30.04.2009

Nicolas Sarkozy, ou le retour du « néo-conservateur américain à passeport Français »

C’est un certain Eric Besson qui avait trouvé l’expression lors de la campagne présidentielle avant de passer avec armes et bagages du côté de celui qu’il dénonçait quelques semaines auparavant. Pour le coup, le ministre de l’immigration et de l’identité nationale avait vu juste…

Nicolas l’Américain

Nicolas Sarkozy a longtemps assumé son admiration pour les Etats-Unis, à tel point qu’il s’est vanté d’avoir été baptisé « l’Américain » à Washington. Mais il faut se souvenir que dans la dernière ligne droite de la campagne (l’année précédant le vote dans son cas), il avait mis beaucoup de vin dans son coca-cola, sous l’influence gaulliste et républicaine d’Henri Guaino. Le candidat Nicolas dénonçait ainsi la guerre en Irak et annonçait qu’il retirerait les troupes Françaises d’Afghanistan…

Mais une fois élu, le « masque » est tombé et le naturel a repris le dessus. Celui qui a été élu président de la République a symboliquement passé ses premières vacances aux Etats-Unis. Mais surtout, il a renforcé le régiment Français présent en Afghanistan et a fait réintégré à la France le commandement militaire de l’OTAN, plaidant pour la pleine intégration de la France au camp occidental, camp dont notre diplomatie avait une vision très différente de celle, uniforme, de l’actuel locataire de l’Elysée.

Sarkozy le néo-conservateur

Mais Nicolas Sarkozy ne se contente pas d’une proximité de pensée avec les républicains. Il se caractérise également par sa proximité de méthode avec le parti de l’éléphant. Il a amené en France une politique de la confrontation permanente, attaquant sans cesse des ennemis qu’il dénonce violemment (les syndicats, les professeurs, les chercheurs, les banquiers, les patrons voyous, les délinquants, les bandes…), pour assurer une mobilisation autour de lui, du bon sens et des Français moyens.

Et cette logique de la confrontation et du bouc émissaire est complétée par un faisceau d’actions pour affaiblir l’opposition, avec le débauchage de quelques mercenaires à l’ego en souffrance. Et il essaie de l’affaiblir structurellement grâce à une réforme électorale qui s’inspire du pire de ce qui se passe outre-Atlantique. Enfin, il assure une actualité quotidienne pour diriger l’actualité au lieu de se laisser ballotter par elle, comme le parti travailliste l’avait théorisé et pratiqué il y a dix ans.

Eric Besson avait bien raison quand il avait écrit son pamphlet contre le candidat de l’UMP. Mais là où Georges Bush a pu s’accrocher à une guerre pour gagner un second mandat, Nicolas Sarkozy ne pourra s’appuyer que sur sa gestion de la crise économique...