03.12.2009
Michael Moore, réalisateur éditorialiste
Il y a deux jours, je suis allé voir « Capitalism, a love story », de Michael Moore. Même s’il ne fait pas dans la nuance, le célèbre réalisateur a le mérite de poser des questions très pertinentes sur la crise et les solutions qui y ont été portées aux Etats-Unis.
Une critique radicale du système
La crise économique que nous traversons révolte le réalisateur. Même s’il défend clairement un point de vue, il le fait avec brio, en sachant également se montrer didactique, en montrant par exemple comment les banques ont poussé une déréglementation bancaire qui a favorisé le développement des crédits hypothécaires à des taux usuriers. Il dénonce le plan de sauvetage des banques, largement inspiré par Wall Street et notamment Goldman Sachs alors que rien n’est pas pour les personnes expulsées.
Michael Moore démonte également les bizarreries du système étasunien, comme le système d’assurance décès souscrit par les entreprises sur leurs employés. Il montre le cas d’une employée de Wal Mart décédée à 28 ans d’un cancer, qui a rapporté 60 000 dollars à son employeur, quand sa famille s’est retrouvée contrainte de payer 100 000 dollars de frais médicaux. Même s’il s’agit d’un cas extrême, cela montre tout de même l’injustice d’un système qui profite aux gros et maltraite les petits.
Plus globalement, Michael Moore dénonce les inégalités d’un développement économique, qui, depuis plusieurs décennies, ne profite qu’à 1% de la population et dont le reste voit, au mieux, ses revenus stagner. Il cite le cas du scientifique qui a découvert le vaccin de la polio et qui a préféré ne pas le déposer, estimant qu’il gagnait déjà suffisamment sa vie. Il dénonce l’attirance qu’exerce Wall Street sur les meilleurs scientifiques, ce qui les détourne de carrière où ils pourraient être plus utiles.
Obama, nouveau Roosevelt ?
Michael Moore termine son film par une allocution de 1943 de Franklin Delano Roosevelt, où celui-ci annonçait vouloir instituer un second « Bill of right » qui aurait inclus un droit à logement décent, à un emploi utile et justement rémunéré, pour les agriculteurs, un droit à des prix de produits agricoles leur permettant de vivre dignement de leur travail. Il souligne à quel point le président du New Deal a poussé des politiques de justice sociale qui ont transformé le pays.
Naturellement, Michael Moore présente Barack Obama comme le digne successeur de Roosevelt, soulignant le contraste avec un Georges Bush qu’il exècre et qu’il ne se prive pas de critiquer à nouveau. Cependant, comment ne pas souligner que sur la question centrale de la régulation de la finance, Barack Obama ne dévie guère de la ligne du précédent gouvernement. Michael Moore s’en tire en attaquant Tim Geithner, mais c’est bien Barack Obama qui a choisi ce dernier…
Bien sûr, il s’agit d’un film très manichéen, mais c’est aussi ce côté partisan qui donne ce piment à un film qui réussit le tour de force d’être distrayant tout en faisant réfléchir. C’est pourquoi je vous le recommande vivement.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, International, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : michael moore, barack obama, franklin roosevelt, georges bush



