22.03.2009
Les oublis monétaires du G20
Signe des temps, le Monde ouvre de plus en plus ses colonnes à des partisans d’une réforme plus profonde du système économique. Après avoir exploré le protectionnisme avec Jean-Luc Gréau, c’est au tour de la réforme du système monétaire international d’être évoquée dans les colonnes du quotidien du soir.
L’urgence de la réforme monétaire
Hier, je revenais sur l’avancement de la réforme de la finance pour noter que finalement, les dirigeants du G20 pourraient bien aller au-delà d’un changement a minima, au grand dam des banquiers. Les centaines de milliards de dollars et d’euros déversés par les gouvernements les poussent à chercher des solutions pour éviter une nouvelle crise. Malheureusement, aucune réforme de l’Organisation Mondiale du Commerce ou du Système Monétaire International n’est à l’ordre du jour.
Dans une tribune qui rappelle le papier de Malakine cette semaine, Pierre Antoine Delhommais note que « le G20 entend reconstruire le système financier mondial sans rien changer au système monétaire international. Autrement dit, il prétend édifier un immeuble d'une solidité à toute épreuve sur des fondations mouvantes et vétustes ». En clair, le G20 ne va remettre en cause qu’une partie, certes importante, de la déréglementation des dernières décennies et ignorer les questions monétaires, pourtant essentielles.
Les questions qui se posent
De manière assez surprenante, le journaliste du Monde, qui remplace avantageusement l’ultra-libéral Eric Le Boucher, rend un hommage appuyé au Général de Gaulle en présentant comme prophétique sa critique de l’étalon dollar et sa volonté de retour à l’étalon or, qui gagne le soutien d’un nombre grandissant d’économistes. En effet, comme le soulignent Edouard Husson et Norman Palma dans leur dernier livre, le système monétaire actuel est trop favorable aux Etats-Unis.
Mais le journaliste du Monde s’attaque même au système de change flottant, notant que la pagaille actuelle est un facteur aggravant de la crise, notamment pour les pays émergents. En cela, il rejoint la tribune de Pierre Calame, qui réclame également une stabilisation des taux de change et une plus grande prise en considération des enjeux environnementaux. Enfin, se pose la question de l’indépendance des banques centrales étant données leurs interventions sur les marchés, comme l’évoque Michel Aglietta.
La violence de la crise financière a fait avancer la pensée dans ce domaine. Malheureusement, pour l’instant, nous n’en sommes qu’aux prémices de la réflexion sur un nouveau Système Monétaire International. Les conclusions du G20 seront donc forcément bancales.
Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/21/fin-de-...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/17/a-crise...
11:09 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le monde, pierre antoine delhommais, michel aglietta, pierre calame, système monétaire international



