25.09.2011
The Economist soutient l’euro
Alors que les euro-béats continuent à agiter le spectre d’un complot anglo-saxon contre la monnaie unique européenne, au mépris du soutien maintes fois répété de Barack Obama, The Economist, l’hebdomadaire de référence des élites anglo-saxonnes propose son plan pour sauver l’euro.
Un soutien continu mais surprenant
Le journal britannique a un rapport compliqué avec l’euro. D’un côté, il n’aime pas vraiment la bureaucratie bruxelloise et ses aspects antidémocratiques. Mais de l’autre, il reconnaît que cette Europe a puissamment soutenu la libéralisation des marchés, du commerce, de la circulation des biens, des personnes et des capitaux. Et à la base, le journal n’était guère partisan de cette construction un peu bancale, la zone euro n’étant pas une Zone Monétaire Optimale.
Du coup, The Economist est tiraillé entre la volonté de préserver une construction européenne dont il reconnaît qu’elle va dans son sens, économiquement parlant et les problèmes démocratiques qu’elle pose. Le journal n’est naturellement pas partisan d’un budget fédéral qui serait contrôlé par Bruxelles. Il refuse les euro obligations, trop compliquées à mettre en place et refusées par l’Allemagne. Mais il veut sauver l’euro pour éviter l’effondrement du système financier.
Du coup, la solution envisagée par The Economist est assez simple : que la BCE décide d’annoncer qu’elle achètera de manière inconditionnelle et illimitée les obligations des pays en difficulté mais toujours solvables et véritablement restructurer la dette grecque, qui ne sera pas remboursée en l’état. Ceci imposerait une recapitalisation des banques, comme le propose le FMI depuis quelques semaines. L’intervention illimitée de la BCE devrait mettre fin à la spéculation et stabiliser la situation.
Un plan bancal pour sauver une construction bancale
The Economist dit beaucoup de choses sensées dans son analyse. Dès le début des difficultés de la Grèce, comme NDA ou votre serviteur, le journal a souligné qu’une vraie restructuration de la dette grecque serait nécessaire. Et preuve en est que la petite restructuration du 21 juillet semble déjà caduque aujourd’hui. L’hebdomadaire britannique critique également les euro obligations ainsi que l’aspect particulièrement antidémocratique de la construction européenne.
Mais si la monétisation est une bonne solution, facile à mettre en place dans le cadre national, on peut questionner sa pertinence dans le cadre européen. En effet, tout d’abord, il est extrêmement improbable que l’Allemagne accepte une telle pratique, comme l’illustrent les démissions de dirigeants allemands de la BCE et la décision de la Cour de Karlsruhe. Ensuite, cela pose le problème des conséquences : cela ne risque-t-il pas de pousser à un certain laxisme ?
C’est pourquoi l’hebdomadaire évoque alors la possibilité qu’un commissaire puisse censurer les dépenses excessives d’un Etat ou que la Cour de Justice joue ce rôle. Mais cela imposerait des révisions compliquées des traités et cela pose d’immenses questions sur le fonctionnement de nos démocraties, qui se retrouveraient contraintes de céder leur souveraineté budgétaire à des technocrates irresponsables et apatrides dont on peut très fortement contester le jugement…
En fait, si The Economist veut sauver l’euro, c’est pour le marché commun et la libéralisation des échanges de biens, personnes et capitaux. Si Paris vaut bien une messe, le libéralisme semble bien valoir une tutelle technocratique sur les budgets, surtout vu de Londres, qui n’y serait pas soumise.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : the economist, euro, zone monétaire optimale, nda, cour de karlsruhe, cour de justice
09.09.2011
Grèce : le retour de l’horreur européenne
L’Assemblée Nationale a fini par voter le second plan d’aide aux créanciers de la Grèce cette semaine, sans enthousiasme, tellement tout le monde sait bien qu’Athènes ne remboursera pas l’argent qui lui est prêté. Un nouvel exemple de l’absurdité de cette Europe.
Un plan imbécile
Ce qui est incroyable, c’est que depuis 16 mois, de nombreuses personnes affirment que ces plans ne servent à rien, qu’imposer une austérité sauvage à la Grèce ne résoudra rien, qu’au contraire, cela va empirer le mal au lieu de le soigner. C’est ce que disaient de nombreux économistes, NDA, ou moi-même. Depuis, tout ce que nous disions s’est vérifié. La Grèce s’enfonce dans une dépression tellement violente qu’elle compense les économies réalisées.
La situation à Athènes ne cesse de se détériorer. Les déficits ont progressé sur la première moitié de l’année, au lieu de baisser, alors que les résultats de l’année 2010 avaient déjà été décevants. Bref, la Grèce est dans une impasse. A quoi bon imposer cette austérité sauvage si au final, elle alourdit le fardeau de la dette en faisant s’effondrer la production ?
En fait, pendant ce temps, les créanciers privés sont remboursés de leurs créances par les aides publics. Car c’est bien le point totalement scandaleux des rachats des dettes souveraines européennes. Il s’agit d’une aide gratuite et sans contrepartie fournie par les autorités européennes aux différents créanciers, qui peuvent ainsi réduire leur exposition aux dettes souveraines risquées à moindre coût, et sans que les Etats ne prennent de participation dans leur capital. Bref, ils ont le beurre, l’argent du beurre et la crémière, alors que la Grèce saigne son peuple pour les payer !
Le débat public évolue
Heureusement, le débat public évolue petit à petit. Hier matin sur RTL, par-delà la rubrique d’Eric Zemmour, il fallait noter l’inflexion dans le discours de certains journalistes. Bien sûr, Alain Duhamel reste un indécrottable fédéraliste, mais Vincent Parizot a posé la question qui fait mal en sous-entendant que l’Europe, ce n’est pas l’euro. Et Jean-Michel Apathie tient un discours relativement équilibré, comprenant la position allemande sur les euro obligations.
Il a souligné que ce n’est pas vraiment la Grèce qui est aidée, mais bien les banques des pays européens, un véritable progrès. En outre, tout le monde constate que les plans mis en place ne résolvent rien. Mieux, le discours de Nicolas Dupont-Aignan à l’Assemblée Nationale est un gros succès sur internet et devrait donner une bonne dynamique pour les universités de rentrée, qui commencent demain à Dourdan (l’entrée est libre pour le discours de dimanche).
Mieux, si la cour de Karlsruhe a autorisé la participation de l’Allemagne au nouveau plan d’aide aux créanciers de la Grèce, il faut noter qu’elle a également formellement pris position contre des euro obligations qui viennent ici de mourir de leur belle mort étant donné que le principal créancier de la zone euro refuse de sauter le pas de cette aventure irresponsable, qui, de toutes les façons, ne résoudrait rien. Bref, tout se met en position pour une nouvelle crise.
Il est proprement hallucinant que le gouvernement ait fait voter en même temps un plan d’économie de 12 milliards tout en jetant par la fenêtre 15 milliards pour les banques qui avaient prêté à la Grèce. Encore un nouvel exemple de l’inconsistance économique de l’équipe en place.
08:56 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : grèce, nda, assemblée nationale, eric zemmour, vincent parizot, jean-michel apathie, alain duhamel, cour de karlsruhe
17.05.2011
Affaire DSK : n’oublions pas la victime !
Hier, comme beaucoup, j’ai fait un papier sur l’affaire du jour. Mais si j’ai respecté la présomption d’innocence du président du FMI, j’aurais dû évoquer le sort de la victime présumée, comme l’avait très justement fait Nicolas Dupont-Aignan.
Il y a deux protagonistes dans cette affaire
Bien sûr, il convient de respecter la présomption d’innocence de Dominique Strauss-Kahn. On ne sait pas s’il est coupable ou non, et s’il ne l’était pas, le traitement imposé par le système judiciaire étasunien (qui permet aux médias de saisir tous les moments de la procédure) n’en serait que plus cruel et révoltant. A quoi bon en effet permettre cette publicité de toutes les étapes des procédures judiciaires, comme le souligne Daniel Salvatore Schiffer sur Marianne 2.
Malheureusement, dans un souci de respecter la présomption d’innocence, on peut finir par tomber dans une trop grande complaisance. Pire, on peut également finir par oublier qu’il y a aussi une victime présumée, qui, si les faits sont avérés, a traversé un véritable enfer. Comme le note NDA, « force est de reconnaître qu’aux Etats-Unis – à juste raison – on ne plaisante pas, comme trop souvent en France, avec ce type d’acte, même s’il est commis par un personnage puissant ».
Finalement, très peu de commentateurs (Jean-Michel Apathie sur RTL ou Michel Broué sur Médiapart ont été d’heureuses exceptions) ou d’hommes politiques ont évoqué le sort de la victime présumée. Et c’est une erreur car cela revient à faire deux poids deux mesures entre les deux protagonistes de cette sinistre affaire. Même si DSK est plus proche de nous, la gravité des faits pose problème. Attention à ne pas sombrer dans une complaisance malsaine, comme Michèle Sabban.
Vision française contre anglo-saxonne
Les médias anglo-saxons se régalent de ce scandale et en profitent très largement pour essayer de démontrer la supériorité de leur modèle sur le nôtre. Mais ils pratiquent volontiers l’amalgame pour arriver à une telle conclusion. En effet, c’est une chose de ne pas parler des aventures d’un homme politique, c’en serait une autre de couvrir des actes répréhensibles qu’il aurait commis. Il y a une différence de nature fondamentale que cette presse n’arrive pas à comprendre.
En outre, dans le cas de Dominique Strauss-Kahn, on ne peut pas vraiment dire que sa réputation de séducteur était couverte par une omerta médiatique. A partir de l’affaire avec une économiste hongroise du FMI, une bonne partie de ce que la France compte d’humoristes politiques ne se privait pas d’évoquer cet aspect de la personnalité de DSK, même s’il est vrai que très peu de journalistes le faisaient, à l’exception notable de Jean Quatremer de Libération.
La protection qui existe en France autour de la vie privée des hommes politiques n’est pas invalidée par cette affaire. Dans le cas de Dominique Strauss-Kahn, ce qui pourrait être en question serait une protection d’actes délictuels (l’affaire Tristane Banon) ou très limites (Aurélie Filippetti, élue socialiste qui aurait déclaré ne pas vouloir être seule dans une salle fermée avec lui). Couvrir des comportements répétés répréhensibles par la loi poserait un problème.
Bien sûr, Dominique Strauss-Kahn n’a jamais été condamné et il faut respecter la présomption d’innocence. Mais il ne faut pas tomber dans une complaisance malsaine, ne pas oublier que la victime, si les faits étaient avérés, a traversé un calvaire ignoble.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Parti Socialiste, Société | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : dominique strauss-kahn, dsk, fmi, nicolas dupont-aignan, nda, jean-michel apathie, michel broué, médiapart, michèle sabban, jean quatremer, libération, tristane banon, aurélie filippetti
02.05.2011
Quand Régis Debray réhabilite les frontières
J’avais déjà beaucoup apprécié le livre de Régis Debray sur le Général de Gaulle. D’une tendresse incroyable, ce « converti » avait écrit un hommage magnifique au plus grand homme de notre histoire. Il s’attaque dans ce court essai aux présupposés négatifs à l’égard des frontières.
Notre époque prise à contretemps
C’est peu de dire que les quarante dernières années semblent avoir eu pour unique objectif de supprimer les frontières qui caractérisaient nos Etats : liberté de circulation des capitaux, des biens, des personnes. La doxa néolibérale chercher à imposer une liberté de passage totale. Et le mot frontière est aujourd’hui connoté de manière très négative, à la fois chargé de passéisme et de nationalisme, comme on a pu le constater dans le débat entre NDA et Olivier Besancenot sur I-télé.
Régis Debray, dont le président de Debout la République a conseillé la lecture au candidat du NPA, s’attache à démontrer l’apport fondamental des frontières à l’homme et aux civilisations. Le livre est truffé de citations et de formules toutes plus percutantes les unes que les autres qui expriment bien cela. Il commence ainsi en affirmant : « Une idée bête enchante l’Occident : l’humanité, qui va mal, ira mieux sans frontières » évoquant « un monde sans dehors ni dedans ».
Il souligne que les frontières, « une affaire intellectuelle et morale », sont un mode d’organisation profondément humain, qui nous différencie des autres animaux. Il moque cette « planète lisse, débarrassée de l’autre (…) une terre liftée, toutes cicatrices effacées, d’où le Mal aurait miraculeusement disparu ». Pour lui, « l’intelligentsia post nationale, dite à tort critique et radicale, nous offre des abris anti réalité, avec des théoriciens de grand savoir et de peu d’expérience ».
L’éloge des frontières
C’est à Régis Debray que l’on doit cette comparaison de la frontière à la peau, qui « fait d’un tas un tout ». Il convoque religion et histoire pour montrer à quel point la frontière est liée à la civilisation et à l’humanité. Il n’oublie pas sa dimension ambivalente : « elle inhibe la violence et peut la justifier. Scelle une paix, déclenche une guerre. Brime et libère. Dissocie et réunit ». Mais c’est aussi « une forme intemporelle dans un temps volatil, du sans prix dans le tout marchandise ».
Pour lui, la frontière, c’est, comme la peau cette « couche isolante, dont le rôle n’est pas d’interdire mais de réguler l’échange entre un dedans et un dehors ». La frontière n’est pas un mur : elle régule et filtre le passage sans l’interdire. Il soutient qu’une « personne morale a un périmètre ou n’est pas. D’où vient que cette ‘communauté internationale’ n’en est pas une ». La fin des frontières c’est faire de nous des « n’importe qui, autant dire personne ».
Pour l’auteur, la frontière nous permet de faire corps, elle transforme une population en peuple. Il cite le dermatologue Jean-Paul Escande : « la peau est non seulement l’enveloppe de l’organisme, elle en est aussi le miroir et le résumé ». Pour lui, « l’indécence de l’époque ne provient pas d’un excès, mais d’un déficit de frontières. Il n’y a plus de limites à parce qu’il n’y a plus de limites entre ».
Plus politique, il note que notre laïcité sépare et que les frontières font des Etats des contre-pouvoirs : pour lui, le fort est fluide et n’aime par les remparts, au contraire du faible. Il montre que c’est l’absence de frontières fixes qui mine le conflit israélo-palestinien et dénonce le « sans-frontiérisme », un absolutisme impérialiste et occidentaliste qui avalise « le moins d’Etat et le plus de mafia ».
Il s’interroge : « quand on dénie la partition, n’est-ce pas au partage que l’on se refuse ? ». Il convoque Aimé Césaire, pour qui on pouvait se perdre « par ségrégation murée dans le particulier et par dilution dans l’universel ». Pour lui, « la frontière nous rend l’envie de nous dépayser (…). De sa sauvegarde dépend la survie non pas de citoyens du monde (…) mais de citoyens de plusieurs mondes à la fois ».
Avec ce livre, Régis Debray signe un ouvrage indispensable à une époque où la mondialisation qui abat les frontières semble être un horizon indépassable. Avec son style élégant et recherché, il invite à une réflexion fondamentale sur la nature de l’humanité, et les nations dont les frontières sont la peau.
Source : « Eloge des frontières », Régis Debray, NRF, Gallimard
10:55 Publié dans Dupont-Aignan, Livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : régis debray, l'éloge des frontières, nda, olivier besancenot
06.01.2009
Le Grand Choc de 2017, partie 6 : le tournant politique
Le printemps 2017 démarre dans une ambiance de chaos absolu en Europe. Alors que la décision de Paul Krugman a permis de relativement stabiliser la situation aux Etats-Unis, les dirigeants européens, Bayrou, Brown, Merkel, Trichet et Blair (président de la Commission) ne semblent pas trouver d’issue à la crise.
La révolution politique en marche en Europe…
La décision du président Américain de reprendre la main sur la Fed le jour de son investiture, le 20 janvier, marque une victoire du Cercle pour une Alternative Economique. Un manifeste du 20 janvier est publié une semaine après par des leaders politiques de l’Europe entière. Il entend refonder le capitalisme et annonce vouloir sauver l’économie de marché des excès néolibéraux par l’intervention de l’Etat. Le programme comporte, entre autres, une étatisation de la BCE, une nationalisation des banques, une taxation et un encadrement des mouvements de capitaux ainsi que la mise en place de protections douanières.
En France, ce manifeste est refusé par Olivier Besancenot qui y voit une volonté de perpétuer un système capitaliste qu’il juge désormais dépassé. François Bayrou le critique dans un premier temps fait un volte-face de dernière minute qui achève de le discréditer : il est éliminé au premier tour. Nicolas Dupont-Aignan, seul candidat de l’élection de 2012 à l’avoir signé, en devient le porte parole. Olivier Besancenot, un temps en tête dans les sondages, est finalement battu par NDA au second tour, qui dénonce les impasses du programme de son opposant. Il nomme Emmanuel Todd à Matignon et s’entoure de Jean-Luc Gréau à l’économie, Jacques Généreux aux affaires sociales et Jacques Sapir aux finances..
Le même mois, en Italie, c’est le Parti Républicain Démocrate d’un industriel lombard qui militait pour la sortie de l’euro qui remporte une très large majorité. Au Royaume-Uni comme en Allemagne, Gordon Brown et Angela Merkel voient leur côte de popularité baisser sous les 20%. Ils sont vus comme responsables de la situation catastrophique de l’économie. Une scission du Parti Travailliste fait perdre au premier sa majorité. Une alliance inédite entre les Libéraux Démocrates et les Travaillistes Alternatifs l’emporte. En Allemagne, l’explosion de la grande coalition provoque des législatives remportées par une alliance inédite entre Die Linke (35% des voix) et la CSU (15%). Oskar Lafontaine devient chancelier.
La reprise en main de l’économie par le politique
Ce mai 2017 démocratique scelle la victoire du « Cercle pour une Alternative Economique » puisqu’en un seul mois, au Royaume-Uni, en Allemagne, en France et en Italie ses partisans s’installent au pouvoir, suivant la victoire de Paul Krugman aux Etats-Unis. Ce bouleversement politique ouvre les portes d’une véritable refondation du capitalisme, à laquelle les pays émergents sont largement impliqués car les dernières années ont également été très mouvementées pour eux. La hausse des prix de l’alimentaire provoque des manifestations monstres depuis 2016, notamment en Chine et en Inde. Parallèlement, une refonte complète des Institutions Européennes est lancée par le G4.
Un nouveau groupe, le G15 (l’ancien G8 plus la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Arabie Saoudite, le Mexique, l’Afrique du Sud et l’Australie) décident donc de se réunir fin mai pour lancer les travaux de la « Refondation du Capitalisme ». Le premier sommet suspend les échanges sur les marchés financiers pour un mois, annonce une nationalisation complète des banques, la reprise du contrôle des banques centrales par les gouvernements et fige les parités monétaires à des niveaux négociés par les chefs d’Etat et de gouvernement. Le « Cercle pour une Alternative Economique » coordonne l’ensemble des travaux.
Les 15 pays sont alors regroupés en 5 groupes chargés de travailler sur les 5 sujets majeurs de la Refondation du Capitalisme : la régulation de la finance, la dette, le commerce, les entreprises, l’économie durable. Les groupes de travail ont alors quinze jours pour mettre en place des propositions concrètes qui seront alors examinées lors d’un sommet exceptionnel de cinq jours. Le 18 juin 2017, les 15 principales puissances économiques de la planète adoptent la Charte pour la Refondation du Capitalisme.
Il y a deux grandes différences entre la crise de 2007-2009 et celle du Grand Choc de 2017. La première tient aux circonstances encore plus difficiles du second. La deuxième est la possibilité d’une véritable alternance politique, qui n’était malheureusement pas possible en 2009.
Demain, le capitalisme refondé10:55 Publié dans 2017, le Grand Choc, Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : grand choc, 2017, krugman, nda, besancenot, bayrou, lafontaine
23.08.2008
Sarkozy 15 mois après : le meilleur avocat d’une nouvelle rupture en 2012 ?
Pour clôturer ce bilan des 15 mois de Nicolas Sarkozy, je vais essayer de me projet un peu sur les conséquences de cette présidence sur la vie politique française. Alors, réélection en 2012 ? Victoire du Parti Socialiste ? Ou alors, création d’un besoin d’alternance plus radicale ?
La dialectique habile du candidat Sarkozy (dans la majorité, mais réclamant la rupture, libéral et de droite mais républicain sous la plume d’Henri Guaino) lui a permis d’accéder à la présidence de la République, parce qu’également il dégageait une compétence largement supérieure à ses rivaux. Une fois arrivé à l’Elysée, il continue d’utiliser les recettes qu’il utilisait comme candidat : saturation de l’espace médiatique, grande réactivité, rejet des erreurs ou problèmes sur les autres, discours mêlant des inspirations volontiers contradictoires. Malheureusement pour lui, le fait d’avoir beaucoup promis tout en ayant tous les pouvoirs ne lui permet pas de s’exonérer des difficultés du pays, que ce soit sur la croissance ou le pouvoir d’achat. La rupture entre la réalité et le discours volontariste de celui qui est au pouvoir devient chaque jour plus forte, hypothéquant son avenir.
Pourtant, un récent sondage de Marianne montre que si une nouvelle élection avait lieu, Nicolas Sarkozy gagnerait deux points au premier tour alors que Ségolène Royal en perdrait quatre, signe que si les Français sont déçus par le président, ils le sont encore plus par son opposante de 2007. Pire, les autres candidats potentiels du Parti Socialiste (Delanoë, Strauss-Kahn ou Aubry) feraient encore moins qu’elle au premier tour (ce que les médias ont « oublié » de signaler), signe que le discrédit du Parti Socialiste est extrêmement profond. Et ce ne sont certainement pas les prochains mois qui vont permettre au premier parti d’opposition de corriger cet état de fait. Le PS a deux options aussi létales l’une que l’autre : un consensus mou pour éviter la guerre des chefs, ou le combat sanglant. Aucune véritable rénovation intellectuelle ne semble devoir se produire dans un parti qui semble avoir renoncé à réfléchir à une véritable alternative.
Et c’est ce que les Français semblent avoir compris, ce qui peut ouvrir la voie à une alternance qui sortira de l’affrontement PS/UMP. En cela, bien qu’on le raille volontiers aujourd’hui, François Bayrou dispose de grandes chances pour 2012, malgré ses grandes limites. Après tout, son opiniâtreté, qui rappelle celle de François Mitterrand ou Jacques Chirac, pourrait bien l’amener à l’Elysée car il sera un homme neuf : n’oublions pas qu’il est déjà passé de 6 à 18% en cinq ans. Dominique de Villepin peut également être un redoutable candidat s’il propose à la France une véritable alternative… Plus globalement, l’échec malheureusement probable de Nicolas Sarkozy poussera sans doute nos compatriotes à rechercher une alternative qui pourrait être « l’autre politique » promise depuis 1992 et que Nicolas Dupont-Aignan pourrait porter s’il franchit les élections européennes avec succès.
L’alliance du volontarisme affiché, des promesses à tout va et de réalisations limitées augure d’une nouvelle (et heureuse cette fois-ci) rupture en 2012. Les errements du PS ouvriront sans doute la voie à des candidats qui bouleverseront un échiquier politique qui en a bien besoin.10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, présidentielles, 2012, bayrou, royal, villepin, nda
09.04.2008
Nicolas Dupont-Aignan relève la croix de Lorraine
Hier, le Parlement examinait la motion de censure, déposée par le parti socialiste, contre la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. Nicolas Dupont-Aignan a dignement représenté les idées gaullistes en votant la motion, par-delà les clivages traditionnels.
Bien sûr, c’est le parti socialiste qui a déposé la motion de censure du gouvernement et il est assez piquant qu’il se pose en défenseur de la politique internationale définie par le Général de Gaulle, contre les dérives d’un pseudo héritier du gaullisme qui se recueille occasionnellement à Colombey… François Hollande a repris l’argumentaire développé par Dominique de Villepin à l’ESSEC jeudi et dimanche sur Canal Plus. Il a dénoncé l’atteinte à l’indépendance de la France et l’erreur politique qui consiste à s’aligner sur un Georges Bush, dont les initiatives ont pourtant toutes échoué et qui est même discrédité dans son propre pays.
Il était pour le moins paradoxal de voir alors François Fillon, un temps considéré comme un gaulliste social, défendre le retour dans le commandement militaire de l’OTAN et l’envoi d’un nouveau contingent de soldats français en Afghanistan. Plutôt que de chercher à défendre ces deux décisions, le premier ministre a eu recours à une mauvaise foi incroyable pour répondre à la motion de censure. Il a dénoncé le pseudo « anti-américanisme » des socialistes, ce qui est un peu simpliste quand on voit le débat que créé aux Etats-Unis même l’intervention en Irak. Ensuite, il a souligné que ce sont Jacques Chirac et Lionel Jospin qui avaient décidé l’envoi du premier contingent. Mais cet argument est assez douteux étant donné que cette décision avait été prise en 2001, que la situation a beaucoup changé depuis et que l’intervention est un échec.
Alors que François Bayrou s’est une fois de plus réfugié dans la neutralité, Nicolas Dupont-Aignan a fait preuve d’un véritable courage politique en votant la motion de censure socialiste. Ce vote est cohérent par rapport à ses convictions, mais il a le courage de voter contre l’UMP, dont il reste forcément plus proche que du PS. Ainsi, il rejoint les leaders de caractère que sont Philippe Séguin, Jean-Pierre Chevènement ou Dominique de Villepin qui n’ont jamais hésité à affirmer leurs convictions, même quand celles-ci allaient dans un sens différent de celui de leur camp. En cela, le président de Debout la République fait honneur au courant gaulliste dont il devient chaque jour un peu plus un leader naturel.
Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy avait promis la rupture sur la croissance et le pouvoir d’achat, et la continuité sur les affaires étrangères. Faute de réussir les premiers, la rupture se fait sur une politique étrangère qui avait pourtant fait l’objet d’un large consensus depuis cinquante ans. Merci à NDA de le dénoncer haut et fort.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/08/l-assemblee-rejette-la-motion-de-censure-deposee-par-l-opposition_1032463_823448.html#ens_id=1025757
11:42 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nda, censure, otan, afghanistan



