20.08.2011
Du bon usage des statistiques trimestrielles
Il y a quelques jours, les chiffres trimestriels de la croissance sont tombés et ont encore occasionné d’innombrables commentaires, souvent à courte vue. Si l’alerte sur la croissance est réelle, en revanche, certaines conclusions sont franchement hâtives.
Les arrangements du gouvernement avec la réalité
Le flux toujours plus dense de l’information l’explique sans doute, mais comment ne pas constater à quel point certains politiques et journalistes tirent des leçons assez abusives à partir des chiffres trimestriels. Il y a trois mois, Christine Lagarde se glorifiait de la réussite de notre économie et s’en attribuait immédiatement le mérite. Il faut dire que l’ancienne ministre de l’économie, est coutumière des excès de communication lors de la publication des chiffres de croissance.
En effet, on pouvait déjà objecter que 70% de la croissance annoncée (0.7 point sur 1) venait de la hausse des stocks, ce qui relativise fortement les résultats. Pire, outre le fait que notre économie a stagné au second trimestre, la révision des chiffres du premier s’est faite par le bas, puisque le PIB a finalement augmenté de 0.9%, dont 90% attribuable aux stocks ! Bref, tout ceci relativise grandement le discours triomphateur de l’équipe gouvernementale.
Un autre regard sur l’Allemagne
De même, il y a trois mois, l’extraordinaire croissance de notre voisin d’outre-Rhin (1.5%) provoquait une nouvelle flambée du « modèle allemand » dans les éditoriaux. Mais là aussi, la décélération est brutale puisque le PIB allemand n’a finalement progressé que de 1.3% au premier trimestre et surtout de seulement 0.1% au second. Résultat, sur France Info, des commentateurs remettaient en question la pertinence même du modèle allemand sur ces seuls résultats…
Ces deux interprétations sont naturellement excessives. Tout d’abord, il faut garder en mémoire la baisse du PIB allemand de 5% en 2009, deux fois plus qu’en France. Du coup, la bonne performance de 2010 (3.6% de croissance) et la meilleure situation de notre voisin cette année encore ne font que compenser une crise qui a été deux fois plus dure que chez nous. En outre, n’oublions pas que la croissance de l’Allemagne de 2000 à 2009 a été de 0.8% par an contre 1.4% chez nous…
Prendre du recul sur les statistiques
Il est dommage que les chiffres qui tombent ne soient pas analysés avec un peu plus de recul. Tout d’abord, il serait bienvenu (ce qu’une partie des journalistes font) d’étudier les composantes de la croissance (que l’INSEE précise dans ses communiqués) car le fait que 90% de la croissance du premier trimestre vienne de l’augmentation des stocks relativise très fortement le triomphalisme bien mal placé du gouvernement. Les gros titres sont souvent trop réducteurs pour être honnêtes.
En outre, les chiffres sur trois mois, s’ils ont bien sûr un intérêt, devraient être replacés dans un contexte général car ils sont soumis à révision et peuvent être influencés par des facteurs externes. Au premier trimestre, l’Europe avait une plus forte croissance que les Etats-Unis. Au second, c’est l’inverse. Mais surtout, seules les séries plus longues permettent de donner une perspective aux chiffres trimestriels. Il serait important de les rappeler en toute occasion.
Oui, la croissance a beaucoup ralenti au second trimestre, mais l’information principale n’est-elle pas que la zone euro a un gros problème de croissance depuis dix ans et que cela ne s’arrange pas ?
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17.02.2011
Allemagne : modèle ou contre-modèle ?
L’Allemagne est au cœur du débat économique. Certains vantent ses performances en soulignant ses excédents commerciaux mais oublient sa faible croissance. D’autres dénoncent sa politique non coopérative en oubliant qu’elle est un Etat souverain. Qu’en est-il ?
Le modèle Allemand
L’Allemagne est depuis longtemps un pays tourné vers l’exportation de produits industriels. Au début des années 1980, environ 45% de son PIB était encore réalisé par l’industrie, contre 30% en France ou en Grande-Bretagne. En trente ans, cette part a baissé de 15 points dans les trois pays. Ceux qui regardent le verre à moitié plein voient un même niveau de désindustrialisation. Le pays s’appuie sur une spécialisation dans les machines outils et un fort tissu d’entreprises moyennes.
Pour être honnête, l’Allemagne réalise des performances assez exceptionnelles. The Economist y a consacré un dossier récemment qui montre que si les exportations Allemandes en Chine ont atteint 51 milliards de dollars en 2009, ce chiffre atteint à peine 11 milliards pour la France, 9 pour l’Italie et 8 pour la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, le pays accumule 150 milliards d’euros d’excédents commerciaux en une année, plus de 5% de son PIB.
Le rôle de l’euro et de l’Union Européenne
L’arrivée de l’euro et l’intégration des pays d’Europe de l’Est a considérablement modifié la donne. En effet, aux parités d’entrée dans l’euro, l’Allemagne s’est retrouvée avec des coûts salariaux supérieurs de 25% à la moyenne. En outre, la réunification a considérablement réduit l’excédent commercial, comme le montre Eric Verhaeghe dans un récent papier. Mais l’intégration des pays de l’Est lui a permis de disposer d’une base de production à bas coût à proximité.
Du coup, les industriels Allemands ont pu délocaliser une partie de la production de leurs composants dans des pays où le coût du travail du travail est beaucoup plus faible (le SMIC Roumain représente 10% du SMIC Français) pour être plus compétitif. Il faut noter qu’un euro cher devient un avantage puisqu’il baisse le coût d’achat de ces composants. Enfin, la maîtrise des coûts de production a permis au pays de restaurer sa compétitivité et de dégager ses excédents essentiellement dans la zone euro.
Le côté obscur du modèle Allemand
Mais ce modèle n’est pas dépourvu de faiblesses. Comme le Monde le souligne, il s’appuie sur un appauvrissement de la population depuis une dizaine d’années. La fondation Terra Nova explique que « La logique politique implicite est insoutenable : appauvrir les salariés allemands pour qu'ils soient compétitifs sur le marché mondial. Cet appauvrissement est réel : le revenu par habitant allemand était supérieur de 15 % à la France en 2000 ; il est aujourd'hui inférieur de 10 % ».
De même, si les excédents commerciaux Allemands sont impressionnants, c’est moins le cas de la croissance. Dans les années 2000, le PIB y a progressé en moyenne de 0.8% par an contre 1.4% pour la zone euro et 1.5% pour la France. Seule l’Italie a fait moins bien (0.5%). De même, le fort rebond de 2010 (+3.6%) est compensé par la chute de 2009 (-4.6%). Sur deux ans, la performance de l’Allemagne n’est pas meilleure que celle de la France…
Jacques Sapir vient de publier un série remarquable synthétisant pourquoi la France ne doit pas copier l’Allemagne. Il montre bien que si tous les pays Européens suivaient le « modèle » Allemand, alors le continent s’enfoncerait dans la dépression. Bref, si l’on suit la logique de l’Allemagne, nous allons rentrer dans une baisse des salaires dont on se demande si elle aura une fin quand on sait que le SMIC vient de passer à 30 euros par mois au Bangladesh.
Au final, l’Allemagne a cherché à protéger son industrie dans le cadre de l’euro et de l’intégration de l’Europe de l’Est. Mais son « modèle » n’en est pas vraiment un car il n’est pas tenable si tout le monde le suit et il promeut une véritable régression sociale qui ne saurait être l’horizon de nos sociétés.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, modèle allemand, jacques sapir, the economist, eric verhaeghe
11.12.2010
Merci Angela !
L’Allemagne a une position compliquée aujourd’hui. D’une part, certains évoquent le modèle économique que notre voisin d’outre-Rhin représenterait et qu’il faudrait copier. De l’autre, d’autres dénoncent ses excédents commerciaux et sa réticence à prêter aux pays de la zone euro en difficulté.
Un modèle en partie dicté par l’Europe
Tout d’abord, il faut relativiser le « modèle Allemand ». Leur croissance annuelle n’a été que de 0.8% pendant les années 2000 contre 1.5% en France. Seule l’Italie a fait moins bien. Car si le pays accumule les excédents commerciaux vis-à-vis de ses partenaires de la zone euro, la compression des salaires pèse sur les salaires et le pouvoir d’achat, ce qui limite grandement la croissance globale du pays. En outre, sa désindustrialisation n’est pas moins rapide que celle de la France…
Bien sûr, le modèle Allemand est non coopératif dans la mesure où il s’appuie sur les exportations. Ce n’est donc pas un modèle réplicable à l’échelle du continent dans la mesure où tous les pays ne peuvent pas afficher un excédent. Mais ce modèle ressemble aux modèles asiatiques. Malheureusement, nous laissons également le Japon, la Corée du Sud ou la Chine accumuler les excédents en exportant comme bon leur semble en Europe alors qu’ils ferment souvent leurs marchés.
Et puis, l’euro a joué un grand rôle dans l’accentuation du modèle Allemand. C’est aussi parce que Berlin est entré dans la monnaie unique avec des coûts salariaux 25% supérieurs à la moyenne que l’Allemagne a mis en place cette politique de compression des coûts salariaux qui est passée par une stagnation des salaires et une réforme fiscale introduisant une part de TVA sociale. Dans les années 80, l’Allemagne se souciait moins de sa compétitivité coût qui fluctuait avec le cours des monnaies.
Vérités d’outre-Rhin
Même si je crois que l’Allemagne est davantage un contre-modèle qu’un exemple et que sa politique n’est pas soutenable si tout le monde l’imite, en revanche, on peut reconnaître qu’en règle générale, Angela Merkel défend bien mieux les intérêts Allemands que nos dirigeants ne le font avec les intérêts de la France et des Français. C’est simple, l’Allemagne se comporte de plus en plus comme la Grande-Bretagne, défendant bec et ongle ses positions.
C’est ainsi qu’Angela Merkel refuse l’émission d’euro-obligations, nouvelle idée farfelue de Jean-Claude Juncker, le président d’un paradis fiscal qu’il faudrait remettre à sa place. Et la chancelière Allemande a bien raison car au final, ce serait son pays qui assumerait la responsabilité de ces emprunts étant donnée sa situation financière meilleure que les autres. Elle a parfaitement raison de refuser de signer un chèque en blanc à une Europe qui place les banques au-dessus des peuples.
Angela Merkel a également raison de dire que les créanciers devraient prendre leur part dans les efforts d’assainissement des finances publiques. Il n’est pas juste que seuls les peuples paient les pots cassés de la crise financière. Les institutions européennes protègent les créanciers sans se soucier des conséquences de plans d’austérité pour les peuples. La chancelière Allemande est la seule dirigeante politique à avoir osé casser ce tabou et il faut l’en remercier.
Si l’Allemagne accentue la crise par son modèle et son refus de faire un chèque en blanc pour sauver les créanciers des autres Etats, elle montre l’exemple d’un Etat qui défend l’intérêt de ses citoyens. Ainsi, elle démontre tous les vices de cette construction monétaire artificielle. Pour cela, merci Angela !
11:15 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : angela merkel, modèle allemand, jean-claude juncker, zone euro, euro-obligations
07.12.2010
De l’intérêt des dévaluations
C’est une des dernières lignes de défense des partisans de la monnaie unique européenne, peut être pas la dernière mais sans doute une des dernières : l’euro nous protègerait des dévaluations au sein de l’Europe. Une nouvelle ligne Maginot à enfoncer.
Fantasmes contre réalité
A écouter les défenseurs de l’euro, le retour aux monnaies nationales provoquerait une vague de dévaluations apocalyptiques, une sorte de retour à l’âge de pierre économique. C’est à peine s’ils n’évoquent pas les famines ou les guerres qui s’en suivraient. En fait, le procédé est assez habile car en affirmant que les dévaluations sont dangereuses, ils parent de facto la monnaie unique de l’avantage de les éviter, par définition. Il faut donc compléter le bilan de l’euro.
Le problème est que le rétroviseur historique révèle une autre réalité. Dans les années 70 et 80, quand les pays européens procédaient régulièrement à des ajustements monétaires (réévaluations ou dévaluations), la croissance était beaucoup plus forte que dans le système de parité fixe de l’euro. C’est ainsi que selon les chiffres de l’OCDE la croissance de la France est passée de 2.3% par an à 1.5% des années 80 aux années 2000 (2 à 0.8% en Allemagne et de 2.6 à 0.5% en Italie).
Bref, les dévaluations n’ont jamais handicapé la croissance du continent européen. C’est bien la rigidité de l’euro qui créé les problèmes actuels. En outre, l’histoire économique montre bien que les dévaluations sont au contraire un procédé pour relancer la croissance. C’est comme cela que la Grande-Bretagne ou la Suède sont sortis de la récente crise économique. La baisse de la monnaie permet de relancer les exportations et pénalise les importations, favorisant la production locale et l’emploi.
Les dévaluations au service de la hausse des salaires
Mieux, en constatant que l’euro comme monnaie unique pousse à la compression des salaires en Allemagne (et bientôt partout ailleurs), on en arrive à la conclusion que les dévaluations rendent davantage possibles les hausses de salaires par rapport aux autres pays. En effet, dans un régime de changes ajustables, si un pays voit ses salaires progresser davantage que les voisins, à gain de productivité équivalent, il perd en compétitivité prix sur les coûts de production.
Néanmoins, il peut à tout moment effacer cette perte par une dévaluation, comme le faisaient les pays du Sud de l’Europe par rapport à l’Allemagne dans les années 70 ou 80. Au contraire, dans un système de change fixe comme l’est l’euro aujourd’hui, il n’y a plus la possibilité de dévaluer pour compenser des hausses de salaires supérieurs à celles des voisins. Résultat, le pays dont l’évolution des salaires est la plus faible gagne en compétitivité par rapport à ses voisins.
C’est le « modèle Allemand », où les salaires stagnent depuis près de 15 ans et la croissance depuis 10 ans. L’Allemagne l’a compris avant car elle avait les coûts les plus élevés de l’Europe à l’origine. Le problème est que si le modèle se généralise, les salaires seront poussés à la baisse, tout comme la croissance. Et il faut noter qu’alors, les gains de productivité ne peuvent plus être redistribués en partie aux salariés, pris dans une course au moins-disant salarial.
Le péril des dévaluations est un fantasme bien utile pour essayer de protéger l’euro. Mais dans la réalité, les dévaluations, si elles ne sont pas dénuées de conséquences négatives (renchérissement des importations…) ont également des vertus, et notamment celle de faciliter les hausses de salaires.
Demain, « Fin d’une monnaie unique : le précédent tchécoslovaque »
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22.10.2010
Comment l’anarchie commerciale a cassé la croissance des pays occidentaux
Dans la pensée unique, bien illustrée par l’éditorial d’Axel de Tarlé ce matin sur Europe 1, l’Allemagne serait un modèle économique, les exportations le but que toute économie devrait se fixer. Pourtant, l’anarchie commerciale est en train de détruire le potentiel de croissance des pays occidentaux.
Le contre-exemple Allemand
Beaucoup d’analystes ont décidemment la mémoire courte. Il suffit que l’Allemagne enregistre une croissance très forte en 2010 pour qu’ils décrètent sans le moindre recul que c’est le modèle à suivre. Comment ne pas être frappé par tant de bêtise ! Oublient-ils qu’en 2009, ce « modèle » a vu son PIB reculer de 5%, ce qui signifie que sur la période 2009-2010, la richesse nationale de la France aura moins reculé que celle de son vertueux voisin d’outre-Rhin ?
Mais surtout, un examen de statistiques un peu longues donne une perspective totalement différente. De 2000 à 2009, le PIB Allemand a cru de 0.8% par an (1.5% en France…). Seule l’Italie a fait moins bien avec une croissance d’à peine 0.5%. Et si le chômage est nettement plus faible outre-Rhin, il faut aussi le voir comme la conséquence d’une économie grosso modo 20% plus importante que la France mais qui compte 20% d’enfants de moins. La démographie joue un rôle.
L’Allemagne n’est pas un modèle et comme le souligne Jacques Sapir, elle est devenue un problème pour l’Europe. Son modèle de croissance, basé sur les exportations, comprime les salaires, qui stagnent. Pire, il ne tient que parce que les autres pays européens ne l’ont pas adopté. Si tout le monde suivait l’Allemagne, le continent européen s’enfermerait dans la dépression. Et surtout, comment peut-on affirmer que l’absence de progrès social pour 90% de la population est un modèle ?
Les conséquences de l’anarchie commerciale
Ce contre-exemple Allemand a au moins le mérite de montrer les conséquences délétères d’un modèle de croissance basée sur le commerce. Même si je ne partage pas complètement ses conclusions, Malakine a fait un papier très intéressant sur l’emploi. Il y distingue quatre types de secteurs économiques : le public, les services domestiques non soumise à la concurrence, l’économie productive domestique non soumise à la concurrence (BTP notamment) et l’économie productive soumise à la concurrence.
Tout le problème est que les écarts de salaires entre pays en voie de développement et pays développés ne sont absolument pas proportionnels aux écarts de productivité, contrairement à la mythologie néolibérale (sinon, on ne voit pas pourquoi il y aurait des délocalisations, étant donnés les coûts de transport). L’existence d’écarts très grands de salaires (de 1 à 20) sans mécanisme régulateur produit forcément un transfert des emplois vers les zones de bas salaires.
En outre, cela met une forte pression sur les salaires (comme le montre le cas de l’Allemagne), condamnant cette partie de l’économie des pays développés à la décroissance. Pire, la partie de l’économie ouverte à la concurrence est en croissance rapide, comme le montrent les délocalisations de certains services (centres téléphoniques, services bancaires…). La décroissance de ces secteurs créé des déficits qui pousse l’Etat à réduire ses dépenses, réduisant plus encore notre potentiel de croissance.
Bien sûr, les néolibéraux utilisent la baisse du prix de certains produits pour montrer les bénéfices de l’ouverture commerciale. Mais ce raisonnement est faux : la compression des salaires a été plus forte que la compression des prix, comme le montre la baisse du pouvoir d’achat des classes populaires presque partout. Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les ménages n’ont réussi à maintenir leur pouvoir d’achat qu’au prix d’un recours massif au crédit.
La réalité de l’anarchie commerciale c’est une baisse du prix de certains produits, mais ce sont surtout des délocalisations massives, du chômage, une compression des salaires, et, au final, une remise en cause profonde de la possibilité même de croissance des pays dits développés.
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