pas acceptable.

Derrière les gesticulations habituelles du gouvernement sur le sujet, se cache une absence totale de recherche de véritable solution. Nicolas Sarkozy nous a fait perdre 7 ans et demi.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/10/02/01016-20091002ARTFIG00006-l-assassin-presume-de-marie-christine-hodeau-remis-deux-fois-en-liberte-.php

http://www.metrofrance.com/info/affaire-hodeau-un-crime-sans-doute-evitable-estime-fillon/mijb!NG4FcupbruAkU/

16.09.2009

Sectes : coïncidences troublantes…

Avant-hier, nous avons appris qu’une disposition de loi passée récemment pourrait permettre à l’Eglise de Scientologie d’échapper à une condamnation. Michèle Alliot-Marie a promis de tout faire pour revenir dessus, mais cet incident est-il si indépendant de la volonté politique ?

Un président ambigü

Ce n’est un secret pour personne, Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir un comportement très hostile vis-à-vis de la scientologie. Alors ministre des finances, il avait reçu en grande pompe Tom Cruise, un des premiers défenseurs de cette secte, sans émettre la moindre critique à son égard, alors qu’il savait clairement que tout le monde allait interpréter cette rencontre sous  cet angle-là. En outre, dans un livre « La République, les religions, l’espérance », il avait adopté une attitude très anglo-saxonne à l’égard des mouvements religieux, avec tous les excès que l’on y connaît…

Mais ce n’est pas tout. Sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, avait déclenché une vive polémique en déclarant que pour elle, les sectes étaient un « non problème » ! Certes, l’Elysée avait fait publier un communiqué pour revenir sur ces propos. Mais le mal était fait. Il y a un faisceau d’indices qui peuvent laisser penser que l’attitude de l’Elysée n’est pas forcément hostile à l’égard de la scientologie, au sein de l’entourage du président comme pour le président lui-même.

Une lumière différente sur ce dérapage législatif

Il serait sans doute complètement abusif de penser que Nicolas Sarkozy en personne est intervenu pour faire passer un article dans un projet de loi pour permettre à la scientologie d’échapper à une condamnation. En revanche, comment ne pas avoir des doutes sur l’influence possible d’un membre de l’équipe présidentielle dans cette affaire ? Ne peut-on pas imaginer que les scientologues aient pu trouver un relais au sein de l’Elysée ou des allées du pouvoir pour modifier un projet de loi anodin en leur faveur ?

Car la thèse du hasard semble bien difficile à justifier. Peut-on vraiment croire que le législateur a pu passer un article exonérant la scientologie de toute condamnation dans un projet de loi, sans le savoir, et sans la moindre influence du milieu scientologue ? Peut-on imaginer que le hasard fasse si bien les choses qu’une petite ligne exonère la secte sans que celle-ci ne soit intervenue pour s’assurer que la formulation lui permette bien d’échapper à la condamnation ?

Il faut être clair : on ne saura jamais le fin mot de l’histoire. Mais on peut surpris que personne ne fasse le rapprochement entre certains dérapages élyséens passés et cet accident judiciaire qui profite à la scientologie.

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/emmanuelle-mignon-les-sectes-sont-un-non-probleme_470375.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/15/pas-de-repit-pour-la-scientologie_1240425_3224.html

08.03.2009

Chronique du dimanche : OTAN, Danone et Cisjordanie

Tribune d’Hubert Védrine dans le Monde contre le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, tribune de Franck Riboud, patron de Danone, sur le rôle des entreprises, annonce de nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie : retour sur une semaine mouvementée.

Le front anti-OTAN se renforce

La très belle tribune d’Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères de 1997 à 2002 est un véritable camouflet à Michèle Alliot-Marie. Comment ne pas voir la différence de dimension entre l’ancien locataire socialiste du quai d’Orsay et l’actuel ministre de l’intérieur ? Hubert Védrine se permet même de commencer son papier par une évocation du Général de Gaulle qui ridiculise les arguments de la présidente du Chêne. Mais surtout, il démontre bien que ce n’est pas après avoir rejoint le commandement militaire de l’OTAN et donc renoncé à son indépendance, que la France pourra faire émerger une défense européenne.

Franck Riboud, un patron citoyen

Alors que Laurence Parisot se complaît dans un rôle de porte-parole du patronat le plus obtus en refusant toute réflexion sur le partage de la création de valeur dans les entreprises, le patron de Danone a montré un autre visage des chefs d’entreprise. Dans une très belle tribune au Monde, s’il a souligné « qu’une entreprise doit créer de la valeur pour ses actionnaires », il soutient qu’elle doit aussi « créer de la valeur et de la richesse pour ses autres parties prenantes » (salariés, fournisseurs…) dénonçant la « conception étroite du rôle de l’entreprise qui nous a conduit dans une impasse ». Bel exemple pour le monde patronal.

La colonisation de Cisjordanie continue

Le Figaro cite le rapport d’un groupe anti-colonisation, Peace Now, qui affirme que le gouvernement israélien prévoit de construire plus de 73 000 nouveaux logements en Cisjordanie dans les années à venir, ce qui devrait faire passer la population de colons de 300 000 à 580 000. Le dirigeant de l’association, Yariv Oppenheimer, déplore que « la réalisation de ces projets rendrait totalement irréalisable la constitution d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël ». Il est évident que la colonisation de la Cisjordanie représente un frein majeur à la paix au Proche-Orient. Malheureusement, la communauté internationale laisse faire.

Source : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/05/pourquo...

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/02/la-cris...

http://www.lefigaro.fr/international/2009/03/02/01003-200...

24.02.2009

Michèle Alliot-Marie, le Chêne, le roseau et les lentilles

Aujourd’hui, presque tout le personnel politique se réclame du gaullisme. Nicolas Sarkozy le fait occasionnellement, François Bayrou de plus en plus et même Ségolène Royal a cité le rapport du Général à la religion. Le débat sur l’OTAN divise pourtant la classe politique d’une manière surprenante.

Ce que révèle le débat sur l’OTAN

En effet, ce débat se fait à front renversé avec de prétendus héritiers du gaullisme qui proposent de revenir sur la décision du Général de quitter le commandement militaire de l’OTAN, et les centristes et les socialistes qui s’y opposent, n’hésitant pas  à prendre le plus illustre des Français à témoin ! Quelle ironie de voir François Bayrou demander un référendum (quoi de plus gaulliste) sur le sujet ! À l’opposé, le très lointain descendant des partis gaullistes, l’UMP, soutient majoritairement ce retour.

Heureusement, tous les héritiers du gaullisme n’ont pas rompu avec les idéaux d’indépendance nationale, de refus des impérialismes, fût-il Américain, et de multilatéralisme. Nicolas Dupont-Aignan et Dominique de Villepin se sont ainsi exprimés fermement contre le retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN. Le président de Debout la République a signé une belle tribune dans Le Monde la semaine dernière et l’ancien Premier Ministre a qualifié cette décision de « faute » dans Dimanche Plus ce week-end.

Ce roseau qui se prend pour un chêne

Mais quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert la tribune de Michèle Alliot-Marie dans le Figaro, faisant du retour de la France « le choix de la responsabilité ». En effet, la ministre de l’intérieur se veut l’incarnation d’un courant gaulliste au sein de l’UMP, « Le Chêne », baptisé en mémoire du livre d’André Malraux sur le Général (chroniqué sur le blog). Elle justifie ce retour par l’absence de remise en cause de notre indépendance nucléaire, notre participation à l’OTAN et les prises de décisions à l’unanimité.

C’est relativement habile mais les deux derniers points étaient déjà vrais en 1966 et la question nucléaire n’était pas la seule pour laquelle le Général avait voulu quitter l’organisation. Le principal motif était simple : le refus de toute « sujétion » à un autre pays, fût-il un allié. En outre dire que « le monde de 2009 n’est pas celui de 1949 ou 1966 » est à double tranchant. En effet, le Pacte de Varsovie, et l’URSS, contre lesquels l’OTAN était dirigée, n’existent plus. Quel peut bien être l’utilité d’une telle organisation aujourd’hui ?

Certes, comme le montre le cas de l’Allemagne lors de la guerre d’Irak, il est possible de ne pas participer à une guerre que l’on ne souhaite pas mener. Mais du coup, cela ne justifie pas de participer à une organisation dont on ne peut pas réellement influencer la ligne, que seule les Etats-Unis décident formellement. En outre, il faut une bonne dose d’hypocrisie pour ne pas voir que l’OTAN freine la constitution d’une Europe de la défense puisqu’il s’agit quasiment des mêmes pays.

Les sophismes malhabiles de Michèle Alliot-Marie n’y feront rien. Avec ce soutien bruyant à l’OTAN, elle montre que ce qu’elle appelle le chêne n’est qu’un pâle roseau prêt à toutes les contorsions pour un plat de lentilles ministérielles.

Source : http://www.lefigaro.fr/debats/2009/02/18/01005-20090218AR...