20.10.2009

Jean Sarkozy : « casse-toi, jeune c... ! »

Dans sa grande magnanimité, le gouvernement a annoncé que les représentants de l’Etat pourraient ne pas voter pour la désignation du président de l’EPAD. Mais ce pas en arrière a tout de suite été relativisé par les déclarations du nouvel électeur décisif, très favorable au rejeton du président…

Un compromis qui n’en est pas un

A la base, ce sont dix-huit personnes qui devaient participer à la désignation du président de l’EPAD, neuf représentants de l’Etat et neuf représentants des collectivités locales. Devant l’immense polémique suscitée par la perspective de la nomination de Jean Sarkozy, un député socialiste a suggéré que l’Etat renonce à ses votes, laissant les neuf représentants des collectivités locales décider, quatre élus UMP, quatre élus PS et le président de la chambre de commerce des Hauts de Seine, Claude Leroi.

Ce dernier ayant été conseiller municipal à Neuilly pendant vingt ans, on pouvait déjà imaginer qu’il ne serait guère défavorable au rejeton du président. Bizarrement, il a levé les moindres doutes qui pouvaient encore exister en disant de Jean Sarkozy hier que « c’est un garçon de qualité, sympathique, que je connais depuis très longtemps », ajoutant également que « si le nouveau président du conseil d’administration est un garçon brillant qui a des idées et des relations, ça n’en sera que mieux ».

Jean sans gêne

Bref, ce que Luc Châtel présente comme un compromis pour tenir compte des susceptibilités des uns et des autres, n’en est absolument pas un. Mais ce qui est incroyable est tout de même l’incapacité du pouvoir en place à conserver une certaine retenue, qui devrait imposer à Claude Leroi le silence. En effet, puisque le gouvernement présente cette renonciation comme un compromis, il devrait veiller à ce que l’électeur décisif se comporte de manière relativement neutre. Mais non, la décence leur semble étrangère.

D’ailleurs, Jean Sarkozy mène un combat qu’il sait gagner d’avance. Cela se retrouve dans ses discours puisqu’il ne demande même pas à être jugé sur ses propositions pour la Défense, mais sur ce qu’il fera, partant donc du postulat qu’il sera élu, de toutes les façons. Il faut dire que cela est plus facile que de monter un véritable programme et faire véritablement campagne, ce que les conseillers du président auraient tout de même pu avoir la décence de prévoir pour donner un minimum le change.

Face à un Jean Sarkozy tellement sans gêne qu’il ne prend même pas la peine de donner le change en faisant campagne avec quelques propositions et se contente de demander à être jugé sur ses actes futurs, il n’y a qu’un seul commentaire qui me vienne à l’esprit : casse-toi, jeune c… !

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/19/l-electeur-decisif-de-l-epad-juge-brillant-jean-sarkozy_1255654_823448.html

13.10.2009

Un roitelet à la Défense, une République en souffrance

Décidemment, l’actualité de la SarkoFrance, pour reprendre l’expression de Juan, est vraiment désolante depuis deux semaines. Après l’affaire Polanski et l’affaire Mitterrand, l’actualité politique est désormais dominée par l’affaire de la possible nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD.

Le népotisme dans toute sa splendeur

Il faut dire que Nicolas Sarkozy fait fort. Vouloir nommer son fils de 23 ans président de l’EPAD (l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense) atteint des sommets dignes d’une république bananière. Car qui peut imaginer une seconde que le rejeton du président de la République ait les qualifications requises pour présider à la destinée d’un établissement réalisant un milliard d’euros de chiffre d’affaire et trois cent millions de bénéfice ?

Qui peut croire qu’un jeune homme de 23 ans, étudiant en deuxième année de droit (…) et conseiller général depuis un peu plus d’un an ait les compétences requises pour gérer l’EPAD ? Il est évident que c’est son seul statut de « fils de » qui explique une telle nomination. Heureusement, la tempête médiatique qui prend forme pourrait contrecarrer les projets d’un président qui osait déclarer pendant la campagne présidentielle que les « nominations devaient être irréprochables »…

La presse étrangère a la dent dure contre notre président. The Guardian parle de « népotisme », et dénonce la mainmise du « clan Sarkozy » sur les Hauts de Seine. Le Times parle « d’embarras » et son correspondant évoque une « république bananière ». L’affaire est même évoquée en Inde, en Chine et en Indonésie, ce qui ne contribue pas à améliorer l’image de notre pays.

L’aléa moral de la présidence Sarkozy

Cette affaire est d’autant plus gênante qu’elle suit un certain nombre de nominations déjà contestables. En effet, Nicolas Sarkozy a nommé François Pérol, un ancien membre de son cabinet, président du regroupement entre les Caisses d’Epargne et la Banque Populaire. Il veut également faire d’Henri Proglio le président d’EDF, tout en lui permettant de conserver un poste chez Véolia, dans un montage trop peu orthodoxe pour ne pas être un nouveau petit arrangement entre amis…

Pire, cette affaire vient après les polémiques sur Roman Polanski et Frédéric Mitterrand, où le pouvoir, qui s’est toujours présenté comme intransigeant avec toute forme de délinquance, particulièrement sexuelle, a fait preuve d’une tolérance qui n’a pas fait l’unanimité. Europe 1 annonçait hier matin le report de la campagne contre le tourisme sexuel… Bref, comment ne pas avoir l’impression qu’avec ce gouvernement, la règle n’est pas la même selon les liens que l’on peut avoir avec le pouvoir ?

Outre l’aléa moral que représente l’addition de ces affaires, on peut également se poser des questions sur la coupure avec la réalité de Nicolas Sarkozy. En effet, comment pouvait-il imaginer une seconde que la nomination de son fils ne déclencherait pas une telle tempête médiatique ?

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/12/la-presse-etrangere-raille-sarko-junior-et-la-republique-bananiere-francaise_1252912_823448.html#ens_id=1052464

http://timescorrespondents.typepad.com/charles_bremner/2009/10/sarkozy-rules-okay.html

Le papier de Juan : http://www.marianne2.fr/La-semaine-de-Sarkozy-mepris,-inconscience,-nepotisme_a182396.html

Le lien vers la pétition contre sa nomination (le serveur est souvent surchargé) : http://www.mesopinions.com/Jean-Sarkozy--renoncez-a-postuler-au-poste-de-president-de-l-EPAD-petition-petitions-fdc75d89c604d782a5b2198681c67f26.html