11.03.2009
Faut-il nationaliser les banques ?
La nationalisation des banques, question complètement incongrue il y a quelques mois, agite désormais tous les médias et la blogosphère, entre rumeurs sur les faillites de certains établissements et avis contradictoires sur le passage sous contrôle public des établissements bancaires.
La solution la juste dans cette crise
Le soutien aux institutions financières en difficulté peut prendre trois formes : la recapitalisation (une nationalisation plus ou moins partielle), le prêt ou la reprise d’actifs toxiques (par la constitution d’une « mauvaise banque »). Jusqu’à présent, les Etats ont plutôt favorisé la première. Certaines banques centrales ont racheté des actifs, mais cette pratique se heurte à la limite du prix à fixer pour leur rachat puisque la déprime des marchés implique une très forte décote.
Finalement, la recapitalisation, et donc la nationalisation partielle ou totale, a été la solution privilégiée dans les deux pays les plus libéraux, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Cette solution apparaît comme la plus juste puisque la revente ultérieure de la banque peut permettre à l’Etat de recouper son investissement. En outre, elle permet également d’acquérir un moyen de contrôle. La solution de l’emprunt, notamment utilisé en France, est d’autant moins utilisée qu’elle ne donne pas de possibilité d’action.
Une solution plus durable ?
Si Citigroup, Washington Mutual, Northern Rock, RBS ou Loyds ont désormais les Etats Américain et Britannique comme premier actionnaire, une telle extrémité ne devrait pas arriver en France, malgré les rumeurs récurrentes sur Internet. Les établissements Français ne sont pas exposés à un marché immobilier qui s’effondre et ils peuvent compter sur un montant de dépôts beaucoup plus important qu’ailleurs, ce qui leur permet d’être toujours profitable et de continuer à embaucher.
Mais cette remise en cause du tabou de la nationalisation des banques peut provoquer une réflexion additionnelle. En effet, le niveau de rentabilité des banques jusqu’en 2007, permet de suspecter que le marché bancaire est très proche d’un oligopole. La rareté des changements d’établissement, permet aux banques d’imposer des frais souvent confiscatoires. Dès lors, on peut se demander s’il n’y aurait pas intérêt à ce que l’Etat acquiert une banque pour instiller une plus grande concurrence dans le secteur.
La nationalisation apparaît comme la solution la plus juste pour aider les établissements bancaires en difficulté. Mais la levée des tabous pourrait pousser à se demander s’il ne faut pas avoir une banque publique, pour assurer paradoxalement un meilleur fonctionnement du marché.
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/03/09/chaque-...
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nationalisation, banques



