27.08.2011
Faut-il oublier la monnaie unique ? - Réponse à Julien Landfried
Suite à mon papier interpellant le MRC dans le débat sur l’euro, Julien Landfried, secrétaire national et porte-parole de Jean-Pierre Chevènement, m’a répondu sur son blog, révélant une vraie divergence d’analyse.
Proximités et divergences
Cette tribune est particulièrement intéressante car elle permet de mieux saisir nos convergences, comme ce qui nous différencie. Le MRC propose donc « une remise à plat des statuts de la Banque Centrale Européenne (BCE) en incluant la croissance et l'emploi parmi ses missions. Nous préconisons également que l'euro soit dévalué par rapport au dollar et au yuan, afin de soulager les secteurs industriels qui souffrent de sa surévaluation ».
Julien Landfried développe ensuite deux propositions que j’avais en effet mal comprises. Tout d’abord, il propose de substituer les fonds structurels par des euro obligations (uniquement pour les investissements d’infrastructures). Enfin, il propose d’augmenter la dotation du FESF par une monétisation de la BCE, en lieu et place de nouvelles dettes pour les Etats. La seconde est en effet un moyen plus intelligent de financer les plans de soutien des créanciers des pays victimes de la spéculation.
Enfin, il reprend une image très parlante qui synthétise assez bien nos divergences, que Jean-Pierre Chevènement avait utilisé lors des universités d’été du MRC de l’an dernier, où j’étais intervenu sur le sujet. Pour lui, « maintenant que l'avion a décollé, il est dangereux de sauter par le hublot, et préférable de reprendre les commandes de l'appareil pour le faire atterrir en douceur ». Il poursuit en jugeant que nous sommes condamnés à nous entendre avec l’Allemagne.
Faut-il sauver la monnaie unique ?
Je partage volontiers le point sur l’Allemagne, ayant débattu plusieurs fois de la question sur le blog et prenant la même position. Je crois que Berlin est un partenaire naturel de notre pays pour réformer le capitalisme, un partenaire étranger à la financiarisation délétère de l’économie avec qui nous pourrions construire une nouvelle Europe. La remise à plat de la mission de la BCE est juste, tout comme la dévaluation de l’euro dont je dénonce depuis toujours la cherté.
Mais malgré tout, notre analyse diverge également. Je crois justement qu’il faut sauter de l’avion car malheureusement, toutes ces réformes, aussi pertinentes soient-elles, ne reviennent qu’à redisposer les fauteuils sur le pont du Titanic. Cette année de débats sur l’euro m’a renforcé dans la conviction que cette monnaie unique ne pourra jamais marcher et que même si les réformes majeures proposées par le MRC étaient mises en place, cela ne serait pas suffisant.
D’ailleurs, si je reconnais volontiers que ces mesures amélioreraient la situation globale de la zone euro, elles ne permettraient pas de régler les problèmes très différents qu’ont les pays qui la composent. Qu’adviendrait-il des bases productives grecque, espagnole, italienne et même française, de moins en moins compétitive par rapport à l’Allemagne ? Je crois que les pays de la zone euro sont simplement trop différents pour partager la même monnaie.
Une double impasse économique et politique
Pour reprendre mon image de la maison euro, même si refaire la toiture et les fenêtres améliorerait notre sort, cela ne règlerait pas le problème des fondations pourries. Comme le souligne Jean-Jacques Rosa et de nombreux économistes, le fait d’avoir une monnaie unique accentue les problèmes et les divergences au lieu de les régler. Oui, il faut sauter de l’avion car il va exploser en vol du fait de problèmes de conception qui ne peuvent pas être corrigés.
En outre, se pose un énorme problème politique. Quelles seraient les contreparties nécessaires à la marche en avant fédéraliste que représentent les euro obligations ou l’augmentation des moyens du FESF ? La mise sous tutelle des budgets nationaux, qui avance déjà, ne serait-elle pas encore renforcée ? En outre, le rachat des dettes souveraines me semble insupportable car c’est une aide gratuite aux banques, la recapitalisation me semblant beaucoup plus juste et utile.
Il n’y a nul « mécanisme » dans ma démarche. Le vif débat des derniers mois n’a fait que renforcer ma conviction de la non viabilité d’une monnaie unique. Bien sûr, il est possible de mieux gérer l’euro, mais cela ne rend pas la zone euro moins dysfonctionnelle par nature.
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22.08.2011
Pourquoi l’euro ne peut pas marcher – Réponse au MRC
Jean-Pierre Chevènement est, avec Philippe Séguin, la personne qui a le plus influencé ma construction intellectuelle au début des années 1990 (débats sur Maastricht et l’autre politique). Même si je suis très souvent en accord avec lui, je crois qu’il fait fausse route dans la crise de l’euro.
Les propositions du MRC
Cet été, le Mouvement Républicain et Citoyen n’est pas resté inactif. Jean-Pierre Chevènement a ainsi publié une lettre ouverte au président de la République, pour appeler à un soutien franco-allemand au rachat des titres de dette espagnols et italiens par la BCE. Il appelle à un « rachat massif » pour « sauvegarder la cohésion de la zone euro ». Il a également estimé que le FESF est sous doté. Il vient de confirmer ses propos dans une interview sur Marianne.
Julien Landfried porte-parole du sénateur de Belfort, a prolongé sa réflexion sur Atlantico et dans le Monde. Il prône un euro moins cher, une lutte contre le dumping fiscal, une mutualisation partielle des dettes publiques (contre la fin des fonds structurels) et une mobilisation l’épargne nationale. Il y ajoute une réforme des statuts et missions de la BCE pour y inclure la croissance et l’emploi et une coordination de la politique de change. Enfin, il prône une relance salariale en Allemagne.
Des propositions intéressantes et des angles morts
Bien sûr, comment ne pas partager un nombre important de ces propositions (lutte contre le dumping fiscal, croissance et emploi dans les objectifs de politique monétaire) ainsi qu’une partie du constat ? Cependant les propositions faites ici souffrent de gros angles morts. Appeler Berlin à une relance salariale, à une baisse de l’euro, à une réforme de sa gouvernance de la monnaie unique ou à des euro obligations me semble illusoire tant cela est contraire à la politique allemande.
Mais c’est surtout sur la mutualisation des dettes publiques et la demande d’augmentation du FESF que va porter ma critique. J’y vois un écho des politiques du FMI des années 1990, dénoncées par Joseph Stiglitz, quand le Fonds prêtait de l’argent aux pays émergents pour défendre leur monnaie, tout en imposant une austérité dévastatrice. Ces politiques ne font que traiter un problème de liquidité en ignorant le problème de solvabilité et profitent surtout aux créanciers !
En effet, faciliter le financement de la dette des pays en difficulté ne rend pas cette dette forcément plus soutenable. Le cas de la Grèce est à ce titre particulièrement éclairant avec un PIB en chute libre qui ne permet pas le rééquilibrage des comptes. Qui plus est, cela revient à transférer les créances privées (et donc le risque) sur les Etats, ce que je trouve particulièrement insupportable. En outre, tous ces pays ont surtout besoin de croissance.
L’euro, une maison trop grande, mal construite, et en zone inondable
Le problème de la zone euro est très complexe. On pourrait dire qu’il s’agit d’une maison trop grande, mal construite, et en zone inondable. C’est une maison trop grande (sur des fondations trop petites) en ce sens qu’il ne s’agit pas d’une Zone Monétaire Optimale, ce qui impose d’innombrables ajustements pour la faire fonctionner, comme nous le voyons depuis 18 mois.
Malheureusement, c’est aussi une maison mal construite, dans le sens que la politique monétaire suivie est totalement absurde, aboutissant à une monnaie extrêmement surévaluée, qui provoque un désastre industriel. Et enfin, c’est une maison construite en zone inondable, en ce sens qu’elle est offerte à tous les vents de la mondialisation, laissant rentrer toutes les importations, subissant la sous-évaluation des autres monnaies ou les crises venues d’ailleurs.
Ce triple problèmes de construction fait que l’on peut se dire qu’en en corrigeant deux, la situation irait mieux, ce qui est vrai. Mais, malheureusement, si les fondations ne sont pas solides, elles finiront par s’effondrer, même si on règle les autres problèmes. Une monnaie unique pour des pays aussi hétérogènes créé des cercles vicieux qui pourront être compensés un temps par beaucoup d’argent, mais qui finiront toujours par nous rattraper après nous avoir coûté très cher.
Car cette construction artificielle et bancale accroît les problèmes au lieu de les régler. Comme le rappelle Jean-Jacques Rosa, « la politique monétaire unique freine ainsi les économies en récession et stimule les économies en surchauffe ». Elle pousse aussi les pays à un moins-disant salarial et social pour gagner en compétitivité et elle empêche le rééquilibrage des balances commerciales. Bref, loin de faire converger les économies qui la composent, elle les fait diverger.
Car supposons que l’Allemagne accepte des euro-obligations ou une augmentation radicale du FESF (ce qui semble bien improbable, comme l’a montré le sommet de la semaine dernière), seul le problème de liquidité sera réglé. Patrick Artus avait affirmé que la Grèce avait besoin de baisser ses salaires d’au moins 30%. La sauvegarde de l’euro impose de toutes les façons une immense régression sociale et la « solidarité » européenne ne s’exerce en réalité qu’avec la finance.
Oui, le MRC a raison de dire que si nous refaisons la toiture et nous nous protégeons des inondations, cela ira mieux. Malheureusement, la maison euro est bâtie sur des fondations extrêmement faibles. Mieux vaut reconstruire de nouvelles maisons nationales avant l’effondrement…
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09.04.2011
Les deux familles de l’ordo-souverainisme*
Une partie de la classe politique, des médias, et même de ses sympathisants pratiquent l’amalgame entre les souverainistes. Pourtant, il y a des différences fondamentales entre deux grands courants.
Ordo-souverainisme et libertaro-mondialisme
Le terme « souverainiste » n’est pas sans poser de gros problèmes dans l’analyse de l’offre politique. En effet, il recouvre des personnes complètement différentes. Il est autant applicable au régime communiste de la Corée du Nord qu’aux conservateurs ultralibéraux de Grande-Bretagne. En fait, il n’est qu’une composante des idées politiques d’un courant et ne saurait être le seul adjectif utilisé pour l’analyser, à moins de réaliser une étude très superficielle du courant concerné.
Malgré tout, l’opposition souverainiste / mondialiste a un sens aujourd’hui. Aujourd’hui, le PS, l’UMP, le Modem et les Verts (et dans une certaine mesure le PG et le NPA) sont clairement des mondialistes, qui ne voient plus dans le cadre national le cadre naturel de l’exercice du pouvoir, qu’ils préfèrent faire glisser dans des cénacles supranationaux. Au global, les mondialistes sont en général plutôt libéraux alors que les souverainistes sont plus sensibles à l’ordre.
Comme le souligne Frédéric Lordon : « en appeler à un gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix, à savoir pas de gouvernement du tout ». En effet, la libéralisation conduit à la mondialisation, qui, elle-même favorise la libéralisation. En fait, toutes deux organisent l’absence de prise des gouvernements sur le réel. Au contraire, les ordo-souverainistes pensent que le maintien du cadre national est essentiel pour la démocratie et que les peuples gardent leur destin en main.
J’ai adopté le terme « libertaro » plutôt que « liberalo » car il y a un profond refus des règles, des entraves à la circulation des biens, des personnes et des capitaux de la part des mondialistes, qui me semble davantage relever du libertarisme que du libéralisme (ce qui permet d’y intégrer la gauche de la gauche). Naturellement, il y a plusieurs tendances : sociaux, libéraux, interventionnistes ou identitaires. Mais les deux derniers feignent d’ignorer la contradiction avec leur mondialisme…
Les deux ordo-souverainismes : identitaires contre progressistes
Dès lors, on pourrait conclure que le clivage qui compte est bien celui entre les libertaro-mondialistes et les ordo-souverainistes. Mais cette deuxième famille est profondément coupée en deux, comme me l’ont montré plusieurs discussions récentes. En effet, le retour à la nation et à un certain ordre (autant économique que social) n’ont pas du tout les mêmes motivations pour les deux familles de l’ordo-souverainisme, les identitaires et les progressistes.
En effet, il suffit de discuter un peu longuement avec des militants de ces deux familles pour distinguer une profonde fracture entre les deux. Les ordo-souverainistes identitaires sont principalement motivés par la protection de leur identité, qui serait menacée par des flux d’immigrés aux cultures différentes. Cette prédominance des questions identitaires explique qu’ils réunissent à la fois des libéraux et des dirigistes sur les questions économiques. En France, ils sont dans un réduit limité.
A l’inverse, les ordo-souverainistes progressistes sont motivés par les questions économiques et sociales. Ils voient dans la mondialisation néolibérale la cause d’une explosion des inégalités, du chômage de masse, d’une nouvelle forme d’exploitation des masses et d’un affaissement de certaines valeurs. Parce qu’ils sont attachés à la nation, les ordo-souverainistes progressistes sont aussi attentifs aux questions d’identité, mais pas de la manière volontiers xénophobes des identitaires.
On reconnaîtra dans les identitaires le FN et le MPF et dans les progressistes DLR et le MRC. Cela explique aussi la séparation (a priori surprenante) entre MPF et DLR, qui peuvent sembler proches à un œil non averti. On peut voir dans l’évolution du discours de Marine Le Pen un souci de s’adresser à ces deux tendances, ce qui est logique étant donnés la sociologie de son électorat et le potentiel beaucoup plus limité de l’identitaire. Mais les racines du FN sont identitaires.
La distinction entre les ordo-souverainistes identitaires et progressistes n’est pas une simple figure de style. Quelques discussions avec les membres des deux familles l’éclaire formidablement bien. En un sens, on y retrouve l’opposition de toujours entre l’extrême-droite et le gaullisme, entre le nationalisme et le patriotisme.
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05.01.2011
Jean-Pierre Chevènement défend la France
Evènement : aujourd’hui sort le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement, « La France est-elle finie ? » aux éditions Fayard. J’ai eu la chance de le recevoir en avant-première et j’ai donc pu le lire pendant les vacances. Un livre essentiel dont je vous recommande vivement la lecture.
Une histoire économique et européenne
C’est toujours avec un immense plaisir que j’écoute ou lit Jean-Pierre Chevènement. Ce n’est pas pour rien qu’il fait partie des références de ce blog. Lui et Philippe Séguin ont été les deux personnes qui ont le plus compté dans ma construction intellectuelle au début des années 1990, lors de la campagne référendaire sur le traité de Maastricht et du débat sur l’autre politique (opposée au franc cher, dit « fort »). Paradoxalement, je n’ai véritablement découvert le Général de Gaulle qu’après et grâce aux citations qu’ils en faisaient dans leur combat contre cette Europe supranationale et monétariste.
Ce livre ressemble un peu à une réactualisation de son testament politique, où le vieux lion de Belfort, que j’aurai tant aimé voir accéder à l’Elysée en 2002, résume à nouveau tout ce qu’il a tiré de sa vie politique. Cet essai remet en lumière l’évolution de la construction européenne et de la libéralisation économique qui s’est accélérée en France à partir de 1983. Jean-Pierre Chevènement nous montre à quel point l’influence de la seconde guerre mondiale a joué dans la construction d’une Europe supranationale conçue avec une volonté farouche d’affaiblir les nations.
Le président d’honneur du MRC revient également sur le virage de 1983 et la conversion des socialistes à l’orthodoxie. Il montre bien à quel point le Parti Socialiste est coresponsable de la déréglementation généralisée de l’économie des trente dernières années. Et, à le lire, on a surtout l’impression que la frange souverainiste et interventionniste du PS a toujours été minoritaire et que la parenthèse du programme commun était seulement une tactique mitterrandienne puisque les ténors d’alors (Rocard, Mauroy, Delors) n’avaient rien à envier à DSK ou Manuel Valls…
Un gaulliste qui croit être un socialiste ?
On retrouve encore dans le discours de Jean-Pierre Chevènement cet espoir que la gauche en général et le PS en particulier se décident enfin à comprendre les ravages de la globalisation néolibérale. Cependant, le portrait qu’il fait de son ancien parti ne laisse guère d’espoir. Quand on constate que Pierre Mauroy faisait partie des « orthodoxes », on se dit que le centre de gravité du PS a toujours penché beaucoup plus à droite qu’on ne le pense sur les questions économiques.
En outre, l’universalisme des socialistes les conduit à une méfiance innée dans la nation et à une croyance naïve que la globalisation est une bonne chose malgré l’accumulation de preuves du contraire, notamment dans les classes populaires, qu’ils ont abandonnées de toutes les façons. De manière significative, l’ombre du Général de Gaulle hante ce livre. Il est très souvent évoqué, toujours de manière positive, sur d’innombrables sujets (international, économie, Résistance…).
On en vient à se demander (mais je suis un peu de parti pris) si, en fait, il n’est pas un gaulliste qui s’ignore, un gaulliste qui croît être socialiste. Car sur les thèmes qui lui sont chers (la nation, la déréglementation, la politique industrielle, l’éducation…), il semble presque toujours en décalage avec la pensée de la majorité des socialistes mais bien proche des idées du Général. Ne cherche-t-il pas inconsciemment à transformer les socialistes en gaullistes (de gauche) ?
La perspective d’une candidature de Dominique Strauss-Kahn n’en devient que plus intéressante car elle trancherait clairement le débat. Que feront nos frères républicains du MRC dans un tel contexte ? En tout cas, j’espère que la voix de Jean-Pierre Chevènement continuera à porter.
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06.09.2010
Une journée au MRC
Samedi, j’étais invité à participer à une table ronde sur l’euro aux universités d’été du Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement à Valence. Récit d’une journée très agréable de convergence républicaine.
Des partis proches
J’ai été frappé pendant toute la journée par la proximité du Mouvement Républicain et Citoyen avec Debout la République. Voici en effet deux petits partis animés par un chef charismatique, rassemblant des militants dévoués, convaincus et animés par un idéal. Voici également deux partis qui, en réaction à la crise économique, cherchent à véritablement réfléchir sur ses causes et les solutions à y apporter, en n’hésitant pas à faire venir des personnes extérieures à leur cénacle.
DLR avait fait de l’économie le thème central de l’université de rentrée 2008 et organisé une convention sur l’emploi en avril. Samedi, le MRC a organisé trois tables rondes, une sur la finance, une autre sur l’euro et enfin une sur la politique industrielle. Etaient invités (entre autres) Alain Cotta, un libéral critique de l’euro, deux membres du PS ainsi que deux membres de DLR (Jean-Pierre Gérard et moi-même) pour débattre, preuve d’une ouverture d’esprit bienvenue en politique.
Mais par-delà ces convergences idéologiques, j’ai été frappé par la proximité humaine de nos deux partis, qui donnait à ces universités une ambiance proche de celle de nos universités, chaleureuse et animée d’un véritable idéal et d’une volonté d’améliorer le sort de la France et des Français. D’ailleurs, beaucoup de militants se connaissent et un certain nombre m’ont demandé de passer le bonjour à des collègues de DLR. Comment ne pas imaginer faire des choses ensemble à l’avenir ?
Des différences surmontables ?
Malgré tout, il faut reconnaître quelques différences. Cela fait vingt ans que j’ai un peu de mal à comprendre l’attachement de Jean-Pierre Chevènement à la gauche et au Parti Socialiste. On sent une volonté d’influencer le PS à la veille d’une probable victoire électorale (encore que beaucoup pensent que rien n’est joué). Pourtant, le président d’honneur du mouvement a bien souligné à quel point le PS est responsable de la déréglementation qui a mené à la crise et aux problèmes actuels.
D’ailleurs, lors de la première table ronde, l’animateur a repris in extenso l’argumentaire de Frédéric Lordon contre le PS en soulignant les innombrables lois d’inspiration néolibérale passées par des gouvernements socialistes, à partir du milieu des années 80. Pourtant, un espoir semble subsister que les socialistes se comportent comme des socialistes, ce que j’ai du mal à saisir. Le Général de Gaulle ne disait-il pas qu’il n’aimait pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes ?
Cet espoir vient sans doute du programme commun, qui a donné du sens à un clivage gauche-droite qui a été battu en brèche par le virage de 1983 et plus encore par le débat sur le traité de Maastricht. Il s’agit donc peut-être d’un clivage générationnel. Mais si le PS se choisit Dominique Strauss-Kahn comme candidat, cela pourrait contraindre le MRC à reconsidérer sa position. J’ai du mal à imaginer le parti de Jean-Pierre Chevènement soutenir l’ancien patron du FMI…
Soyons clair : ma fidélité est et restera à Nicolas Dupont-Aignan. En tant que gaulliste, DLR est ma famille politique et je suis heureux d’y militer. Mais cette journée m’a permis de rencontrer de véritables frères républicains. Je les remercie chaleureusement pour leur invitation et leur accueil.
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