28.05.2009
The Economist vante le modèle Français
Énorme surprise à la une de l’hebdomadaire ultralibéral The Economist, qui se demande si la crise actuelle ne montre pas la pertinence du modèle Français par rapport aux modèles allemand ou anglais. Si la conclusion est moins surprenante, les questions restent intéressantes.
Une crise qui touche moins notre pays
Quelle surprise que cette une de The Economist où l’on voit Nicolas Sarkozy sur un piédestal avec une mention « Le modèle Français », dans la langue de Molière, Angela Merkel debout avec un air sombre (Modell Deutschland) et un Gordon Brown dans un trou (The Anglo-saxon model). En outre, c’est bien la situation économique de la France aujourd’hui qui pousse le magazine anglais, très souvent critique à notre égard, à suggérer que notre modèle est gagnant.
En effet, l’Allemagne traverse une crise deux fois plus sévère par la baisse du PIB par exemple. L’économie allemande, touchée de plein fouet par la baisse de ses exportations industrielles, a ainsi reculé de 3,8% au premier trimestre 2009, contre seulement 1,5% de notre côté du Rhin. Le PIB devrait baisser de 6% en Allemagne en 2009, le double de la France. Quant à l’Angleterre, son déficit approche les 10%, le double de la France, pour une récession encore plus sévère.
Les atouts du modèle Français
The Economist explique donc les atouts d’une France dont les « stabilisateurs automatiques » amortissent la crise. L’hebdomadaire cite le poids des dépenses publiques, le nombre de fonctionnaires, l’indemnisation des chômeurs, la politique familiale qui explique notre natalité, ainsi que la planification des grands investissements qui font que nos infrastructures sont bien meilleures qu’en Grande-Bretagne. Il rend même un hommage à notre politique industrielle en parlant d’Areva et Alstom.
Si The Economist souligne que les banques Françaises ont mieux résisté à la crise et souligne notre modération sur l’endettement, il critique notre réglementation excessive. Cette lourdeur expliquerait un marché de l’emploi dual et la persistance d’un fort taux de chômage. The Economist attaque également notre manque d’innovation et un système d’éducation inégalitaire. Globalement, il affirme que notre manque de flexibilité se paiera par une plus faible croissance demain.
Mais cette affirmation est un peu cavalière, notamment quand on compare avec l’Allemagne, dont les efforts de compétitivité ont abouti à un taux de croissance bien plus faible que nous depuis 10 ans. En outre, l’argument inégalitaire sur l’emploi et l’éducation est de mauvaise foi, venant d’un magazine qui prône un modèle anglo-saxon bien plus inégalitaire. Quant au manque d’innovation, la France n’est pas vraiment en retard par rapport au reste du continent européen.
Au final, de manière paradoxale, The Economist fait un plaidoyer assez convaincant sur le modèle Français. Et si la conclusion est naturellement négative, la minceur des arguments de conclusion finit par démontrer le contraire de ce que l’hebdomadaire anglais souhaite faire.
Source : The Economist 9 mai
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the economist, modèle français



