20.08.2010

Hatem Ben Arfa prend-il la suite de Nicolas Anelka ?

Alors que les athlètes et les nageurs Français font résonner la Marseillaise dans les stades et les piscines, le football continue à donner une bien triste image avec la fin de l’affaire de la grève lors du Mondial et la volonté de départ affichée d’Hatem Ben Arfa de Marseille.

Caprice sur la Canebière

Hatem Ben Arfa, un des attaquants de l’Olympique de Marseille, souhaite quitter son club pour partir en Angleterre. Il affirme : « je suis prêt à ne pas jouer de la saison. (…) Je ne suis pas un bouche-trou. Je ne suis pas un paquet de lessive, je ne suis pas de la merde. (…) J’ai croisé le coach. Il m’a dit : "Hatem, on discute ?" Je lui ai répondu : "écoutez, on a assez parlé. Je n’ai plus envie de discuter maintenant." Je lui ai fait comprendre que c’était fini (…) Je n’ai plus envie de travailler avec ce coach. C’est un problème de confiance. Je ne sens pas de sincérité chez lui. Le courant ne passe pas. » 

Ce psychodrame phocéen est assez hallucinant. S’il est un paquet de lessive, alors, il est en or incrusté de diamants… Rappelons à toute fin utile que l’international gagne la bagatelle de 200 000 euros par mois, ce qui signifie qu’en à peine plus de trois mois, l’Olympique de Marseille lui verse l’équivalent de ce qu’un smicard gagnera en quarante années de sa vie… Pour une « merde », comme il le dit lui-même, son traitement n’est pas mauvais, même si ses difficultés avec Didier Deschamps ne doivent pas être faciles. Un tel salaire devrait le pousser à un peu plus de modération.

Le sale gosse

L’interview de l’attaquant de l’OM est sidérante. En effet, il explique lui-même qu’il a refusé de discuter avec son entraîneur sachant qu’il soutient qu’il y a un problème de confiance entre eux et que le courant ne passe pas avec lui. Comment la situation pourrait-elle s’améliorer s’il ne saisit pas les occasions de lui parler ! Forcément, le discours de Didier Deschamps apparaît beaucoup plus mâture et posé. Les deux hommes ne sont clairement pas du même niveau et quelques soient les frustrations de l’international, il est difficile de ne pas imaginer qu’il pourrait encore apprendre des choses de son entraîneur…

En outre, il est tout de même choquant qu’un joueur de football grassement payé refuse d’exécuter son contrat, qu’il a accepté, et exige de partir ailleurs. Après tout, c’est lui qui s’est engagé et il n’est pas normal qu’il ne respecte pas sa parole et sa signature. Cela démontre sans doute une mentalité de sale gosse rétif à toute autorité et incapable de respecter les quelques contraintes qu’il peut avoir dans sa vie. Il est tout de même suffisamment payé par son club pour avoir au minimum la reconnaissance du ventre. Pire, son jusqu’auboutisme a des chances de l’emporter.

Les footballeurs ont un immense besoin de réapprendre à respecter l’autorité. En ce sens, il est très positif que la Fédération Française de Football ait imposé des sanctions assez lourdes aux meneurs de la révolte du Mondial. Mais il reste beaucoup de chemin à faire.

21.06.2010

Carton rouge pour les bleus

Il  n’y a pas besoin d’être un grand supporter de football pour être atterré par le spectacle donné par notre équipe nationale. On croyait le fond atteint avec l’exclusion en pleine compétition de Nicolas Anelka. Mais la tragicomédie de dimanche a battu tous les records.

Le cas Anelka

Bien sûr, l’ensemble de l’équipe ne mérite pas ce qualificatif comme le soulignait David Desgouilles sur son blog, mais un certain nombre le mérite. En premier lieu Nicolas Anelka. Certains le défendent encore en soulignant que son échange avec le sélectionneur aurait dû rester confiner aux vestiaires de l’équipe. Mais, c’est un peu trop facile d’accuser les journalistes et celui qui aurait raconté l’échange. La polémique n’aurait jamais existé si le joueur de Chelsea s’était abstenu de tenir de tels propos.

En outre, il faut rappeler que Nicolas Anelka n’en est pas à son premier coup d’éclat. Déjà, en 2003, rappelé par Jacques Santini suite à un forfait, il avait refusé de rejoindre le groupe France, estimant que sa sélection ne devait pas dépendre d’un tel événement. Il avait demandé à ce que le sélectionneur « se mette à genoux » pour lui demander de revenir. Ce dernier l’avait justement banni de l’équipe. Et cette fois-ci, il a refusé de s’excuser, ce qui justifie parfaitement son exclusion.

Une équipe de sales gosses

Malheureusement, il semblerait qu’il ne soit pas le seul sale gosse de la sélection. Il fallait voir Patrice Evra, capitaine (sic) de l’équipe dire en conférence qu’il n’y avait pas de problème Anelka, que le problème, c’est la « taupe » qu’il faut « éliminer ». De la sorte, il s’est désolidarisé de la décision de la Fédération Française de Football. Et hier soir, il n’a même pas eu le courage de lire la lettre des joueurs refusant de s’entraîner, demandant à Raymond Domenech de le faire à sa place.

En fait, certains joueurs semblent incapables de respecter la moindre autorité (en dehors de leurs clubs ou sponsors), que ce soit celle de leur sélectionneur ou même de la Fédération. C’est ainsi qu’ils critiquent dans leur communiqué le fait de ne pas avoir été consulté pour l’exclusion de Nicolas Anelka… Le refus de s’entraîner est totalement incroyable pour une équipe de sportifs professionnels et je comprends la décisions du président délégué de démissionner devant tant de désinvolture.

Domenech, l’autorité anéantie

Il y avait quelque chose de sidérant à voir le sélectionneur venir lire le communiqué des joueurs, alors que c’est bien un joueur qui aurait du normalement le faire. En effet, il a lu un communiqué où son équipe proteste de la décision de la Fédération de renvoyer un des leurs suite à un acte d’indiscipline à son égard. De deux choses l’une, soit il est d’accord avec la décision de la FFF et il devait refuser de lire ce texte, soit il n’était pas d’accord, et il n’aurait pas du rester.

Il faisait presque peine à voir, comme un otage des joueurs victime du syndrome de Stockholm, défendant ses bourreaux face à ceux qui cherchaient à l’aider. Il a une nouvelle fois montré qu’il n’était clairement pas à la hauteur de la situation et qu’il a malheureusement été une grosse erreur de casting, malheureusement maintenu plus que de raison à la tête de la sélection. La FFF a elle aussi fait une grosse erreur de jugement en le maintenant en 2008.

Que faire maintenant ? Face à des joueurs insoumis et n’acceptant aucune autorité, on peut se demander si la meilleure solution ne consisterait pas à mettre une fin à cette triste aventure et tout simplement déclarer forfait. L'équipe présente en Afrique du Sud est-elle digne de représenter la France ?