25.09.2008

L’équation impossible du Parti Socialiste

Ça y est, les tractations interminables entre les hiérarques socialistes ont enfin clarifié la donne pour le Congrès à venir puisque les militants se verront soumettre seulement 6 motions, dont quatre principales au lieu de la vingtaine de textes déposés initialement.

Les alliances sont désormais claires. Ségolène Royal a finalement rallié les barons de la ligne claire (Jean-Noël Guérini et Gérard Collomb, le maire de Lyon, qui conduira sa motion), qui avaient pourtant flirté avec Pierre Moscovici, ainsi que Julien Dray. Martine Aubry rassemble dans un attelage assez baroque les fabiusiens et une partie des soutiens de Dominique Strauss-Kahn, ainsi qu’Arnaud Montebourg. Finalement, son attelage avec Pierre Moscovici aura été de brève durée, malgré la réconciliation orchestrée sur le plateau de Canal Plus, puisque son ancien colistier a finalement décidé, lui, de rejoindre Bertrand Delanoë, avec François Hollande, dans un pôle très jospinien. Mais la surprise pourrait venir de la liste conduite par Benoît Hamon, qui emmène une gauche du parti rassemblée.

En effet, le pointage des soutiens exprimés par les militants, tel que Le Figaro l’avait rapporté il y a deux semaines, indiquait que cette alliance rassemblait 28% des signatures des militants (18% pour la motion Hamon et 10% pour celle de Mélenchon), ce qui pourrait en faire la deuxième motion du parti, derrière la liste de Ségolène Royal. L’addition de ses signatures avec celle de la liste claire donne le score assez incroyable de près de 48%. Derrière, le maire de Paris et la maire de Lille semblent largement distancés. Bien sûr, ces chiffres sont à prendre avec des précautions puisqu’il ne s’agit pas d’un sondage et qu’il est difficile de mesurer la représentativité de ces 16 600 signatures. Néanmoins, même en considérant que les scores seront plus proches, un tel ordre serait problématique pour le PS.

En effet, si la motion Royal arrive en tête (autour de 30%, ce qui me semble un minimum pour la candidate de 2007, dont on ne peut exclure qu’elle soit 10 points au-dessus), devant la liste Hamon (autour de 25%) et les listes Delanoë et Aubry (autour de 20%), alors l’assemblage d’une majorité sera très compliqué. En effet, la seule alliance naturelle, entre Delanoë et Aubry, n’aura pas de majorité claire. L’aile gauche du parti, si elle sort en deuxième position, ne pourra que négocier avec Ségolène Royal pour trouver une majorité, ce qui ne semble pas évident. Au final, on peut se demander si les lises Royal, Delanoë et Aubry ne seront pas contraintes de s’entendre pour trouver une majorité stable, autour d’un premier secrétaire non présidentiable ou d’une équipe de direction multiple, prolongeant la guerre des chefs jusqu’à la désignation du candidat à la présidentielle de 2012.

À moins que le pointage des signatures des militants ne soit un bon indicateur de tendance, qui donnerait une forte légitimité à Ségolène Royal, ce qui reste possible, il semble difficile d’imaginer aujourd’hui un résultat clair et simple pour le PS. Ses querelles suicidaires vont sans doute encore se prolonger…

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/09/23/pierre-moscovici-rallie-bertrand-delanoe_1098774_823448.html#ens_id=910156

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2008/09/12/index.html

12.09.2008

Les surprenants rapports de force du Parti Socialiste

Les médias ont pour la plupart enterré une Ségolène Royal qu’ils n’ont jamais aimée et semblent hésiter entre Bertrand Delanoë et Martine Aubry pour prendre la tête du Parti Socialiste. Un pointage des signatures des contributions révèle un rapport de force bien différent…

En vue du Congrès de Reims, les élus, comme les militants, peuvent inscrire en ligne leur préférence pour les 21 listes déposées. Le Figaro fait donc un point sur le nombre de signatures recueillies par les principales listes. Les sept listes évoquées dans l’article (il n’y a pas les chiffres pour les autres) ont recueilli plus de 16 600 signatures, ce qui en fait un échantillon sans doute assez représentatif des rapports de force au Parti Socialiste. Les résultats sont plus qu’éloquents : la liste de Ségolène Royal rassemble 44,1% des signatures, suit celle de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli (18,3%), puis Bertrand Delanoë (10,2%), Jean-Luc Mélenchon (10,1%), la liste Moscovici- Montebourg (8,4%), puis Martine Aubry (5,1%) et enfin, la liste de Bertrand Colomb et Jean-Paul Guérini avec un petit 3,8%.

Ces chiffres révèlent un rapport de force très différent des sondages puisque Ségolène Royal domine les le décompte, avec à sa gauche 28% des suffrages se reportant sur Hamon, Emmanuelli et Mélenchon, ne laissant que 28% pour le pôle plus libéral (et encore, en incluant Martine Aubry). La candidate à la présidentielle semble donc avoir conservé une très forte aura au sein des militants du parti, ce qui ne va pas simplifier la tâche de ses opposants qui semblent contraints de s’entendre quasiment tous ensemble s’ils ne souhaitent pas voir la présidente de la région Poitou-Charentes prendre le parti. En outre, elle n’a pas besoin d’une alliance très large pour obtenir la majorité des voix. À mille lieux des rapports de force présentés par la majorité des médias, elle semble avoir une grande chance de l’emporter à Reims. Bertrand Delanoë et Martine Aubry, eux, ne semblent pas disposer d’un fort soutien militant.

Ségolène Royal a peut-être choisi la meilleure stratégie pour s’imposer : faire cavalier seul, sans se mêler aux désastreuses universités de la Rochelle. En effet, elle apparaît comme totalement extérieure aux trahisons et complots qui font le quotidien des éléphants. Les militants socialistes, excédés par les intrigues et les petites phrases des chefs du parti peuvent trouver dans la candidate à la présidentielle une personnalité différente et qui leur convient mieux. Le désolant spectacle des dernières semaines a sans doute tendance à la renforcer. Bien sûr, l’OPA de Ségolène Royal n’est pas encore faite et sera difficile tant elle semble susciter des réactions épidermiques, mais le manque d’entente de ses opposants est son meilleur atout. Même un large rassemblement ne semble pas certain de la battre.

Le Parti Socialiste a sans doute besoin de choisir un présidentiable à sa tête pour éviter de prolonger le psychodrame jusqu’au choix du candidat pour 2012. Mais l’issue la plus probable reste une large alliance pour contrer Ségolène Royal, quitte à s’affronter de nouveau dans deux ans.

Source : http://blog.lefigaro.fr/parti-socialiste/2008/09/segolene...

02.09.2008

Le Parti Suicidaire

Ce week-end à la Rochelle, le Parti Socialiste a de nouveau étalé ses querelles de personnes au grand jour sans jamais arriver à réellement avancer sur le débat d’idées. Quel avenir se dessine d’ici novembre ?

Le PS ne semble décidemment pas capable d’apprendre de ses erreurs et poursuit l’exhibition de ses haines et manœuvres, provoquant le désarroi de ses militants et sapant profondément son image. Ségolène Royal a poursuivi sur sa lancée avec son « aimez-vous les uns les autres ou disparaissez », avant de quitter le panier de crabe rochelais. Une improbable alliance entre Martine Aubry, les fabiusiens, la gauche du parti et une partie des amis de Dominique Strauss-Kahn semble se dessiner. Si un tel regroupement devrait pouvoir peser lors du Congrès, l’hétérogénéité de l’attelage laisse songeur… De son côté, Pierre Moscovici, isolé et voyant son rêve de leadership s’envoler, tance Martine Aubry sur son alliance avec Laurent Fabius. La gauche du parti se pose des questions sur sa stratégie. Enfin, Bertrand Delanoë apparaît finalement assez isolé lui aussi. Comment cela peut-il se terminer en novembre ?

La coalition qui semble se former autour de Martine Aubry a aujourd’hui le vent en poupe. Ce regroupement d’éléphants fatigués semble la seule solution pour échapper au duel annoncé Royal / Delanoë. Mais Ségolène Royal a sans doute relativement bien joué de se distancier de ces querelles qui ont un effet désastreux sur l’image d’un parti pourtant déjà mal en point. Il ne faut sans doute pas la sous-estimer : après tout, elle avait réuni 60% des voix des militants lors des primaires socialistes. Même si elle a dû perdre plus que sa part d’adhérents, il est difficile de la voir sous les 30% en novembre. Elle peut peut-être espérer 40% des voix des militants en s’opposant aux éléphants. L’épouvantail Royal devrait entraîner un assez large rassemblement pour s’opposer à elle. La question est : est-ce que Bertrand Delanoë acceptera de ravaler son orgueil et rejoindre le camp Aubry pour faire partie des vainqueurs tant une aventure en solo semble aujourd’hui vouée à l’échec, malgré les sondages.

L’issue finale pour le PS semble écrite d’avance. Ségolène Royal n’atteindra sans doute pas la majorité, à moins que le spectacle des éléphants n’achève de jeter les militants dans ses bras. Son score déterminera sa capacité à rester dans le jeu. Il est donc probable qu’une coalition hétéroclite se constitue pour remporter la mise, mais cela ne fera que repousser le problème du leadership réel du parti puisque la question du candidat pour 2012 restera très ouverte (DSK, Hollande, Fabius, Aubry, Royal), promettant de nouvelles petites phrases et complots. Seule une large victoire de Royal pourrait rétablir l’ordre par la légitimité que cela lui donnerait, mais cela semble peu probable. L’issue du Congrès de novembre devrait être une nouvelle Grande Coalition qui ne tranchera rien. Non seulement le processus de rénovation du PS aura duré beaucoup trop longtemps, mais en plus, il devrait accoucher d’une souris ! 

Nicolas Sarkozy n’a sans doute rien à craindre de cette opposition dont l’image est encore plus mauvaise que la sienne. Mais il aurait tort de se réjouir : François Bayrou est bien placé entre une opposition décrédibilisée et un gouvernement dont l’impopularité par l’absence d’alternative à date.

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/09/01/01011-200809...

http://www.lefigaro.fr/politique/2008/08/31/01002-2008083...

http://partisocialiste.blog.lemonde.fr/2008/08/31/en-dire...

15.05.2008

Le désespoir d’un quinqua du Parti Socialiste

Trop vieux pour faire partie de la nouvelle génération qui se prépare pour 2017, mais manquant d’épaisseur et d’expérience pour pouvoir jouer en première division aujourd’hui, depuis le départ de son patron au FMI, Pierre Moscovici tente le tout pour le tout pour se faire sa place au soleil, jusqu’au ridicule….

Retenez-moi ou je fais un malheur ! Comprenant bien que la bataille du prochain congrès pourrait le laisser sur le bord de la route, Pierre Moscovici cherche à exister. C’est ainsi qu’il s’est proposé pour le poste de premier secrétaire du parti socialiste, pour éviter la confrontation Royal contre Delanoë, allant même jusqu’à promettre qu’il ne serait pas candidat à la candidature s’il était premier secrétaire. Devant l’enthousiasme général suscité par cette offrande, le député du Doubs vient d’ajouter une subtilité révélatrice: s’il n’est pas premier secrétaire, alors il pourrait être candidat à la candidature de 2012. Bertrand Delanoë et Ségolène Royal ne doivent pas en dormir la nuit... Bonjour la crédibilité de la promesse de ne pas être candidat pour les présidentielles s’il était premier secrétaire !

Encore plus fort, dans sa tentative d’exister médiatiquement face à l’émergence des quadras (Valls, Montebourg, Hamon), Moscovici sort la carte people, comme le révèle le site Le Post dans un article enlevé et très amusant. Dans un entretien dans Gala, il dénonce… la dérive « people » de la vie politique encouragée par Nicolas Sarkozy. Mieux, il n’hésite pas à se confier sur sa vie personnelle, parle de sa barbe, dont certains amis – forcément – lui ont dit qu’elle lui donnait un côté « übersexuel »… L’über-socialiste n’hésite pas non plus à parler de sa vie privée et de ses compagnes… On imagine qu’il doit être plus facile de dénoncer la dérive « people » qui consiste à parler de sa vie privée pour faire parler de soi quand on a cédé soi-même à cette tentation. Quel esprit de sacrifice !

Plus sérieusement, Pierre Moscovici illustre bien les carences des deux partis majoritaires que sont le PS et l’UMP : ce ne sont plus que des franchises électorales, des véhicules pour les ambitions de notables ou de jeunes loups. Il ne reste plus grand chose des projets collectifs qui étaient encore la colonne vertébrale des partis il y a trente ans. Les adhérents et les responsables partageaient alors des convictions, pas des ambitions. Résultat, l’absence de projet collectif, remplacé par les ambitions personnelles, sape toute discipline et toute dignité dans cette quête de pouvoir qui est le seul point commun des dirigeants ou apprentis dirigeants.

Dans cette foire des ambitions, Pierre Moscovici n’est qu’un politicien de plus parmi les Valls, Montebourg, Hamon, Copé, Fillon ou Bertrand. Le renouveau de 2012 passera sans doute par une personne qui a su grandir en dehors de ces partis, qui semblent ne générer que de la médiocrité.

Source : http://www.lepost.fr/article/2008/05/12/1191955_pierre-moscovici-est-ubersexuel-dans-gala.html